Test des fers Callaway Apex Pro 21

Inclassable ? Originale ? Unique ? La série de fers Callaway Apex Pro 21 ne va pas laisser indifférent. Soit vous allez l’adorer, soit vous allez la détester. Callaway prend effectivement le risque de proposer un club clivant par son dessin, et finalement très classique dans sa promesse technique. Intelligence artificielle, tungstène, comme à son habitude la marque met facilement en avant des arguments technologiques censés vous apporter un bénéfice, mais qu’en est-il vraiment de l’essentiel ?

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En début d’année 2021, Callaway lançait une refonte globale de son offre de fers Apex, brouillant un peu la lecture que l’on pouvait en faire, entre clubs pour bons joueurs, et finalement un club pour golfeurs en progression.

Dans un précédent sujet, j’ai d’ailleurs insisté sur les points faibles de cette offre qui tentait une trop grosse ficelle Marketing. Le terme Apex bien connu des golfeurs invite à penser à la hauteur de balle, et par conséquent au contrôle de la profondeur des balles tapées.

Contrôle de la profondeur ? Plus une balle est lancée sur une trajectoire haute avec un angle de lancement élevé, et surtout un angle d’atterrissage prononcé, la balle s’arrête plus rapidement après son premier contact au sol (carry).

Pourtant, dans l’offre Callaway de 2021, la marque prend le risque d’appeler sous la même bannière, des produits qui correspondent bien à cette ambition, et des produits qui en sont très éloignés, et qui plus est les produits appelés seulement Apex 21 ou DCB !

Contre-sens ? Effet de marketing ?  Callaway mise en fait beaucoup sur l’appellation Apex, et un peu comme elle a déjà réussi à « iconiser » le terme Big Bertha.

Ce trop plein de nouveaux produits a quelque part noyé l’essentiel, les séries Apex MB et Apex Pro qui avaient réellement quelque chose à dire aux consommateurs.

Si l’Apex MB prenait un sens très marqué avec une vis placée directement derrière le sweet spot, et devenait pour le coup un produit franchement original pour une lame MB, et donc repérable de manière distincte, l’Apex Pro était en fait le produit le plus intéressant en 2021.

Clairement pas le produit destiné aux plus grands nombres de golfeurs, avec un niveau de loft de 33 degrés par exemple pour le fer 7, son dessin en fait là-aussi un produit reconnaissable entre tous.

Un produit « J’aime/J’aime pas » qui ne laisse pas indifférent, et c’est tout son mérite.

Bien entendu, Callaway a misé sa communication sur le fait qu’il s’agisse du premier fer conçu avec l’intelligence artificielle, un argument déjà lassant et trop entendu depuis trois ans, à force de nous parler du premier driver, du premier bois, du premier hybride, et bientôt du premier tee en bois, ou du premier relève-pitch…

Le golfeur s’intéresse bien davantage au combien qu’au comment…

Certes, Callaway explique qu’il s’agit d’une première Flash Face censée donner un COR plus élevé, ce qui en fait n’est pas réellement réaliste, et compte tenu de la législation en cours sur les fers.

La marque Californienne l’affirme pourtant « Cette série est conçue pour vous garantir la distance que vous recherchez, et un contrôle comme vous n’en avez jamais connu. »

J’ai une profonde et virulente aversion pour ce type de formulation qui laisserait penser que la performance du club pourrait remplacer la compétence du golfeur.

Non, aucun club au monde ne swingue la balle à la place du golfeur. La qualité d’un coup, aussi bien en distance ou en contrôle, c’est d’abord le golfeur qui la produit… Le club par ses caractéristiques restitue en conséquence. N’inversons pas les rôles au risque de raconter des balivernes au consommateur.

En standard, avec des lofts classiques et très raisonnables, un offset modéré, une longueur de manche normale, un swing weight dans la plaque, en réalité, il n’y a pas de loup… c’est une série pour un golfeur qui ne cherche pas à compenser d’éventuels problèmes de swings.

Et donc, il s’agit d’une série pour un golfeur expérimenté, et qui cherche seulement à obtenir des balles conformes à son style de jeu, et sans artifices.

Le véritable point de rupture, c’est le look, pas les caractéristiques.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une prouesse technique pour faire ce club, mais à nouveau, Callaway nous parle du comment, et pas du combien.

Oui, il s’agit d’un club au corps forgé dans lequel le fabricant a inséré des microsphères en uréthane puis un noyau réactif en tungstène…

D’un point de vue technique, c’est un club très intéressant…et surtout pour les plus « ingénieurs » d’entre nous.

D’un point de ce qu’il est censé faire, à savoir taper des balles, il permet de… taper des balles.

Qu’en est-il vraiment du combien ? Il y a un point qui est systématiquement oublié dans tout lancement de produits, et de la part de toutes les marques. Ce n’est pas propre à Callaway. On nous parle de la tête, et jamais du reste !

Quid du bon mariage avec le shaft proposé, et par exemple, le True Temper Elevate ETS 115 grammes ?

Je pourrai formuler la même question s’agissant du graphite, le Mitsubishi MMT ?

Le manche est indissociable de la tête au moment de parler de trajectoire, de ressenti ou de sensations dans la frappe de balle, et in fine de performance.

