Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Test fer Titleist 716 AP2

Test fer Titleist 716 AP2

AP1, AP2…si pour vous l’offre en matière de fers de l’américain Titleist n’est pas parfaitement explicite, à travers cet essai, nous allons vous démontrer les différences entre ces deux fers, qui ont justement été revus pour 2016, avec un accent particulièrement marqué sur l’usage du tungstène dans la tête. Quel bénéfice ? Est-ce un club pour vous ? Quel smash factor ? Et finalement, peut-on faire de la distance avec ce fer ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Ce qu'il faut savoir à propos du fer Titleist 716 AP2

Deux ans après la version 714, en prévision de l’année 2016, et sur un rythme habituel de tous les deux ans, Titleist a procédé à un léger ajustement de son fer emblématique, AP2.

Contrairement à ce que le chiffre pourrait laisser croire, l’AP2 n’est pas le deuxième fer dans le crantage de difficulté par rapport à l’AP1 ou par rapport aux autres clubs type CB ou MB.

Longtemps, Titleist a eu la réputation de produire des clubs difficiles à jouer. Cela tient déjà dans le fait que la marque n’a pas surmultiplié le nombre de fers dans sa gamme. Il y a même une certaine cohérence, et continuité.

Quatre séries qui se répartissent en AP1 pour les golfeurs en recherche de progression, AP2 pour les bons joueurs qui ne veulent pas nécessairement jouer une lame, CB pour les très bons joueurs qui veulent les sensations d’une lame avec un minimum de tolérance, et enfin MB pour les excellents joueurs qui ne veulent pas avoir autre chose dans les mains qu’une tête épurée au maximum.

Autrement dit, les AP1 sont destinés à 60/70% des golfeurs si on prend en compte la pyramide des index en France. Ceci étant dit, si les API 716 paraissent plus accessibles et plus tolérants que ceux de 2014, cela reste des clubs que nous ne conseillerons pas à de grands débutants ou des joueurs classés au-delà de 30.

Après la théorie ou la philosophie sur un club de golf, et cela pourrait nous occuper encore plusieurs paragraphes, le test du fer AP2 publié ci-dessous va vous en apprendre davantage et de manière concrète sur les différences réelles avec l’AP1. Et vous verrez que dans les mains d’un même testeur, les résultats sont très proches. Le diable se cache dans les détails.

Technologiquement parlant, le nouvel AP2 a quelques arguments à défendre.

Sans faire trop de suspense, au cours du test, nous l’avons trouvé plus maniable et plus abordable que la version 2014.

Probablement que l’ajout de 25% de tungstène en plus dans la tête a joué un rôle dans cette perception aussi mesurée avec un radar.

Pour un amateur, l’intérêt de l’AP2 nous paraît très clair ! Permettre à des golfeurs classés entre 10 et 20 de jouer du Titleist, ces fameux « serious clubs for serious golfers ».

Moins intolérant qu’une lame, plus raffinée qu’un fer à cavité type AP1, l’AP2 est en fait un compromis intéressant, notamment au niveau du design de la tête.

Design qui a subi plusieurs changements entre deux versions.

Notamment au niveau de la cavité arrière qui change du tout au tout mais ce n’est pas ce qui importe le plus.

Les plus gros changements sont en fait moins visibles au premier abord mais poursuivent deux objectifs :

Abaisser le centre de gravité de la tête pour créer des conditions de lancement de la balle plus haute, et avec moins de spin, histoire d’augmenter la qualité de la compression et le smash factor, toujours un plus en matière de ressenti pour le golfeur.

Faciliter le passage de la tête au contact du sol avec un travail particulièrement marqué sur les bords extérieurs et intérieurs.

Comprenez que sur les AP2, Titleist a volontairement mis l’accent sur l’amélioration du rendu du club sur les coups les moins bien centrés, ce qui correspond aussi au type de coups que peuvent encore tapés la cible de client. Entre 10 et 20, sur une partie de 18 trous, il est encore fréquent de taper quelques coups en dehors du plein centre de la face. Pour un golfeur qui cherche à gagner des points pour descendre son index, il peut être intéressant de ne pas être immédiatement, et irrémédiablement pénalisé.

