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Test fers Mizuno MP-18 MMC

Pour 2017-2018, Mizuno a recentré son offre de fers autour de trois séries MP-18, des lames déclinées en MMC, SC (pour Cavity Back) et MB (MuscleBack). Chaque version correspond à une épaisseur de semelle et un angle d’ouverture des lofts distincts, afin de proposer à des bons joueurs, toutes les possibilités de configurations d’une série. Concrètement, comment opère la version la plus abordable, la MMC ? Série MP qui est le plus à la croisée des chemins entre conservatisme d’un point de vue de l’esthétisme, et une construction multi-matériau avec notamment l’ajout de tungstène en pointe pour augmenter la puissance à l’impact…

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Les Fers Mizuno MP-18 MMC testés

Pour cet essai, Mizuno nous a proposé trois fers MP-18 MMC 4, 7 et pitch. Des têtes montées sur des manches Modus Tour 120 de 114 grammes en acier stiff, pour une configuration plutôt typée swing rapide.

Les MP-18 se déclinent en trois versions. La version MMC est la plus abordable des trois avec par exemple, le loft du fer 7 à 32 degrés de loft contre 34 pour la version SC ou MB.

On pourrait « ranger » cette série dans la catégorie des fers « player » forgés mais tolérants pour des golfeurs qui veulent se faire plaisir, sans pour autant aller jusqu’à utiliser de véritables lames.

La nouvelle offre de Mizuno pour 2017-2018 tourne complètement autour de l’idée d’un fitting ultra-personnalisé.

Choix de la tête, du lie, du loft, choix du manche… pour satisfaire une clientèle plutôt resserrée autour du noyau historique de la marque, les amateurs de fers forgés.

C’est à la fois le constat d’une difficulté pour aller chercher des joueurs en dehors de son périmètre naturel (les débutants, les séniors, et les golfeurs d’index supérieurs à 20), et le besoin de se recentrer sur ses points forts.

Finalement un repli mais aussi un choix assumé pour ne pas s’éparpiller.

Au catalogue, la MMC devient donc la lame la plus abordable de l’offre Mizuno, une sorte d’entrée en matière avant d’éventuellement se porter sur une CB (Cavity back) ou une MB (Muscle Back), des versions qui demandent encore plus de capacité à centrer la balle dans la face régulièrement, qui ne pardonnent aucun mauvais coup, tout en demandant de la vitesse de swing…

Les principaux chiffres pour établir notre analyse et évaluer la performance d’un club

La distance totale n’est pas un élément suffisant pour juger de la réelle performance d’un club de golf.

Il faut prendre en compte principalement les paramètres que sont la vitesse de swing, la vitesse de balle, l’angle de lancement, et le taux de spin donné à la balle.

Nous ajoutons en plus le smash factor qui est le ratio entre la vitesse de swing et la vitesse de balle, ce qui traduit l’optimisation du set-up club/joueur.

Nous allons plus loin avec le degré d’efficacité qui est un ratio que nous avons créé, entre la vitesse de swing, et la distance produite au carry. Cela résume l’énergie déployée pour produire une distance.

Et enfin, nous utilisons en plus le ratio spin sur angle de lancement, qui traduit la performance balistique d’un club.

Le bénéfice d’utiliser des ratios permet de neutraliser des effets extérieurs comme les variations de vitesses de swings entre plusieurs essais.

Ainsi, nous estimons que nous pouvons passer derrière le discours marketing, pour distinguer ce qui est de la performance du « blabla », et pour quelles raisons.

Les données pour 3 testeurs avec les fers Mizuno MP-18 MMC

Pour ce test, nous vous proposons les résultats de trois testeurs qui ont chacun tapé plusieurs dizaines de balles avec chaque club, afin de conserver des données exploitables pour dessiner des tendances de performances.

Trois testeurs dont Jean, un senior de 69 ans, moi en qualité de simple amateur, et le pro, Xavier Bretin, sans doute le « profil » le plus enclin à jouer ce type de clubs.

il faut admettre que le testeur senior avec une vitesse lente n’a pas vraiment le profil adapté pour ces clubs, même pour du forgé tolérant.

Sur des clubs « player », le niveau de jeu ou capacité à centrer la balle régulièrement se distingue très rapidement entre les différents testeurs.

Pour un senior

Sans trop s’attarder sur le profil de Jean, senior de 69 ans, plus habitué à jouer des clubs plus tolérants, des clubs pour lever plus rapidement la balle, sans faire de mystère, le test n’a pas été du tout concluant.

Ci-dessus un résumé des tests de fers 4,7 et pitch pour Jean où on peut voir le net avantage du graphite, plus léger couplé à des têtes plus fermées, pour obtenir plus de smash factor et d’efficacité, pour au final, générer plus de distance.

