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Test des putters Odyssey StrokeLab One et Marxman

Peut-on vraiment tester des putters ? Certains vous diront que non. Pourtant, les marques argumentent de points forts sur leurs modèles. Pour qu’une innovation soit patente, il faut que le bénéfice paraisse évident. Il doit sauter aux yeux. Avec les nouveaux StrokeLab présentés sur JeudeGolf.org et JeudeGolf.tv par Patrick Dawson, Odyssey part dans une direction à contre-courant des tendances du marché depuis au moins 20 ans. Techniquement parlant, c’est très intéressant. D’un point de vue du score sur les greens, concrètement, est-ce que cela peut se traduire par un bénéfice évident ? J’ai « testé » au Trackman, avec un radar de putting Zenio, et sur un green.

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Pour ce nouvel article de test, j’ai passé beaucoup de temps, et comme pour la plupart des tests. Oui, j’ai eu ces produits dans les mains fin décembre à Carlsbad en Californie, au siège de la marque, que je remercie au passage.

Oui, j’ai déjà évoqué ces nouveaux putters dans un sujet spécialement consacré à la présentation d’Alan Hocknell, et surtout sur la mise en avant du pari technologique, consistant à marier un shaft graphite et acier, la grande originalité de ces putters.

Eh oui aussi, il m’a fallu bien cinq mois pour me faire une idée, et tester selon trois méthodes pour donc me forger une opinion.

J’ai d’abord fait un « test » traditionnel sur le putting green du golf de Miribel en tapant 10 putts à 1 mètres, 3 mètres en pente de gauche à droite, et 10 mètres en pente ascendante.

J’ai ensuite tapé 20 balles au studio sous l’œil du Trackman 4, et en comparant les deux modèles StrokeLab à plusieurs autres putters TaylorMade, Scotty Cameron et Cleveland.

Enfin, j’ai retesté 21 balles, toujours au studio, en indoor mais cette fois avec mon radar ZENIO, et en comparaison de mon putter.

Le but de ces tests était de déterminer si la technologie StrokeLab m’apportait un bénéfice réel, évident, et de performance pour gagner des coups sur les greens.

Pour Patrick Dawson, le bénéfice de la technologie StrokeLab qui consiste à réduire le poids de 40 grammes au niveau du shaft pour le déplacer plus près des mains, doit être une plus grande régularité dans de déplacement du putter vers l’arrière, pour la création d’élan (backswing), et en fait, une vitesse de balle plus régulière.

En réalité, c’est un détail dans le détail. Un bon putt est constitué de beaucoup de paramètres.

Dans ce cas, Odyssey nous argumente une amélioration d’un de ces paramètres, qui par effet domino, aurait un bénéfice plus globale sur une vitesse de balle plus constante, coup après coup, ce qui in fine rendrait les putts plus prévisibles, en enlevant les questions liées aux pentes…

Est-ce que cela peut se mesurer concrètement pour un amateur ? Oui et non…

Oui, si vous prenez plusieurs putters à 1, 3 ou 10 mètres, et que vous comptez le nombre de balles dans le trou ou sur zone.

C’est après tout la toute simple réalité du putting : Combien ? Combien de coups gagnés ?

Non, parce qu’il faut des outils de pointes pour réellement distinguer le bénéfice annoncé par Patrick Dawson, que j’ai malheureusement appelé James tout au long de l’entretien…Le décalage horaire sans doute !

Avec le Trackman, on peut mesurer la longueur du backswing, et tenter d’observer une plus grande constance par rapport à d’autres putters.

Avant de détailler le résultat du test, je vais tout de suite formuler mon avis sur ces putters qui ont le mérite de l’originalité.

Au départ, intrigué, curieux et agréablement surpris par cette véritable nouveauté dans un domaine où il est difficile d’innover, je n’ai finalement pas apprécié les sensations de ces putters avec des manches finalement plus légers que la moyenne usuelle.

Il m’aura donc fallu plus de cinq mois pour me forger une opinion, et je regrette qu’elle ne soit pas favorable.

Odyssey est une grande marque de putters, la numéro un dans le monde, et il faut souligner sa volonté de toujours créer et innover.

