Que faut-il mettre en place pour performer sur une compétition de golf ?

Pour préparer ce sujet, je me suis inspiré de discussions que j’ai eu avec des coachs dont par exemple Stéphane Bachoz, mais aussi des écrits que d’autres ont pu faire sur ce sujet, et par exemple Olivier Léglise.  Je me suis aussi replongé dans les sujets déjà publiés sur JeudeGolf par Antoni Girod en 2013, et qui justement traitait déjà de ces questions de la performance en compétition, et plutôt pour un amateur ou une amatrice. Je les avais simplement un peu oubliés, et pourtant, l’approche mentale est aussi une des questions à traiter quand on se prépare à performer.

Découvrez nos formules d'abonnements

Dans la première partie de ce sujet, à travers un exemple personnel concret, j’ai voulu mettre en lumière déjà trois questions : La gestion des émotions, le matériel de golf adapté, et la question des boules de départs.

J’ai aussi posé la question des conditions du plaisir, et l’inscription d’une compétition de golf dans un cadre plus général d’un calendrier de plusieurs compétitions de golf.

On peut toujours ne faire qu’une compétition de golf, mais dans ce cas, cela accentue la pression du besoin de résultat sur une seule épreuve, et de mon point de vue, cela n’aide pas à performer, au contraire.

Se préparer à performer en compétition, c’est donc se préparer à performer sur un calendrier de plusieurs compétitions.

De là, nous avons vu qu’il en découlait la question de la définition des objectifs, et qu’il devait être réaliste et progressif dans le temps.

C’est là que nous devons forcément évoquer la nouvelle question du WHS, qui dans un premier temps, me semble obscurcir un peu notre perception, et dans un second temps, pourrait apporter une lecture plus juste du niveau de performance.

En effet, le nouveau système de classement a quelque chose de confusant, et surtout en comparaison de l’ancien système.

Pour qu’il fonctionne pleinement, le WHS nécessite 20 compétitions, et retient les 8 meilleures.

Dans mon cas, le système n’en prend en compte que 4. Mon index est donc un véritable champ de bataille, et la lecture en est plus difficile. Se fixer un autre objectif que faire de son mieux paraît délicat.

En trois compétitions, je suis passé de 15.5 à 14.2 puis 15.2, et maintenant 16.2.

A la différence de l’ancien système, les contre-performances ont une incidence bien plus forte sur notre classement, et j’imagine que par conséquent, cela peut jouer sur nos « émotions » pendant une compétition.

Dans un certain sens, tout compte, et si tout compte, il y a plus d’enjeu.

J’en viens donc à une des clés évoquées par le coach parisien Stéphane Bachoz : Dans quel état sera votre golf si vos émotions de l’instant où vous jouez ne sont pas bonnes, pour X ou Y raisons qui n’ont d’ailleurs pas de liens obligatoires avec le golf ?

Un golfeur ou une golfeuse au niveau amateur ne joue pas pour gagner sa vie et surtout ne fait pas que jouer au golf dans sa vie.

Le golf est une activité sportive et ludique, où les objectifs sont donc le plus souvent personnels.

En dehors du golf, les émotions peuvent être contrariées par des événements de la vie quotidienne, comme par exemple, être pris dans un bouchon imprévu qui nous fait arriver plus tard que prévue sur le parcours, et rogne sur notre temps d’adaptation, avant de s’élancer sur le premier trou…

Il y a des tas d’exemples qui peuvent in fine jouer sur nos émotions.

Or, les émotions ont un rôle réel sur la performance, et peut-être plus que notre technique.

A écouter Stéphane Bachoz, quand vous arrivez sur une compétition de golf, échauffé ou pas, est-ce que votre technique est franchement différente d’un jour à l’autre ? Non, en revanche, vos émotions peuvent l’être.

Quand on parle d’émotions, on ne parle pas encore de préparation ou de conditionnement mental. On parle seulement d’émotions, et d’un état d’être dans l’instant présent.

Il y a les émotions avant la partie, et qui conditionne bon gré mal gré le début de la partie, et puis il y a les émotions pendant la partie, et notamment les up and down que j’ai évoqué dans le premier sujet.

Quels impacts vont avoir ses émotions sur notre jeu ? Peut-on les contrôler ?

J’en suis pas du tout certain, et à mon modeste niveau amateur, je n’y arrive clairement pas, puisqu’un coup raté dans un bunker peut engendrer un quadruple bogey, comme à l’inverse un birdie sur le premier trou peut me faire jouer seulement +1 sur 6 trous !