Ci-dessus, les valeurs idéales à trouver avec des clubs de golf…

Je dois remercier Callaway pour m’avoir fourni fers 4, 6, 8 et pitchs montés sur justement des manches acier stiffs True Temper Elevate ETS.

Sans être un excellent golfeur, ni frappeur de balles, avec ce tandem tête-shaft, j’ai pourtant obtenu un smash factor de 1.44 en moyenne contre un idéal à 1.43. Positif ? Oui d’un point de vue de la distance et d’une sensation plus agréable…

Négatif ? D’un point de vue du contrôle justement, en raison d’un swing trop tangentiel de ma part (pas assez d’angle d’attaque naturellement vers la balle), les trajectoires étaient trop tendues par rapport à l’idéal à rechercher (angle d’atterrissage de 37 degrés contre 48 degrés dans l’idéal à rechercher.

Même constat avec le fer 6, où je trouve bien un léger bénéfice de smash factor (1.39 de moyenne pour ma part contre 1.38 à rechercher), mais des trajectoires un peu trop basses (angle d’atterrissage à 45 degrés au lieu de 50 degrés).

Le club ne produit pas ce qu’il promet ?

Pas nécessairement… le shaft peut grandement influer sur les résultats, et justement ne pas favoriser le contrôle pourtant mis en avant par Callaway.

Que dit justement True Temper ?

L’Elevate ETS 115 mettrait à profit la technologie de « Variable Wall technology » pour augmenter l’épaisseur de la partie « tip » du shaft (le bout).

En produisant un tip extrêmement rigidifié (+30% par rapport au modèle Elevate d’origine), True Temper affirme que cela vous procure plus de stabilité au moment de l’impact, et donc moins de dispersion des frappes avec un lancement considéré comme mid-high.

Mid-high ? Clairement, cela ne veut pas dire « high », soit des trajectoires hautes… et justement, je trouve que ce choix de shaft est un peu dommage pour un club dit « Apex » et qui nous régalerait justement à lever les balles.

Cela étant, lever la balle, c’est aussi une compétence du golfeur qui joue le club.

Pour ma part, au moment du test, mes angles d’attaques n’étaient justement pas assez prononcés pour augmenter la hauteur de balle, de même que ma vitesse de swing.

J’ai donc produit des trajectoires « mid-high » … mais avec au moins un bénéfice, celui de taper des coups bien centrés dans la face (bénéfice du renfort de rigidité en tip ou de la face ?) pour de bons smash factor, et alors que les lofts des clubs auraient pu laisser imaginer le contraire.

En conclusion de quoi, pour un très bon joueur qui cherche justement le contrôle, je ne serai conseiller de réviser la question du manche, et de chercher un tandem tête-shaft qui favorise des trajectoires vraiment hautes.

La bonne nouvelle pour des golfeurs qui ne seraient pas des experts de la perfection, la tête reste très abordable. Clairement, elle ne présente aucune difficulté d’usage particulière.

Comme évoqué plus haut, c’est le joueur qui swingue… pas le club.

Pour ma part, quand je regarde les chiffres que j’ai produit, je peux être agréablement surpris par les distances, et notamment parce que les « smash factor » ont été bons, mais pas convaincus par le spin, et les angles des trajectoires (montée, descente).

Ce club ou plutôt set-up tête-manche a beau être un club de contrôle, le parti pris pour la distance est top fort, et justement le contrôle pas assez marqué. La tête n’est pas en cause. C’est le manche qui est à revoir.

Au moment où vous testerez de votre côté, vous devrez vous poser la même question, et chercher à dissocier ce qui est le fait de la tête, et ce qui est le fait du shaft.

Et alors pourquoi acheter l’Apex Pro ou ne pas l’acheter ?

Vous voudrez l’acheter essentiellement pour deux raisons : D’abord le look, et l’histoire que ce club vous raconte. La deuxième raison, ce sont les caractéristiques de la tête qui s’adressent à des joueurs qui ne cherchent pas d’éléments parasites comme trop d’offset pour compenser un chemin de club trop extérieur-intérieur…

Les lofts ont ainsi une importance capitale dans le choix. Avec une base de fer 7 à 33 degrés, vous cherchez encore un peu de distance par rapport à une pure lame à 35 ou 36 degrés sur le fer équivalent…

Pour vous, le choix le plus important ne sera finalement pas la tête, mais bien le manche qui va avec, et vous devrez arbitrer entre hauteurs de trajectoires hautes, intermédiaires ou basses, bien que basse n’a aucun intérêt avec ce type de club… autant partir sur une autre tête.

A l’inverse, vous n’achetez pas ce club pour son dessin qui peut risquer de ne pas vous sensibiliser. Vous ne l’achetez pas si au contraire vous avez besoin de contrer un chemin de club trop extérieur-intérieur avec une face ouverte à l’impact. Vous ne l’achetez pas si vous cherchez une semelle plus large pour obtenir plus de tolérance à l’impact….

Et donc finalement, le comment raconté par la marque rentre finalement assez peu en compte dans votre choix. Le véritable mérite de Callaway sur ce coup-là, c’est justement de vous proposer un club assez atypique dans son dessin, un club qui ne ressemble pas à un autre…

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