Le test des fers Mizuno en version acier stiff est rédhibitoire. C’est pourtant la version qui risque d’être la plus vendue par Mizuno par rapport au profil des golfeurs intéressés.

Sur un fer 4 en graphite, Jean peut généralement ambitionner une distance de 104 mètres en moyenne.

Avec un fer acier, il descend à 75 mètres, et avec le Mizuno MP-18 MMC, il descend encore à 66 mètres, signe de la difficulté à centrer la balle, et à accélérer le club dans la zone d’impact.

60 mph de vitesse de swing semble bien insuffisant pour espérer tirer parti d’un tel club.

Sur le graphique ci-dessus, extrait du Trackman 4, on peut voir une grande irrégularité dans les distances, et surtout la qualité des frappes.

Pendant l’essai, Jean a franchement ressenti la difficulté posée par ces clubs, et notamment le poids de l’ensemble tête/shaft, qui a accentué son manque de rotation pour créer de la vitesse, et parfaitement centrer la balle.

Pour un amateur à vitesse de swing relativement rapide

Pour ma part, deuxième testeur, en comparaison d’autres fers sur manches aciers, je ne suis pas encore assez efficace avec les MMC.

Effectivement, si on compare des fers dont le loft du fer 7 est de 32 degrés contre des fers Improvment avec un loft de fer 7 à 30 degrés, c’est plutôt déloyal sur l’aspect distance.

C’est pourquoi je vous propose ci-dessous une comparaison avec des clubs équivalents (fers 7).

Dans ce cas de figure, je ne détecte pas de dysfonctionnements avec la MP-18 MMC.

Je prends comme référence le fer 7, et dans ce cas, j’obtiens des données cohérentes que ce soit pour la vitesse de balle, les angles de lancements ou d’atterrissages.

La trajectoire de balle est bien conforme à ce que l’on peut espérer d’un club forgé, pas plus, pas moins.

A la rigueur, on peut dire de la MP-18 MMC qu’elle ne sort pas du lot.

Le seul élément qui m’a surpris est un niveau de spin un peu plus bas que la moyenne des autres fers de sa catégorie, ce qui se retrouve dans une roule légèrement plus élevée.

Ayant testé les autres fers MP-18 de Mizuno le même jour, j’ai aussi constaté que la MMC se montre légèrement moins précise que la version Cavity Back, qui elle propose un taux de spin plus élevé, et une meilleure consistance.

Finalement, je m’attendais à un peu mieux concernant cette série bien qu’esthétiquement, elle soit particulièrement réussie, et donne envie de se laisser tenter.

A titre de comparaison, l’équivalent Srixon présente une semelle plus large, et donc plus de tolérance. La TaylorMade P790 triche sur le niveau de loft plus fermé, ce qui explique son niveau de smash factor supérieur.

La MMC ne démérite pas, mais dans un test comparatif avec la version Cavity Back, je me suis finalement rendu compte que la MP-18 SC est en fait le meilleur choix possible chez Mizuno pour les golfeurs qui ne peuvent pas encore jouer des lames MB, mais seraient tenter de le faire…

Dans un prochain article, vous verrez que la MP-18 SC est en fait la vraie belle surprise de Mizuno, car elle apporte plus de contrôle de profondeur, de consistance, sans perdre notablement en distance versus cette MP-18 MMC.

Ci-dessous, un écran qui synthétise des frappes au fer 4 avec la SC. On peut voir moins de dispersion alors que la façons de taper a été assez identique entre MMC et SC (voir la direction du swing, le chemin du club, ou l’angle de la face dans les données issues du Trackman).

Sur le graphique précédent, plus haut (en blanc), dans le même exercice, la MMC a laissé passer plus de dispersion pour une différence de distance marginale (+3 mètres).

Autre fait à noter, plus vraiment l’habitude de tester ou de jouer un pitch ouvert à 46 degrés, pourtant, ce n’est pas une mauvaise idée.

Le crantage de distance est du coup plus logique par rapport au premier wedge à mettre dans un sac de golf.

Trop souvent, le revers de la médaille de séries avec des lofts très fermés consiste à nous proposer des pitch à 44 degrés alors qu’un premier wedge sera à 52 degrés, voire à 50.

Dans mon cas, je n’atteins plus une moyenne de 100 mètres de distance au pitch avec un 46 degrés, mais je pourrais plus facilement organiser la composition de mon sac à moins de 100 mètres avec par exemple des wedges à 51, 56 et 60 degrés.

Sans mesure, on ne se rend pas toujours compte que l’on ne crée pas assez d’espacements entre les wedges.