Cependant, « vieux golfeur » habitué à des sensations et notamment de relative lourdeur du manche, sur le putting-green, je n’ai pas aimé la sensation de déplacement du club.

A 1, 3 et 10 mètres, j’ai testé le StrokeLab One et le StrokeLab Marxman versus un putter lame que j’utilise assez régulièrement, plus conventionnel, et donc sans la technologie StrokeLab.

J’ai compté le nombre de putts dans la « boite » ou sur zone dans un périmètre de 30 à 50 centimètres autour du trou. J’ai toujours fait mieux avec le putter lame conventionnel.

A 1 mètre, le test n’est pas significatif. A une telle distance, quelque soit le putter, sans pentes, je fais 100% de réussite.

A 6 mètres avec une légère pente gauche-droite sur la fin du trou, en faisant et refaisant le test, j’ai fait mieux avec le putter lame classique, ou en tout cas, je n’ai pas noté de supériorité des deux StrokeLab. Je n’ai pas gagné de coups.

On en revient à mon besoin de bénéfice évident insatisfait.

Idem à 10 mètres en montée, j’ai eu le sentiment de donner moins de vitesse à la balle sous l’effet d’un manche plus léger…

Sentiment ?

A ce stade, c’est beaucoup l’aspect psychologique, et les habitudes ancrées qui parlent. De fait, je ne suis peut-être pas objectif envers cette nouveauté.

Ce qui est nouveau est souvent d’abord rejeté.  C’est parfois injuste.

Au studio, en indoor, sans pente, avec une vitesse du green constante (moquette GardenGrass), j’ai reproduit un test à 3,5mètres.

Avec le Trackman, l’objectif était de mesurer des paramètres qui ne soient pas des sentiments, comme par exemple la vitesse de balle, le skid (moment où la balle saute ou glisse avant de rouler), la vitesse de roulement, le pourcentage de perte de vitesse, la distance, mais donc aussi spécifiquement la vitesse de club, la longueur du backswing ou du forward swing, et enfin le tempo.

Pour 20 putts par clubs, on peut mesurer chaque putt, la moyenne et l’écart-type.

Quand on parle de consistance ou plutôt de « régularité » en français, il ne faut pas regarder la moyenne, mais bien l’écart-type.

Sur le graphique ci-dessus, vous ne pouvez rien voir. J’en conviens. Simplement 20 putts pour 7 putters, cela fait beaucoup de balles un peu avant le trou, dedans, et un peu derrière.

S’agissant de la performance du StrokeLab One, regardons la régularité du backswing.

Pour un putt à 3,5 mètres, avec le StrokeLab One, mon Backswing dure en moyenne 0,53 secondes.

La variation ne dépasse pas 0,02 secondes en moyenne. C’est plutôt très « consistant ». Cela devrait correspondre au bénéfice annoncé par Patrick Dawson.

Si maintenant, on prend en compte les autres résultats avec les autres putters testés, on peut faire deux constats : Avec le StrokeLab One, ce temps de backswing est légèrement plus court (0,53 secondes contre 0,55 secondes en moyenne).

Est-ce qu’il est pour autant plus régulier ?

Pas tout à fait, car j’ai mesuré rigoureusement le même écart type avec d’autres putters (Scotty Cameron, Mini Spider ou Huntington 12).

Avec un putter, j’ai même fait encore mieux (seulement 0,01 secondes d’écart-type sur 20 putts) : Le StrokeLab Marxman !

On ne peut pas contester aux putters StrokeLab de permettre un backswing régulier… Cependant, l’avantage est tellement infime qu’il n’est pas suffisant pour créer un avantage concurrentiel majeur sur les autres paramètres du putting.

S’agissant de la régularité de la vitesse de balle, j’ai fait aussi bien avec au moins 3 putters sur les 7.

Surtout, la technologie StrokeLab n’a pas réellement modifié la longueur de mon stroke (24 centimètres en moyenne pour une distance à 3,5 mètres).

A ce stade du test, rien de déterminant permet d’affirmer la supériorité du principe de manche plus léger.

