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Tiger Woods: La tête des mauvais jours à Torrey Pines

Tiger Woods est parti par la petite porte de Torrey Pines

Eliminé prématurément du Farmers Insurance Open 2014 après un troisième tour joué en 79, un score particulièrement élevé pour le numéro un mondial.Tiger Woods a quitté la Californie avec sa tête des mauvais jours. 

Début de saison raté pour l’Américain qui pourtant apprécie le tournoi Californien, et surtout le double parcours de Torrey Pines (Nord et Sud). 

Déjà vainqueur à huit reprises sur ce golf, et notamment de son dernier tournoi majeur, l’US Open 2008, Woods aime Torrey Pines, car il joue à domicile. 

Comme chacun le sait, la confiance est le premier facteur de succès pour un golfeur sur le parcours. 

Et la confiance peut venir d’une parfaite connaissance du parcours, ses pièges, ses nuances, les obstacles…tout ce qui fait la difficulté d’un terrain de golf, mais qui une fois maîtrisée, donne un avantage indéniable. 

Pour un golfeur amateur, il existe une véritable différence de score quand il joue toujours le même parcours, ou quand il découvre un terrain pour la première fois. 

Pour Woods, Torrey Pines, est le golf où il se sent comme à la maison

Le parcours Sud long de 6900 mètres est en fait un des parcours les plus difficiles de la saison du PGA Tour aux Etats-Unis. Les fairways sont étroits, et les roughs parmi les plus « accrocheurs ». 

Sans oublier, la brise qui vient de l’Océan Pacifique, et qui peut changer de direction à tout moment. 

Pas de quoi perturber le tigre qui a grandi dans la petite ville de Cypress au nord de ce golf, et joué à de nombreuses reprises sur ce parcours. 

Il connait chaque centimètre carré du parcours. La façon de jouer dans le vent, les trous qui montent et qui descendent, les greens à deux plateaux, et les bunkers en bord de falaises… 

Bien que Tiger soit aujourd’hui, résidant de l’état de Floride, le gamin originaire de la Californie du Sud a gagné à quatorze reprises dans cet état, dont huit fois à Torrey Pines, mais par exemple, jamais à Pebble Beach ou à La Quinta. 

Une saison décisive pour Tiger Woods

En 2013, Woods a repris sa couronne de numéro un mondial, gagné à cinq reprises, ce qui en a fait le meilleur joueur de l’année devant Adam Scott, Henrik Stenson et Phil Mickelson. 

En 2014, Woods est attendu au tournant de sa propre histoire ! 

Depuis son dernier US Open remporté à ...Torrey Pines, il n’a plus jamais été en mesure de soulever un titre Majeur, et le temps commence à être long, surtout quand on a comme lui, l’ambition de dépasser la légende Jack Nicklaus dans le livre des records, soit 18 unités minimum alors que Woods voit son compteur bloqué à 14 depuis six ans. 

Or, à 38 ans, Woods laisse filer ses meilleures chances, peut-être même les dernières. 

Depuis 2008, le niveau de concurrence sur le tour s’est considérablement accru, notamment avec la nouvelle génération des Jordan Spieth, Dustin Johnson, Matteo Manassero, and co. 

Pour Woods, l’année qui commence est même cruciale. 

Si l’an passé, Nick Watney ne voyait pas de concurrents possibles à la domination de Woods à Torrey Pines, cette année, Woods est déjà sorti par la petite porte, et sans démontrer aucune capacité à rivaliser avec des golfeurs qui n’ont pourtant rien de foudres de guerres. 

Le vainqueur, Scott Stallings était à l’entrée du tournoi seulement 112ème mondial ! 

La machine à gagner en panne ?

A Torrey Pines, encore plus qu’ailleurs, prendre les fairways est un impératif pour scorer. 

Ces dernières années, Tiger Woods a démontré une très forte capacité dans le domaine de la « recovery » plus qu’au diving, où il est pourtant assez performant. 

Woods toujours à l'aise dans le rough

A tel point qu’il est tout à fait capable de ne sortir que son bois 3 ou un long fer, là où d’autres sont obligés de sortir le driver. 

Sa contre-performance de ce week-end n’est donc pas si anodine, et explique aussi pourquoi il est sorti de mauvaise humeur de sa dernière partie, jouée en 79, un score inhabituel pour lui, surtout tenant compte qu’il jouait à domicile. 

C’est même la première fois qu’il manque le cut du 54ème trou. 

Précisons que le cut est normalement après 36 trous sur un tournoi du PGA Tour. 

