Test des fers Honma TR20B

La marque japonaise HONMA est rarement avare en nouveaux produits, et en particulier pour les fers. Au total de son catalogue, on peut retrouver jusqu’à 24 versions différentes. Il y a largement de quoi s’y perdre, et ne plus vraiment comprendre la série qui pourrait nous être adaptée. A l’occasion du passage de Morgan Provot, responsable commercial de la marque en France, nous avons pu tester plusieurs modèles dont le TR20B, une lame Muscle Back destinée aux bons joueurs, ou tout du moins, à ceux qui veulent minimiser l’offset et augmenter le loft.

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D’abord annoncé au PGA Merchandise Show 2020 puis mis sur le marché en août dernier, la nouvelle gamme « Tour release » devait marquer les nouvelles ambitions de la marque Japonaise.

A l’origine, la marque espérait s’appuyer sur l’ancien numéro un mondial Justin Rose pour faire la promotion de cette gamme de clubs. Mis devant le fait accompli par le joueur qui subitement a créé les conditions de sa rupture de contrat, Honma a sans doute pâti de cet événement pour réaliser sa campagne de communication, et surtout crédibiliser son offre auprès des meilleurs joueurs.

Il n’en demeure pas moins que les séries TR sont esthétiquement très réussies, et auraient mérité une meilleure exposition, à commencer par JeudeGolf. Avec ce premier article, il convient de rattraper notre retard de diffusion concernant ces clubs.

En plus du TR20B, Honma propose donc le TR20V et le TR20P. Au moment de recevoir Morgan Provot au studio, ce dernier nous a permis d’essayer en plus le TR21X et le XP-1.

S’agissant du TR20B, B pour Blade, il s’agit d’un club forgé dans une seule pièce ou billet d’acier (S20C) dans le but de créer un toucher dit « premium » et surtout la possibilité de maximiser le contrôle de balle.

C’est d’ailleurs souvent mal perçu par les golfeurs, mais les lames sont bien les clubs qui permettent le plus facilement la création de différentes trajectoires de balles.

Les golfeurs professionnels ne les plébiscitent pas seulement pour chercher la difficulté maximum ou une forme de vantardise.

Au contraire, une lame qui présente moins d’offset (correction du chemin de club pour lutter contre le slice) et plus de loft va offrir la possibilité de donner plus de spin, et en même temps, la possibilité de faire plus de fade, et si, c’est le but recherché.

Pour Chris McGinley, en charge de la production des clubs Honma, cette série avait toute sa place dans l’offre de la marque « Avec la série TR20B, les golfeurs qui ont le plus d’aptitudes vont pouvoir s’appuyer sur ces clubs pour chercher précision, et un toucher pure. Ce n’est pas juste une lame de plus ! Non seulement, c’est un club performant, mais en plus il est beau »

Effectivement, le fer 7 que Morgan nous a passé est esthétiquement très réussi !

La marque Japonaise a su aborder la conception de cette lame en inspirant à la fois la sobriété et l’élégance.

Clairement, au moment de la conception, les ingénieurs ont voulu marier un dessin de lame traditionnel, avec une conception moderne de la topline ou de la semelle.

Fait marquant concernant cette lame, justement cette topline très rectiligne de la base du hosel jusqu’à la pointe. Clairement un dessin qui privilégie les consommateurs occidentaux plutôt que le marché asiatique, où finalement Honma ne réalise pas des parts de marchés exceptionnelles, et jusqu’à présent.

Honma, c’est finalement toujours une marque nippone qui espère surtout trouver la reconnaissance en Amérique ou en Europe.

Comme beaucoup d’autres marques, Honma épouse la mode du COMBO, et c’est pourquoi la TR20B s’accompagne de séries « sœurs » comme la TR20V ou la TR20P, ce qui va permettre aux joueurs de composer leurs séries du fer 3 au fer 10…

Effectivement, Honma tend à populariser le fer 10 plutôt que l’appellation Pitch.

Au catalogue, la marque propose ce TR20B monté d’origine avec un manche Nippon Modus3 120S, soit un manche plutôt lourd, et pour des trajectoires intermédiaires.

Avec un loft de fer 7 à 34, la marque ne joue clairement pas la carte du loft-jacking pour faire croire que son fer 7 est un fer 8 !

Idem, pas de tricherie apparente sur la longueur des manches… Bref, des caractéristiques de clubs tout à fait cohérentes pour une série de fers, et bien entendu un avantage… Il s’agit de clubs forgés qui peuvent être facilement ajustés en loft ou en lie.

C’est un point à ne pas minorer. Bien souvent, les amateurs achètent des clubs moulés sans penser qu’ils bénéficieraient de pouvoir adapter les lofts et surtout les lies.