Enfin, encore un mot sur le tungstène…définitivement, en 2015 plus que par le passé, toutes les marques ont misé sur de nouveaux matériaux pour justifier la sortie de nouveaux clubs, et globalement, cela a été plutôt une réussite. Mizuno, Ping, TaylorMade, et Titleist ont trouvé là un moyen crédible d’apporter de légers gains aux utilisateurs dans un environnement où d’un club à un autre, d’une marque à une autre, il devient de plus en plus difficile de trouver de très gros écarts, sans agir sur un critère majeur.

Les conditions du test Fer Titleist 716 AP2

Cet essai a été réalisé début novembre sur le practice du golf du Gouverneur avec un radar Flightscope qui diffère légèrement de notre habituel radar Trackman.

Cependant, nous avons pu recueillir les mêmes données, à savoir vitesse de swing, vitesse de balle, distance au carry, distance totale, et taux de spin.

Données qui nous permettent de calculer les ratios habituels que nous utilisons comme le smash factor ou le degré d’efficacité.

Dans la suite de cet article, vous pourrez constater que nous allons publier des graphiques de dispersion des balles différents de ceux que nous obtenons avec un trackman, mais bien sûr, l’idée reste la même.

Le club testé : Fer 7 AP2 716 Titleist sur shaft Nippon Shaft NS PRO MODUS 3 acier stiff d’une longueur de 37 inches (court) et d’un poids de 120 grammes (catégorie ultra-lourd).

Un shaft qui nous a été particulièrement recommandé par Loïc Monchalin, présent au cours de ce test.

Pour cet essai, nous avons eu recours à deux testeurs pour deux vitesses de swing distinctes, à savoir 85 mph et 90 mph, soit globalement des golfeurs qui pourraient être dans la cible de l’AP2.

Les enjeux du test

Comme évoqué en introduction, quel bénéfice pour l’AP2 par rapport à l’AP1 ou tout du moins quelles différences ? Peut-on parler de progrès par rapport à la version 714 ? Dans la catégorie des clubs pour bons joueurs, fait-il mieux que d’autres clubs type Mizuno MP-15 ou TaylorMade RSi1 TP ?

Les 4 paramètres clés d’un test de club

Pour nous, un test doit aborder quatre thématiques :

  • la tolérance ou maniabilité exprimée par le smash factor, rapport entre la vitesse de club produite par le golfeur avec le club, et la vitesse de balle produite à l’impact.
  • la puissance ou distance exprimée par le degré d’efficacité du club, rapport entre la vitesse de swing, et la distance finalement générée au carry.
  • l’optimisation du vol de balle, croisement de l’angle de lancement et du taux de spin.
  • la précision ou dispersion des balles tapées avec le club, exprimé en écart horizontal et vertical par rapport au centre du fairway.

En plus de ces paramètres, nous pouvons expliquer les résultats par le taux de spin donné à la balle, l’angle de décollage et d’atterrissage, et in fine, la distance parcourue en moyenne au carry (portée avant la roule).

1-Tolérance et puissance

Ce graphique représente le croisement du smash factor et du degré d’efficacité pour déterminer le rapport entre tolérance et puissance.

Tolérance et puissance

Avec ce premier graphique, nous avons déjà beaucoup de réponses par rapport à nos enjeux !

Attention, pour ce type de clubs relativement exigeant, ne vous attendez pas à trouver des données de smash factor très élevées, surtout testés par des golfeurs qui ne sont pas des professionnels sur le tour ou des robots testeurs !

Oui, le modèle 716 avec du tungstène aux bords extérieurs apporte un soupçon de tolérance en plus par rapport à la version 714. Cela se retrouve dans un smash factor légèrement plus élevé (1.29 contre 1.26 pour un test mené entre 80 et 85 mph de vitesse de swing).

Notez que par rapport à des clubs plus tolérants, la valeur de smash factor reste relativement faible, même si l’AP2 est en fait un des meilleurs de sa catégorie, et beaucoup plus abordable que le RSi 1 TP, beaucoup plus exigeant.

