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Test Odyssey X-Act Tank Chipper

Test Odyssey X-Act Tank Chipper

Intimidé par les situations de chipping en bord de greens ? Odyssey a constaté que c’était le cas de beaucoup d’amateurs de golf, et propose depuis le mois de juillet 2016 un tout nouveau produit dans sa gamme : le X-Act Tank Chipper. Cleveland proposait déjà un chipper dans sa gamme. Nous les avons comparé et testé en bord de greens.

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Pourquoi un chipper ?

Cleveland et Callaway se livrent une féroce bataille dans le domaine du petit-jeu. Quand Odyssey et Dave Pelz invente le putter 2-balles, Cleveland met au point le putter SmartSquare, et toujours avec Dave Pelz.

Quand Cleveland complète sa gamme de produits spécialisés pour le petit jeu avec un chipper. Callaway par l’intermédiaire d’Odyssey ajoute le X-Act Tank Chipper.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux marques sont réellement déterminées à vous convaincre qu’elles peuvent vous aider autour du green.

Depuis son repositionnement tactique, Cleveland en a fait son cheval de bataille. Pour Callaway/Odyssey, il n’est pas question visiblement de laisser le champ libre, d’autant qu’elle a recruté Roger Cleveland, gourou en la matière.

Et c’est encore lui qui nous présente le X-Act partant d’un principe assez simple.

Et c’est encore lui qui nous présente le X-Act partant d’un principe assez simple.

En bord de green, vous pouvez rencontrer des situations de jeux parfois intimidantes pour atteindre des trous à des distances de dix à trente mètres, en sachant qu’il vous faut faire approche-putt.

Sortir le putter dans l’herbe haute ? Est-ce vraiment une solution sécurisante ? Bien entendu, le coup idéal est un pitch ou même un wedge de 48 ou 52 degrés en fonction de la distance…

Ceci étant, la grande angoisse du golfeur est d’envoyer son club contacter le sol très en amont de la balle, créant un coup topé ou un coup qui ne parcoure qu’un tiers de la distance manquant cruellement du bon rythme.

Comme bon nombre de golfeurs sans doute, j’ai souvent constaté que ce qui faisait la différence au chipping, c’était justement d’avoir un bon rythme ! Ne pas précipiter les choses, pour chercher le « clean contact ».

Ceci étant, sur une dizaine de chips en bord de green, à moins d’être un professionnel de golf, obtenir toujours le même rythme n’est pas nécessairement facile.

Mais c’est encore plus vrai quand vous jouez un 18 trous, et que vous avez un chip à jouer toutes les 25 minutes. Autrement dit, vous n’avez pas le temps de vous mettre en rythme !

L’exigence du petit-jeu étant telle qu’à la différence d’un grand coup, vous n’avez pas une marge d’erreur de dix mètres.

Au contraire, votre chip doit être à un mètre du trou pour une distance de dix mètres ! C’est tout le problème du petit jeu que d’être dedans tout de suite, précis, et confiant depuis n’importe quel lie.

Et comme c’est très difficile pour beaucoup d’entre nous, le chipping peut rapidement devenir une petite angoisse. C’est le début d’une spirale négative où la confiance vient à manquer au moment crucial.

Les chippers qu’ils soient produits par Cleveland ou par Odyssey veulent répondre à cette angoisse.

C’est donc un club qui correspond à une partie de la clientèle. Beaucoup de golfeurs ne se sentiront jamais concernés par ce type de clubs. D’autant que pour en emmener un, il faut enlever un long club du sac !

C’est pourtant ce que j’ai fait pendant un an ! Après avoir testé le chipper de Cleveland, j’avais décidé de le garder et de le mettre dans mon sac comme quatrième wedge à la placer d’un long fer.

Sans m’étendre sur mon expérience de golfeur, je peux simplement vous témoigner qu’en plus de vingt ans de golf, le chipping est un peu mon point faible personnel. Justement, cette fameuse question du bon rythme au bon moment et sous stress sur le parcours…

En réalité, je considère un chipper comme une cure médicale.

Quand vous êtes sur le parcours, et que vous arrivez sur un chip à exécuter à une dizaine de mètres du trou, la fonction de ce club est surtout de vous donner de la confiance.

Vous pourriez tout à fait utiliser votre pitch dans la même situation. La différence, c’est que le chipper étant un club par définition pour le chip, vous ne vous posez pas la question du club à utiliser (pitch ou wedge). De cette façon, vous perdez en inventivité autour du green, mais vous gagnez en confiance.

Pourquoi ? Parce que de tous les arguments du chipper, le plus important est la semelle !

Equipé d’une semelle plus large, beaucoup plus large, vous diminuez considérablement le risque de planter le club dans le sol avant de contacter la balle. C’est aussi simple que cela !

La seule chose à laquelle vous devez penser, c’est le tempo comme pour un putt ! C’est d’ailleurs bien pour cela que Cleveland comme Odyssey parlent du chipper comme d’un « putter de bord de greens ».

Quand Roger Cleveland présente le nouveau X-Act Tank Chipper, il explique lui-aussi les choix que vous pourriez faire autour du green.