Attention aux fausses séries dites forgées, et sur lesquelles, seules les faces sont en réalité forgées, comme par exemple la Cobra King Forged Tec. Dans ce cas, impossible de modifier le loft ou le lie sans risque de casser la tête !

Dans le cas de la TR20B, ce n’est pas un sujet ! Cette série est donc comme beaucoup de ses concurrentes tout à fait adaptée à un joueur sensible à ces questions de loft, lie, et d’offset peu prononcés.

C’est d’ailleurs bien plus une question de connaissance du matériel, et de ce que l’on veut en faire qu’une histoire d’index.

A en juger par le prix affiché par le site asiatique TourSpecGolf, une série de 7 clubs coûterait légèrement au-dessus de 1000 euros, soit aux alentours de 155 euros le fer.

Honma nous a habitué à proposer des clubs parfois plus chers. C’est donc relativement raisonnable compte tenu du marché actuel, et du positionnement premium que la marque entend conserver.

Sur Internet, le seul site européen qui semble proposer cette série reste Golfbidder avec un prix de 1462 euros les 7 clubs (état neuf). Toutefois, ce site est en proie aux problématiques de Brexit, et de difficultés d’expéditions vers le vieux-continent.

Le test au studio par Laurent

Morgan m’a passé un fer 7 TR20B pour que je puisse découvrir le toucher et la performance du club. Monté sur un manche acier stiff Nippon Shaft Modus 3 Tour 120, un manche que je connais bien, je n’ai pas eu de difficulté pour centrer les balles dans la face, et ainsi obtenir un excellent rendement.

Pour une vitesse de swing proche de ma moyenne habituelle (entre 75 et 80 mph selon les manches, poids et longueurs), j’ai produit un smash factor de 1.36 fois la vitesse de mon swing.

Les balles ont toutes été jouées plutôt en draw ou hook, en raison d’un lie non ajusté à mon swing (lie du club en standard à 62,5 degrés alors que j’ai placé le club à l’impact autour de 59 degrés) le plus souvent très horizontal.

Avec un ajustement du lie, je ne doute pas que j’aurai pu nettement redresser la trajectoire des balles vers l’axe du fairway.

Je note au passage que mon angle d’attaque pendant ce test était trop tangentiel, et donc susceptible de me laisser fermer la face à l’impact.

C’est une des raisons qui explique les balles à gauche. Ce point est à prendre en compte car il peut expliquer pourquoi le smash factor est plus élevé.

Si vous avez l’occasion de tester cette série, surveillez le « face angle » en comparaison du smash factor.

Pour une lame, ce smash factor m’a donc positivement surpris (alors que je pourrais accepter de descendre à 1.32 ou 1.33 pour un fer 7).

Ce smash factor supérieur s’accompagne d’ailleurs d’un autre bénéfice appréciable : La hauteur de trajectoire.

Avec un angle d’atterrissage de 46 degrés, je suis très proche de la valeur idéale pour arrêter rapidement la balle sur un green.

Il ne me manque que de donner plus de spin à la balle pour réduire l’écart entre la distance totale (146 mètres) et la distance au carry (137 mètres).

Si j’avais joué volontairement en fade, j’aurai sans doute fait baisser le smash factor, mais encore augmenté la hauteur de trajectoire, et le pouvoir stoppant donné à la balle. On retrouve bien là les avantages d’une lame.

Au cours de ce test, j’ai manqué de spin donné à la balle. Sur ce point, le loft n’est pas en cause (pour un loft statique de 34 degrés, j’ai donné un loft dynamique cohérent de 28 degrés). En réalité, je ne swingue pas assez vite pour augmenter ce taux de spin au-delà de 5000 tours. A cela, un autre manche avec un torque plus bas aurait pu m’aider.

C’est l’un des points clés que vous devrez vérifier si jamais vous vous laissez tenter par cette jolie série.

Comparativement aux autres clubs TR que j’ai testé, au carry, la TR20B donne en moyenne les distances les moins longues, et pardonnent moins sur les coups décentrés.

En résumé : Quel sera le lie le plus adapté à votre swing ? Vous pourrez le faire ajuster. Quel sera le bon manche pour maximiser à la fois distance, et surtout hauteur de trajectoire ?

Avec ce type de club, la hauteur de trajectoire est un paramètre bien plus important que la distance totale.

Pour finir, je suis plutôt séduit par ce beau club aux performances tout à fait convenables (pas de révolution, c’est une lame). Le choix du manche sera le point clé, notamment pour ajouter du spin et de la hauteur de balle.

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