Test des fers XXIO Eleven: Toujours plus loin ?

Deux ans après la série XXIO 10, la marque japonaise revisite sa série la plus vendue, et la plus populaire auprès des golfeurs et des golfeuses seniors. La série XXIO Eleven n’est pas un simple relooking de la précédente version. Techniquement, il y a un changement qui ne sera pas sans effet sur les trajectoires, et coïncide à une tendance du moment, observée dans la plupart des marques dominantes du marché.

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Qu’est-ce que réserve l’avenir avec XXIO ?

XXIO fête ses 20 ans, et depuis son lancement au Japon, la marque n’a cessé de se classer sur le podium des clubs les plus vendus au Pays du Soleil Levant. 

En 2019, elle a été tout bonnement la marque qui a vendu le plus de clubs de golf. C’est en réalité ce qu’elle accomplit chaque année, avec le support d’un important groupe majeur, Sumitomo Rubber Industrie, qui possède aussi les marques Srixon, Cleveland et Miyazaki.

Inquiet du vieillissement de la population, les dirigeants Japonais veulent accélérer le développement de la marque aux Etats-Unis et en Europe.

En France, la marque a déjà réussi à se hisser dans le top-5 des marques qui réalisent le plus de chiffre d’affaires combiné avec sa marque sœur Srixon. 

Laurent Vincent, propriétaire des magasins Vincent Golf, situés dans le sud de la France, et membre de la centrale d’achats Eurogolf témoigne : « XXIO a changé ces dernières années. D’une marque confidentielle, elle est devenue un incontournable dans nos magasins, où elle bénéficie d’une excellente réputation bien méritée et de la fidélité des clients. »

Sean Hanafusa, PDG japonais de SSE : « Nous remercions chaleureusement tous les fans de XXIO pour leur soutien sans faille. Parallèlement, Sumitomo Rubber Industries, maison mère de Srixon Sports Europe, s’engage à développer la marque XXIO auprès d’un nombre croissant de golfeurs recherchant toujours plus de plaisir à pratiquer leur sport. Nous espérons que vous avez hâte de voir ce que l’avenir réserve avec XXIO ! ».

S’agissant de la nouvelle série XXIO Eleven, l’avenir immédiat nous promet plus de distance. En comparaison avec la précédente série XXIO 10 que j’avais pu tester fin 2017, les lofts de chaque fer ont été baissés d’un degré.

La série XXIO 11 est stratégique pour la marque. Elle correspond, plus encore que la série X, à la majorité des clients ciblés par la marque.

Comme TaylorMade ou Callaway, les géants américains du secteur, XXIO a cédé à la même tentation de baisser encore les lofts, ce qui in fine, conduit à tendre les trajectoires, augmenter le smash factor, effectivement générer plus de vitesse de balle à numéro de club équivalent, et réduire le spin.

Plus encore que les séries phares de TaylorMade (SIM Max) ou Callaway (Mavrik Max), XXIO présente des têtes, qui en comparaison toujours, sont encore plus volumineuses, des têtes « oversized ».

Quelques années en arrière, pour mieux segmenter les tests de fers sur JeudeGolf.org, j’avais identifié une segmentation à 6 niveaux entre clubs « player » et « improvment ».

Pour les clubs « Player », j’avais repéré trois crantages de difficultés par les lofts, l’offset et le volume des têtes (top line et largeur de la semelle) : Lames Muscle Back, Cavity Back, et une création plus récente de « fausses lames » que j’avais appelé « Forgé tolérant », une sorte de classe bâtarde ou hybride.

Pour les clubs « Improvment », j’avais repéré trois autres crantages, et toujours selon les mêmes critères : Standard, distance et oversized.

Alors que les ventes de fers glissent chaque année un peu plus des clubs « Player » vers « Improvment », et dans cette catégorie de « standard » à « distance », les clubs oversized qui n’étaient pas très populaire ou très nombreux ont néanmoins connu une forme d’augmentation. 

Le tour de force réussi par XXIO, c’est justement d’avoir réussi à vous convaincre avec des clubs oversized (surdimensionnés).

Quand vous comparez le dernier Callaway Mavrik Max dont les lofts ont justement été abaissés, et le dernier XXIO Eleven, bien que la semelle du Callaway soit très large, le XXIO fait plus encore !

Loft fermé, semelle super large, volume de tête maximum, les clubs XXIO 11 promettent vraiment le maximum de distance possible.