Un pitch à 44 degrés vous oblige à ajouter un 48 degrés, et à trouver des solutions pour que le dernier soit au moins un 60 degrés.

Souvent avec des séries fermées, vous avez un écart de lofts de 19 à 44 degrés entre le fer 3 et le pitch, alors que vous n’avez plus que 2 ou 3 clubs pour occuper la zone de score la plus importante, de 44 à 60 degrés, qui correspond au jeu à moins de 100 mètres.

Pour un pro

Le pro est très nettement celui qui obtient les meilleurs résultats avec les fers MP-18. C’est aussi le plus révélateur du véritable crantage des clubs entre MMC, SC (CB) et MB.

On distingue clairement le rendement de chaque lame. Il décroit de la MMC à la MB du fait du rétrécissement des semelles, et surtout de l’augmentation des lofts.

Si l’écart entre la cavity back et la muscle back est réduit, ce qui créé les conditions d’un débat, avec la version MMC, effectivement, Xavier obtient le plus de tolérance et d’efficacité.

Cela se retrouve dans les distances produites puisqu’avec un fer 4 MMC.

Il envoie la balle en moyenne à 195 mètres contre 191 mètres pour la version SC, et 184 mètres en version MB.

A vitesse de swing équivalente, la vitesse de balle décroit nettement avec la MB (117 mph) par rapport à la MMC (124 mph).

C’est plus marqué sur un long fer comme le fer 4 que sur un fer d’approche comme le fer 7.

Logiquement, comme le loft est plus fermé avec le MMC, la trajectoire est plus tendue. Il y a même un écart de près de 2 degrés d’angle de lancement entre MMC et MB.

Le crantage est parfaitement logique entre les 3 lames Mizuno. Si la SC et la MB présentent le même loft, c’est alors la semelle, et la cavité qui créent des différences minimes de trajectoires.

Alors que dans mon cas, je créé des différences de niveau de spin entre les trois versions de fers Mizuno, ce n’est pas le cas du pro Xavier Bretin, qui génère sensiblement le même spin avec chacun des clubs Mizuno.

L’avis de Xavier : « Un très beau club ! Le Modus est un excellent shaft qui me procure un vrai contrôle de la tête de club. J’ai bien plus l’impression de swinguer le manche que la tête ! Les frappes sont relativement puissantes. J’ai constaté que le loft dynamique était très faible pour ce type de club, ce qui traduit des lofts plutôt fermés. »

Dans les faits, en comparaison à d’autres fers forgés tolérants, Xavier a été un peu moins loin avec la MP-18 MMC.

En réalité, le loft à 32 degrés pour le fer 7 joue un rôle dans ce résultat de distance légèrement plus bas avec la MMC, par rapport à une Cobra King Forged Tec ou une Srixon Z545, alors que le spin reste sensiblement identique.

Par contre, le contrôle de profondeur et la précision (écart de profondeur entre les meilleurs, et les moins bons coups) semblent plus performants avec la lame Mizuno.

Bilan du test des fers Mizuno MP-18 MMC

Nos tests sont une « photographie à un moment donné, et avec des configurations figées », qui peuvent être remis en cause par un fitting, ou un changement de set-up au niveau des clubs.

La plus abordable des lames Mizuno reste compliquée à conseiller à des golfeurs à faible vitesse de swing.

En plus de la vitesse de swing, il faut aussi une très bonne capacité à centrer régulièrement la balle dans la face pour pleinement apprécier ce type de clubs.

Assurément l’une des plus belles séries de l’année, la MP-18 MMC délivre des frappes puissantes pour du forgé tolérant.

En performance pure, et en comparaison à des clubs du même segment, la MP-18 MMC ne se détache pas vraiment. Elle est dans la bonne moyenne.

Le véritable plus de Mizuno consiste à pouvoir fabriquer une série complètement combo en mélangeant des têtes MMC, SC ou même MB selon les besoins.

Mizuno prend complètement le virage du fitting, et propose toutes les solutions pour qu’un golfeur fan de lames puisse se faire plaisir.

Ceci étant, la véritable surprise de ce test, c’est de trouver la version SC à la croisée des chemins.

C’est sans doute la meilleure des solutions, et celle qui nous a le plus bluffé pour un club pourtant réputé délicat.

A titre de comparaison, la MMC est nettement moins précise, et notamment sur le contrôle de la profondeur, ou la consistance des coups.

Finalement, à choisir, le forgé tolérant de Mizuno n’est pas forcément le plus convaincant, autant aller rapidement sur une Cavity Back, quitte à mettre un fer 3 ou 4 MMC dans le sac…

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