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Série de fers de même longueur de manche VS fers classiques

Depuis quelques mois, l’américain Bryson DeChambeau s’est rendu célèbre en remettant au goût du jour, une vieille idée : Jouer avec des fers tous d’une même longueur de shaft ! Quel intérêt ? D’un fer 2 à un fer 9, habituellement, la longueur du shaft varie de quelques inches, ce qui permet d’augmenter la vitesse du swing à mesure que le loft se ferme, mais contribue aussi à augmenter la dispersion, tout en modifiant de quelques degrés le plan de swing. C’est pour quoi, il est logiquement plus difficile de taper un fer 2 par rapport à un fer 9, en particulier pour un amateur. Xavier Bretin, pro au golf de la Sorelle, et consultant pour Jeudegolf.org a mené une expérience de comparaison entre deux séries : une normale, et une série avec des manches de longueurs identiques, pour déterminer le réel intérêt de la chose.

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Préambule

Depuis la popularisation médiatique de Bryson DeChambeau, et de ses clubs de même longueur, il faut noter un véritable engouement pour cette question.

Pourtant, depuis des années, et des années, la majorité des golfeurs jouent avec des clubs adaptés à la pratique du golf, à savoir des clubs de longueurs différentes !

Il ne viendrait à l’idée de personne de jouer avec un driver avec un manche de la longueur d’un putter. Pourquoi ? Tout simplement, parce que c’est inadapté à un principe essentiel au golf : produire plus de vitesse de swing, et donc plus de distance.

En revanche, depuis quelques années, s’agissant du driving, effectivement, la question se pose pour savoir quelle est la longueur idéale du manche ?

45,5 inches, 45 inches, 44,5 inches ? A quelques pouces près, il peut être intéressant de mesurer le ratio tolérance sur efficacité.

Les pros ont par exemple tendances à utiliser des shafts de drivers de seulement 44,5 inches, quand les marques tendent à proposer des shafts de séries à 45,5 inches aux amateurs.

Les pros acceptent de perdre un peu en vitesse de swing pour en contrepartie mieux centrer la balle dans la face, et finalement, aller presque plus loin par rapport à un manche plus long.

A l’inverse, pour séduire les amateurs, et leur promettre plus de distance, toujours plus de distance, les marques ont eu tendance à allonger les shafts, sans trop parler de la contrepartie qui va avec l’augmentation de la distance : l’augmentation de la dispersion !

Dispersion qui n’est pas seulement latérale mais aussi d’avant en arrière, ce qui veut dire que plus vous avez du mal à trouver avec régularité le centre de la face, et plus vous pouvez en mettre à gauche, à droite, un peu devant, et un peu derrière de votre tendance habituelle.

Bien entendu, les marques tentent de contourner le problème en améliorant la tolérance de la face.

Ne leur jetons pas la pierre ! Elles souhaitent simplement répondre à la demande.

Demande qui est persuadée que pour taper plus loin, il faut des manches plus longs OU plutôt qu’il faut compenser un manque de physique ou de technique par le matériel.

C’est dans ce contexte que Bryson DeChambeau a bouleversé l’échiquier. S’il n’avait eu aucun résultat, nous ne serions pas là à en parler.

Ceci dit, avant de passer la plume à Xavier, nous voulons vous alerter sur deux choses :

  • d’une part, les clubs de longueurs différentes ont un intérêt qu’il ne faut pas jeter à la poubelle du jour au lendemain,
  • et d’autre part, DeChambeau n’a pas jusqu’à présent obtenu de résultats probants qui démontrent qu’il est dans le vrai contre tous les autres, bien au contraire…

Sur ce sujet, comme pour d’autres, il faut raison garder, et ne pas avoir d’idée préconçue…

Les conditions du test de Xavier Bretin

Pour ce test, j’ai opéré en deux temps.

J’ai d’abord testé en septembre des clubs de mêmes longueurs de la marque Sterling que je m’étais commandé par curiosité, versus des clubs Cleveland 588 MT, et puis j’ai refait ce test plus récemment.

Malgré la différence de températures entre septembre et début décembre, ce qui aurait pu influer sur les vols de balles, j’ai trouvé strictement les mêmes données.

Plus précisément, la série Sterling m’a été livrée avec des shafts d’une longueur de 37,125 inches, soit pratiquement la longueur d’un fer 7 Cleveland classique de 37,25 inches.

J’ai choisi la série Cleveland en guise de comparaison, car par rapport à ma nouvelle série Sterling, les caractéristiques des têtes sont très proches, et notamment les lofts, comme vous pourrez le voir à l’aide des tableaux que je vous joins ci-dessous.

Ci-dessus, les caractéristiques de ma nouvelle série de fers Sterling avec des shafts de mêmes longueurs.

Ci-dessus, les caractéristiques de ma série de fers Cleveland 588 MT avec des shafts classiques, et donc de longueurs différentes.

Comme vous pouvez le constater, le fer 4 présente un shaft de 39,375 inches contre le fer 9 avec un shaft de 35,75 inches.

Les lofts des fers 7 sont dans les deux cas de 31 degrés alors que les lies sont aussi identiques (63 degrés).

Les enjeux du test

A ce stade, vous conviendrez que nous comparons des clubs avec plusieurs caractéristiques qui varient selon le numéro de la série, contre une série de clubs dont seul l’angle d’ouverture de la face varie, le loft.

Autrement dit, le loft suffit-il à créer un écart de distance entre chaque fer, et avec quelle régularité ?

Quel bénéfice en termes de smash factor d’un type de série à une autre ?