Mais cela ne peut pas être sans contrepartie sur le contrôle de la profondeur.

Est-ce la préoccupation des golfeurs seniors, qui à 70 ans passés, cherchent surtout à atteindre des distances ?

XXIO a marqué les esprits depuis 20 ans avec un argument qui a fait mouche pour beaucoup d’amateurs : La facilité ou plutôt maniabilité.

Avec le nouveau système Weight Plus décliné sur tous les clubs 2020, le poids du club se concentre davantage sur le grip afin de réduire l’effort nécessaire au début du swing, et selon la marque.

En dehors du loft plus fermé et des semelles très larges, ce sera la principal nouvel argument de cette série.

Et probablement moins que la nouvelle « Flat Cup Face » qui doit renforcer les performances générales de rebond (comme le COR). La baisse du loft suffit à expliquer la hausse flagrante du smash factor.

Pour avoir aussi testé les nouveaux XXIO X, et sur des manches aciers, le plaisir de taper une balle centrée dans la face est réel.

Il est moindre avec cette série 11, d’une part parce que le manche graphite conduit moins les vibrations que le manche acier, et d’autre part, c’est peut-être lié au volume de la tête, beaucoup plus important.

A propos de shaft, la série 11 revient avec un manche graphite marqué XXIO, mais sans doute fabriqué à Miyazaki, le MP1100 d’un poids de 48 grammes, d’un torque de 3.9 en regular, et en fait, un IFC (international Flex Code) 3233 qui indique que le niveau de rigidité du butt jusqu’au tip est presque constant, mais surtout souple.

J’aurai écrit « très souple », si le dernier numéro avait été 1 ou 2, et non pas 3.

La série de clubs 11 testés par rapport à la précédente série 10

La marque XXIO a le mérite, comme TaylorMade ou Callaway, à ne pas rechigner à passes des clubs de tests, selon le cahier des charges de JeudeGolf, ce qui a pour bénéfice de favoriser les comparaisons.

Résultat, dans le tableau ci-dessus, vous avez les principales caractéristiques pour des clubs comparables.

Vous ne pourrez noter que deux réelles différences : Les lofts baissés d’un degré, le swing weight, et le grammage du shaft seulement plus léger d’un gramme.

Le lie des têtes ou la longueur des manches sont identiques entre série 10 et 11.

Depuis quelques mois, je mesure aussi le poids global des clubs, comme le swing weight.

Ce dernier ne correspond pas à celui affiché par la marque qui parle plutôt de C8. Pour ma part j’ai mesuré C6, plus léger en tête.

C’est sans doute le résultat du poids ajouté dans le grip, et devrait correspondre à votre sensation de facilité.

Comparativement à la série X (eks), je trouve globalement 40 grammes d’écart en moins et par club. C’est donc bien relativement léger.

A lui seul, le poids du manche (48 grammes) explique la légèreté, sachant qu’en moyenne sur tous les tests réalisés depuis 2012, le poids des manches en graphite montés sur des séries comparables oscillent entre 55 et 65 grammes.

A noter toutefois, Callaway commence à répondre sur ce segment, et notamment avec l’offre Callaway Epic Flash Star, dont le poids des manches est descendu à 50 grammes.

Encore un point à relever, car il joue sur la vitesse de swing, les manches n’ont pas varié en longueur entre série XXIO 10 et XXIO 11, cependant, ils restent longs, et plus longs par rapport à la série X (eks) d’au moins un quart de inch par club.

Les résultats de mon test entre les deux séries

J’ai presque envie de vous écrire que les chiffres se suffisent à eux-mêmes, pour parfaitement décrire les réels écarts entre ces deux séries pourtant comparables.

En moyenne par club, du fer 6 au pitch, 1 degré de loft en moins équivaut pour moi à 3 degrés de loft dynamique en moins, signe que je vais beaucoup plus compresser la balle avec la nouvelle série.

Admettons qu’en deux ans de temps, j’ai encore amélioré mon swing pour relativiser un peu cet écart.

Il pourrait être plutôt de 2 degrés plutôt que 3… cependant, il y aura forcément un écart favorable à la série 11.

En revanche, le gramme de moins sur les nouveaux shafts a une influence insignifiante sur le résultat du test.

Entre la série XXIO 10, et la série XXIO 11, sans le faire volontairement, j’ai swingué légèrement moins vite au global des 5 clubs, 74 mph contre 76 mph.

