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Décryptage: Point d’impact, angle de la face et trajectoire d’une balle de golf

Faut-il rigoureusement taper une balle de golf au milieu de la face du club pour être certain de l’envoyer droite ? Peut-on taper une balle de golf en pointe ou en talon, et tout de même espérer lui donner une trajectoire cohérente avec sa cible ? Quelles sont les relations entre le point d’impact, l’angle de la face et la trajectoire d’une balle de golf ? Ci-après, avec l’aide du radar Trackman, on vous présente différents cas d’essais avec un driver, pour pondérer l’importance du centrage de la balle dans la face par rapport au chemin du club et l’angle de la face à l’impact…

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Combien de fois tape-t-on plein centre de la face quand on effectue un swing de golf ? Au practice ? Sur le parcours ?

Vous avez sans doute déjà entendu des professionnels de golf répondre après une partie qu’ils n’avaient pas tapé plus d’un ou deux coups vraiment satisfaisants sur un total parfois inférieur au par, à savoir seulement 72 coups.

Prendre la balle avec le point central d’un club de golf est en fait quelque chose d’aussi ardue que rare.

Les marques de matériel abusent d’ailleurs dans leur communication de la notion de « Sweet spot » qui désignait à l’origine un point idéal pour le contact de la balle, un point pas plus volumineux que la tête d’une épingle.

En vérité, chaque club, chaque face présente un point qui restitue le maximum de rendement, comprenez de vitesse à une balle. Autour de ce point, le rendement ne fait que diminuer.

Le talent des marques consiste à amenuiser le plus possible cette perte de performance autour du sweet spot, et notamment en faisant varier l’épaisseur de la face autour de ce point.

Au-delà de la question du rendement, et sous-jacent, la distance, on pourrait penser que pour taper une balle parfaitement droite ou en ligne avec la cible, il faudrait absolument taper au centre de la face.

Ce serait minorer deux autres éléments fondamentaux liés au swing de golf : Le chemin du club, et surtout la position de la face à l’impact.

C’est bien plus la face qui détermine la trajectoire d’une balle de golf que son centrage dans cette même face.

Le chemin du club peut néanmoins expliquer en partie la position de la face au moment de l’impact, surtout quand il est exagérément en-dehors d’une ligne directe avec la cible, extérieur-intérieur ou intérieur-extérieur.

Toutefois, chemin et face peuvent agir de manière décorrélés. C’est le cœur de la difficulté du driving : Amener un club et une face dans une mécanique logique par rapport à une cible, et en réponse aux mouvements du corps humain.

Premier cas de figure : La balle part dans l’axe

Ci-dessus, premier exemple d’un drive tapé avec très peu d’effets, en droite ligne avec la cible.

Dans ce cas, on peut observer que le chemin du club vers la balle déclenché par le golfeur était de 0,2 degrés, soit pratiquement neutre et en ligne avec la cible.

La face était très légèrement ouverte à 1,3 degrés.

La balle part dans l’axe avec un léger décalage de 1,1 degrés (launch direction) pour terminer sa course à 30 centimètres de l’axe de la cible.

On note sur la partie droite de l’image une représentation du point de contact de la balle dans la face.

Ce point de contact est situé à 5 millimètres du centre sur l’horizontale, et 5 millimètres du centre sur la verticale de la face, soit pratiquement au centre.

Le centrage est quasi parfait, et le résultat est en fait le rendement donné à la balle, soit 1.50 de smash factor, proche du maximum possible, et autorisé par les lois de l’USGA et du Royal et Ancient.

On ne distingue pas le rôle du chemin, de la face ou du point de contact. Tout est parfait.

Deuxième cas de figure : Le chemin et la face sont cohérents avec la cible, mais pas le point d’impact

Ci-dessus le chemin du club est très proche de la neutralité (-0,9 degrés à extérieur-intérieur) et la face est légèrement fermée à l’impact (-1,1 degrés) ce qui devrait être encore très acceptable pour produire une trajectoire droite.

Pourtant, à cause du point d’impact bas en pointe, la balle prend du « gear effect » et s’échappe à 35 mètres sur la gauche du fairway, pour un coup tapé à près de 100 mph. La vitesse de swing, et donc la vitesse de balle est d’ailleurs un facteur aggravant.

Dans ce cas, le point d’impact explique principalement une trajectoire en draw.

Le smash factor est encore relativement bon (1.48). Cependant, la courbure donnée à la balle et le décentrage font au moins perdre 10 mètres de distance totale à la balle par rapport à son potentiel si mieux centrée, et pour cette vitesse de swing, comparable au coup précédent.

