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Faut-il vraiment chercher à toujours taper droit au golf ?

Faut-il vraiment chercher à toujours taper droit au golf ?

Pour beaucoup de golfeurs et de golfeuses, le fait de taper droit est très souvent un objectif absolu. La difficulté au golf n’est pas seulement de taper une balle pour faire une distance importante ou correspondante à la cible, c’est aussi d’envoyer la balle dans une direction appropriée. Taper long et droit est donc souvent le but ultime. Pour y parvenir, cela suppose de générer un chemin de club et une face de club dans le même axe. Mis à part quelques professionnels, la plupart du temps, nous, les amateurs, n’y parvenons que partiellement. Pour autant, est-ce que taper absolument droit permet de rendre une meilleure carte de score, et de baisser l’index ? Spontanément, on pourrait croire que oui, mais…

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La philosophie des grands golfeurs

Jack Nicklaus reste incontestablement une grande référence pour le jeu de golf.

Il a un jour déclaré que le coup de golf le plus difficile à exécuter était le coup parfaitement droit.

« C’est difficile à exécuter physiquement, car cela demande de tout ramener parfaitement droit à l’impact. C’est aussi difficile d’un point de vue stratégique, car cela réduit la place autour de votre cible. Si vous visez le centre du fairway, et que vous tapez un slice ou un hook, vous n’avez plus qu’une moitié du fairway pour poser votre balle. A l’opposé, si vous visez à gauche, et que vous tapez un fade, vous avez toute la largeur du fairway pour assurer votre prochain coup. »

Les bons joueurs de golf ne sont pas systématiquement que des bons frappeurs de balles.

Ce sont aussi des golfeurs qui prennent du recul sur le jeu, et essaient de vraiment réfléchir le parcours dans son ensemble, pour voir derrière la surface des choses.

Un parcours de golf pourrait être comparé à un parcours d’embûches ou d’obstacles.

Ce qui nous est demandé, ne consiste pas nécessairement d’aller droit au but, mais d’aller au but en un nombre de coups limités.

Avec cette affirmation, Jack Nicklaus a mis le doigt sur un point terriblement évident.

Golfeur depuis très longtemps, et toujours pas assez consistant pour faire le PAR sur chaque trou, la principale difficulté que je rencontre, comme vous sans doute, est de taper des coups droits.

Si je prends en compte, le propos de Jack Nicklaus, je dirai surtout que la principale difficulté que je rencontre sur le parcours, celle qui me fait perdre des balles, et le plus de coups, c’est surtout de ne pas envoyer la balle dans la meilleure direction.

Récemment, sur un parcours près d’Orlando (Oaks National Golf Course) où je me trouvais pour le PGA Show, au départ d’un long par-5 en dog-leg gauche, je tape un drive parfait droit et long… dans les maisons situées en face du tee de départ. La balle n’a jamais courbé vers la gauche comme j’en ai pourtant trop souvent l’habitude.

Quelle fichue manie de mettre des maisons sur un parcours de golf !

Maisons typiques autour du golf Oaks National près d'Orlando

Bref, Nicklaus exprime une réalité.

Essayer d’amener le chemin du club à 0 degré (dans l’axe) tout en amenant aussi la face à 0 degré (square par rapport à l’axe) est une chose extrêmement complexe à réaliser.

En théorie, c’est ce que l’on pourrait imaginer qu’il faille faire, notamment au practice, mais dans les faits, ce n’est pas nécessairement, sur le parcours, le meilleur moyen de scorer… sans parler que des dog-legs…

Sur le tour, tous les pros ne tapent pas nécessairement que des coups droits. Il suffit de regarder des courbes de shot tracer, pour voir qu’ils donnent beaucoup de sidespin aux balles (effets latéraux).

Certes, on m’a rapporté qu’Alexander Levy, pro français a un jour déclaré qu’il ne souhaitait taper que des balles droites, car c’était selon lui, le plus simple.

Chercher à taper des balles avec effets latéraux pouvait, à contrario, être surtout une complexité supplémentaire à gérer. Je précise qu’on m’a rapporté ce propos. Je n’ai pas pu le vérifier.

Alexander Levy pendant l'Open de France 2017 - 1er tour

Tous les grands golfeurs peuvent arriver sur la balle, selon un chemin de club qui n’est pourtant pas de 0 degrés (tout droit), et arriver à propulser des balles dans la bonne direction, à la faveur d’une excellente manipulation de la face.

