En compétition de golf : De l’ambition, de l’audace, de l’agressivité ? Tangible à un niveau amateur ?

Du précédent sujet écrit par Antoni Girod, je retiens principalement que le plan de jeu, tout comme le repérage intelligent du parcours sont vraiment des points clés pour mieux performer en compétition, et surtout je peux faire mieux en la matière. C’est un véritable axe de progression, et accessible pour un amateur, tout en étant réaliste. Pourtant, je ne vois quasiment aucun amateur mettre en place ce type de solutions le jour d’une compétition ? Apprend-on seulement aux golfeurs, et aux golfeuses à taper dans une balle ou à jouer au golf ? Comment faire le tri des bons et des mauvais conseils ?

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Si vous faites des recherches sur Internet sur Comment se préparer à performer sur une compétition de golf ?

Vous ne serez pas peut-être surpris de trouver la plupart du temps des conseils à l’emporte-pièce, peu argumentés, et peu détaillés.

On vous dira d’arriver entre 45 minutes et une heure avant votre partie, de vous préparer à des impondérables, ou encore de prendre du plaisir…

Premier cas de figure, le temps de préparation…Comment faire si par la force des choses (vous n’êtes pas des professionnels de golf), vous ne pouvez pas toujours arriver assez tôt pour vous entraîner comme vous l’aimeriez ?

Au cours d’expérience menée au Trackman, j’ai constaté qu’il me fallait environ 13 à 15 frappes de balles pour arriver à un optimum, et en fait « trouver un swing ».

13 à 15 frappes de balles, cela représente entre 3 et 5 trous sur le parcours, et selon les situations.

Arriver sans échauffement est bel et bien une situation qui arrive plus fréquemment que l’on ne le voudrait.

Par exemple, une heure de départ très matinale peut vous contraindre à avoir juste le temps de vous lever, de prendre la voiture, de payer vos droits de jeu, et sortir les clubs du coffre pour arriver au départ.

A l’inverse, sur l’une des compétitions que j’ai joué récemment avec un départ à 10h50 un dimanche, j’ai pu m’échauffer plus d’une heure, et pourtant me sentir très contracté dès le coup de départ sur le premier tee. Ce fut d’ailleurs ma plus mauvaise partie des trois compétitions disputés.

Trop d’échauffement, pas assez d’échauffement, encore une fois, est-ce vraiment le bon débat versus l’attitude et plus généralement la gestion de nos émotions à l’instant T ?

Pour un golfeur d’autant plus expérimenté, j’aurai tendance à croire que ce n’est plus vraiment le sujet.

En revanche, pour un golfeur débutant, c'est effectivement plus incontournable.

Ce qui compte, ce n’est pourtant pas l’échauffement, c’est l’attitude mentale, et corporelle, comment se sent-on avant d’attaquer la compétition qui préfigure du résultat des premiers trous.

Sans échauffement, conscient qu’il faut plusieurs swings pour trouver de la confiance, j’ai tendance à sous-cluber volontairement.

Encore après une expérience au Trackman, j’ai constaté que sur un bois 3, un hybride ou un fer 4, sans échauffement, je n’appliquais pas un loft dynamique suffisant pour parfaitement contacter la balle, et lui donner le maximum de vitesse.

Une fois « chaud » quand on tape des balles à la chaîne, on ne s’en rend pas compte, et c’est ce qui est parfois trompeur, entre entraînement, et partie en compétition, avec moins de coups pour trouver son rythme.

En gros, je vous explique des « tops » probables.

A la fois, il peut manquer de la vitesse (manque d’échauffement physique), mais aussi manquer de la précision pour envoyer le club vers le sol, sans trop chercher à « remonter ».

Cela m’est arrivé suffisamment pour que je l’évoque ici.

 On a parfois tendance à prendre un bois 3 au lieu d’un driver pour commencer une partie, et faire l’erreur de le jouer comme un « petit driver », à savoir avec un angle remontant (chercher à envoyer le club vers le ciel).

