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Test des wedges Callaway PM Grind 2019

 

Les nouveaux wedges Callaway dessinés conjointement par Phil Mickelson et Roger Cleveland présentent une forme qui sort de l’ordinaire. La pointe a été particulièrement allongée par rapport à l’usage habituel en matière de wedges. 3 mois que les clubs étaient à l’atelier avant que je n’arrive à trouver un projet de test pertinent pour écrire un sujet original. Intimidé ? Peut-être, par des clubs au format vraiment hors norme, dont la fonction doit être triple pour son instigateur : Le Knockdown, le touche et bloque, et surtout le « Phlop » en référence au célèbre flop shot signé « Lefty » Mickelson.

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Les wedges PM Grind avec les initiales de Phil Mickelson présentent un look très différent de tous les autres wedges du marché. La pointe est allongée, ce qui par conséquent augmente considérablement la surface totale de la face.

Autre conséquence, les rainures sont plus importantes de bord en bord.

Ce club a été imaginé pour aider Mickelson pour son coup le plus fameux, le flop shot ou coup parachute, qui consiste à lever la balle très rapidement, très haute, afin qu’elle retombe aussi vite et s’arrête rapidement sur un green avec une vitesse de roule rapide.

La première itération a vu le jour en 2015, au point de créer une nouvelle catégorie de wedges.

Pourquoi un nouveau club en 2019 ?

Mickelson et Roger Cleveland souhaitaient un club encore plus facile à utiliser, et pas seulement pour le flop shot.

Phil considère que tous les amateurs devraient savoir réaliser trois coups autour des greens : Le knockdown, une balle basse très spinnante pour attaquer un drapeau, le touche et bloque, un pitch qui rebondit à peine deux fois, et s’arrête net. Enfin, le « Phlop », une balle qui vole haute avec un angle de descente très prononcé, pour s’arrêter rapidement sur un green.

Pour y parvenir, ils prétendent avoir travaillé sur la position des micro-rainures sur un angle de 20 degrés par rapport à des rainures classiques, et ce, pour ajouter du spin.

L’offset du club a été augmenté pour déplacer le centre de gravité du club plus haut vers la pointe, ce qui devrait aider les amateurs à contrôler la trajectoire sur les pleins ou demi-coups.

A l’inverse, en talon, le dessin généreux doit éviter les grattes, et permettre un contact plus clean, depuis une variété de lies autour des greens.

Pour revenir à l’offset et bien comprendre l’intérêt de ce dessin, Callaway prétend que cela permet d’augmenter le spin, en particulier quand le club est très ouvert vers le ciel.

Il faut comprendre qu’un wedge, notamment quand il présente beaucoup de loft, le temps de friction entre la balle et la face est plus limité, ce qui naturellement limite le spin.

Dans ce cas, Callaway imagine augmenter le spin malgré ce constat original, et donc en faire l’arme ultime du petit-jeu.

Sur les lob shots, la marque affirme augmenter le niveau de spin de près de 12%, notamment sur la base de test avec un robot.

Comme évoqué plus haut, j’ai ces clubs depuis plusieurs mois, et si je salue le caractère original de cette forme de wedges, ce qui favorise une histoire au moins originale, j’ai eu du mal à me projeter sur l’usage de ces clubs, comme si j'étais intimidé.

La forme, et la dimension m’inspirent l’effet inverse recherché : Pas nécessairement plus de confiance à l’adresse, pourtant à l'usage, j'ai trouvé le contact de balle très doux, notamment sur des coups en bord de green, avec une vitesse de swing modérée.

Avec plus d’offset, il devrait être plus facile de déplacer la balle à l’arrière du stance avec des mains plus en avant. Se mettre dans une meilleure position pour jouer un « Knockdown », une balle basse très spinnante.

La semelle plus arrondie, principal changement par rapport à la première version de 2015, doit favoriser une plus grande polyvalence du club, notamment sur les pleins coups, ce qui était considéré comme la faiblesse du premier PM Grind.

J’ai testé un wedge 54 et 58 degrés en bord de green, dans un bunker à et plus de 60 mètres d’un green, ce qui m’a pris beaucoup de temps, avant d’écrire ces lignes, et surtout dans le but de me forger un début de conviction.

Sur des chips en bord de greens, je n’ai pas trouvé d’éléments me laissant penser que j’étais meilleur ou moins bon par rapport à l’usage d’un wedge plus conventionnel.