A Torrey Pines, particularité du tournoi, il y a un cut après 36 trous, et un autre cut après 54 trous. 

A sa sortie du trou 18, un reporter de CBS lui a tendu le micro pour recueillir ses impressions, et Woods a lâché un « Non, j’en peux plus ». 

Après quoi, il a signé une dizaine d’autographes, puis a pris la direction de sa voiture, et a quitté le club. 

Sa contre-performance trouve en partie une explication dans le fait que de toute la semaine, il n’a pas réussi le moindre birdie sur les par-5. 

Au global des trois tours disputés, il a même joué +4. Un fait statistique suffisamment important pour être relevé. 

Si l’an passé, Watney avait déclaré qu’il était hors du commun et imbattable, son partenaire du jour, Jhonatan Vegas a admis qu’il était tout simplement humain, et que ce qui lui était arrivé, pouvait arriver à tous les golfeurs. 

Possible explication, le parcours a été légèrement plus sec qu’à son habitude, et les roughs plus épais et plus accrocheurs qu’ils ne le sont déjà en temps normal. 

Difficulté qu’a sans doute sous-estimée Woods, et qui lui a coûté plusieurs bogeys, et même des double-bogeys. 

*Son plus mauvais score chez les professionnels, est de 81 au cours du troisième tour du British Open à Muirfield, tournoi joué sous la pluie avec des vents soufflants en rafale à plus de 65 km/h. 

Il lui est déjà arrivé de joué 79 à trois reprises. Rien d’alarmant, surtout quand on sait que généralement, derrière, il redresse très vite le tir. 

Mister Woods ou Docteur Tiger ?

Il est impossible de prédire la suite de la saison en se basant sur ce rendez-vous manqué par le tigre. 

  • Autant il va remporter deux majeurs et accomplir une nouvelle brillante saison, et ce vilain tour sera aux oubliettes. 
  • Autant, et c’est à craindre, Woods est en fait sur le déclin, car sa passion pour le golf s’émousse. 

A 38 ans, lui qui est très présent auprès de sa compagne Lindsay Vonn, notamment cet hiver à Val d’Isère, ne sourit plus beaucoup sur un parcours de golf. 

Il fait le job, et c’est peut-être tout le problème. 

Woods fait le job

L’enfant, fan de golf prêt à tout pour marquer l’histoire du golf est parti avec son divorce, qui lui aura coûté plus que 100 millions dollars, mais aussi une part de son insouciance. 

Depuis 2010, et tout ce qu’il a traversé, Woods a certes réussi à redevenir le numéro un, mais plus par orgueil que par plaisir. 

A Torrey Pines, parcours où il a toujours joué depuis son enfance, Woods aurait dû éprouver du plaisir d’être là plus qu’ailleurs, mais ce n’est pas franchement l’impression qu’il a donné tout au long de la semaine. 

La « machine » a pris le dessus sur son caractère humain et jovial. 

L’image médiatique a pris le pas sur l’homme, et même sur l’enfant qui jouait au golf pour casser du parcours avec le sourire. 

Sans son contrat longue durée avec Nike, Woods aurait peut-être déjà arrêté de jouer sur le tour. Tenu par ses engagements, on sent qu’il donne le minimum pour prendre son argent. 

Lui qui est immensément riche, a-t-il encore envie de jouer, et de porter une tunique rouge le dimanche ? 

A force d’être interrogé invariablement chaque semaine sur le moment où il va à nouveau hypothétiquement gagner un quinzième majeur, n’est-il pas lassé par cette quête ? 

Clairement, sur le papier, personne ne peut contester qu’il en ait le potentiel, et peu importe la concurrence ! Mais au fond de lui, en a-t ’il réellement envie, sachant les sacrifices que cela demande ? 

Et si Woods était tout simplement un enfant gâté qui s’est lassé de son propre jeu, et des règles qu’il a fixé ? 

Dans une de ses récentes déclarations, Woods avait déclaré que le moment où il ne se sentirait plus capable de gagner, il arrêterait tout.

Ce moment n’est pas arrivé, mais cela dénote aussi le caractère très particulier de ce sportif. 

Il ne joue que pour gagner pas pour jouer. 

Dans ces déclarations, il n’y a jamais aucune notion de plaisir qui rentre en ligne de compte. 

Sans parler de respect pour le jeu, et surtout les autres golfeurs professionnel. 

Pas de psychologie de comptoir de notre part, mais admettons que pour remporter un majeur, en plus de tout le reste, le plaisir peut être le premier moteur…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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