Test longs fers TaylorMade SIM UDI et SIM DHY

Début août 2020, la marque américaine TaylorMade annonçait la mise sur le marché de nouveaux longs-fers UDI et DHY, des noms de codes propres à la marque de Carlsbad. La promesse qui accompagnait ce lancement en pleine chaleur, et ébullition des ventes un peu partout dans le monde, y compris en France, faisait état d’un nouveau stade de passé en termes de « polyvalence ». Quelques semaines après ce lancement, j’ai enfin pu tester ces clubs dans notre nouveau studio basé à Caluire, et muni du Trackman. Dans cet article, il va être question de rythme, et de vitesses de swings… A cette fin, pour la première fois, j’ai utilisé le GEARS dans le cadre d’un test JeudeGolf, et notamment pour contrôler le tempo, et affiner l’analyse.

Découvrez nos formules d'abonnements

Le contexte

Le marché des longs-fers ou plutôt « Utility » n’est pas le plus dynamique de tous les segments du matériel.

Toutes les marques ne s’évertuent pas nécessairement à sortir régulièrement ce type de clubs, car il faut bien l’admettre, les ventes sont marginales, et surtout le type d’utilisateurs se borne aux joueurs les plus athlétiques, ou alors pour une utilisation très particulière.

Qui joue régulièrement sur un links, et par exemple, à Saint-Andrews, des backtees, et par fort vent contre ?

Quand on s’intéresse à ce type de clubs, et par exemple les Titleist U510, TaylorMade P790 UDI, Mizuno MP-20 HMB, Callaway X-Forged Driving Iron, les mêmes commentaires reviennent : A ne pas mettre entre toutes les mains, peu tolérants, pas pour les golfeurs avec un classement au-delà de 24, demandent beaucoup de vitesse de swing, les angles de lancements bas ne sont pas pour tout le monde, ou encore manquent de maniabilités…

La liste est longue des arguments pour ne pas jouer ce type de clubs, et en fait, pour 95% des amateurs.

A l’inverse, au chapitre des plus, et il y en a quelques-uns, on peut constater qu’il s’agit de clubs censés produire plus de vitesse de balle par rapport à un fer classique, la distance additionnelle, la semelle plus large interagit mieux avec le rough….

Je me suis senti obligé de faire cette introduction avant d’entrer dans le vif du sujet concernant le SIM UDI et le SIM DHY, pour donner du contexte.

Avant d’écrire ces lignes, et vous argumenter ce test, en réalité, j’ai déjà tapé ces deux clubs, dès cet été, quand je les ai reçus de la part de TaylorMade.

Le studio alors en chantier, je suis allé au practice près de chez moi.

Je n’ai vraiment pas aimé cet essai des deux clubs, ne comprenant pas leur fonctionnement intrinsèque. Vol de balle, tolérance, distance, rien n’y était.

Une fois le studio à Caluire prêt, j’ai repris calmement le test, et en suivant le protocole de test usuel, balles Premium (Z-Star), tapis de frappe indoor, Trackman 4, etc.

Surtout, j’ai pris les mesures des deux clubs, le swing weight, le poids total… étudié les manches (des Diamana de la marque Mitsubishi Chemical).

 

J’ai tapé pour chaque clubs, 20 balles à ma vitesse de swing la plus rapide (autour de 85 mph actuellement), puis pour vous être informatif, j’ai tapé à plusieurs autres vitesses (65, 75, et 90 mph), soit lente, moyenne, et très rapide.

Ce faisant, j’ai enfin compris ce que je pourrai dire de ces clubs.

TaylorMade, et je remercie la marque, m’avait donc envoyé fin juillet un long fer 3 SIM UDI, et un long fer 4 SIM DHY.

Première différence entre les deux clubs, la taille et même la forme de la tête. Le SIM UDI se rapproche plus d’un fer, tandis que le SIM DHY tend vers l’hybride ou rescue.

A propos de ce dernier, TaylorMade nous explique qu’il a été construit pour la polyvalence, ce qui suppose de pouvoir l’utiliser aussi bien depuis un tee sur un départ, sur le fairway, ou depuis le rough.

Toujours à son sujet, TaylorMade parle essentiellement de « lancement ».

La construction avec une tête creuse « hollow body » aurait permis de déplacer le centre de gravité en arrière, et en profondeur, pour faciliter le lancement avec une trajectoire intermédiaire, car justement la tête creuse n’est pas si creuse…

Enfin, s’agissant de ce type de clubs, il faut surtout parler de vitesse de balle. La partie interne et donc creuse de la tête a été remplie avec la fameuse SpeedForam, combinée avec la face en acier C300.