J’ai alternativement tapé des coups avec la balle face au pied amont ou face au pied aval.

Dans le cas du « Knockdown », balle à l’arrière du stance, je n’ai pas su noter un gain substantiel lié au club.

Idem dans le bunker, alors que l’on pourrait croire qu’avec une telle longueur de lame, le PM Grind pourrait être un club encore plus facile à jouer dans le sable, notamment le loft de 58 degrés.

Précision, Callaway va jusqu’à offrir un loft 64 degrés sur cette gamme de wedges !

A ce stade du test, je n’étais donc pas très avancé pour émettre un avis.

J’avais noté, sans trop savoir si cela venait du club, que j’avais tendance à fermer la face du club dans la zone d’impact, notamment sur des chips à 15 mètres du drapeau, et donc envoyer la balle à gauche de la cible.

Pour corriger, je me suis rendu compte qu'il fallait vraiment parfaitement poser la face au sol, et s'aligner sur la cible.

En réalité, une telle forme de tête demande une habitude de pratique, et je le verrai plus tard, une certaine finesse dans la gestion du leading edge au moment de l’impact.

Leading edge ? C’est en fait le point crucial concernant ce type de wedge.

Cela désigne le bord d’attaque qui se trouve entre la face et la semelle, et la première partie à entrer en contact avec le sol.

Si le leading edge est amené trop remontant vers la balle, c’est le top assuré.

A l’inverse, si ce leading edge plonge trop dans le sol, c’est plutôt la gratte. Il faut donc beaucoup de finesse technique, et pas mal de pratique avec ces clubs pour trouver le bon « réglage ».

N’ayant pas réellement trouvé d’éléments tangibles, j’ai décidé d’utiliser le Trackman, pour mesurer des pleins coups à plus de 60 mètres.

Je ne doute pas qu’une telle lame présente un vrai avantage sur le flop shot, mais personnellement, comme beaucoup d’amateurs, j’utilise ce coup une fois tous les trois ou quatre parcours !

C’est peut-être un tort, mais ce n’est pas le coup que l’on pense à faire en premier autour d’un green.

A nouveau, à cause d’une mauvaise maîtrise du bord d’attaque, si vous avez le malheur de toper la balle, un coup qui doit faire quelques mètres se transforme en coup très/trop long de plusieurs dizaines de mètres. Il faut vraiment être sûr techniquement pour l’utiliser.

Considérant que les pleins coups étaient le relatif point faible de ces wedges, ayant un 54 et un 58 à tester, j’ai donc comparer un wedge plus classique avec les mêmes lofts vers la même cible.

A chaque balle frappée (test en extérieur et sur gazon), il fallait bien entendu nettoyer la face, et gratter les rainures, pour être certain de tirer le maximum de chaque coup.

Dans le premier cas, avec le 58 degrés, je n’ai pas noté de niveau de spin particulièrement différent, soit 2500 tours, tout comme le wedge plus classique, et pour des vitesses de swings avoisinant les 70 mp/h.

Pour une distance de 55-60 mètres, on pouvait seulement constater que le smash factor était légèrement moindre avec le Callaway PM Grind.

Je pouvais en déduire que le temps de friction de la balle dans la face était en fait moins long, mais c'était relativement marginal. Fallait-il en tirer une réelle conclusion ?

Surtout, sur des dizaines de frappes mesurées au Trackman, 40% étaient avec un vol de balle court, très peu de spin (moins de 2000 tours), peu de smash factor, et donc peu de vitesse transmise à la balle. Il s’agissait en fait de coups à la limite d’être trop grattés dans le sol.

J’en reviens à la question du placement du bord d’attaque. Si celui-ci n’est pas finement joué, j’ai pratiquement une chance sur deux d’être très court de la cible.

En ce sens, et comparativement à un wedge plus conventionnel, ce club est plus fin à exploiter, demande plus de doigté.

En revanche, sur les bons coups, rien à signaler…

Le hic, c’est qu’avec un wedge classique, j’ai eu moins de difficulté, et seulement 20% de balles grattées.

J’en ai déduit cette plus grande demande de finesse technique à l’usage du PM Grind.

En renouvelant l’exercice avec les wedges 54 degrés, j’ai retrouvé sensiblement la même conclusion.

Au passage, j’ai utilisé la fonction « Impact location » du Trackman, sans toutefois complètement enregistrer les bonnes dimensions des lames dans le logiciel.