Ce qui laisse penser que la face est prépondérante sur le chemin…

En réalité, les deux paramètres du swing sont très liés. Surtout pour déterminer la trajectoire de la balle, et sa façon de courber, quand il y a plus ou moins une distorsion.

L’histoire du golf professionnel est pavée d’exemples de golfeurs qui, à l’inverse de Levy, ont considéré que taper droit était trop difficile.

Tous les pros ne tapent pas tout droit

Sans remonter très loin avec Lee Trevino ou Jack Nicklaus, Matt Kuchar qui a terminé second l’an passé du British Open derrière Jordan Spieth, et dans des conditions particulières (l’affaire du drop sur le practice) n’est pas connu pour proposer le plus beau, et le plus puissant des swings.

Toutefois, avec son swing, selon ESPN, il a déjà gagné plus de 42 millions de dollars de dotations en carrière, ce qui le place actuellement au 13eme rang des gains les plus élevés.

A titre de comparaison, le premier, Tiger Woods n’a gagné « que » 110 millions de dollars alors que l’on parle bien plus de deux fois plus de Tiger que de Matt.

Kuchar est pourtant connu pour être un joueur de pull draw !

Forme de trajectoire en pull draw

A savoir, il sort la balle à gauche de la cible pour la ramener finalement encore un peu plus à gauche…Phénomène qu’il contrôle… moi, beaucoup moins !

Ci-dessus, avec un Trackman, j’ai essayé de vous reproduire cette forme de coup avec un chemin de club légèrement négatif (-0,9 degrés), et une face orientée à gauche (-2,8 degrés).

Pour toucher le centre de la cible, il faut alors s’aligner 10 mètres à droite pour une distance donnée de 153 mètres.

Autre exemple, Zach Johnson qui a gagné 43 millions de dollars, un Masters et un British Open (11eme sur la liste des gains) est un joueur avéré de push draw.

Cette fois, la balle part à droite et revient dans l’axe à gauche.

Taper droit n’est donc pas nécessairement la seule solution qui s’offre à nous, surtout quand on est pas forcément consistant ou régulier pour produire des coups droits.

A l’évidence, ce qui est important, plus que de taper droit, c’est de taper régulièrement de la même façon, en se rapprochant de la cible plutôt que de s’en éloigner.

Jusque-là rien de bien révolutionnaire…

Un autre grand joueur (Ben Hogan) a un jour déclaré « Vous ne tapez droit uniquement que par accident. La balle va de toute façon aller à gauche ou à droite, alors choisissez vous-même dans quelle direction, vous allez l’envoyer. »

C’est une vision qui est un peu pessimiste. Par expérience, on peut travailler sur le chemin de son club, et la position de la face pour resserrer la dispersion latérale.

Comme le déclarent beaucoup de golfeurs, le golf est un sport de coups ratés !

Toute la question n’est pas d’être le joueur le plus parfait qui réussit 100% des coups, mais plutôt celui qui va en rater le moins. Cette phrase pourrait paraitre anodine, mais c’est tellement vrai.

Développer une stratégie sur la base de sa propre tendance à dessiner un type de trajectoire

Au golf, nous devons apprendre à travailler la balle pour qu’elle se rapproche du drapeau, sans jamais croiser la ligne qui va vers notre cible, à savoir couper et sortir de la trajectoire.

Ce faisant, cela ferme la moitié des options possibles.

On en revient aux propos de Jack Nicklaus. Quand on vise le centre du fairway. On a 50% de chances d’aller à gauche, et 50% d’aller à droite du centre.

Si vous développez une stratégie pour viser à gauche tout en jouant un fade, si vous ratez et tapez droit, vous allez à gauche, et si votre fade est plus ou moins prononcé, vous prenez le fairway avec plus ou moins d’écart par rapport au point que vous visiez.

C’est toujours facile à écrire, et difficile à faire, mais le message véhiculé ici par les bons joueurs, c’est n’adaptez pas votre swing…adaptez votre visée à votre swing, pour ne créer qu’une seule façon de rater, ce qui vous donnera plus de confiance, et de consistance.

En tournoi, quand la pression monte, la plupart des pros ont préalablement travaillé un swing que l’on pourrait appeler le « swing de sauvegarde ».

Ce swing que vous jouez machinalement sans y penser.

Maintenant, quand on regarde la position des drapeaux sur les parcours que nous jouons, il faut admettre qu’ils sont rarement toujours dans la même position sur 18 greens, et surtout, rarement toujours au centre parfait du green.