Pitch, putter et même hybride…En effet, l’hybride est une solution pour taper un coup qui va rouler longtemps sur le green.

Ceci dit, il faut s’organiser en conséquence. Pour réussir un chip avec un hybride, Roger Cleveland explique qu’il faut se tenir grand à l’adresse, et aussi réaliser un bon tempo.

Pour avoir essayé de chipper avec un hybride, je n’ai personnellement jamais trouvé que cela m’apportait plus de confiance, et surtout le contrôle de la distance du coup est souvent aléatoire.

Un soupçon de rythme en trop et la balle part à des kilomètres…

Avec un chipper, il y a un élément qui est déterminant et très différent par rapport à la solution de l’hybride : c’est le phénomène de « bump and run ».

Je vais aborder la question du test dans quelques lignes mais effectivement, si vous essayez ce type de chipper, vous serez frappé par le fait que la balle décolle nettement de la face alors que finalement, ce club ressemble beaucoup à un putter, et quand la balle retombe au sol, elle prend du spin de sorte qu’elle ralentit quasi immédiatement pour ensuite rouler…

Ce simple phénomène de « bump and run », une fois compris, vous aide à mieux contrôler la distance globale du coup, et de manière incomparable avec un hybride.

Avant d’écrire ces lignes, j’ai testé le chipper d’Odyssey et je l’ai comparé avec deux autres clubs pendant plus de deux heures. A la fin de ma séance, je me suis fait la réflexion suivante : « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme. »

Vous aurez reconnu la chanson de Renaud qui appliqué au golf donne « C’est pas le club qui fait le golfeur. » Autrement dit, il n’y a pas un club qui résout tout sans que vous ayez à faire un effort.

Quand vous tapez des chips pendant près de deux heures sous la forme d’exercices avec dix coups à taper dans un objectif de performance, au bout d’un moment, vous comprenez que le chipping, c’est avant-tout une question de mental, de résistance mentale !

La qualité du chipping, ce n’est pas qu’une question de technique ou de club, c’est beaucoup une question de concentration et de force mentale pour mettre la balle près du trou coup après coup.

Le X-Act Tank Chipper : Concrètement qu’est-ce que c’est ?

Comme l’explique Roger Cleveland, c’est un mix entre un putter et un hybride, les deux solutions que vous pourriez retenir au lieu de choisir un pitch en bord de green.

Le chipper a les caractéristiques de grip d’un putter.

C’est pourquoi il est monté en standard avec un grip superstroke de type slim 1.0.

C’est d’ailleurs une des grandes différences avec le Chipper de Cleveland qui lui s’apparente plus à un quatrième wedge !

Ce grip a pour objet de limiter l’action de vos mains dans la zone d’impact.

Comme un putter, le chipper d’Odyssey met en scène une aide à l’alignement dite Hi Def Marxman, soit tout simplement deux lignes situées derrière la face pour aligner la balle à la cible.

Là-aussi, c’est un peu plus élaboré que sur le chipper de Cleveland qui encore une fois s’apparente plus à un wedge.

Parce qu’Odyssey est d’abord une marque de putter, son chipper a encore beaucoup à voir avec un putter, notamment au niveau de l’insert qui est en polymère.

Objectif, vous procurez un touché plus doux. J’y reviendrai…

Enfin, dernier élément qui rappelle que ce chipper est un mix de putter… le dessin de la tête qui rappelle la ligne Tank d’Odyssey.

Sur ce point, Odyssey n’hésite pas à argumenter sur la lourdeur de la tête (355 grammes tout de même), et effectivement, vous ressentez la lourdeur de la tête dans les mains.

Pour les concepteurs du club, il s’agit de promouvoir un contact plus consistant. J’y reviendrai…

Comme la tête est plus lourde, vous comprenez aussi pourquoi Odyssey a rajouté un grip superstroke dont la mission n’est pas seulement de vous proposer un grip plus large, mais bien de contrebalancer le poids de la tête de club.

Ce chipper est donc aussi un mix d’un hybride, notamment en apportant le principal bénéfice d’un tel club en situation de chipping : la semelle plus large !

La semelle du chipper Odyssey a pour objet d’améliorer l’interaction avec le sol, en particulier sur les lies plus courts, pour éviter de planter le club dans le sol avant la balle.

Concernant le touché et le poids…

Un golfeur classé à un chiffre ou moins n’appréciera sans doute pas la sensation de lourdeur en tête. On sent qu’il sera difficile de travailler la balle !

En même temps, ce club n’est pas fait pour cela.

Ce qui me permet de vous redire que ce chipper est un « chip doctor » pensé pour des golfeurs qui comme moi, sont à un moment ou un autre en perte de confiance au chipping. Je dirai même que la vocation de ce type de clubs n’est pas de s’inscrire dans la durée dans votre sac de golf. Cela peut être un passage.

Enfin, concernant le touché, je n’ai pas ressenti le touché doux annoncé par Odyssey. Au contraire, la sensation de donner des coups !

