Test du putter Odyssey Triple Track Double Wide

C’est peut-être l’innovation la plus simple, et pour autant la plus pertinente en matière d’aide à l’alignement au putting. Par le passé, Odyssey a très certainement conquis sa position de leader du marché, avec l’avènement du premier 2-Ball, au milieu des années 2000. Près de 15 ans plus tard, avec les putters Triple Track, elle espère sans doute refaire le même coup, et mieux, en imposant par la même occasion un duo balle-putter Triple Track. Après avoir testé ce duo avec le radar de putting Zenio, j’ai eu l’occasion d’aller sur le parcours, pour en mesurer des effets concrets…

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Triple Track : Un système d’alignement balle-putter

La nouvelle gamme de putters Odyssey Triple Track est composée de 5 modèles (2-Ball, 2-Ball blade, Double wide, Marxman, et Ten).

Pour ma part, j’ai reçu du fabricant le Ten et le Double Wide.

Le Ten est plutôt un putter maillet avec un moment d’inertie plutôt élevé. Comprenez plus stabilité du putter pendant le mouvement, et à cause de son volume important.

Le double wide est un putter lame avec un profil de tête plus large qu’une lame traditionnelle. C’est pourtant un putter qui s’apparente à une lame.

Simplement avec son format « double », on comprend rapidement que cela a permis d’intégrer le véritable intérêt technique de la gamme Triple Track, à savoir les 3 lignes d’alignements supplémentaires sur un fond blanc.

En effet, le format Triple Track impose nécessairement une « surface » plus grande ou plus profonde pour tracer des lignes assez longues pour être utile à l’alignement.

Si les balles Callaway ne présentaient pas elle-même ces lignes bleues et rouge, pas sûr que ce nouveau système d’alignement puisse marquer les esprits.

Après tout, ce n’est qu’une énième tentative d’aider visuellement les golfeurs à aligner le putter dans la bonne direction, celle de la cible.

C’est bien la combinaison de la balle avec le putter qui représente une nouvelle idée.

Une nouvelle idée ? Pas vraiment pour les golfeurs les plus expérimentés qui utilisent déjà des traits, des flèches, des dessins sur la balle afin de s’aider à s’aligner.

Pas vraiment non plus si ces mêmes golfeurs s’en servent avec le système d’alignement déjà sur leur putter.

Ce qui est nouveau, c’est qu’une marque prenne les devants, et vous économisent de tracer les traits sur la balle, en s’inspirant du système d’appontage des avions de chasses américains sur les porte-avions de la Navy.

Les contraintes physiques d’un bon alignement sur un green

Quand j’ai la chance de jouer au golf avec des golfeurs aussi anonymes que moi, plutôt des profils seniors, je constate pratiquement à chaque fois, que mes partenaires, hommes ou femmes n’ont quasiment jamais de système de putting !

Je ne les vois pas se baisser pour aligner la balle, puis mesurer leurs putts, et bref, mettre en place une stratégie de putting.

Il y a encore une grande part laissée à l’aléatoire.

C’est dommage, parce que le putting, ce n’est pas que du feeling. Les méthodes types Aim Point démontrent justement qu’il y a une part non négligeable de réflexion pour bien putter.

Cela étant, en testant la balle Triple Track combiné avec le putter du même nom, j’ai réalisé qu’il y a un verbe qui est très important, et du fait de mon âge, je suis peut-être un peu passé à côté ou pas assez mis dans la peau d’un certain nombre de mes lecteurs.

Il faut se pencher ou plutôt se baisser sur ses genoux pour « régler » la position de la balle, et aligner les 3 lignes vers le trou.

Je commence ici par une remarque qui finalement ne va pas forcément dans le sens de ce système, et pour une majorité de seniors qui peuvent avoir des problèmes de dos.

Pour 18 trous, en admettant que vous avez deux putts par trous, cela veut dire se baisser à 36 reprises !

Ian Poulter, Danny Willett ou même Camillo Villegas n’ont aucun problème à faire toutes sortes de mouvements sur un green, pour parfaitement ajuster leurs balles sur un green.

C’est déjà beaucoup plus rare de voir des golfeurs passer du temps à chercher la bonne ligne sur un green, en se penchant ou en se baissant au-dessus de la balle.

Pourtant, avec la Triple Track, putter ou pas, tout l’enjeu commence par cette étape.

Être capable d’aligner les 3 lignes vers la cible.

Et c’est d’ailleurs ce qui va prendre le plus de temps. Pour avoir joué avec cette balle, et le putter Double Wide, j’ai bien constaté que l’essentiel de mon temps de préparation était destiné à ajuster la balle avec ma cible.

Si c’est instinctif (le but recherché par le fabricant), c’est à la fois fin, et demande de la minutie.

Tant et si bien qu’il m’arrive de m’y reprendre à plusieurs reprises, et jusqu’à être sûr de l’alignement de ma balle vers le trou.

Sachant qu’il faut toujours essayer de prendre en compte les pentes.

Le gain est alors plus évident sur les putts en ligne droite et sans pentes.

Mon premier test sur un parcours en hiver

Pour faire mon test sur le parcours, j’ai donc opté pour le Double Wide et pas pour le Ten, et alors que pourtant je privilégie plus souvent pour moi, les putters maillets.