Le constat sera donc nuancé, mais il m’a semblé que la plupart du temps, mes frappes étaient plus proches du centre de la face avec le PM Grind, alors qu’avec un wedge classique, elles étaient plus proches de la partie basse de la face, et plus proche du bord d’attaque.

Cela n’a pas eu réellement d’effets sur les trajectoires ou les distances produites, sensiblement identiques, soit 65-70 mètres, environ 10 mètres de plus par rapport aux 58 degrés.

Dans ce cas, le smash factor des deux clubs comparés était plus semblable. Cependant, j’ai fait le même constat d’une plus grande irrégularité avec le Callaway.

Si la balle n’est pas parfaitement prise, dans 30% des cas, ma trajectoire de balle a été nettement raccourcie, ce qui n’a pas été le cas avec un wedge plus classique.

De mon point de vue, pour les pleins coups, les wedges PM Grind demandent beaucoup de finesse technique. Pour un amateur à la recherche de tolérance ou d’un coup plus facile, ce ne sera pas le choix le plus évident.

Avec seulement 3300 tours de spin donnés à la balle, cette expérience m’a illustré qu’en tant qu’amateur, j’étais très loin des chiffres annoncés par les pros avec ce type de wedges, à parfois plus de 10 000 tours.

La vitesse, la façon d’attaquer la balle, les pros exploitent certainement plus facilement ce type de clubs.

Alors que la forme du PM Grind pourrait laisser penser qu’il s’agit d’un club pour amateur en mal de qualité au wedging, c’est en fait au contraire, un club pour un golfeur pointu techniquement.

Je ne doute pas que la surface allongée favorise le flop shot. Pour cet exercice, au contraire, il donne confiance, et invite à s'amuser dans un concours amical de coups lobés.

12% de spin en plus quand de toute façon, il faudrait être capable d’en faire 80% de plus, est-ce vraiment le sujet pour les amateurs ?

Sous les yeux, à l’adresse, cette forme allongée à de quoi déstabiliser.

Au contact de la semelle ou du dos avec le sol, c’est plutôt un contact agréable.

Pas de contestation s’agissant du toucher obtenu avec le PM Grind, mais au niveau d’un amateur, ce sera de toute façon difficile de faire le distinguo, surtout quand les niveaux de smash factor sont proches.

Comme pour d’autres produits, les balles ou les putters, Callaway n'hésite pas à prendre des risques, et partir dans différentes directions, pour nous proposer des innovations, et nous interpeller, ce qui a le mérite d’être intéressant.

Callaway démontre aussi sa grande variété de produits disponibles pour tous les goûts.

Simplement, dans le cas des wedges PM Grind, pas sûr que tous les amateurs s’y retrouvent avec un club finalement très technique, au grand dam de Mickelson, qui lui au contraire considère que nous devrions enrichir notre palette de savoir-faire autour du green.

Oui, mais si lui atteint plus souvent les 10 000 tours de spin avec un wedge autour du green, pour un amateur, 3000 tours, c’est déjà peut-être un maximum...

Mieux vaut peut-être se concentrer sur une technique plus basique, et un club plus conventionnel dans un premier temps ? Le Callaway MackDaddy 4 pourra parfaitement faire l'affaire, d'autant qu'il partage avec le PM Grind, une esthétique très réussie, notamment au dos du club.

En bonus, à découvrir sur JeudeGolf.tv, la démonstration de flop shot par Maître Phil Mickelson en personne !

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Commentaires   

admin
0 #2 Réponseadmin 02-07-2019 20:11
Bonjour Jean-Luc, Ce n'est pas nécessairement le problème puisque je dispose par ailleurs d'autres variétés de wedges avec des bounces très différents. Cette question est fortement en lien avec le terrain. Parallèlement, je l'ai fait essayer à un golfeur enseignant (Xavier Bretin), qui n' pas été plus convaincu. La surface supplémentaire liée à l'allongement de la pointe est la principale différence avec le MackDaddy 4 conventionnel. Votre question me permet de fournir en plus les bounces affichés sur les wedges, soit 12 pour 54 et 56 et 14 degrés pour 58 degrés de loft.
jeanlucfabre0@gmail.com
0 #1 quid du bounce de ces wedgesjeanlucfabre0@gmail.com 28-06-2019 16:17
Les difficultés que vous avez rencontrées avec ces wedges en comparaison de MackDaddy 4 ne viendraient elles pas d'un bounce pas adapté à votre swing ?
Jean-Luc Fabre

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