C’est une erreur typique qui engendre des coups topés au bois 3.

En réalité, sans échauffement, il faut accepter de descendre sur des fers encore bien plus ouverts comme un fer 5 ou un fer 6, avec un loft du club plus abordable, sans échauffement.

Sur mes deux dernières compétitions, j’ai rendu un triple et un double sur le premier trou, et je suis convaincu que cela a conditionné négativement mon début de partie en compétition.

J’en viens à un second point important concernant ce projet de compétition : Savoir alterner entre ambition offensive et raisonnable.

Toujours en m’appuyant sur les propos d’Olivier Léglise à ce sujet, ce dernier déclare « Pas question, à mes yeux, qu’un joueur s’avance vers une compétition sans avoir bien ancré dans son esprit trois qualités essentielles à sa réussite : Ambition, Audace et Agressivité. Oui, toujours veiller à être ambitieux ; sinon, dans ce milieu hautement concurrentiel qu’est le golf, on se fait « avaler » (sic). Après, et sans oublier d’être intelligent bien sûr, jouer avec audace : ne pas rester dans une zone de confort et vouloir aller chercher les drapeaux en acceptant éventuellement de perdre… mais en prenant le risque de gagner ! Enfin, physiquement, mentalement, l’agressivité doit être palpable. Attention, l’agressivité positive ; pas celle qu’on met contre les arbitres, la météo, le parcours, voire contre soi en se traitant de « nul », de « bille » … Toutes ces bêtises si destructrices ! »

J’aime beaucoup ces propos, car je ne suis justement pas un golfeur qui se définit comme ambitieux, audacieux, et agressif.

Toutefois, est-ce que ces propos sont vraiment adaptés à un amateur de golf ?

Avoir de l’ambition, c’est sans doute ce qui est à la fois le plus facile, et le plus trompeur.

« Je veux baisser mon index et passer joueur à un chiffre venant de 15, et le plus rapidement possible. » C’est une ambition, mais est-elle si réaliste ? Combien de parties ai-je joué sous la barre des 10 coups au-dessus du par cette année ?

Aucune ! Pour l’instant, ma meilleure partie se cantonne à 13…

Donc l’ambition… oui, mais encore faut-il savoir déterminer le bon objectif. A priori, compte tenu d’un niveau de pression même seulement légèrement supérieur à une partie amicale, est-ce envisageable de jouer sa meilleure partie en compétition versus une parte amicale ?

Avoir de l’audace ! ça, c’est intéressant ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Tenter des choses difficiles ? Prendre des risques ? Sortir de sa zone de confort ?

Pour un golfeur amateur, la zone de confort cela reste vraiment du domaine du concept.

Prenons un cas concret où l’audace pourrait s’exprimer.

Sur un par-5 de 410 mètres, en été, avec la roule, un drive peut facilement gagner 20, 30 mètres ou parfois bien plus, et laisser envisager une attaque de green en deux.

Attaquer un par-5 en deux, c’est vraiment une expression d’audace, et plus encore, quand le green est situé en île sur un obstacle d’eau.

Récemment, j’ai vu deux joueurs tenter l’attaque, ce qui suppose de voler 150 mètres au-dessus de l’eau, et pour viser une surface relativement étroite, environ 40 mètres de large d’un obstacle d’eau à l’autre.

Le premier, un golfeur d’index 13, sous le coup de l’audace a tenté ce coup, et sa balle est tombée dans l’eau. Il n’a pas terminé le trou : Croix !

Le second, un golfeur d’index 18, qui jusqu’à ce moment de la partie ne jouait pas très bien, et ratait beaucoup de coups, a aussi tenté de passé, mais cette fois, il a réussi à toucher le bord du green pour se retrouver en position d’eagle !

Derrière, je l’ai vu manquer 2 putts pour finalement faire le PAR.

