Test des Fers TaylorMade SIM2 MAX

19 janvier 2021, TaylorMade dévoilait enfin ses nouveaux fers SIM2 Max, des clubs qui mettent en scène pour la première fois le nouveau dessin breveté « Cap Back » ainsi qu’une nouvelle évolution de son système antivibratoire. La marque de Carlsbad en Californie entend proposer aux golfeurs des performances inégalées par rapport aux clubs de la concurrence. Nous avons pu tester au Studio JeudeGolf plusieurs fers (4, 6, 8 et pitch) pour se forger un premier avis. Jusqu’où la marque est-elle prête à aller pour vous faire gagner de la distance ? Trop loin ?

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Cap Back Design : La clé pour débloquer plus de vitesse de balle et plus de distance ?

Depuis quelques années, TaylorMade met en avant une structure renforcée derrière la lame de ses fers destinés aux golfeurs en progression.

Jusqu’à présent, une barre traversait l’arrière des fers. C’était déjà le cas sur le séries de fers dites M.

Avec le nouveau dessin « Cap Back », visiblement les ingénieurs ont voulu accentuer le phénomène, et peut-être réglé du même coup un problème d’esthétique.

Ils se sont demandés « Qu’est-ce qui se passerait si on supportait la totalité de la topline de la pointe au talon, et pas seulement une petite partie ? »

TaylorMade affirme que pour développer la nouvelle construction, elle a fait taper des milliers de coups par des joueurs de tous niveaux, et ce, pour identifier les zones qui pouvaient générer les contacts les plus solides sur la face.

En analysant les résultats, les ingénieurs se sont focalisés sur le fait d’augmenter la taille du sweet spot, pour justement englober plus de bons coups, et notamment la surface où les golfeurs en ont le plus besoin.

La question du sweet spot porte toujours à confusion.

Dans la réalité, il s’agit par définition d’un tout petit point, presque minuscule sur la face d’un club de golf.

Augmenter la taille du sweet spot, c’est dans l’esprit un acte antinomique.

Les marques veulent en réalité augmenter le smash factor, y compris sur les coups décentrés.

Avec ce nouveau dessin à l’arrière de la face, cap back, TaylorMade estime donc avoir trouvé un moyen de libérer de la puissance supplémentaire.

La totalité de la cavité arrière a été solidifiée avec un polymère extrêmement léger, qui justement doit renforcer la topline, et apporter une rigidité supplémentaire, sur la partie supérieure de la face.

On imagine qu’ils ont mesurés plus de coups manqués ou tapés sur le haut de la face, et généralement par des golfeurs qui décentrent ou ne compressent pas assez.

Toujours de l’avis de la marque, cela fonctionne de pair avec la speed pocket, elle située sous la semelle, et qui doit favoriser une plus grande flexion de la face. Ce qui selon la marque favoriserait justement la création de vitesse de balle à l’impact.

Le bénéfice ne s’arrêterait pas là, puisque cette nouvelle construction permettrait d’augmenter le moment d’inertie du club, soit plus de stabilité à l’impact.

Cette stabilité accrue empêcherait le club de vriller à l’impact, pour taper plus souvent des coups… plus solides.

La marque n’oublie pas le moindre détail. Toutes ces améliorations ne vont pas sans une prise en compte des vibrations à l’impact. Le ECHO Damping system propre à TaylorMade, et qui permettrait de réduire les vibrations indésirables.

Bref, le résultat devrait être un fer plus tolérant, apportant plus de sensations, et plus de distance.

N’était-ce pas déjà la promesse des clubs de l’an passé ? Et surtout, quelle est la part de ses avancées technologiques par rapport à des lofts survitaminés, pour ne pas dire encore abaissés ?

Prise en main, premier contact

La marque nous a généreusement passé 4 fers de sa nouvelle gamme SIM2 Max (4, 6, 8 et pitch), tous montés sur des manches en acier, et de rigidité déclarée comme stiff.

Il s’agit d’ailleurs du manche standard pour 2021, le KBS MAX MT 85.

De prime abord, j’ai trouvé les clubs très faciles à manier, et bien qu’ils s’agissent de stiff.

Ce manche est relativement léger (moins de 100 grammes), et l’ensemble présentait un swing weight de D1, que j’ai d’ailleurs mesuré au studio, tout comme j’ai pesé tous les clubs, et mesurés les longueurs des manches.

Comparativement à la série SIM2 MAX OS, j’ai trouvé la série SIM2 Max un peu plus légère, ce qui a participé à cette réelle impression de maniabilité.

Autre sensation concrète, les balles partent vites et fort, et sans que j’aie eu à me mettre dans le rouge.

Franchement et objectivement, les clubs sont très faciles à manier. C’est plutôt agréable.

Cela étant, ces commentaires très flatteurs cachent des constats à ne surtout pas sous-estimer, et mon bilan final sera loin d’être aussi flatteur.

Ci-dessus, vous avez déjà une grande partie de la réponse avec deux paramètres clés : Les lofts encore abaissés, et les manches vraiment très/trop longs.

Quelle est la part des nouvelles technologies dans les performances supposées des SIM2 Max, et par rapport aux lofts abaissés à un tel niveau ?

