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Test fers TaylorMade M5

Test fers TaylorMade M5

Distance explosive, précision du contrôle… TaylorMade use de superlatifs pour vanter sa nouvelle série de fers M5. Des clubs « game improvment » destinés aux golfeurs qui ont besoin de tolérance et de distance, mais qui ne voudraient pas tout à fait renoncer au touché, en même temps qu’à une ligne plus sobre. Comme les nouveaux fers PING G410, il s’agit de plaire à des golfeurs autour de 15 d’index, et qui aimeraient passer sous la barre symbolique des 10 coups au-dessus du par. Quels bénéfices pouvez-vous espérer, et pour quelles contreparties ?

Les nouveaux arguments des fers TaylorMade M5

Comme évoqué dans le sujet de présentation ou l’interview de l’ingénieur Matt Bovee, les nouveaux fers M5 sont munis de la Speed Bridge, la nouvelle trouvaille de TaylorMade, pour à la fois améliorer le touché, le son, et la performance.

Avec les fers M5, il n’est pas seulement question de distance, de spin ou de hauteur de trajectoire. Cette série de fers veut se rapprocher des sensations d’une série de clubs généralement destinés aux très bons joueurs, comme par exemple des fers forgés.

Le principe Speed Bridge permet de réduire les vibrations à basse fréquence, notamment en faisant le lien entre la semelle et la topline du club, ce qui rigidifie l’ensemble de la tête.

Dans le même temps, le procédé dit Hybrar, un matériau placé dans la semelle diminue les vibrations de la face à l’impact avec la balle, pour que le contact paraisse finalement plus solide.

TaylorMade ne serait pas TaylorMade si ce club n’avait pas l’ambition d’améliorer vos performances.

La Speed Bridge a aussi pour fonction d’optimiser la Speed Pocket située sous la semelle pour délivrer plus de distance.

Cette rigidité de la tête n’a pas que pour fonction d’améliorer le son émis à l’impact. Cela doit aussi générer plus de vitesse de balle, en limitant les pertes d’énergies qui se produisent au contact avec la balle.

La demi-série de fers M5 testés

Pour cet essai, TaylorMade a eu l’amabilité de nous prêter une demi-série de fers M5 (4,6,8, et pitch) montés sur manches aciers en rigidité stiff, des True Temper XP100 S300.

Il s’agit d’un manche plutôt conventionnel sur le marché.

Pour un poids moyen de 107 grammes annoncé par le fabricant, vous pouvez espérer des trajectoires hautes en même temps qu’un niveau de spin plus élevé.

Trajectoires hautes et spin élevé, c’est justement ce qui favorise le contrôle de la profondeur avec un fer, notamment en limitant l’écart entre la tombée de balle, et la roule totale.

A la différence d’un driver, un fer d’approche, comme par exemple le fer 8 ou le fer 9, a pour objet de lever la balle, et de parcourir la distance vous séparant de la cible.

Cependant, il ne faut pas trop que la balle roule après le contact sur le green, sinon, cela favorise une imprécision, et en particulier, un putt plus long vers le drapeau.

Trop souvent, on juge les fers improvments sur les seuls gains de distances offerts par des fers présentant des lofts très fermés, sans regarder la contrepartie lié à la perte d’angle d’atterrissage et de spin.

Le test de la demi-série en comparaison des fers M1 et M6

Quels gains des M5 par rapport à la série de fers M1 lancés en 2017 ? En deux ans, comment évaluer la progression de cette catégorie de fers ?

Comment évaluer les M5 par rapport aux nouveaux M6 ?

Pour ces trois séries, j’ai eu justement l’opportunité de tester des fers 4,6,8 et pitch pour comparer les différences ou évolutions.

Premier constat, en deux ans, entre M1 et M5, TaylorMade a légèrement modifié les lofts, pour à nouveau les fermer, sauf sur le pitch.

La modification oscille entre 0,5 degrés et 1 degré plus les numéros baissent.

S’agissant du fer 4, le loft passe sous la barre des 20 degrés, on se rapproche d’un hybride 4.

Pour le fer 6, le loft de 26 degrés s’apparente en comparaison au loft d’un fer 5 traditionnel.

Ce changement sur les lofts a plusieurs impacts significatifs. Il contribue à augmenter la vitesse de balle sans que l’on puisse faire la part des choses entre Speed Pocket, Speed Bridge ou réduction du loft.

Cela joue aussi sur la baisse du spin donné à la balle, car pour justement générer du spin, il faut une face plutôt ouverte pour que le temps de friction de la face avec la balle augmente.

La fermeture des lofts a bien entendu aussi un effet sur la trajectoire de la balle, et notamment à la tendre tout en réduisant l’angle d’atterrissage, et donc le pouvoir stoppant conféré à la balle.

La précision du contrôle en prend généralement un « coup ».

Autre paramètre qui aurait pu passer inaperçu, la longueur des manches a aussi été sensiblement allongée par le fabricant.

Par exemple, pour le fer 4, le manche est passé de 38,25 inches à 39,25 inches. Cette augmentation peut favoriser une augmentation de la vitesse de swing, et en contrepartie, rendre le club légèrement moins maniable.

Loft plus fermé, manche plus long, les fers M5 ne sont pas si comparables aux fers M1, alors que pourtant ils en sont des « descendants », et dans la même catégorie.

Si on prend le fer 4, ce n’est pourtant pas en vitesse de swing ou en vitesse de balle que j’ai trouvé des changements significatifs.

Finalement, malgré le loft ou la longueur du manche, je n’ai pas obtenu de gains sensibles, ce qui tendrait à prouver qu’il y a une limite « physique ».