Comment contrôler ses émotions ? Faire le vide ?

C’est une utopie pour la plupart d’entre nous. Le cerveau est en permanente ébullition d’idées et d’émotions. Faire le vide, c’est un truc qui ne veut rien dire.

En revanche, les meilleurs pros parlent de concentration…

C’est le moment de citer Olivier Léglise (source : Mes 5 clés pour être performant en compétition) « LA clé de la réussite à mes yeux ! Car toute la différence entre les champions et les autres se situe là, dans cette capacité à maintenir un certain niveau entre leurs bons et leurs mauvais coups, leurs bons et leurs mauvais jours. Quatre jours de compétition, à raison de six heures quotidiennes, c’est long, très éprouvant mentalement, et certains affichent des rendements en dents de scie parce qu’ils n’ont justement pas cette qualité de concentration. A moi de les inciter à l’entraînement à toujours plus d’application pour réduire cette marge. D’autant qu’en réduisant la marge, le niveau général du joueur, par ricochet, s’améliore naturellement… »

Dans ce cas, Olivier Léglise s’adresse à des golfeurs professionnels ou aspirant à le devenir. Dans notre cas d’amateur, est-ce applicable ?

Réduire la marge entre les bons et les mauvais jours, je suis certain que 99% d’entre vous en rêvent.

On constate ici que le coach français ne parler pas de swing, de driving ou de practice, mais seulement de concentration…

Quelle est donc la part de notre entraînement au niveau amateur consacré à la concentration versus le swing ?

Pour ma part, elle est très faible… et vous ?

La concentration au golf, c’est un terme que je ne trouve pas assez concret. Allons plus loin, et utilisons plutôt le terme de routine qui nous est plus familier.

A nouveau, je vous propose de vous citer Olivier Léglise sur ce sujet : « Un golfeur doit être pleinement libéré au moment de la frappe et donc sans aucune arrière-pensée, notamment technique. Sa mise en route s’avère alors essentielle, basée sur un process très précis. Au préalable, il y a une phase de choix où, en dix-quinze secondes, il faut arrêter une décision claire pour balayer l’hésitation, un problème majeur chez les golfeurs – parce que le vent tourne par exemple, j’hésite entre deux clubs et me prépare alors « entre deux façons de faire », ce qui n’est jamais bon –. S’en suit l’entrée dans la préparation réelle : là, club en main, avec éventuellement une « routine » ou un swing d’essai, on met en place une clé, sensitive, visuelle, qui permet d’imaginer ce que l’on va faire. Une fois ces étapes franchies, l’engagement peut alors être total. »

Dans un précédent sujet, Yannick Baduel, rédacteur pour JeudeGolf avait identifié les différences entre la « thinking box » et l’ « action box » en se référant au livre "Tous les coups doivent avoir un objectif" de Leen Marriot et Pia Nilsson.

Il faut donc que nous percevions une partie de golf en aller-retour permanent entre deux états : La pensée de l’action, puis l’exécution de l’action.

Le golf est bien un sport qui se passe d’abord entre nos deux oreilles. Tout ce sujet sur la préparation à la performance est déjà, et sans préméditation orienté sur ce qui se passe dans notre tête.

Faire le vide ou canaliser l’ébullition des idées, c’est très difficile, alors qu’au contraire, adopter une routine et s’y tenir, nous pouvons y parvenir.

Si je reviens à mon cas concret de nervosité qui s’accentue sur les compétitions, et notamment les départs des trous, ou les putts à rentrer près du trou… peut-être que ma routine spécifique dans ces situations n’est tout simplement pas assez bonne, ou je ne suis pas assez rigoureux pour toujours la répéter ?

Après le mot concentration, puis le mot routine, on en vient donc au mot rigueur ou plutôt répétition… C’est peut-être lui le bon mot clé pour se préparer à performer ?

Répéter des coups ? Répéter des parties ?

Justement, à ce propos, Antoni Girod avait écrit un excellent article sur la question du parcours de repérage, et de l’élaboration du plan de jeu à répéter le jour J, et que je vous invite à relire, ce sera en quelque sorte la troisième partie de ce dossier consacré à comment mieux performer en compétition : Parcours de repérage et élaboration du plan stratégique pour performer au golf

A suivre aussi dans cette même série : En compétition de golf : De l’ambition, de l’audace, de l’agressivité ? Tangible à un niveau amateur ? 

Crédit photo : Nick Wosika/Icon Sportswire

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.