Principale différence avec les précédents clubs TaylorMade qui utilisaient déjà la SpeedFoam, comme le P790 ou le P770, la matière est 35% moins dense que l’uréthane précédemment employé. Selon les ingénieurs, cela permettrait de maintenir un toucher doux, tout en abaissant les conditions de lancements…

Ci-dessus, la marque de Carlsbad crante elle-même son offre de longs-fers, et d’hybrides. On y découvre que le modèle DHY serait potentiellement tolérant, très adapté à un tee-shot. En fait, ce serait le long fer le plus polyvalent de sa gamme.

Inversement, le modèle SIM UDI serait déjà un peu plus exigeant. Pourtant, TaylorMade parle encore d’un club imaginé pour un maximum de polyvalence.

La tête est cependant plus compacte, et s’envisage surtout pour taper des coups de départs, en alternative à un bois.

A en juger par les poids déclarés par Mitsubishi pour ses shafts, et les poids que j’ai mesuré à l’atelier, entre les deux clubs, avec des grips similaires, les têtes font UDI ou DHY feraient sensiblement le même poids, et malgré les différences de tailles et de formes.

La tête SIM UDI serait potentiellement 5 grammes plus lourde (ce qui peut influer sur le smash factor).

Autre différence entre les deux clubs, TaylorMade a placé le port TPS derrière la cavité arrière du club sur le SIM UDI, et sous la semelle sur le SIM DHY. Est-ce que cela a une réelle incidence ?

La marque américaine affirme que le port TPS sert à élever le centre de gravité, et promouvoir un angle de lancement plus bas, pour une trajectoire de balle plus pénétrante.

Inversement, sur le SIM DHY, ce port TPS qui s’apparente à une vis, est placé sous la semelle, mais avec le même effet, abaisser le centre de gravité.

Le test au Trackman

Les chiffres ci-dessus résument les principales données d’un test radar.

J’ai tapé 20 balles pour chaque club, et ajouté les données d’un précédent test, celui du Mizuno MP-20 HMB en fer 4, de loft 22 degrés, et ce pour avoir une base de comparaison.

Sur ce type de clubs, les longs-fers, l’incidence du poids du club me parait importante sur la capacité à produire de la vitesse de swing, mais aussi dans les sensations.

Entre SIM UDI et SIM DHY, je note que même si l’un est monté sur un shaft stiff, et l’autre sur un shaft regular, j’ai eu les mêmes difficultés à bien taper la balle.

Pourquoi ?

Le smash factor pour ce type de clubs devrait excéder 1.40 fois la vitesse de mon swing. Ce n’est pas le cas. Je suis légèrement sous cette valeur, même si le résultat est meilleur par rapport au Mizuno MP-20 MHB, pour lequel, le poids du manche était nettement plus élevé.

Dans votre choix, vous devrez tenir compte de ce poids global du club, pour arbitrer entre vitesse de swing, et maniabilité.

Sans compliquer et rentrer dans trop de données, le chiffre à retenir est pour une fois, dans la dernière colonne de droite du tableau : La tolérance !

L’écart entre ma moins bonne balle est la meilleure atteint des sommets, et ce n’est pas une bonne chose.

Si effectivement, sur une bonne balle, ce type de club peut me permettre de taper à près de 200 mètres (vitesse de swing de 87 mph), et avec un centrage parfait dans la face (smash factor 1.45), à l’inverse, la moindre faute de rythme, et c’est un coup qui parcoure entre 45, et même 70 mètres de moins !

Ci-dessous le test du fer 3 SIM UDI

Ci-dessous, le test du fer 4 SIM DHY

J’ai noté en fait trois principales difficultés : La qualité du centrage sur mes pleins coups à mon maximum d’intensité, la difficulté à contrôler la trajectoire par rapport à mon chemin de club très intérieur-extérieur (l’offset du club est assez prononcé soit 3.2 mm pour le SIM UDI), et donc la difficulté à taper dans le même rythme.

L’utilisation du GEARS avec l’aide de Guillaume Sauzet d’Addon Sport m’a permis de pousser l’expérience plus loin.

Ci-dessus, pour la première fois sur JeudeGolf, un test que j’ai réalisé sur un club de golf.

Il me faudra dans un avenir proche vous détailler chaque data que l’on peut désormais collecter avec ce nouvel outil.