Troisième cas de figure : La balle est centrée mais sort tout de même de l’axe

A l’aide du Trackman, on peut voir ci-dessus que la balle est centrée dans la face. Pourtant, la balle termine sa course à 30 mètres à gauche de l’axe de départ.

Le chemin de club est en fait intérieur-extérieur de -3,3 degrés alors que la face se referme de -4 degrés à gauche. La balle a beau avoir été tapée au centre de la face, cette dernière la projette à gauche de notre cible.

Ci-dessous, pour la même balle, on peut voir à droite du graphique que le chemin de club est orienté à gauche de la cible de -3,3 degrés. Les conditions sont réunies pour que le joueur ferme la face et tape sans le vouloir à gauche.

Sans le vouloir spontanément ? Pourtant, son swing explique cette trajectoire alors que la balle est parfaitement contactée.

Quatrième cas de figure : La balle est tapée haute dans la face

On peut voir ci-dessus et à droite du graphique que si balle est prise haute dans la face, elle perd beaucoup plus d’énergie par rapport à des frappes tapées basses dans la face.

Précédemment, une balle tapée basse prenait encore 1.48 de smash factor alors que l’idéal se situe autour de 1.51 au drive.

Dans le cas d’une balle tapée 20 millimètres trop au-dessus de la ligne centrale de la face, le smash factor tombe à 1.44. C’est la pire zone pour donner de la distance à une balle, et en plus, un deuxième facteur négatif se met en place : La balle prend trop de spin (plus de 3700 tours).

Alors que l’angle d’attaque de la balle n’est que de 1,7 degrés remontant, la hauteur de trajectoire de balle monte franchement plus par rapport à une balle tapée plus basse, même avec un angle d’attaque plus remontant.

Dans ce cas, le point d’impact joue un rôle prépondérant sur la trajectoire.

Ce coup est le résultat d’un tee mal ajusté en hauteur par rapport à la longueur du manche du driver. Le tee était trop haut pour un manche de driver plus court de 2 inches par rapport à un driver classique !

Concernant le fait que la balle parte à droite de la cible, ce n’est pas la hauteur du point d’impact qui est en jeu.

Alors que le chemin de club est encore extérieur-intérieur de -2 degrés, la face était cette fois ouverte à droite de 3,3 degrés. La relation entre chemin et face s’accentue. La balle termine sa course 41 mètres à droite.

Il suffit de quelques degrés d’écarts pour que la balle s’éloigne fortement de la cible, surtout à une vitesse de swing avoisinant les 100 mph (160 km/h).

Conclusion

En résumé, le chemin du club et la position de la face à l’impact expliquent le plus souvent la trajectoire de la balle.

Dans les cas extrêmes, une balle tapée en pointe ou en talon peut alimenter du « gear effect », et donner du spin latéral à une balle pour qu’elle s’écarte rapidement de l’axe.

Une balle centrée dans la face n’est pas la garantie d’un coup droit. C’est seulement l’assurance d’un meilleur rendement, et de plus de vitesse de balle, donc de distance.

Au moment de choisir votre prochain driver, demandez à votre fitter ou dans un magasin équipé d’un radar à contrôler les points d’impacts dans la face, pour voir si vous optimisez le rendement du club.

Ci-dessous, pour un driver tapé une vingtaine de fois, on obtient une moyenne de smash factor de 1.49, avec un centrage de balle relativement constant au centre, et illustré par la carte de chaleur.

La plupart des coups ont été tapés autour du centre de la face. Pour autant, beaucoup de balles se sont écartées de la cible, et de 15 mètres à gauche en moyenne.

C’est le reflet d’une tendance à plus s’écarter du chemin et à un peu moins facilement ramener la face square à l’impact. Cela n’empêche pas le rendement, mais cela agit sur la dispersion.

Ci-dessous, le même exercice avec un autre driver au manche plus court de deux inches, où on peut voir que le centrage est moins bon.

En revanche, en moyenne, le chemin de club et la position de la face à l’impact sont plus proches du zéro absolu. La dispersion est moindre, et de seulement 4 mètres à droite en moyenne.

Entre les deux clubs, il n’y a pas un club qui est meilleur ou un qui est moins bon.

Simplement, et c’est très important, il faut savoir s’ajuster à son matériel pour en tirer le meilleur parti, et trouver des compromis entre distance et dispersion.

Centrer parfaitement la balle dans la face est un objectif difficile à atteindre, surtout au drive. Pour un amateur, le principal objectif devrait déjà de ramener le chemin de club en cohérence avec la position de la face à l’impact, puis ensuite de chercher à contrôler ces deux phénomènes pour dominer ses choix de trajectoires.

En dernier lieu, l’amateur pourra se soucier d’obtenir le meilleur rendement possible de la face avec des coups plus centrés.

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