De là, je me suis tourné vers le dernier test possible, celui avec un ZENIO, pour essayer d’infirmer ou de confirmer les premières observations.

Pour cela, j’ai réalisé 3 séries de 7 putts à 3 mètres, toujours sur une surface plane et constante.

Ce premier graphique qui résume la première série de sept putts avec le StrokeLab One peut paraître complexe. Je vous l’explique.

Regardez notamment le graphique du bas qui résume ce qui se passe pendant le putt, entre le point de départ (traits rouges), la fin du backswing (bleus), l’impact (violets) et la fin du swing (verts), notamment quand on délofte (backswing), et que l’on ajoute du loft (forward swing).

Soit le résumé du mouvement pendulaire du putter vue de côté.

Sur les 7 putts, le point de départ en microsecondes n’est pas toujours le même. La fin du backswing est assez constante. L’impact l’est énormément. En revanche, la fin du swing est plus variable.

Tout se passe en moins de 2 secondes.

Ce second graphique résume un autre test similaire avec mon putter.

Les résultats sont en fait plus réguliers. Les traits rouges, bleus et verts sont plus resserrés. Signes que dans cet exercice, je suis plus consistant avec mon putter, ce qui est finalement logique. C’est mon putter, et j’ai plus d’habitude.

J’ai refait l’opération à trois reprises pour tomber sur les mêmes résultats, qui en fait, confirment ma première impression.

Conclusion

Le principe StrokeLab présente un intérêt certain. C’est une idée qui sort du commun, et une réponse à une tendance très bien observée par Alan Hocknell, Patrick Dawson et les ingénieurs Odyssey avec l’alourdissement des putters.

Il y a peut-être une piste à creuser.

Toutefois, à première vue, le bénéfice, pour un golfeur très habitué à des putters classiques, ne saute pas aux yeux, ou est difficilement démontrable.

Pour les sept putters testés, les écarts sont infimes, et appartiennent peut-être autant au testeur qu’aux clubs.

Il est possible qu’un putter StrokeLab trouve plus d’écho auprès d’un golfeur chez qui la technique de putting est moins ancrée ou avec moins d’habitude. Un golfeur qui peut apprécier une plus grande légèreté du manche. C’est sans doute intéressant pour des juniors ou des femmes.

Ci-dessus, avec le ZENIO qui résume la qualité d’un putting, avec le StrokeLab One, j’ai eu du mal à exceller dans la qualité du centrage, pour le rythme, ou pour le maniement de la tête, ce qui corrobore mon premier test sur le green.

Le graphique exprime en résumé un score de putting en comparaison avec le haut niveau pour identifier les points de progrès. Plus vous vous rapprochez de la zone verte et des traits dans cette zone, et plus vous performez. 

Les traits noirs illustrent votre position actuelle avec le putter utilisé, aussi bien pour votre capacité à centrer la balle régulièrement dans la face, que pour la constance de votre rythme ou la capacité à manier la tête de club sur toute la longueur du stroke avec régularité sur sept putts identiques.

Au bout de trois séries avec le Marxman, le modèle maillet de la gamme, je suis arrivé justement à un résultat excellent, ce qui tend à confirmer qu’il y a du potentiel. Il faut du temps pour apprivoiser un putter, et surtout y croire.

C’est pourquoi la performance peut rejoindre les sensations ou inversement.

En résumé, on peut très bien putter avec ces putters, pas plus ou pas moins qu’avec d’autres. L’important, c’est d’y croire mais surtout, cet exemple rappelle qu’un putter, cela s’ajuste à soi : Longueur du manche, forme de la tête, taille du grip, etc…

Le mérite du StrokeLab est d’apporter une nouvelle pierre à cet édifice. Vous pourrez aussi jouer sur l’équilibre du manche, dans les paramètres à faire varier.

Comme le rappellera Alexandre d’Incau dans une prochaine émission sur WorkShop, le putter est le premier club du sac à ajuster.

On peut bien putter avec beaucoup de putters, mais il n’y a souvent qu’un seul putter qui emporte votre adhésion.

Pour ma part, je n’ai pas trouvé d’éléments suffisants pour me faire changer de putter ou de bénéfices supplémentaires et irréfutables.

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