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Douleurs au dos et golf: Pas de fatalité, une question de pédagogie adaptée?

Deuxième partie de ce dossier consacré aux douleurs au dos liées à la pratique du golf. Après avoir recueilli les propos de Philippe Vignon, kiné de l'équipe de France Girls, et exploré les possibles raisons de douleurs chroniques chez les amateurs, nous avons interrogé un coach de golf Allemand, Franck Drollinger, qui justement a fait de l'apprentissage du golf, une méthode assumée sans douleur, et adaptée à la pratique d'amateurs, qui ne sont pas nécessairement à l'origine des grands sportifs. Pour l'instant, il fait partie des rares à porter ce courant de pensée. Est-ce un génie pas encore découvert ou incompris ? Les douleurs au dos ne sont-elles finalement pas une fatalité qui accompagne les golfeurs amateurs et professionnels ? Découvrez ci-après, et en exclusivité pour JeudeGolf, l'approche d'un enseignant qui se distingue...

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Apprendre à golfer sans douleurs, c'est possible ?

Cette conviction, Franck Drollinger l’a construite à la suite d’une partie de golf qui s’est mal terminée pour lui.

Il n’est alors qu’un amateur passionné par la pratique du golf.

Obligé de devoir encore une fois mettre de la glace sur sa cheville meurtrie en sortant d'un parcours, il se pose même la question d’arrêter le golf, et pourtant ce sport lui semble présenter tellement de bénéfices qu’il ne peut se résoudre à cette triste fin.  

La discussion s’est prolongée lors d'un barbecue familial où sa belle-mère lui suggère de mettre ses connaissances en biomécaniques, issues de son rôle de formateur auprès des enseignants de ski, au bénéfice de sa pratique golfique.

Sa conviction se forge : Il veut continuer à jouer, mais ne veut plus souffrir du fait de cette pratique. 

Le prédicat de base de son modèle est de considérer que si le corps cesse d’être contraint, mis en tension, sans résistance, alors il peut bouger plus longtemps, avec moins de fatigue et plus de performance.

Le corps n’a alors plus besoin de chercher à se protéger de mouvements traumatisants, il peut entièrement se consacrer à générer toute sa puissance, pour être en performance.

Il considère absurde de se satisfaire d’un modèle qui génère autant de contraintes physiques pour un résultat finalement imparfait : Les professionnels ne touchent que 65% de greens en régulation, tandis que les amateurs sont plus autour des 40/45%.

De son point de vue, la performance serait de toucher plus de 90% des fairways en régulation.

En quoi le modèle actuel serait-il justement si performant ?

Pourquoi s’en contenter ? 

Se poser la question, et tenter à la fois d'y apporter une réponse, est un objectif très ambitieux, et qui risque d'interroger tous les autres enseignants de la planète. Franck Drollinger prend finalement le risque d'un positionnement isolé par rapport à tout le reste de sa profession...

Afin de comprendre comment faire évoluer les choses, Frank Drollinger s’est associé avec le Dr Dietmar Goebel, chirurgien orthopédique, et ce, afin de mener une recherche ayant la rigueur scientifique nécessaire.

Leurs premiers travaux ont notamment été publiés dans la revue scientifique Thieme

Le travail initial de recherche a été de constituer un panel de près de 400 golfeurs, âgés de 50 à 70 ans, et de tous niveaux de pratique golfique.

Dans un premier temps, il leur a été demandé de décrire de manière aussi précise que possible leur swing, puis leur traumatisme lombaire, et enfin leur consommation d’anti-inflammatoire.

Tout a été documenté.

Dans une deuxième temps, leur swing a été mesuré avec des appareils, et notamment des plaques de forces, afin de déterminer notamment l’évolution de leur COM (Center of Mass), de leur COP (Center of Pressure), ainsi que le fonctionnement de leur pelvis. 

Du point de vue orthopédique, toute mise en tension de l’axe pelvis-colonne vertébral peut être considérée potentiellement traumatisante.

La mise en tension réalisée par le déplacement latéral du COM dans le swing de golf est donc la problématique ultime. 

Un autre aspect que l’enseignant dénonce est l'absurdité selon lui du X-Factor. Il s'engage dans une voie qui risque de ne pas le rendre populaire auprès de ses pairs, et qui peut provoquer une réflexion.

Augmenter la puissance en jouant sur la résistance de nos disques intervertébraux... De son point de vue, c'est en fait, le meilleur moyen pour aller tout droit vers la chirurgie lombaire.

Au-delà du constat biomécanique lié au fait que tous les golfeurs inclus dans l’étude mettaient leur corps en tension pendant le swing, il a été constaté qu’aucun joueur n’était capable de décrire son swing, et notamment la position de sa colonne vertébrale ou de ses hanches dans le mouvement. 