Comme quoi, le parcours ne nous invite pas nécessairement à jouer droit !

On peut dire qu’une position de drapeau est difficile quand elle est située à 3 mètres du bord du green.

Sur le circuit professionnel, quand le drapeau n’est qu’à 5 mètres du bord, les joueurs peuvent considérer que c’est plutôt généreux de la part du greenkeeper.

En admettant qu’un pro peut contrôler la face de son club d’environ 2 degrés (de -1 à +1 degré, ce qui est très faible comme dispersion), le fait de taper tout droit (mettre les angles à 0 degré) pour viser une cible à seulement 3 ou 5 mètres du bord gauche ou droit d’un green est tout de même un exercice risqué.

Avec un chemin de club à 0 degré, et une face à seulement -1 degré, le pro devra viser à 3,5 mètres du drapeau sur sa droite pour que la balle ne finisse pas à plus de 6 mètres à gauche, et ne rate pas le green à 150 mètres de là !

Pour beaucoup d’enseignants, plus que de vous inviter à taper la cible, il vous recommande de viser une zone, toujours la même !

Si vous pouvez répéter toujours le même swing, pour atteindre une distance et une direction que vous contrôlez, vous pouvez faire baisser votre score en ajustant ce swing au parcours, et pas l’inverse.

La grande ambition serait d’être capable d’avoir « en magasin » tous les coups de golf possibles, et de sortir le coup idéal à chaque fois.

Butch Harmon avait conseillé à Tiger Woods de taper des coups en draw, en fade, des coups bas, des coups hauts, de mixer les trajectoires au moment de revenir sur le tour, et de jouer sans coach, histoire de sentir ses sensations.

Pour beaucoup d’amateurs, moi y compris, avoir déjà un coup de référence est compliqué, alors mixer tous les coups possibles… C’est ambitieux.

L’idée d’avoir un coup de référence permet déjà de s’en sortir très convenablement sur le parcours.

Un cas d'exemple personnel

Sur une série d’une quinzaine de frappes, je vais illustrer ci-dessous ma propre dispersion avec un fer 6.

Commençons par un fer 6 tapé avec un chemin de club à 0 et une face de club à 0, soit le cas le plus difficile à faire.

Chemin de club à 0 - Face à 0

A gauche de l’image, la trajectoire de balle est bien rectiligne du début à la fin. A droite, on voit que la balle est au centre du fairway parmi d’autres balles toujours tapées avec un fer 6.

Précisément, la balle est seulement à 1,1 mètres à droite du centre du fairway.

Chemin de club à 0 - Face à -3

Ci-dessus, un autre exemple avec un coup mieux tapé (à en juger par le smash factor) mais pourtant à gauche !

Dans de cas, le chemin de club est toujours à 0 alors que l’angle de la face est à -3,4 degrés. Je disperse la balle de 13,7 mètres à gauche.

Pourtant, entre les deux balles, j’ai tenté de taper droit. Je suis même parvenu à répéter sensiblement le même chemin de club dans l’axe.

Face à +3 degrés

Par contre, à la différence d’un pro qui ne disperse rarement sa face au-delà de 2 degrés (De -1 à +1), on voit ici, que pour ma part, cela peut aller de -3,4 à +3,7 degrés, soit près de 7 degrés d’écarts !

Et en plus, je ne suis pas toujours capable de mettre le chemin de club à 0 degré comme illustré ci-dessus.

Le problème, pour la carte de score, ce n’est pas de taper droit, à droite, à gauche, long ou court, c’est de pouvoir faire tout ça sur n’importe quel coup. Le problème, c’est de ne pas avoir qu’une seule tendance !

Quand on regarde le graphique ci-dessus, oui, il y a des très bons coups, mais sur le parcours, quel est le pourcentage de chance de sortir le bon ? Et en plus, sous pression ?

De là, je me suis intéressé aux écrits de Kyle Morris, un enseignant de golf, qui utilise lui-aussi un trackman pour faire des expériences sur le swing.

Il a comparé deux joueurs. Un premier joueur qui suit toujours un chemin de club à 0 degrés, et un joueur qui déplace son club sur un chemin de 4,5 degrés à droite.

Les deux joueurs pros arrivent à conserver la dispersion de la face dans une tendance inférieure à 2 degrés.