Finalement, cela correspond bien à la réalité des clients ciblés par XXIO, puisque la marque imagine que son consommateur principal peut perdre quelques mph de vitesse de swing dans le temps. Je répète, je n’ai pas cherché spécifiquement à créer ce léger écart. Il se mesure d’ailleurs surtout sur 2 clubs, le 7 et le pitch. 

A la faveur du loft, et peut-être des autres arguments avancés par XXIO, il y a bien un gain de vitesse de balle, de la nouvelle série par rapport à l’ancienne.

C’est par exemple spectaculaire pour le fer 6, où je gagne plus de 5 mph de vitesse de balle !

Sans surprise, ce gain s’accompagne d’une contrepartie logique : Les trajectoires se tendent… L’angle de décollage descend de 3 degrés, et surtout l’angle d’atterrissage descend de 4 degrés.

Pour rappel, l’angle d’atterrissage idéal d’un fer 7 pour arrêter rapidement la balle sur un green est de 47 degrés. Il était déjà de seulement 45 degrés avec le modèle 10, cela descend à 43 degrés avec le 11.

Smash factor et efficacité des clubs de la série 11 pour générer plus de distance sont donc notablement supérieurs à la série 10, et pour chaque numéro de fer.

Cela s’explique encore en complément par un autre phénomène critique : Le taux de spin donné aux balles chute encore de 700 tours en moyenne par club.

Pour le fer 7, au lieu d’obtenir entre 5800 et 7000 tours avec un club de type lame MB, le taux de spin n’est que de 4500 tours, plutôt révélateur d’un fer 5.

Parce que je n’ai pas forcé la vitesse de swing (j’ai pour le coup joué sur la facilité du club), la distance totale ne progresse que de 4 à 5 mètres.

A swing constant, le gain aurait plutôt de 8 ou 9 mètres par club !

J’ai même obtenu 11 mètres de mieux avec le fer 6.

En swinguant notablement plus lentement le fer 7, j’ai tout de même gagné 7 mètres de plus.

Finalement, c’est logiquement sur les fers ouverts comme le 9 ou le pitch où les écarts sont les moins importants.

La roule moyenne augmente en moyenne de 2 mètres par club, et toujours sous l’effet combiné du spin, et de l’angle d’atterrissage.

Pour un golfeur senior en recherche d’augmentation de distance ou de réduction d’un éventuel effet du vieillissement, le gain est évident… cependant, il y a toujours un mais... un prix à payer.

Pour une fois, je ne vais pas vous parler de contrôle de profondeur, car c’est moins opportun.

J’imagine qu’un golfeur senior joue plus les distances avec la roule que le carry pour pitcher sa balle au drapeau…

Dans ce cas, le revers de la médaille est double : Les écarts entre chaque clubs augmentent, rendant plus difficile la précision de l’étalonnage, et autre fait notable, les écarts entre une bonne et une mauvaise balle augmentent aussi, ce qui complique aussi l’étalonnage de vos distances.

C’est le revers de la médaille logique de clubs de plus en plus performants !

Une meilleure balle va être encore meilleure, alors que n’importe quel golfeur, moi y compris, reste toujours capable de taper des mauvaises balles, très décentrées dans la face.

Entre la série 10 et la série 11, mon écart de performances entre bonnes et mauvaises balles a augmenté de 8 mètres en moyenne… Vous ne pourrez pas occulter ce paramètre.

Cela étant, pour chaque golfeur, il ne sera pas identique.

Si pour ma part, la configuration du club peut favoriser une grande vitesse de swing, à l’inverse, trop léger pour moi, je peux être moins précis.

Bilan du test

Autant quelquefois, je suis hésitant à vous inciter à changer de clubs, car les écarts ne le justifient pas, autant avec la série 11 par rapport à la série 10, si vous avez absolument besoin de mètres en plus, vous risquez bien de les trouver ici… Ce ne sera pas sans contrepartie sur votre précision. Soyez-en averti.

A titre personnel, je ne suis pas hyper fan de ces clubs. Si j’ai aimé le toucher de la version X, assez bluffant, je n’ai pas retrouvé ce plaisir, dans les mêmes proportions avec la série 11.

L’esthétique de la série est sobre, simple presque trop.

J’ai apprécié la prise en mains des grips, notamment à la base, plus large avec le système Weight Plus.

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