Du point de vue de cette recherche, cette absence de capacité descriptive était déjà un paramètre en soi très dangereux.

Ne pouvant visualiser, et définir leur swing de golf, comment le golfeur pouvait-il définir l’amplitude physiologique adaptée à son corps, et pour une pratique non traumatisante ?

Ne connaissant pas les limites objectives de son corps, comment éviter de se blesser ?

A vouloir se dépasser physiologiquement, à l’occasion d’un drive puissant, le golfeur prend inéluctablement le risque de se blesser. 

Apprendre à golfer en régularité, c'est possible ?

Deuxième conséquence de cette approche non descriptive du swing de golf : comment le golfeur peut-il être régulier dans sa pratique ?

Tout golfeur a connu cette situation terriblement frustrante ou à l’occasion d’un cours ou d’une séance d'entraînement, il se met à enchaîner des coups magnifiques.

Il rentre chez lui le sourire aux lèvres, persuadé d’avoir réussi à “casser le code”, et Eurêka, lors de sa prochaine partie, il imagine repartir sur cette base identique, et très positive...

Hélas, la partie qui suit le ramène à l’évidence : L’apprentissage du golf est parfois long et plein d’incertitude. 

Frank Drollinger et le Dr Goebel ont alors la conviction que seul un swing équilibré, c’est à dire avec une déplacement du COM (center of mass) minimal peut conduire à une restriction des traumatismes dans la pratique du golf.

Le modèle de swing développé vise cet objectif.

Pour obtenir ce résultat, ils ont travaillé à la mise en place d’un modèle d’apprentissage illustré en plusieurs dimensions, et qui respecte cette double contrainte.

En un, pas de mise en tension par un déplacement latéral ou rotatif excessif.

En deux, un modèle descriptif et donc visualisable, répétable, décrivant étape par étape ce qui doit être fait, quand, où, comment, jusqu’où et à quel moment et pourquoi.

C'est ce qu'il décrive comme “Core Balance Free Release” dont l’enseignement est décrit via le site internet : https://consistencygolfswing.com/ 

Il nous faut préciser qu'il s'agit d'une méthode payante, et qu'à ce stade de notre enquête, nous ne l'avons pas encore testé. En revanche, Franck Drollinger nous propose d'en faire le test, et ce sera donc la prochaine étape, et suite de cette série d'articles consacrée aux douleurs au dos, et la pratique golfique.

Au-delà de l’aspect orthopédique, et non traumatisante, la question de la performance du modèle se pose, et nous interpelle. Ont-ils développé une méthode sans douleurs, et en plus, plus performante d'un point de vue du golfeur amateur ?

Pour Frank Drollinger, un des bénéfices majeur que permet le fait de limiter un transfert vers la jambe droite au backswing est notamment que celle-ci deviendrait beaucoup plus disponible pour travailler dans le downswing.  

Il défend le fait que son modèle permettrait de mieux mobiliser les vecteurs de force vers la cible, en évitant les frictions du corps qui pénalisent l’efficience du mouvement.

La synchronisation des différentes parties du corps concourant à un swing efficace et puissant se ferait de manière plus efficiente.

Plus de vitesse de swing, plus de vitesse de balle, moins de dispersion… autant d’avantages que beaucoup de golfeurs ne pourraient pas refuser. 

Frank Drollinger considère que son approche est si efficace qu’il ne suffit que de trois jours à un golfeur amateur, pour la maîtriser, et la mettre en application de manière performante.

Il est également convaincu que cela peut être un “game changer” pour le monde du golf.

Trop de golfeurs arrêtent la pratique tous les ans, des débutants au bout de la première année, la moyenne d’âge des pratiquants ne cesse d'augmenter, nombre de pays constatent un nombre de pratiquants qui décroit années après années.

La difficulté du golf, et peut-être des douleurs inhérentes sont autant de sujets critiques, qui dans les années à venir pourraient bien être au centre des débats, et les thèmes d'innovations.

Permettre au plus grand nombre d’accéder à un swing efficace, rapide à apprendre, et non traumatisant semble en effet une perspective qui pourrait réjouir de nombreux pratiquants, de nombreux enseignants, et de nombreuses fédérations.

Est-ce vraiment possible ?

A la suite de ce sujet, et la découverte de Franck Drollinger, nous avons donc décidé de tester sa méthode, et de la présenter dans une prochaine émission vidéo sur JeudeGolf.tv, et justement libéré du confinement.

Franck Drollinger pose-t-il le bon sujet ? Propose-t-il la bonne approche ? Faut-il révolutionner la pédagogie ? Est-ce la démarche d'un homme seul ou son concept peut-il vraiment transcender ?

Considérant que 35% des golfeurs ont potentiellement des douleurs au dos, il y a certainement beaucoup de réponses à aller chercher.

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