En revanche, la trajectoire s’est clairement tendue alors que le taux de spin donné à la balle a clairement dévissé.

Si l’angle de décollage a baissé d’un degré, l’angle d’atterrissage a considérablement baissé, et de près de 8 degrés.

En conséquence, pour une portée de balle identique entre le M1 et le M5, la roule de la balle a considérablement augmentée, soit près de 10 mètres supplémentaire.

Oui, le M5 est bien plus long que le M1, mais surtout à la faveur de la roule, d’autant que le spin a baissé de pratiquement 1000 tours.

Le nouveau fer 4 M5 est bien plus un fer 3.

Pour ma vitesse de swing, la distance générée est effectivement explosive ou comparable à celle d’un bon hybride.

J’ai encore assez de vitesse de swing pour exploiter un tel club sans trop perdre en maniabilité.

Si on regarde du côté du smash factor ou du degré d’efficacité, le M5 n’est pas réellement supérieur au M1.

Par contre, quand je regarde ma moyenne de dispersion en profondeur, elle a sensiblement augmenté par rapport au M1, passant de 15 mètres d’écarts entre la meilleure et la moins bonne balle, à 18 mètres.

Dans les deux cas, on ne peut pas dire que ce soit un club d’une extrême précision. En même temps, être précis avec un fer 4, c’est assez rare, même chez un très bon joueur.

Quand on compare M5 et M6, dans ce cas, le fer le plus large (M6) ne donne pas franchement de meilleurs résultats, et pourtant le loft est encore plus fermé pour le fer 4 (19 degrés).

La trajectoire est donc encore plus tendue, et le spin encore plus bas. Cependant, je commence à perdre en qualité de centrage de balle, et en efficacité, même si c’est encore très relatif (seulement 3 mètres d’écarts).

Entre M5 et M6, le poids du manche est assez similaire même si la rigidité annoncée par le fabricant diffère.

En vérité, le poids me paraît plus important dans les sensations. Stiff ou regular, c’est difficile à distinguer entre des manches qui pèsent tous les deux 107/108 grammes.

Ce n’est pas l’élément qui discrimine les performances du M5 par rapport au M6. Par contre, 10 grammes de plus entre M1 et M5 peuvent expliquer un léger avantage du M1 en vitesse de swing, et à par opposition, un petit avantage du M5 en smash factor donné à la balle.

Si je prends l’exemple du test du fer 6, je retrouve les grandes lignes du constat fait pour le fer 4.

La trajectoire se tend. Le spin baisse nettement. Un écart se fait sur la roule. Je gagne bien 8 mètres entre le nouveau M5 et l’ancien M1.

Le spin sous la barre des 4000 tours me fait penser à un fer 4 plus qu’à un fer 6.

La roule augmente (plus 5 mètres) autant que le contrôle de la profondeur baisse (moins 10 mètres).

Ce sera le revers de la médaille avec ces nouveaux fers. Il faudra être vraiment très régulier dans ses frappes sur le parcours pour ne pas avoir de mauvaises surprises sur les greens.

Commentaire valable pour beaucoup de clubs de la catégorie « game improvment ».

Entre M5 et M6, les gains de distances commencent à s’inverser au fur et à mesure où on augmente dans les numéros et les lofts.

Avec le fer 8 ou le pitch, l’écart de loft est plus marqué, et dans ce cas, le M6 commence à être plus long que le M5 à vitesse de swing identique.

Avec un fer 8, je n’ai toujours pas l’angle d’atterrissage d’un fer 7 classique (47 degrés)...alors que le spin est comparable à celui d’un fer 5 (près de 5000 tours).

Toujours en comparaison du M1, je trouve un gain de distance considérable (près de 8 mètres) mais seulement à la roule.

Bilan du test des fers M5

Pour le son et le touché, j’aurai tendance à confirmer la bonne impression liée à la Speed Bridge. Pour son look sobre et propre, le M5 est très séduisant. De ce point de vue, c’est l’un des clubs les mieux réussis par TaylorMade, notamment pour cette catégorie « Game Improvment ».

Taper un fer 4 à 190 mètres peut être extrêmement grisant. Le tour de force réussi par TaylorMade pour ce type de clubs est de vous proposer des lofts dynamiques et smash factor comparables à des très bons golfeurs, sans en être vraiment un soi-même.

La distance est donc bien au rendez-vous, mais pas forcément pour les raisons imaginées. Les lofts plus fermés ont eu un effet radical sur le spin, en chute libre.

Conséquence, la précision du contrôle n’est pas vraiment au rendez-vous. Cela peut paraître un détail mais pour chaque fer, le contrôle de profondeur est un peu moins bon en comparaison du M1 de 2017.

Entre M5 et M6, j’ai été surpris de ne pas trouver d’avantages d’écarts de performances.

En fait, il faut regarder dans le détail de la composition de la série pour voir, que sur les longs fers, il y a un avantage de distance pour le M5. Avantage qui se renverse en faveur du M6 sur les fers d’approches (8 au pitch).

Entre les deux séries, mon cœur balancerait plus pour le M5 versus le M6 pour le look plus sobre des têtes.

Au final, pour le golfeur, il y a un vrai choix à faire entre privilégier la distance absolue ou la précision du contrôle.

Si taper un fer 4 à des distances d’un hybride vous tente, le M5 répond tout à fait à la promesse.

Si taper un fer 8 avec une roule de près de 10 mètres vous effraie pour le contrôle de vos approches vers le green, mieux vaut éviter M5 et M6.

Pour la qualité du son et du touché, TaylorMade marque un point, en particulier pour les golfeurs entre 10 et 15 d’index qui hésiteraient encore à changer pour des lames cavity back.

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