En résumé, je n’ai pas eu le coup de cœur. Restait à tester le club pour juger de son efficacité…

C’est ainsi que j’ai choisi trois situations de chipping distinctes en tapant trois séries de dix balles :

- A 12 mètres du drapeau en bord de green alors que la vitesse du green est extrêmement rapide, rendant cruciale le dosage du roulement. Objectif : Mettre la balle dans un périmètre de 10% de la distance totale autour d’un trou, soit 1,20 mètres maximum.

- A 10 mètres du drapeau et à 1.50 mètres du bord de green alors que la vitesse du green est normale et comparable à ce que l’on peut trouver la plupart du temps sur les parcours français. Objectif : Toujours mettre la balle à 10% de la distance totale par rapport au drapeau (1 mètre).

- A 30 mètres du drapeau et à 1.50 mètres du bord de green alors que la vitesse du green et normale. Objectif : Mettre la balle à 10% de la distance totale, soit 3 mètres du drapeau.

Dans un premier temps, j’ai comparé le chipper de Cleveland au nouveau X-Act d’Odyssey, puis je me suis dit que vous alliez me demander, en complément, une comparaison avec un club classique, et par exemple, un pitch. C’est donc ce que j’ai fait sur les deux dernières situations du test.

Premier test : Green ultra-rapide

Le must du test ! Certes, pour un débutant ou un golfeur en difficulté au chipping, jouer sur un green de grand prix n’est pas le premier objectif. Cependant, pour tester un club de petit-jeu, cela reste très intéressant car le niveau de perfection du touché et du contrôle de la balle doit être extrême.

Dans ce cas de figure, j’ai d’abord commencé à raccourcir mes mains sur le manche, ce que je fais habituellement pour un chip en bord de green. Je considère que j’ai ainsi un bien meilleur contrôle de la tête de club, et in fine de la trajectoire de balle.

Pourtant, avec le X-Act Chipper, ce mode de fonctionnement ne semble pas adéquat. Au contraire, il faut pleinement utiliser la longueur du grip en grippant haut (rappel : le club est contrebalancé).

Il m’a fallu toute la première session de dix balles pour comprendre ce phénomène.

Premier enseignement : Il faut utiliser le club tel qu’il est !

Fonctionnellement par rapport au chipper Cleveland, et même un pitch, le X-act Tank chipper lève vraiment beaucoup la balle ! Je dirais que son loft de 37 degrés lève la balle d’au moins 7 à 8 centimètres au départ de la balle. Soit parfaitement le principe de « Bump and Run ».

Sur ce premier test, les résultats n’ont pas été très encourageants. Cela tient plus à la difficulté de la situation. Encore une fois, ce n’est pas le club qui fait le golfeur !

L’écart entre les deux clubs testés est relativement marginal. Dans cette situation qui demande une finesse infinie, le X-Act lourd et massif n’est pas à son aise.

Quand le coup n’est pas dans la zone de performance, en revanche, les autres coups ne sont pas non plus catastrophiques comme vous pouvez en juger sur la photo ci-dessus.

En complément des commentaires précédents, notez que les balles sont finalement relativement courtes alors que le green est très roulant. Difficulté perçue : le dosage !

Avec le chipper de Cleveland, le phénomène est un peu différent puisqu’une moitié des balles est trop courte, et l’autre est trop longue.

En réalité, la différence entre les deux clubs est essentiellement du domaine du sensitif ou du subjectif.

Deuxième test : le chip de base !

Sur un green normal, la pression mise par la vitesse du green est amoindrie.

Dans ce cas de figure, le X-Act va réellement dévoiler son jeu.

Passé les premières impressions de club lourd et massif, il s’avère extrêmement facile à manipuler. Du coup, vous pouvez répéter un coup mécanique sans trop y réfléchir.

J’ajouterai que c’est un club qui vous demande de « mettre de la présence » dans la zone d’impact.

C’est d’ailleurs le deuxième enseignement.

Dans cette deuxième situation, à ma grande surprise, le X-Act s’est révélé plus fiable ou plutôt a permis une meilleure régularité ou résistance mentale dans la production de l’exercice.

Troisième test : le long chip !

Dans cette troisième situation, pour un golfeur qui n’a pas de difficultés particulières au chipping, le pitch est en temps normal un club parfaitement adapté.

Ce test a globalement présenté deux difficultés : le fait d’alterner l’usage d’outils très différents, notamment au niveau des sensations, et la pression mise par le fait d’essayer d’atteindre un objectif de performance.

C’est pourquoi, il convient de relativiser les résultats, et de garder une vue d’ensemble.

Le X-Act Tank est bien conçu pour les golfeurs concernés ! C’est un club simple à manier, très tolérant, et assez efficace sur une distance de chipping allant de 10 à 30 mètres.

En revanche, l’aspect massif et lourd qui sert la consistance et la fiabilité, dessert l’aspect sensitif.

Faut-il emmener ce club sur le parcours ? Comme pour le chipper de Cleveland, ce sont d’excellents outils d’entrainements pour réellement apprendre à sentir le rythme, et comprendre le comportement de balle du type « Bump and run ». La notion de « chip doctor » me parait tout à fait justifié.

En somme, c’est un club dont la durée de vie dans votre sac devrait être limitée à un passage. Passage utile à vous faire progresser dans le domaine du chipping…

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