Un fer 7 à 28,5 degrés seulement, la marque s’installe dans la zone rouge de danger.

Certes, ce n’est pas la première fois, mais là, on s’installe vraiment dans une situation qui pourrait bien s’avérer contre-productive.

La dispersion explose !

Ci-dessus, vous avez une synthèse de mon test, club par club, avec l’état de la dispersion latérale, et surtout en profondeur.

Le résultat est inquiétant.

Mis à part, le pitch pourtant abaissé à seulement 43,5 degrés de loft, les autres clubs produisent des trajectoires qui se chevauchent. Je peux pratiquement aller aussi loin avec le fer 8 qu’avec le fer 4 ! 

Pire, le fer 4 de seulement 19 degrés et long de 39,5 inches (et non pas 39,125 comme annoncé) risque d'être inutilisable pour 95% des golfeurs amateurs.

Le niveau de dispersion explose pour chaque club entre les balles les plus courtes, et les plus longues. Fer 6 ou fer 8, les distances peuvent se chevaucher.

Qui pourrait avoir envie de jouer avec une série qui produit de tels résultats ?

Alors, certes, dans un concours de distance chez TopGolf, si votre camarade joue un fer 7 normal, vous pourrez le surpasser avec un fer 7 SIM2 MAX.

En revanche, si vous avez l’intention de jouer sur le parcours, je crains que vous alliez aux devants de désillusions, sauf à prendre quelques précautions.

Un débutant peut-il bénéficier de ces clubs ?

Il faut vraiment privilégier la distance avec la roule, plutôt que le carry.

Quoi qu’il en soit, il est déconseillé de composer une série au-delà du fer 6, et quelque part, TaylorMade pousse à ajouter des clubs entre le pitch et le putter !

Avec un pitch à 43,5 degrés, il vous faudra des wedges à 48, 52, 56 et 60 degrés pour réellement compléter votre sac.

Les performances des fers SIM2 Max : La puissance quoi qu’il en coûte ?

Comment lire le tableau ?

Ce tableau résume les performances des fers SIM2 Max par rapport aux séries M5 et M6, toujours chez TaylorMade.

Il s'agit de séries dans des gammes comparables. 

Le ratio d’efficacité se calcule entre la distance produite, et l’énergie nécessaire (la vitesse de swing). Plus ce ratio est élevé, et plus cela signifie que le club offre de la puissance.

Du fait des lofts encore abaissés, le loft dynamique par club baisse, ce qui à l’avantage d’aider à impacter plus fort la balle (meilleure compression).

Sur cette série de test, on ne peut pas dire que j’ai appuyé à fond sur l’accélérateur. J’ai joué cool et à une vitesse de swing moyenne de 75/76 mph.

Le smash factor explose pourtant ! Une bonne chose ? 

Trop de Smash Factor ?

Le tableau ci-dessus exprime la comparaison du smash factor constaté pour les clubs de la série SIM2 Max, et le smash factor idéal à obtenir.

Si vous testez ces clubs, cela vous donnera l'indication des valeurs à rechercher.

Le fer 4 n’est pas assez efficace, sauf sur quelques balles correctement tapées, mais en moyenne, le club est trop fermé avec un manche trop long (pourtant standard). Ce club risque de vous coûter des coups !

A l’inverse, fer 6 et fer 8, les données de smash factor sont trop fortes !

S’agissant du pitch, la valeur ne m’inquiète pas particulièrement, toutefois, vous verrez plus loin que le club est loin de favoriser la précision, pour un gain de distance, qui dans ce cas, ne sert pas nécessairement.

Qu’est-ce que la marque a essayé de faire ?

(les angles sont exprimés en degrés, et le spin en nombre de rotations par minute)

En abaissant constamment les lofts des fers, les marques, et TaylorMade en particulier poursuit un but bien précis : Vous faire expérimenter d’une manière artificielle le type d’impact, de coup, que génère le plus souvent un golfeur professionnel.

C’est l’histoire du Canada Dry !

Le tableau ci-dessus explique les différences entre ce que produit cette série par rapport à l’idéal sur deux critères majeurs : L’angle de lancement, et le spin.

Sans être un excellent golfeur, effectivement, cette série va me permettre de lancer artificiellement sur un angle de lancement très tendu, et qui se rapproche de ce que produit un golfeur professionnel.

En revanche, cet artifice a un coût : Le spin s’effondre !

Pour tous les clubs, la valeur est pratiquement divisée par deux.

Comparativement aux M5, et M6, la véritable prouesse réussie par TaylorMade, c’est que le niveau de spin sur l'angle de lancement, qui définit l’optimisation du lancement reste à un niveau supérieur ou comparable aux précédentes séries comparables, et par exemple, M5 et M6.

C’est exactement cela qui décrit le travail des ingénieurs sur cette série : Contraindre la baisse du loft, tout en faisant tout son possible pour éviter que le spin ne s’effondre encore plus.

Si vous voulez voir le génie des ingénieurs, il est exactement dans cette valeur.

Cependant, ce n’est pas suffisant. La puissance gagnée sacrifie bien la précision !