D’ailleurs, j’étais très content qu’Odyssey m’envoie le Ten que je trouvais être le plus original, et le plus esthétique de tous.

Pour avoir testé plusieurs jours sur un tapis de putting en indoor, et au préalable d’un premier test sur le parcours, j’ai finalement voté pour le Double Wide, plus maniable, et moins encombrant dans le sac.

Le Ten présentait l’avantage de proposer une plus grande longueur de lignes à aligner versus le Double Wide, mais en fait, justement, les lignes n’ont pas besoin d’être si longues pour être utiles.

Celles du Double Wide m’ont paru suffisantes.

L’élément qui a achevé de me convaincre, c’est surtout la forme du grip, plus ronde sur le Double Wide.

Et encore, je ne suis pas fan des grips proposés en standard. Si c’était mon putter, j’aurai mis un gros « Superstroke Fatso 5.0 » ce qui remettrait pourtant en cause un argument farouchement défendu par Odyssey : L’amélioration du tempo à travers un équilibrage du putter mieux réparti de la tête jusqu’au grip.

Depuis l’an passé, cette gamme de putters est dite Stroke Lab avec ce fameux manche qui combine carbone et acier.

Mon test de l’an passé n’a démontré aucun avantage visible à l’œil nu de cette technologie versus un manche classique.

Le gain annoncé par le fabricant se mesure en millisecondes, au backswing, et au forwardswing.

C’est pourquoi l’idée Triple Track est plus visible, plus concrète, plus mesurable pour le consommateur final.

J’en viens donc aux résultats sur le parcours.

Sur neuf trous, alors que l’hiver n’est pas vraiment propice à prendre du plaisir sur un parcours de golf, en particulier dans la région de Lyon, où même si une trouée de soleil permet de jouer, les parcours sont boueux, j’ai donc dû me contenter d’un essai sur seulement deux heures.

Pour neuf greens, j’ai rentré 14 putts sur 18 possibles ! Le bénéfice d’alignement de la balle avec le putter m’a immédiatement paru évident !

Au-delà de chiffres ou de preuves mathématiques, je dirai que le grand bénéfice se situe dans la confiance en soi.

Passé le moment d’aligner la balle vers la cible, ce qui doit assurer l’un des trois paramètres clés du putting (la départ de la balle sur la bonne ligne), il suffit de placer son putter derrière la balle, et d’aligner les lignes !

Aligner les lignes de la balle avec les lignes du putter, et de là, vous pouvez putter en toute confiance, sans vous poser de questions sur votre alignement !

Il m’a semblé que le gain de confiance était évident !

Mon résultat de seulement 14 putts sur 9 greens, qui extrapolé sur 18 trous, nous amène à une moyenne inférieure à 30 putts, est tout de même super positif !

Les pros puttent en moyenne (sur des greens plus difficiles et plus rapides) entre 26 et 30 putts pour les meilleurs !

Je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas, et ce premier test est trop court pour être affirmatif ou définitif !

Cependant, dès le premier putt, j’ai senti ce sentiment de pleine confiance

Pour être plus précis et plus juste, on ne peut pas décorréler la question du putting, de la question des approches.

Ce n’est pas la même chose de putter à 9 mètres ou à 1 mètre. Au cours de ce test, j’ai réussi 5 chips-putts sur 5 en bord de green.

Sur les 5 putts, mon chip m’avait laissé entre 1 et 2 mètres du drapeau. Je m’étais donc clairement facilité la vie pour les putts.

Cela étant, je n’ai pas manqué les putts, et j’ai putté au centre du trou, justement parce que je n’avais aucun doute.

Même si je ne suis pas un trop mauvais putter, je n’ai pas eu si souvent ce sentiment de confiance sur les greens, et conféré par ce système d’alignement.

Sur les 4 autres greens, j’ai manqué d’un cheveu un putt à 3 mètres, j’ai réussi à sauver 2 putts à 16 mètres, j’ai frôlé un seul putt à 7 mètres, et j’ai manqué un birdie de quelques centimètres à 8 mètres.

Enthousiasme et confiance

J’aurai donc du mal à ne pas être enthousiaste au sujet de ce putter, et même si je ne suis pas fan du grip, que j’aurai préféré plus large.

Rudy Olmos, que je trouve être un excellent coach de putting m’avait pourtant alerté sur la difficulté d’aligner des lignes, alors qu’au contraire, scientifiquement, il serait prouvé que le cerveau aligne plus facilement des lignes perpendiculaires.

A l’usage sur le green, cela ne m’a pas gêné.

Tout l’enjeu consiste à bien aligner la balle, un réflexe que j’avais déjà depuis longtemps, étant moi-même adepte des lignes tracées à la main sur mes balles.

Morale de cette histoire, si on admet que le putting est beaucoup affaire de confiance, on peut considérer que ce système d’alignement (comme d’autres) en procure, et cela ne peut pas être une si mauvaise chose.

Je vous invite à tester. C’est vraiment intéressant, et au pire, à vous questionner sur votre système d’alignement, et comment l’améliorer.

Crédit photo : John Jones/Icon Sportswire

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