Les résultats commentés du test de Xavier

D’emblée, les résultats en termes de distances et de dispersions m’ont paru très similaires.

Je dois dire que j’ai trouvé un grand confort dans mes frappes avec la série de longueur identique de shaft.

J’ai eu de très bonnes sensations. C’est ce qui m’a le plus frappé !

Par contre, j’ai aussi trouvé un son très surprenant, franchement métallique, et très éloigné de ce dont j’ai l’habitude avec des fers forgés.

Vraiment, mis à part cette question du son, j’ai vraiment eu un effet whaouh et apprécié ces fers Sterling.

Au moment du test, et avant de parler des chiffres, j’ai eu aussi l’impression de taper des coups plus droits.

Au chapitre des points négatifs, je dirai que j’ai trouvé peu d’écarts entre le fer 6 et le fer 5. A vitesse de swing équivalente, et angle de lancement proche, les distances sont en fait les mêmes.

J’imagine que c’est pour cette raison que le fabricant propose un hybride 5 à la place du fer 5, surtout pour augmenter l’angle de décollage, et donc recréer de la distance.

En plus du test au practice avec un trackman, j’ai joué 4 parties sur le terrain avec ces nouveaux clubs, et de la même façon, j’ai pris du plaisir à les jouer. Je trouve que les têtes donnent plus de tolérances par rapport à des clubs types muscle back ou cavity back.

En guise de préconisation, je dirai que c’est une série idéale pour progresser, et ne pas se prendre « la tête » sur l’exécution d’un swing. Enfin, c’est aussi un type de clubs pour des joueurs qui veulent découvrir autre chose.

Les données du test

Ci-dessus, les données Trackman pour le test d’une série de fers Cleveland 588 MT sur shafts aciers de différentes longueurs.

Ci-dessus, les données Trackman pour le test d’une série de fers Sterling sur shafts aciers de longueurs identiques.

Ci-dessus, le schéma des trajectoires de balles avec les fers Cleveland

Ci-dessus, le schéma des trajectoires de balles avec les fers Sterling

Ci-dessus, l’espacement des frappes avec les différents fers de la série Cleveland

Ci-dessus, l’espacement des frappes avec les différents fers de la série Sterling

Bilan du test

Première question : Est-ce que le loft suffit à créer un écart de distance ? La réponse est oui, et de manière tout à fait comparable à une série classique.

Deuxième question : Est-ce que l’on trouve la même régularité dans l’écartement de distance entre chaque fer ? La réponse est là aussi positive. Toutefois, à bien juger les graphiques et les données, les écarts paraissent plus variables selon les fers…

Troisième question : Y-a-t ’il un bénéfice de smash factor ? Le résultat est contrasté et contestable ! D’un fer à un autre, Xavier a obtenu parfois un meilleur smash factor avec un club Sterling, et parfois avec un Cleveland. Dans ce cas, il convient de conclure que les résultats sont très proches.

Difficile de réellement conclure que ces clubs de mêmes longueurs sont plus tolérants, et plus maniables, en tout cas d’un point de vue chiffrée.

S’agissant de la question primordiale liée à la vitesse de swing, effectivement avec des manches classiques, plus Xavier a tapé avec des lofts fermés et des manches plus longs, et plus, il a développé une augmentation de la vitesse de swing, passant de 80 à 87 mph du fer 9 au fer 5.

Avec les fers Sterling, cet écart a été réduit de 82 à 86 mph, sachant que du fer 7 au fer 5, sa vitesse de swing a été quasi identique.

Pour conclure sur ce test, nous avons choisi d’isoler les résultats des fers 5,7 et 9 dans les deux séries.

Globalement, il ressort que la série Sterling paraît légèrement plus tolérante.

En fait, comme le shaft est toujours équivalent à celui d’un fer 7, quand Xavier a tapé un fer 9, il a logiquement obtenu plus de vitesse de swing avec le Sterling par rapport au Cleveland, et une fois arrivé au fer 5, ce principe s’est tout autant logiquement inversé.

Ce qu’il faut noter, c’est qu’en matière de résultat, et plus particulièrement de vitesse de balle, cela n’a pas réellement d’effet.

Les vitesses de balles sont très proches quelle que soit la série, et mis à part le fer 9.

En matière d’angle de lancement ou de spin, les résultats sont aussi très proches. On ne peut pas statuer sur un avantage net d’une série par rapport à l’autre.

En revanche, Xavier a globalement gagné quelques mètres avec la série Sterling versus la série Classique.

Logiquement, ce n’est pas flagrant en comparaison des deux fers 7 qui ont presque la même longueur de shaft.

C’est en fait particulièrement vrai sur les fers courts (exemple : le fer 9) toujours parce que comparativement à un fer 9 classique, dans ce cas, le manche est plus long.

En conclusion, chacun pourra voir midi à sa porte ! Si vous avez envie de penser que ce type de clubs de shaft unique est meilleur, vous ne serez pas contredit ici.

A l’inverse, si vous pensez que c’est relativement accessoire, là-aussi, ce test ne permet pas de statuer franchement en faveur d’un type de shafts par rapport à un autre.

Comme souvent avec le matériel de golf, il n’y a pas de miracle, mais plus souvent, du confort personnel avec une solution plutôt qu’une autre.

Nous retiendrons que Xavier a été franchement emballé par cette série Sterling.

Elle peut intéresser des joueurs qui ont envie de plus de simplicité dans l’approche technique et matériel. Il n'y a pas une seule vérité...

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