Sur le graphique ci-dessus, vous pouvez voir deux coups tapés avec le SIM DHY, à gauche, un coup que j’ai volontairement tapé à 90 mph, et à droite, un autre coup tapé volontairement à environ 75 mph (76,7 mph pour être exact).

Dans les deux cas, le GEARS nous fournit l’information sur le centrage de la balle dans la face, et le cas présent, c’est relativement similaire. J’ai observé qu’à ma vitesse maximale, j’avais malheureusement tendance à prendre plus souvent la balle en talon et bas.

Au centre de l’image, vous avez le placement du manche à l’impact de la balle, et sur les côtés des données liées au déplacement du club.

Enfin, en-dessous, la barre jaune et la barre bleu symbolisent les temps de passages entre backswing, downswing et l’impact…

Quel était mon objectif ?

Avant ce test au GEARS, j’ai fait un constat très important.

A pleine vitesse, je trouvais que ma qualité de frappe avec un SIM UDI ou SIM DHY était très pauvre (smash factor finalement moyen pour de tels clubs – sous la barre des 1.40), ma qualité de contrôle décevante (des balles qui courbaient vite à gauche), et finalement un gain de distance pas convaincant, par rapport à un fer 3 ou un fer 4 classique.

En diminuant volontairement mon intensité de swing, en visant plutôt 75 mph, j’ai constaté que je retrouvais beaucoup plus de sensations, un smash factor plus élevé, et plus de contrôle de la trajectoire.

Ce à quoi Guillaume Sauzet qui m’a assisté pendant ce test m’a confirmé que c’est tout à fait valide pour n’importe quel golfeur et n’importe quel club. « Descendre en intensité permet justement de prendre plus de temps pour mieux contrôler le club dans la zone d’impact. »

Il faut donc comprendre que je n’ai pas à ce jour la technique suffisante pour taper de tels clubs à ma vitesse de swing optimale. 

Cela confirme complètement ce qui a été illustré au début de l’article, et à propos des longs-fers.

Ce sont des clubs très peu tolérants, et à réserver à des golfeurs avec une technique, et une vitesse de swing vraiment supérieure.

Guillaume Sauzet a tapé ce club, et lui au contraire, l’adore (SIM DHY) ! Il le trouve même plus tolérant qu’un Srixon ZU45.

En revanche, comme moi, il constate que l’offset du club favorise très vite des balles à gauche (il est droitier).

Sachant cela, avec le GEARS, et donc deux coups à deux vitesses distinctes, pour un même chemin de club intérieur-extérieur (entre 4 et 5 degrés), soit la même façon d’amener le club à la balle, j’ai principalement changé, non pas mon tempo, mais la durée de mon backswing 0.842 secondes sur le coup plus rapide, contre 0.933 secondes pour le coup plus lent.

La durée du backswing change, et la durée du downswing aussi !

Sur le coup rapide, mon downswing descend à 0.286 secondes contre 0.300 secondes pour le coup lent.

En réalité, entre les deux coups, le tempo, soit le ratio entre la durée du backswing, et la durée du downswing est le même soit autour de 0.32 à 0.34 !

On croit que l’on change de tempo !

Ce n’est pas vrai, et c’est conforté par Jean-Jacques Rivet lui-même qui interrogé sur le sujet, explique qu’un golfeur ne change pas de tempo, sauf si forme physique varie.

Le tempo n’est donc pas l’explication entre un moins bon et un meilleur coup.

En revanche, en prenant le temps de mieux placer mon club à l’impact, je centre mieux la balle dans la face, l’impact est meilleur, la sensation est meilleure, le smash factor est plus élevé, et je contrôle mieux la trajectoire.

Cependant, je ne tape pas plus loin, mais moins loin en mettant moins d’intensité, et malgré une balle mieux centrée.

Ce club présente-t-il un intérêt pour moi ?

La réponse est non.

Il n’est justement pas assez tolérant pour moi, et pour le jouer à ma vitesse de swing la plus rapide, alors qu’inversement, pour Guillaume, qui bénéficie d’une meilleure technique que moi, sans pour autant développer une vitesse de swing plus importante, lui va trouver de l’intérêt, et du plaisir !

Sans scoop, ce club créé une véritable frontière entre un golfeur amateur, et un golfeur professionnel. Je n’aime pas parler d’index, mais plutôt de maturité du swing.

Il faut un super swing pour apprécier ce club.