Pour la même distance donnée, à savoir 170 mètres, le premier golfeur peut disperser sa balle entre 6 mètres à gauche et 6 mètres à droite, soit une tendance qui se coupe en deux par rapport au centre du fairway (50% de chances d’aller à gauche ou à droite).

Pour le deuxième golfeur qui lance plutôt à droite (chemin positif à 4,5 degrés), sa dispersion va de 2 mètres à gauche jusqu’à 31 mètres à droite.

En clair, avec son chemin de club à droite, le deuxième joueur essaie toujours d’éliminer le côté gauche du fairway sur chaque coup !

Exemple de dispersion latérale selon le chemin de club

Kyle Morris en arrive à la conclusion qu’il n’est pas un fan du fait d’essayer de toujours taper droit, car il considère qu’il peut autant manquer la cible à gauche et à droite.

Il ajoute une notion à son analyse : l’angle d’attaque !

L’angle d’attaque est l’angle sur lequel on déplace le club pour aller attraper la balle au sol.

Dans les exemples illustrés plus haut me concernant, mon angle d’attaque fréquent au fer 6 est de -3,5 degrés (angle négatif), ce qui veut dire que le club descend vers le sol.

Le troisième coup illustré et tapé à droite est aussi une faute, car l’angle d’attaque est sorti de cette moyenne à -5 degrés.

Tendances de trajectoires ?

Au moment de s’entraîner à domestiquer son swing, il faut aussi prendre en compte l’angle d’attaque.

Plus l’angle est prononcé vers le sol, et plus il faudrait s’aligner à gauche, et swinguer à droite.

Par opposition à l’exemple de Kyle Morris, je sais que d’autres enseignants pourront légitimement considérés que le fait de commencer à « tordre le système » est une complexité supplémentaire.

On en revient à l’exemple d’Alexander Levy.

Le cas évoqué par Morris suppose que le joueur change son alignement pour tenir compte du chemin naturel de son club.

Il y a deux façons de voir les choses ou deux écoles de pensées : Voulez-vous adapter votre swing ou voulez-vous faire avec votre tendance naturelle pour l’adapter à la situation ?

C’est toute la magie du golf que de nous proposer ce type de débat sans fin.

Pour Morris, sa meilleure solution consiste à choisir une tendance et s’y tenir.

Dans mon cas, je démontre que je n’ai pas de tendance…ce qui remet en cause son conseil.

Toutefois, sur cette série de frappes que j’illustre, j’ai travaillé dans l’idée de mettre le chemin de club à 0 degré, sans y parvenir à tous les coups, et d’un certain point de vue, on peut corroborer sa théorie qui veut que du coup, j’ouvre toutes les erreurs possibles, de droite à gauche.

Morris prend en exemple, Zach Johnson, un des frappeurs de balles des plus réguliers sur le tour.

Ce dernier swingue selon un chemin de club de 6,7 degrés à droite, ce qui est beaucoup, et très loin d’un chemin à 0 dans l’axe, avec une face ouverte à plus de 3 degrés sur un angle d’attaque d’environ 2 degrés.

Exemple de draw

Comme l’angle de la face inférieur au chemin, la balle part à droite et revient progressivement dans l’axe, le stéréotype du push draw que j’ai essayé de vous illustrer ci-dessus, sans aller jusqu’à swinguer 6 degrés à droite, mais tout simplement en créant un différentiel de face par rapport au chemin de -2,3 degrés.

Il considère que ce faisant, Zach Johnson ferme un côté du fairway et se donne plus de coups de wedges à jouer depuis le fairway, et donc plus d’opportunités de birdies…

Conclusion : Que faire ?

Une bonne idée d’exercice recommandé par le pro consiste à taper 50 balles avec un fer comme série de référence, et de voir où elles terminent leurs courses pour déterminer votre tendance.

Puis, par exemple, taper 50 balles avec le même fer en essayant de lancer à droite avec une face dans l’axe (draw) pour fermer le côté gauche, et de compter le nombre de balles qui n’ont jamais coupé le centre du fairway (autrement dit à gauche du fairway).

L’exercice peut être fait dans l’autre sens.

Comptez combien de fois, vous avez fermé un côté du fairway, et combien de fois, vous avez tapé dans votre « zone ».

La taille de la zone diffère selon le fer utilisé. Idéalement pour un fer 9, elle devrait être inférieure à 5 mètres. Pour un fer 5, comptez 10 mètres, et pour le driver, environ 20-25 mètres.

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