Test des fers Cleveland Launcher UHX par 4 amateurs

A la suite du précédent article consacré à la nouvelle série Cleveland Launcher UHX, je vous propose de découvrir la synthèse du test de quatre amateurs masculins aux profils variés, d’index 4 à au-dessus de 20, de 35 à 65 ans et plus. Ce test a été réalisé en indoor au studio JeudeGolf, avec des balles Premium et le Trackman 4 comme juge de paix. Annoncée à moins de 600 euros les 5 clubs, est-ce que la série UHX vaut le coût ?

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L’équipe de testeurs : Des abonnés de JeudeGolf.org

En faisant appel en complément de mon propre test à Jacques, Alexis et Luc, j’essaie de ne pas perdre de vue que le site s’adresse à des golfeurs, et des golfeuses au niveau amateur, et pas des professionnels qui tapent des drives à 350 mètres.

Bien entendu, ils sont bienvenus en qualité de lecteurs ou de consultants, mais ne sont pas la majorité et représentatif des attentes de tous les golfeurs de 7 à 77 ans, de 0 à 54 d’index.

La contrepartie de cette organisation plus enrichissante pour le lecteur est le temps de traitement qu’il me faut pour compiler toutes les données, et surtout quand il s’agit d’un test complet de 5 clubs d’une même série.

Je m’excuse donc auprès de vous pour mettre du temps à rédiger ces articles.

Alexis (40 ans) est un amateur qui privilégie souvent les fers aux départs des trous, se sentant en difficulté pour contrôler les trajectoires de ses bois.

Athlétique, il délivre une vitesse de swing très rapide, supérieure à 85 mp/h (136 km/h) avec un fer 7.

Cependant, cette vitesse ne le prémunit pas de fautes de trajectoires, et de balles perdues de temps à autre. Il oscille entre 18 et 20 d’index.

Jacques, 67 ans, parmi les premiers abonnés du site, a récemment rejoint l’équipe des testeurs.

Classé 5 d’index, il est le mieux classé de notre « équipe », et délivre une vitesse de swing élevée, autour de 82 mp/h avec un fer 7 (131 km/h).

Luc (60 ans), passionné de matériel de golf, joue beaucoup de compétitions seniors.

Il n’hésite pas à changer régulièrement de clubs, sans être attaché à une marque.

Il est toujours à l’affût d’un club qui lui permettra d’améliorer son score. Il est sensible aux gains de distance, alors que sa vitesse de swing est autour de 65 mp/h (104 km/h) avec un fer 7.

Luc oscille entre 18 et 24 coups au-dessus du par.

Je complète l’équipe de testeurs avec une moyenne de vitesse de swing, qui peut varier entre 80 et 85 mp/h (128 km/h à 136 km/h), toujours avec un fer 7.

Pour ce test, vous aurez donc principalement le résultat de 4 vitesses de swings de 65 à 80 mp/h, et plutôt dans la cible de cette série, qui classée « Improvment » est relativement classique, et avec des lofts très raisonnables, par rapport aux nouveautés 2020, qui dans certains cas poussent le bouchon trop loin.

Si vous avez l’occasion de tester des clubs, et notamment des clubs aux lofts très fermés, et avec des manches allongés, n’oubliez pas de vérifier la dispersion…

Dernière précision : Ne manquez pas l’opportunité de venir tester tous les clubs 2020 à l’occasion de notre événement MyGolfTest Démo Days du 16 au 17 mars prochain, au Golf Club de Lyon, de 10 à 17h.

Callaway, Titleist, Mizuno, Cleveland, XXIO, Srixon, Honma, Cobra, Scott ont déjà confirmé leur participation.

Les clubs Cleveland UHX testés

Pour cet essai, Cleveland nous a gentiment mis à disposition des clubs du fer 6 au pitch. 

Ayant récemment équipé le studio d’une échelle à swingweight, je peux dorénavant, non pas afficher le swingweight déclaré par les marques, mais le vérifier pour chaque club, de même que peser les clubs.

Je trouve un swingweight (équilibre du club) en D2 pour tous les numéros.

Vous retrouverez toutes les informations utiles dans le tableau ci-dessus, et notamment les lofts qui, pour des clubs improvments, sont raisonnables.

Les résultats des quatre testeurs

Ce tableau résume les principales données enregistrées avec le Trackman 4 utilisé en studio, pour les 5 fers utilisés, et toujours avec le même type de balles (Srixon Z-Star).

