Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Quel index avez-vous vraiment joué lors de votre dernière partie?

Lorsqu’il s’agit de commenter leur niveau de jeu, les golfeurs ont pour habitude de communiquer entre eux, sur leur index, enrichissant leur propos, du score de leur dernière partie, ou de leur meilleure partie, précision éventuelle de leurs tees de départ… A titre d'exemple, l’année dernière, je pouvais dire, "mon index est de 13,1" mais mon record était de +9 sur le golf d’Etioles, en partant des départs jaunes...L’arrivée récente du WHS, et de ses nouvelles modalités de calcul ont bouleversé cette approche. Au-delà de la complexité du système qui a pu déboussoler plus d’un golfeur, force est de constater que la démarche permet une meilleure définition du niveau de jeu réel des joueurs.

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Un des avantages de cette nouvelle approche est de beaucoup mieux valoriser le fait que le niveau de difficulté des golfs n’est en rien comparable, et que comparer le score réalisé sur deux golfs différents est un non-sens qu’il convient de bien comprendre.

Mais alors quel index avez-vous vraiment joué lors de votre dernière partie ?

En soit, il n’y a rien de nouveau !

Tous les paramètres étaient déjà là avant le WHS, mais le système en place permettait difficilement d’en apprécier la subtilité.

Le point de départ du problème vient du fait que la définition de la difficulté d’un parcours n’est jamais expliquée à un joueur qui débute, et même en progressant, ce sujet vient rarement sur la "table".

Pourtant, le principe est normalisé depuis les années 80, et ce, pour hiérarchiser les parcours que vous trouvez partout dans le monde.

Jusqu'à présent, vous aviez deux paramètres à prendre en compte : le SSS et le Slope.

Le Slope est un nombre entier compris entre 55 et 155.

Le parcours de l’Albatros au Golf national a par exemple un Slope de 155 des départs blancs.

Ce chiffre est destiné à évaluer la difficulté d’un parcours pour un joueur “bogey”.

La grande majorité de cette note (90%) est donnée par la longueur du parcours.

Les 10% restants sont pondérés par les difficultés techniques (environ 80 données évaluées par trou) dont par exemple la largeur des fairways, la vitesse de roule des greens, ou encore le nombre de bunkers etc…

90% de la note étant donné par la longueur du parcours, le Slope est donc différent, selon la couleur des boules de départs.

L’indice de référence est 113, au-dessus un parcours sera défini comme plus difficile que la moyenne, et inversement en-dessous.

A noter que cette évaluation est réexaminée tous les dix ans, par un représentant de la FFGolf, afin de prendre en considération les évolutions éventuelles du parcours.

Le SSS est le “Scratch Score Standard”, soit la difficulté d’un parcours du point de vue d’un joueur scratch, c’est à dire pour un golfeur dont l’index est de 0.

Ce score est donc proche du PAR du parcours.

S'il est inférieur au PAR du parcours, ce dernier peut être qualifié de “facile”.

Exemple : Le golf de Marolles en Brie présente un SSS de 63,8 pour un PAR de 67.

S’il est supérieur au PAR du parcours, il est jugé comme “difficile”. Exemple : le SSS du parcours de Faulquemont est de 74.3 pour un PAR 73.

 

La majorité des compétitions amateurs se jouent en stableford.

Ainsi, lors d’une compétition, et afin de neutraliser la difficulté imposée par le parcours, vous recevez plus ou moins de coups rendus selon votre index, mais aussi, selon la difficulté du parcours et les tees de départ joués.

Votre index est ainsi “pondéré” en même temps par le SSS, et par le Slope, de la couleur de votre départ.

Cela peut être assimilé aux courses de chevaux.

Dans les courses à handicap ou d'obstacles, les chevaux / jockeys, les plus performants sont lestés avec des poids distincts pour rendre la compétition équilibrée.

Le système jusqu’à présent avait cela d’obscur que cette difficulté du parcours n’était exprimée qu’à travers le résultat final de votre nombre de points stableford joués, et non à travers votre score du jour.

Vous pouviez avoir obtenu 40 points stableford, et donc réalisé un performance, tout en ayant joué +20 coups au-dessus du PAR, alors que votre index était de 17

Une forme de contradiction ?

Comment dire que vous avez bien joué alors que vous avez joué plus que votre index ?

Le WHS a le mérite de régler ce problème, et de permettre aux joueurs de mieux apprécier la qualité de leur performance du jour…

Cela passe par le fameux “Score Différentiel”.

C’est à dire, votre score brut pondéré de la difficulté du parcours.

Toutes vos parties sont désormais ramenées au niveau de jeu réel joué, ce qui en permet enfin une véritable comparaison.

Pour mieux comprendre ce nouveau fonctionnement, ci-après, je vous propose de l'illustrer à travers deux exemples personnels.

Cet été, j’ai joué à Marolles en Brie, en Ile-de-France : PAR 67, slope 112, SSS 63,8 depuis le départ des boules blanches, soit comme on a pu le voir précédemment un parcours “facile”.

J’ai joué ce jour-là +9 au-dessus du PAR.

Pondéré finalement de l’handicap du parcours, de sa difficulté, mon score a été ramené par la fédération, et le nouveau système à +11.6.

Inversement, j’ai joué plus tard dans l’été, le parcours de Roquebrune, PAR 71, slope 145, SSS 72,6 des blancs, soit un parcours “très difficile”.

Je joue ce jour-là +19 au-dessus du PAR.

Ce score peut paraître très mauvais versus ma partie à Marolles-En-Brie, mais ramené à la difficulté du parcours, mon score différentiel est finalement recalculé à +13,6.

Si je compare les scores bruts : +9 versus +19, on constate un écart de 10 points.

