Labo Golf: Swing sans tourner la tête contre swing en tournant la tête !

Tourner ou ne pas tourner la tête pendant le swing de golf

Après le précédent article, et l’expérience faite sur le parcours, en complément, je me suis livré à un test A/B (tête bloquée contre tête libérée) entre les deux swings possibles, et pour entrer dans plus de détails sur les conséquences mesurables avec un radar de type Trackman. J’en ai aussi profité pour réaliser des captures vidéo des swings, pour illustrer les chiffres par des mouvements distincts, et tenter ainsi de repérer des changements flagrants. Ces méthodes permettent d’arriver à une conclusion évidente, et facilement compréhensible.

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Préambule

C’est toujours intéressant de coller rapidement la pratique à la théorie, pour vérifier ce qui est de l’enfumage par rapport à la réalité.

Au golf, il y a beaucoup d’appelés pour publier des vidéos, ou donner des conseils non sollicités pour nous expliquer comment, nous, amateurs allons mieux jouer au golf. Pourtant, après avoir suivi ou tenter de suivre ces conseils, on ne joue pas nécessairement et automatiquement mieux !

S’agissant du conseil de Xavier Bretin, enseignant de golf, et souvent en contact avec des amateurs de tous niveaux, de toutes formes physiques, son expérience l’a amené à penser que déplacer la tête avant les mains dans la zone d’impact était finalement une bonne chose pour lui-même, mais aussi pour un senior, ou pour moi.

Il a été conforté dans cette idée par Justin Rose qui réalise la même analyse, et applique le même principe pour son propre swing.

Sur le parcours, j’ai eu des résultats notablement intéressants sur quelques balles, mais ce n’est bien sûr pas suffisant ou assez pertinent pour en déduire une règle.

Le test que je vais vous dérouler ci-après est d’ailleurs lui aussi perfectible, et n’a pas valeur de vérité scientifique bien qu’il soit illustré, argumenté, et révélateur.

Le déroulement du test A/B

Sur une première série de 10 frappes avec le Trackman 4 et en indoor, avec un fer 8, j’ai bloqué la tête dans la zone d’impact pour la conserver sur la position de balle bien après qu’elle soit partie de la face.

Sur une seconde série de 10 frappes, toujours avec le même club, j’ai libéré la tête pour au contraire qu’elle conduise la rotation du haut du corps, afin que je me retrouve plus vite face à la cible.

Sur ce premier exemple, le résultat est loin d’être négatif, sauf à noter 2 balles franchement en arrière à environ 105 mètres de portée au carry contre 115 pour les 8 autres… Preuve d’irrégularité ?

Le deuxième exemple est très intéressant, car on peut noter déjà des différences de résultats.

La vitesse de swing est supérieure alors que les coups sont tapés selon la même intensité ou la même amplitude. Le gain de vitesse est de pratiquement 2 mp/h.

Surtout la vitesse de balle est en augmentation de 4 mp/h, ce qui signifie que le smash factor est meilleur (1.26 versus 1.23).

C’est là où je veux vous emmener : Dans les mains, les sensations à l’impact sont radicalement différentes ! J’ai bien senti un contact bien meilleur dans le deuxième cas de figure !

Autre élément radicalement différent, le point bas de l’arc de swing est nettement après la balle dans le deuxième cas (13,2 cm après l’impact) contre seulement 5,1 cm pour le premier cas.

La deuxième façon de procéder présente un effet direct sur le fait d’aller la balle plus vers le sol, et bien après.

L’angle d’attaque change radicalement, il passe de seulement -1,8 degrés à -4,7 degrés descendant avec le fer 8.

Dans mon cas, mon swing était déjà dans la bonne tendance, à savoir aller vers le sol. Pour d’autres amateurs, c’est peut-être plus difficile, et plus tangentiel (0 degré ou pire remontant).

Dans leur cas, et comme par exemple, Jean-Luc, les balles sont plus facilement topées.