Il est classé par niveau d’index des testeurs, partant de Jacques le mieux classé, à Luc, plus de 20 d’index.

Comme vous pourrez le constater, Alexis se retrouve derrière moi, mais frappe beaucoup plus fort, ce qui met encore en lumière l’inadéquation des grilles de lectures ou choix de clubs, en prenant seulement en compte l’index général d’un joueur, et non pas, par exemple, le niveau réel de jeu dans le compartiment spécifique des approches, et donc du jeu de fers.

Ce tableau découpe les résultats par clubs et par golfeurs, selon la tête, le manche, les vitesses, les trajectoires, les ratios de performances, les distances, le spin, la roule, et ce que j’appelle la tolérance qui est en fait la différence de distance entre la moins bonne et la meilleure balle.

Si on s’arrête aux moyennes par testeurs, ligne bleue, ce qui n’est pas normalement révélateur pour un club, on peut seulement bien constater qu’en moyenne, pour des clubs identiques, les trois testeurs ont obtenu des résultats bien différents.

Pour résumer, et sans vous noyer dans trop de détails, le premier élément à vous illustrer est le relativement bon niveau de smash factor avec le fer 7, et pour les 4 profils.

Le premier enseignement de ce test, c’est que globalement tous les joueurs trouvent facilement du rendement, et quel que soit le profil. Nous avons vu que ce n’est pas nécessairement le cas avec des fers plus pointus, comme des lames Mizuno MP.

Deuxième point positif, pour une série Improvment, les trajectoires de balles ne sont pas trop tendues, ce qui est souvent le revers de la médaille. Par conséquent, le contrôle de profondeur n’est pas « débile ». Il est certes moins performant qu’une lame, mais ce n’est pas exagéré, et injouable pour un bon joueur.

Finalement, en devançant un peu ma conclusion, vous verrez que le principal reproche que vous pourrez faire à cette série, et moi le premier quand je ne sais pas débrancher mon égo, c’est qu’il n’y a pas marqué « série jouée par Rory ou Tiger ». Je crains que l’absence de marketing de cette série, la fasse passer sous le radar, alors que finalement, le rapport qualité/prix est plutôt raisonnable.

La synthèse du test pour Jacques

Possesseur de fers TaylorMade P790 sur manches en graphite, Jacques développe une vitesse de swing largement suffisante pour envisager de l’acier stiff.

Ça tombe bien, c’est ce que nous avons pu tester.

Quand je regarde ce qu’il a réalisé avec l’ensemble des fers du pitch au 6, hormis une tendance à aller à gauche, le jour du test, peut-être imputable à l’indoor, Jacques a été très constant, avec peu de dispersion en profondeur ou latérale.

La seule chose que je remarque comme négative, c’est un angle d’atterrissage trop faible qui accentue la roule de ses balles, couplé avec un taux de spin un peu trop bas. 

Avec le fer 7, 41 degrés d’angle d’atterrissage, et seulement 3800 tours, ce n’est pas assez pour un golfeur de son calibre.

Cela donne beaucoup de roule, et l’impression de faire des super distances (156 m au carry et potentiellement 170 m avec la roule) au fer 7, mais les 14 mètres d’écarts me paraissent trop important pour son projet de jeu.

Il faudrait regarder du côté d’un autre shaft, mais plus surement une tête avec pas moins de 32 degrés de loft (fer 7).

Côté positif, Jacques obtient des smash factor élevés, ce qui se traduit en très bonnes sensations dans les mains, et avec tous les clubs du pitch au 6.

Ma synthèse du test

Affectueusement surnommé champion de ball-trap par le coach Rudy Olmos, très habitué à taper des balles dans ces circonstances, je suis le plus précis dans l’exercice du test. Ce n’est pas pour autant que j’excelle sur le parcours. C’est un autre sujet.

Ainsi, je ne détecte pas d’anomalie à l’usage de cette série.

A la différence de Jacques, le niveau de contrôle est très acceptable, notamment avec un fer 7.

L’angle d’atterrissage comme le spin seraient largement suffisant pour mon niveau de jeu, et comparable à des clubs plus pointus.

Le gain que je pourrais avoir avec des lames pourrait être marginal, alors que le niveau de smash factor est bon, sans être aussi exceptionnel par rapport à des clubs aux lofts encore plus fermés.

C’est plutôt avec les clubs ouverts comme le fer 9 ou le pitch où le contrôle pourrait être meilleur. Avec le pitch, je crée trop d’écart entre le carry et la roule (6 mètres). C’est surtout le spin qui me fait défaut.