Pour ma part, et sans doute que beaucoup ne partageront pas mon point de vue, l’audace demande beaucoup de réussite, mais pas seulement sur un coup, mais sur plusieurs d’affilés.

La question qui se pose, c’est la différence entre audace et présomption ?

A partir de quel niveau de jeu peut-on vraiment être audacieux ? Tenter des coups impossibles ou au contraire tenter des coups possibles ?

Ce conseil sur l’audace ne me paraît pas le plus adapté à 95% des golfeurs, moi y compris.

A l’inverse, et c’est sans doute mon défaut, établir un plan de jeu seulement défensif, sans risque, n’est pas plus une garantie de succès, et freine sans doute la progression. Un plan de jeu très défensif ne fait pas de moi un joueur stratège, elle fait seulement de moi, un joueur défensif.

Comment doser sur un parcours, entre attitude offensive et attitude défensive ?

Dans ce cas, je vous invite à relire un ancien article déjà publié sur JeudeGolf.org en 2014, et qui m’avait marqué avec une image simple : Décomposez vos parcours en coups feu rouge, feu orange, et feu vert.

Attaquer ou assurer ? Quelle est la bonne stratégie sur le parcours de golf ?

Le coup feu rouge est un coup très risqué à ne tenter qu’en dernier recours.

Exemple : Passer justement 150 m d’obstacles d’eaux en match-play alors que vous êtes en retard sur votre adversaire avec peu de trous à jouer.

Le coup feu orange est un coup risqué, mais avec des conséquences relativement limitées en cas d’échec.

Tenter une approche à 150 mètres avec un bunker devant le green. Si la balle tombe dans le bunker, vous risquez de faire bogey au lieu du par, et inversement, si la balle passe, vous avez une chance de birdie.

Le coup feu vert est un coup qui présente le moins de risque. Ce devrait être la situation la plus recherchée par un golfeur sur le parcours. Exemple : Sortir le driver sur un départ avec un fairway large devant soi, et peu d’obstacles.

Savoir alterner entre rouge, orange et vert, c’est la clé. On en revient aussi à la définition du plan d jeu émise par Antoni Girod dans un précédent sujet. Savoir déterminer ces coups à l’avance, c’est réduire l’incertitude et augmenter votre niveau de confiance.

Pour conclure ce sujet, je reviens sur le troisième terme employé par Olivier Léglise : L’agressivité !

C’est encore un terme compliqué pour un golfeur amateur. La plupart du temps, pour vanter les mérites du golf, on explique que c’est un loisir, et même une détente.

Le golf, une détente ? Là-encore, c’est très conceptuel pour celui qui a des ambitions pour son jeu, et son classement.

De mon point de vue, compétition et loisir ne font pas naturellement bon ménage.

Je vois rarement des amateurs être dans une démarche agressive, et même dans le bon sens du terme. Si je comprends la définition du coach, je trouve que cela rejoint l’idée de l’audace. Se positionner au-dessus de la balle avec l’ambition de la dominer, en même temps que le parcours.

Il faut bien admettre que la plupart d’entre nous, ne sommes pas dans cette attitude pour dominer la balle, et le parcours, ou pas sur l’intégralité de 18 trous.

Néanmoins, pour un golfeur défensif, moi par exemple, développer une attitude plus « agressive » vers le jeu peut avoir du bon, à condition de savoir la canaliser.

Pour autant, est-ce que je vais faire moins de tops, de grattes, ou d’erreurs de stratégies ?

Attention à ces conseils qui sont trop des mots, et pas assez concrets pour des amateurs.

Je préfère les termes de routines pour améliorer la concentration ou de plan de jeu mieux préparés pour être dans une recherche de véritable progression. 

J’ai vraiment le sentiment que ces deux paramètres routine et plan de jeu sont la clé de la réussite d’une compétition de golf, en même temps qu’une meilleure gestion des émotions à l’instant T.

Article à suivre - Se préparer à la compétition : Plus une affaire de processus que de technique

Crédit photo : Nick Wosika/Icon Sportswire

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