Se préparer à une compétition de golf : Plus une affaire de processus que de technique

Ce dernier sujet vient en conclusion de cette série consacrée à la préparation d’une compétition de golf, et pour essayer de tirer le meilleur de soi-même. Si vous avez lu tous les précédents sujets, vous aurez sans doute constaté que je ne me suis pas arrêté à de banales généralités qu’on a malheureusement trop l’habitude de lire en ligne, fait référence à des experts comme Olivier Léglise, Antoni Girod, Stéphane Bachoz, ajouté mon expérience personnelle, d’un golfeur lui-même dans cette recherche d’une meilleure optimisation de la performance. Dans ce dernier article, je vais faire la synthèse et finalement tracer une feuille de route réaliste à suivre, et que je vais pouvoir tester dès cet été, et les prochaines compétitions dans mon club...

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En ligne, la plupart du temps on retrouve toujours les mêmes conseils basiques. Ils vous sont exprimés selon des formules marketing bien connues : 5 conseils pour réussir ou 12 étapes à suivre…

Je crains que cela ne soit pas aussi simple, et que cela ne se résume pas à se familiariser avec le parcours, aller sur Youtube pour voir le parcours vue du ciel, s’entraîner, s’échauffer, trop s’entraîner, pas assez s’entraîner, et enfin s’amuser.

S’amuser, c’est le but du 19eme trou avec la bière ou la boisson rafraîchissante qui accompagne les bonnes discussions où avec nos partenaires, on refait la partie.

Pendant la partie, au contraire, tout va être question d’attitude, de concentration, le tout avec un savant dosage de savoir-vivre.

Le plus souvent, en compétition, on se retrouve avec des joueurs ou des joueuses que l’on ne connait pas. Selon votre degré d’expérience, cela peut avoir une influence sur vos émotions, et donc votre partie. Je ne crois pas à l’attitude d’ailleurs souvent employée par des anciens sportifs de haut niveau qui consiste à se mettre dans une bulle, ne pas parler, et ne pas vivre la partie avec vos partenaires du jour.

Cela reste une partie de golf, et nous jouons aussi golf pour interagir avec les autres, quand bien même, nous ne les connaissons pas encore. Au cours de ma vie de golfeur, j’ai eu par ce biais la chance de rencontrer de très bons amis.

Cela étant, pendant la compétition, plus que l’amusement, c’est du sérieux pour aller chercher une performance. Le tout, c’est de prendre cela au sérieux, sans se prendre soi-même trop au sérieux.

De toute cette série d’articles, je retiens que l’attitude, l’écoute, et le contrôle des émotions jouent un rôle capital, et bien plus que la technique pure.

Il n’existe pas à proprement parler de méthodes pour mieux contrôler ses émotions au golf. Cela reste très personnel. En revanche, construire une routine semble bien être un élément qui amène à la performance, surtout, si elle est suivie méthodiquement, rigoureusement, et par opposition à aléatoirement…

Préparer et même tester un plan de jeu reste un incontournable de la performance.

Plus ce plan de jeu sera détaillé, et comme le suggère Antoni Girod, y compris en prenant des photos du trou, et en décrivant les situations à jouer, même en définissant en amont les coups « feu rouge », « feu orange », et « feu vert », et plus on devrait pouvoir se sentir en confiance.

Les meilleurs joueurs et notamment ceux qui jouent en équipe (toujours au niveau amateur) vont jusqu’à repérer les greens, et notamment la position des pentes.

A ce sujet, repérer la vitesse des greens avant une partie reste un grand basique de la préparation à la compétition.

De mon expérience, au niveau amateur, ce n’est pourtant quasiment jamais fait. Combien réellement d’amateurs vont prendre le temps de faire des putts, et de mesurer la vitesse des greens ?

Le conseil a l’air basique. Il est pourtant si peu appliqué par les amateurs.

C’est le grand thème caché de cette série d’articles sur la préparation à la compétition : Faire de la compétition nécessite un état d’esprit ou une réflexion qui est pourtant à l’opposé d’un simple loisir.

Une compétition de golf n’est finalement pas une balade où finalement tout peut arriver parce qu’on n’a rien prévu. Et le fait de prévoir ne suffit pas à bien jouer !

Il y a une différence entre penser le jeu, et l’exécuter de la meilleure des manières.

D’une autre façon, je vois des enseignants qui poussent le bouchon jusqu’à répéter un parcours de golf, en prévoyant les coups les plus fréquents ou les plus délicats.

Qui peut prédire quel coup vous allez jouer sur un parcours ?

Par exemple, sur une compétition, au départ du trou 1, je tope mon bois 3 sous l’effet d’une légère nervosité. La balle tombe du tee et parcoure royalement un mètre. Qui peut se préparer à taper un fer 7 depuis le tee de départ d’un par-4 long de 340 mètres, et en deuxième coup ?