A l’inverse, vous risquez comme moi de le détester ou alors pour prendre du plaisir, de baisser votre intensité, et donc quel intérêt si le club est justement vendu pour faire plus de distance ?

Ci-dessous, je vous propose un tableau récap de mes distances selon plusieurs vitesses de swings de 65 mph à 95 mph. Plus je swingue vite, et moins le smash factor est bon.

 

Ce tableau pourra aussi vous permettre de juger, si vous connaissez votre vitesse de swing, quelle distance approximative, vous pourriez obtenir.

Enfin, entre SIM UDI et SIM DHY, d’un point de vue des performances, les trajectoires de balles sont très proches, et c’est défavorable à la version UDI.

Le premier nommé a beau être un fer 3, je vais à la même distance avec le fer 4.

Regular contre stiff ?

Cela joue sans doute, comme l’écart de poids entre les deux manches, cependant, je trouve ce regular plutôt ferme. Ce n’est pas un regular avec une flexion souple en tip (pointe du manche).

Je crois bien plus au fait que 18 ou 20 degrés de loft, cela commence à être trop bas pour ma technique, et ma vitesse de swing.

A un moment, et sans doute 18 degrés de loft, c’est de toute façon trop bas pour que je génère du rendement, et pourtant, je swingue entre 85 et 90 mph quand je suis en forme.

Si vous n’avez pas cette vitesse de swing, je vous déconseille ce type de clubs. Vous ne prendrez aucun plaisir, et n’aurez pas de contrôle sur la trajectoire de balle.

Dernier conseil d’usage à ceux qui voudraient tenter l’expérience, à l’aide du GEARS, Guillaume a pu me faire une recommandation très utile.

Mon dynamique loft naturel avec le SIM DHY ou le SIM UDI avait tendance à être trop élevé, et expliquer un mauvais smash factor.

En mettant les mains plus en avant par rapport au shaft, j’ai baissé ce loft dynamique à l’impact, et augmenté le smash factor (et par conséquent les sensations). C’est un des bénéfices du GEARS que d’aider à placer le club pour augmenter le rendement.

Donc, il faut bien comprendre comment s’utilise ce type de clubs. Un golfeur qui placerait les mains de manière trop neutres à l’adresse n’aurait pas le rendement maximum avec ce club. C’est valable pour les autres fers, mais c’est encore plus perceptible avec des fers dont les lofts sont seulement de 18 et 20 degrés.

Bilan du test

Je ne sais pas si ce club est si polyvalent puisque sur de simples frappes au sol sur le tapis, je constate déjà d’énormes problèmes de régularités, et un manque évident de plaisir dans les frappes décentrées. Le tester dans le rough ne fera qu’empirer les choses !

Sur le papier, c’est un club peut être polyvalent pour Jon Rahm, en revanche, pour tout golfeur amateur avec un swing modéré et une technique imparfaite, ce club est de toute façon trop difficile à jouer, manche stiff ou regular.

Ce n’est pas une question de tempo (identique entre hausse ou basse vitesse) mais bien un problème de temps pour bien placer le club par rapport à la balle, à l’impact.

Guillaume Sauzet, pro de golf, lui l’a beaucoup apprécié, bien qu’il a constaté comme moi, une trop forte propension de ce club à pousser les balles à gauche (offset trop marqué pour des golfeurs avec un chemin de club plutôt intérieur-extérieur).

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Commentaires   

g.mpouna@gmail.com
0 #1 A taper sur tee uniquementg.mpouna@gmail.com 25-10-2020 01:48
J’ai,eu l’opportunité de taper les 2 lors d’une journée test au golf de Salvagny,; 1er constat: l’UDI est vraiment moins tolérant que le DHY.
2ème constat: ces clubs ne livrent leurs peines mesures qu’en les tapant sur tee. Sur tapis, cela reste des clubs assez difficiles à manier pour le commun des mortels; sur tee, et notamment avec le DHY, c’est un plaisir absolu. C’était comme jouer - en terme de difficulté - un fer 7 sur tee mais pour une portée de balle au delà des 200 m. J’ai vraiment été bluffé par ce club mais uniquement sur tee. Le toucher de balle est plutôt doux, et on a vraiment la sensation de ne pas pourvoir rater la balle. Le manche étant moins long que hybride à loft équivalent, on a la sensation de mieux contrôler ce que fait le club. Perso, j’ai adoré, mais ça fait cher le club mono utilisation (long par3/depart étroit pour golfeur préférant jouer des fers).

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.