Si maintenant, je regarde l’écart entre mes deux scores différentiels (SD), l’écart est bien plus faible : +11,6 vs +13,6 soit un écart de 2 points… finalement j’ai moins bien joué à Roquebrune, mais pas tant que ça…!

 

Mon jugement sur une partie que j’aurais pu trouver, catastrophique, en d’autres temps est tout à fait différent, et je peux en définitive me dire, que je ne me suis pas si mal défendu que cela sur un parcours vallonné, que je ne connaissais pas, sous 35 degrés en plein été, et un fort Mistral.

Le SD que l’on peut également nommer “index joué” m’a permis de rentrer avec le sourire d’une partie jouée sur un très joli golf (et une très bonne table), là où j’aurais pu rentrer grognon et plein de contrariétés, il y a encore peu…

J'ai retenté l'expérience quelques jours après, en jouant à Saint Endréol, qui est également un golf difficile, pour vivre la même chose : Un score brut décevant, mais finalement pas si mal, ramené à l'handicap du parcours.

Désormais lorsque j’échange sur le résultat de mes parties avec mes amis golfeurs, je ne maque pas de mentionner mon Score Différentiel, une forme de mètre étalon bien plus représentatif de mon niveau de jeu du "jour", que le simple score brut…

Cela me permet également de mieux apprécier mes progrès, et ma forme du moment.

Reste une question… comment calculer son SD facilement ?

Les outils de la FFGolf peuvent parfois paraître complexe.

Pour ma part je privilégie un site internet dont je peux louer l’ergonomie, et la simplicité de fonctionnement : https://www.des-balles-et-des-birdies.com/

Il vous suffit de choisir votre parcours, de préciser vos boules de départs et votre index.

Cela vous affichera une carte de score, et vos coups rendus.

Une fois votre carte remplie vous aurez votre index joué (score différentiel) ce jour-là.

De quoi mieux nourrir d'arguments positifs, vos conversations au bar du club house…

 

Au-delà du Score Différentiel, une réflexion a fait son chemin tout au long de mes parties réalisées à l’aune de cette nouvelle approche.

Je me suis rendu compte que désormais je regardai systématiquement le SSS et le Slope, afin de mieux apprécier la qualité du parcours, mais cela m’a également interrogé sur le choix des parcours joués.

Comment choisir un parcours adapté à votre jeu et pour vous permettre de scorer ?

Comme nous avons pu le voir, un élément clé de l'évaluation de la difficulté des parcours est leur longueur qui rentre pour 90% de la note du Slope.

Cela m’a fait écho à la lecture d’un post du blog de l'entraîneur américain Andrew Rice

De son point de vue, un des problèmes des golfeurs dans leur difficulté à scorer est qu’ils jouent des parcours bien trop longs pour eux.

Sa recommandation est de prendre la longueur de votre fer 5 au carry, et de le multiplier par 36, afin de définir la longueur maximum qu’un joueur de golf devrait jouer, pour être en mesure de scorer.

Pour avoir interrogé plusieurs joueurs dans l’équipe où je joue, force est de constater qu’aucun n’a réussi son meilleur score sur un parcours plus long que la distance donnée par ce ratio.

En choisissant un parcours à la longueur adapté, vous pouvez ainsi éliminer une variable, et vous faciliter le jeu.

Il ne reste plus qu’à trouver un équilibre entre votre niveau de jeu, et la technicité du parcours.

Pour ma part, mon record est à Ozoir l'été dernier, +7 des blancs, SD: 6.3, sur un parcours dont la longueur était exactement ma longueur maximale recommandée, et désormais un nouvel index de 12.1.

Je ne sais pas si il est recommandé de viser cette longueur maximale, pour optimiser le nombre de coups rendus,  mais c'est désormais un critère supplémentaire que je prendrais en considération pour choisir ma prochaine compétition.

Reste une dernière réflexion, encore une fois force est de constater que plus le joueur tape loin, plus un parcours long va l'avantager par rapport au champ des autres joueurs, à niveau technique constant.

Une réalité que Bryzon DeChambeau a parfaitement illustrée lors du dernier US Open… mais heureusement non valable sur tous les majeurs. 

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Commentaires   

fderocha@gmail.com
0 #2 Parcours trop long ?fderocha@gmail.com 23-11-2020 20:35
Bonjour,
Merci Yannick pour cet article original. et intéressant.

Je souhaiterais revenir sur le dernier paragraphe . Y a t il vraiment une longueur optimale pour scorer (SD faible) ?
Partant de mes statistiques depuis le 1er janvier 2020, (46 parties), je n'ai rien pu mettre en évidence. Cela me parait finalement assez logique si les Slope et SSS sont bien évalués. C'est d'ailleurs leur fonction : neutraliser la difficulté, c'est à dire avant tout la longueur.

Bien à vous,
François
pouvil@aol.com
0 #1 Pourquoi choisir un parcourspouvil@aol.com 09-11-2020 15:00
Bonjour , j'ai lu avec attention votre article avec en particulier la conclusion qui propose de choisir en particulier le parcours correspondant à votre longueur pour scorer. Perso, je ne comprends pas ce choix, j'ai toujours considéré que mon index ou niveau de jeu devait correspondre à mon niveau sur tous les types de parcours. Cela me servirait à quoi de jouer 10 sur marolles (que je connais très bien ) pour jouer 14 ou 18 sur Ormesson (que je connais encore plus).
En ce qui me concerne et à mon niveau, la course à l'index n'est pas une fin en soi, par contre bosser sur mes lacunes (à la suite d'autres parcours) l'est beaucoup plus.
Merci pour vos articles
Cordialement
Patrick

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