En libérant la tête, en distance moyenne au carry, je gagnerai visiblement 5 mètres, mais ce n’est pas forcément ce que je cherchais.

Le spin est aussi augmenté (de près de 600 tours en moyenne).

Sur seulement 10 balles, et sans entraînement, la dispersion en profondeur semble légèrement moindre.

C’est justement cela le but recherché et défendu par Xavier Bretin. Ce principe de tête qui tourne avant que les mains n’arrivent dans la zone d’impact a pour but de réduire l’irrégularité, la dispersion en profondeur, comme en latéral.

Pour savoir si maintenant, c’est la bonne direction à suivre pour moi, je vous affiche ci-dessous un autre tableau, celui de l’optimizer du Trackman 4.

Pour la première série, on peut voir que mon angle d’attaque illustré en orange, dans la partie droite du tableau (- 1,5 degrés) est à la limite de la plage de valeurs cohérentes pour un fer 8 (en bleu).

La vitesse de balle n’est pas optimisée (91,5 mp/h).

L’angle de lancement est élevé, même pour faire des trajectoires hautes.

Le spin est très bas, et pourtant j’utilise une lame CB (Mizuno MP-18).

Ci-dessus, l’angle d’attaque est pratiquement trop bas (-4,7 degrés). La vitesse de balle est optimisée. L’angle de lancement est convenable pour une trajectoire haute.

L’illustration du swing

Après vous avoir présenté les chiffres, permettez-moi de vous illustrer ce qui se passe visuellement avec mon modeste swing d’amateur, et donc imparfait.

Ci-dessus, sur ce premier cliché pratiquement réalisé au même moment du swing (-0,3 secondes avant l’impact), au sommet du swing, pas de changement notable entre les deux coups, et notamment au niveau de la tête, du haut du corps ou des hanches.

Dans le premier cas, à gauche, je vais garder la tête sur la position statique de départ de la balle pendant tout le swing.

Dans le second cas, à droite, je vais libérer la tête pour qu’elle tire tout mon haut du corps à tourner vers la cible.

Ci-dessus, ce second écran compare deux swings réalisés avec les deux méthodes : à gauche, la tête reste toujours sur la balle, à droite, la tête est libérée et commence à se déplacer vers la cible…

Les deux images sont prises pratiquement au même moment à -0,06 secondes avant l’impact. Le backswing a été déclenché.

Notez que dans le second cas, la tête a commencé à tourner.

0,02 secondes après l’impact, dans le premier cas, la tête reste bien sur la position initiale de la balle statique, alors que dans le second cas, la tête se dirige progressivement vers la cible.

Sans doute, pas encore assez, et comme demandé par Xavier…

Sur cet écran suivant, 0,10 secondes après l’impact, la rotation du bas du corps semble plus marquée à droite. La tête est pratiquement sur la cible.

Sur cet écran, 0,2 secondes après l’impact, on peut constater nettement que les hanches sont bien plus face à la cible dans le second cas.

A la fin du geste, la posture de sortie est radicalement différente.

La rotation de la tête, du haut du corps, aurait pour conséquence d’amener plus rapidement les hanches face à la cible…

J’ai beaucoup plus tourné sur mon axe dans le second cas.

Pour un golfeur amateur, et je parle d’expérience, cette méthode est plus simple que celle consistant à essayer d’imiter les pros, et en se concentrant sur le fait d’envoyer vite et fort les hanches face à la cible. C’est le principal bénéfice que j’observe ici.

J’aurai besoin de plus de 10 balles pour arriver à un résultat excellent. Ici, on peut encore voir que j’ai commis quelques fautes de faces fermées à gauche.

Comme le justifie Xavier, c’est long et difficile de changer son swing.

Retrouvez en complément de cet article, le contenu d'un cours que j'ai pris avec Xavier Bretin, et toujours au sujet de la rotation du haut du corps appliqué au chipping.

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