Des balles sur une trajectoire très tendue

Ci-dessus, l’angle d’atterrissage produit par les clubs SIM2 Max sont beaucoup trop bas par rapport aux valeurs qu’il faut tendre à rechercher.

Résultat, la roule est très importante.

Imaginez attaquer un green à 130 mètres au fer 8, et la balle sortir du green !

Avec un angle de descente de seulement 40 degrés, la trajectoire va être trop tendue pour ce type de club. Et pour un golfeur qui swingue moins vite ? Ce sera pire. La trajectoire va être encore plus tendue.

Si vous choisissez ce type de club, c’est que votre préoccupation n’est pas de faire des approches en vous basant sur le carry, mais vous espérez que vos balles vont venir s’arrêter au trou, après la roule. Ce sera alors la bonne façon de faire.

Analyse clubs par clubs

Le fer 4

Les trajectoires paraissent incontrôlées avec une dispersion très importante.

Certes, il y a de très bons coups avec un carry qui peut flirter les 180 mètres, mais il y a aussi très facilement des coups ratés à seulement 120 mètres. Il faudra une concentration extrême pour tirer le meilleur parti de ce loft trop bas, et d’un manche trop long.

Pour optimiser la trajectoire de balle, et malgré des coups plutôt centrés dans la face, la vitesse de balle n’est finalement pas suffisante, le taux de spin trop bas, et la hauteur de balle trop basse.

Le fer 6

Ces clubs SIM2 Max présentent beaucoup d’offsets, ce qui va convenir aux sliceurs pour corriger une face trop ouverte sur un chemin de club extérieur-intérieur.

A l’inverse, pour un golfeur qui joue en draw, cela va favoriser trop de trajectoires bord gauche du fairway. On peut voir ici à l’impact que mon « club path » est supérieur à la « swing direction » de 4,5 degrés versus 2,2 degrés. Le club est une partie de l’explication.

Comme pour le fer 4, je note un très grand écart entre les moins bonnes, et les meilleures balles, et près de 50 mètres !

Toujours selon l’optimizer de Trackman, pour une vitesse de balle très élevée, l’angle de lancement est trop bas, le spin trop diminué, et la hauteur de balle insuffisante.

Le Fer 8

Avec le fer 8, il faudrait espérer plus de précision. On se retrouve avec des résultats qui sont plus pénalisants pour un club d’approche.

En réalité, la meilleure solution pour contrôler ces clubs serait bien de jouer en fade ou slice contrôlé, ce qui permettrait d’augmenter le spin, la hauteur de balle, mais aurait pour conséquence d’enlever du gain de distance…

Pour un fer 8, la vitesse de balle est trop forte, alors que les autres paramètres du contrôle de trajectoire sont trop faibles.

Le pitch

En moyenne, sans taper des coups à une vitesse folle (vitesse de swing de seulement 65 mph), il faut 8 mètres à la balle pour s’arrêter entre le point de chute, et le point d’arrêt !

Le club s’appelle « pitch » ! On veut pitcher la balle, et dans ce cas, ce n’est pas suffisant.

Comme pour les autres clubs, la distance est artificielle. Elle est produite par une vitesse de balle excessive, et des paramètres de contrôles de trajectoires qui sont effondrés.

Points forts/points faibles

Ce tableau résume l’avantage/inconvénient du fer SIM2 MAX par rapport aux clubs M5 et M6, toujours chez TaylorMade.

Indiscutablement, le fer 6 comme les autres numéros est très efficace pour générer de la distance !

En revanche, l’imprécision augmente de beaucoup !

27 mètres d’écarts dans mon test entre la moins bonne, et la meilleure balle, soit une marge d’erreur de pratiquement « 3 clubs » Comment voulez-vous prévoir vos choix de clubs sur le parcours ?

Les trajectoires sont trop tendues.

Le prix à payer pour plus de distance est très élevé.

Bilan J’achète/J’achète pas ?

Je n’achète pas, et j’aurai du mal à conseiller cette série sans des précautions d'emplois.

Certes, dans un magasin ou à l’occasion d’un fitting, si vous n’essayez que le fer 7, et ne focalisez que sur la distance totale, vous ne verrez pas les inconvénients.

Oui, vous pourriez gagner de la distance, mais alors seulement cela, et au prix d’une imprécision vraiment grandissante.

Oui, les clubs sont maniables, et il est facile de lancer loin.

Non, le contrôle des distances et la précision n’y sont pas sur plusieurs frappes consécutives.

Quels golfeurs pourraient néanmoins être intéressés par ces clubs ?

Des débutants qui ne se préoccuperaient pas encore du contrôle. Des seniors avec une très faible vitesse de swing, mais à condition de ne pas aller au-delà du fer 6, et d’emmener quelques wedges en plus.

Pour compenser la hauteur de balle trop basse, le spin trop faible, et les angles trop tendus, il faut absolument privilégier des trajectoires en fade ou slice contrôlé, ce qui permettra d’atténuer la tendance à l’imprécision.

Autre possibilité, au moment du fitting, chercher un shaft qui contre, et permette d'augmenter la hauteur de balle...si c'est possible.

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