En compétition, la question n’est pas de préparer des coups. La question, c’est de préparer une attitude, gérer son être physique, mental, technique, et émotionnel, tout en veillant à ne pas trop se laisser dominer par le parcours.

C’est d’ailleurs un des sujets qui est ressorti : Allez-vous dominer le parcours ou vous laisser dominer par le parcours ?

Ce parcours imaginé dans l’esprit d’un architecte qui a justement placé des pièges pour vous…

On en revient toujours au fait que le golf n’est pas qu’un sport. C’est bien un jeu de l’esprit, et plus important que votre swing, sur le parcours, vous devez emmener votre tête.

Vous allez avoir au minimum 72 défis à relever, et une infinité de possibilités pour le faire. Le tout, ce sera de choisir la meilleure combinaison entre risque et récompense.

Le matériel a une part à jouer, surtout quand les conditions climatiques sont extrêmes. En période de fortes chaleurs, les terrains sont plus secs.

Adopter un driver avec un loft plus fermé peut vous aider à gagner quelques mètres de roule, mais beaucoup plus important, le choix de vos sandwedges, et notamment le bounce, me paraît crucial.

En cette période d’été, j’ai changé mes wedges 54 et 58 pour des low-bounce, car sur le parcours, même un mid-bounce ne me permet pas de sortir aisément la balle des bunkers !

Enfin, tous les conseils en ligne ne remplaceront pas une plus grande vérité : Quel sera votre niveau de forme physique, de fraîcheur mentale, de disponibilité et d’émotions positives le jour de la compétition ?

Pour ma part, depuis bientôt un an, j’utilise le capteur Whoop pour monitorer mon sommeil, ma récupération avec mes efforts physiques. Je ne suis pas encore parvenu à combiner tous les ingrédients pour arriver le Jour J d’une compétition à mon maximum de potentiel de forme, et pourtant, c’est ce qu’il faudrait faire.

Pour ceux qui veulent aller le plus loin sur ce sujet, et gagner un maximum d’index, je suis certain qu’il faut inclure cette dominante entre repos et effort pour arriver sur la crête idéale.

Sans outil de mesure et de coach à temps plein, comment voulez-vous y parvenir ?

Ce sujet n’est jamais abordé quand est évoqué le fait de réussir sa compétition de golf.

Le succès de votre compétition de golf se détermine bien en amont, et dans la quantité de sommeil que vous aurez eu la semaine précédente, et en tenant compte des efforts physiques que vous aurez produit.

18 trous, ce n’est pas 0 consommation d’énergie.

Par exemple, pour ma troisième compétition, sur 18 trous joués par 35 degrés, j’ai consommé pendant 4h40 près de 1500 calories, déroulé une moyenne de 110 battements du cœur par minute avec une pointe à 150.

Quand on parle de gestion des émotions, on pourrait aussi parler de gestion du rythme cardiaque. C’est certainement lié.

Le jour de cette compétition, au moment d’arriver sur le tee de départ, selon le capteur Whoop, j’étais à un niveau de récupération ou forme physique de seulement 43%.

Pour la deuxième compétition, sept jours plus tôt, j’étais arrivé avec un niveau de forme estimé à 61%, et pour la première compétition disputée fin juin, ce niveau de forme n’était que de 24%.

Pour trois compétitions disputées, je n’ai jamais été dans une zone de forme comprise entre 75 et 100%. C’est certainement un plus gros sujet que d’arriver 40 minutes avant l’heure du début de la compétition ou de répéter des coups au practice !

Une partie de golf consomme de l’endurance et de la forme. A titre d’exemple, pendant cette première partie de compétition, le capteur m’indique que j’ai passé 2 heures sur les 5 heures de la compétition entre 60 et 70% de mon niveau de rythme cardiaque maximum. C’est deux fois plus que ce que je réalise en temps normal !

Et après, je m’étonne d’avoir des temps faibles, et des temps forts sur un parcours ? La préparation, la routine et le plan de jeu ne pèsent pas grand-chose par rapport à la réalité de mon métabolisme le jour J.

Oui, le golf est une activité physique. Oui, pour performer en compétition, il faut surtout se préparer à être en forme physiquement.

Attention, je ne dis pas que vous devez aller en salle pousser de la fonte, mais tout simplement être reposé, et avoir bien dormi.

En fin de compte, dans cette série d’articles sur la performance en compétition, j’ai très peu évoqué les questions liées à la technique ou au swing… Pourtant je suis le premier à consacré la plus grande partie de mon entraînement à la compétition… à la technique, et au swing…

Crédit photo : Nick Wosika/Icon Sportswire

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