Cela vient du club, mais aussi de mon geste qui ne donne tout simplement pas assez de vitesse.

La synthèse du test d’Alexis

Alexis présente un profil inverse au mien.

Il tape plus fort, mais disperse beaucoup plus. Le problème se pose plus particulièrement à partir du fer 8, et devient trop prononcé avec le fer 6.

Alexis n’a pas de précision. Le club ne l’aide pas à gagner en régularité. Alexis le sait sans doute, plus que le club, c’est son geste qui est irrégulier.

Quoi qu’en dise les marques, et les clubfitters, les clubs ne peuvent pas toujours faire de miracles.

Pour Alexis, avec cette série, il pourra potentiellement taper de supers coups, et même meilleurs que Jacques, mais aussi beaucoup de coups dispersés.

Avec le fer 7, Alexis peut dépasser 160 mètres au carry. C’est plutôt impressionnant, mais si Alexis devait se trouver dans un fitting, il ne devrait pas que regarder cette possibilité, mais surtout les écarts entre le moins bon et le meilleur coup, soit le cas présent plus de 20 mètres.

Dans le cas d’Alexis, paradoxalement à son index, il lui faudrait jouer des clubs avec des lofts plus ouverts pour réduire cet écart, et accepter moins de distance, mais aussi moins de dispersion.

En termes de smash factor, Alexis ne peut pas avoir autres choses que de bonnes sensations, à en juger par le 1.38 avec le fer 6 ou encore 1.32 avec le fer 8.

La synthèse du test de Luc

Celui pour qui le résultat du test est le meilleur, c’est Luc qui avec sa vitesse moins clinquante obtient les résultats les plus cohérents.

Du pitch au fer 6, Luc n’a pas exagérément dispersé. Il n’a pas semblé éprouver la gêne que l’on peut avoir quand on prend des clubs de plus en plus fermés, et qui exigent plus de vitesse de swing.

La bonne surprise, c’est le niveau de smash factor qui reste élevé et toujours malgré sa vitesse de swing modérée par rapport aux autres testeurs.

En contrepartie, Luc ne peut pas afficher de fortes valeurs de hauteur de balles, d’angles d’atterrissages, et de spin. Il devra en tenir compte au moment d’attaquer les greens, en sachant viser 10,15 à 20 mètres avant le drapeau, et laisser rouler sa balle.

Beaucoup de golfeurs seniors jouent ainsi, et doivent moins raisonner carry, mais plutôt roule pour gagner la distance dont ils ont besoin.

C’est le point clé de ce test. Si dans le cas d’un joueur comme Jacques, 15 mètres de roule, c’est préjudiciable, et à l’encontre de son projet de jeu, pour Luc, au contraire, il doit en tenir compte, et en jouer.

Dans son cas, on ne doit pas l’inviter à jouer des lofts plus ouverts, pour tirer parti de trajectoires tendues.

A chacun son golf, à chacun son jeu, et ses clubs…

Bilan du test

Le résultat est plutôt positif dans le sens où tous les joueurs peuvent obtenir quelque chose avec cette série. On pourrait parler de série polyvalente, et pouvant aller grosso modo à tout le monde.

Quand on rentre dans le détail, on voit que pour Jacques, il y a une optimisation à faire pour remonter les trajectoires, et le spin.

Finalement, même s’il pourrait jouer cette série, il y a des optimisations à faire.

A l’inverse, bien que stiff et acier, elle semble parfaite pour Luc, le moins rapide des quatre testeurs, et encore la preuve qu’il faut se méfier des étiquettes que l’on veut coller au matériel et aux golfeurs.

Pour Alexis, ce sont plus des leçons que le matériel qui représente la solution. D’un point de vue choix de clubs, il est dans la position la plus délicate, car les clubs qui pourraient lui aller aujourd’hui ne seront plus valables demain.

Dans son cas, le rapport performance/prix peut être un argument avant d’investir plus sur une série peut-être plus grandiloquente demain.

Pour ma part, je pourrais jouer cette série, et être aussi performant en termes de score sur le parcours, par rapport à ma série actuelle. Autrement dit, attention de ne pas tout mettre dans le matériel.

Au niveau amateur, donner 5000 ou 6000 tours de spin avec un fer 7, ce n’est pas cela qui va changer la carte de score, à l’inverse, des golfeurs professionnels.

Conclusion : Beaucoup de joueurs pourraient considérer cette série, surtout au regard de son prix.

Sauf à faire un fitting très pointu, elle vaut le « coût ».

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