Paradoxe ! Le testeur le moins rapide a beaucoup mieux tiré profit de l’AP2 que le testeur le plus rapide qui comparativement a même perdu 4 mph de vitesse de swing en passant de l’AP1 à l’AP2, comme si ce club ne lui était pas du tout adapté, et ce malgré un shaft en stiff qui aurait dû le favoriser !

Ceci dit, le diable se cache dans les détails…Ce n’est pas le joueur qui a moins bien tapé...En fait, il a donné 2000 tours de spin de plus à la balle par rapport au testeur swinguant moins vite.

En fait, ce testeur privilégie une frappe de balle qui donne plus de hauteur de trajectoire, et plus de spin pour arrêter la balle plus rapidement. Il utilise le fer 7 AP2 comme un fer d’approche, alors que l’autre testeur cherche à optimiser la distance au détriment du contrôle….Deux façons différentes d’utiliser un même club !

2-Distance (carry)

C’est finalement un indicateur assez simple et assez fiable concernant la performance d’un club de golf.

Distance au carry

Par rapport à sa moyenne usuelle de vitesse de swing avec un fer 7 monté sur un shaft stiff, le premier testeur a gagné 7 mph de vitesse de swing. Le gain ne peut pas être totalement imputable au club. Malheureusement, d’autres éléments extérieurs comme la forme du jour peuvent entrer en ligne de compte.

Cependant, le club ne peut pas être totalement écarté de l’explication…simple précaution oratoire !

Pour le testeur 2, en revanche, il a swingué un peu moins vite que sa moyenne usuelle (95 mph).

On retrouve ci-dessus les différences d’usages du club par les deux joueurs. Le premier cherche à maximiser la distance, au risque de perdre en pouvoir stoppant, et une plus grande variation d’écart entre la balle la plus courte, et la plus longue.

Le second testeur a au contraire privilégié le contrôle de la distance, la régularité à la distance absolue, et ce alors qu’il a généré une vitesse de swing supérieure.

On retrouve ces écarts dans l’angle de lancement et le taux de spin.

Bien que nous donnions toutes les données fournies par le Flightscope, je vous invite à ne porter votre attention que sur la distance au carry. Aussi précis soit-il un radar donne une distance totale calculée par rapport à la distance au carry mesurée.

La moyenne du testeur 1 en termes de distance avec un fer 7 était jusqu’à présent de 129.4 mètres au carry. Comme vous pouvez le constater, il a explosé sa moyenne avec cette fois, une distance au carry de 144.2 mètres.

N’oubliez pas le différentiel très important de vitesse de swing, ce qui altère la comparaison.

La bonne donnée pour situer l’AP2, c’est le smash factor qui est un ratio, ce qui annihile les effets des variations.

La moyenne du testeur 1 avec un fer 7 sur shaft stiff était jusqu’à présent plutôt de 1.27. Avec 1.29, il fait donc mieux avec l’AP2.

3-Optimisation du vol de balle

En théorie, plus l’angle de lancement est élevé, et plus le taux de spin est bas, et plus la balle a des chances de parcourir une distance importante.

Ceci dit plus le taux de spin et l’angle de lancement sont élevés, et plus le pouvoir stoppant donné à la balle est important.

Optimisation du vol de balle

Seulement pour le testeur 1 pour lequel nous avons des données de comparaisons, l’optimisation du vol de balle démontre ici qu’avec l’AP2, notre testeur obtient une plus grande distance essentiellement pour deux raisons en plus de l’augmentation de la vitesse de swing : un taux de spin moins important et un angle de lancement plus tendu !

A contrario, le club qui a obtenu le meilleur pouvoir stoppant est le Mizuno MP-15.

Au risque de vous décevoir, un club de golf est toujours une affaire de compromis, et de ce que l’on veut en faire.

Avec l’AP2, notre testeur bénéficie d’un club plus maniable qui passe plus vite pour produire des trajectoires plus tendues et moins spinnantes, favorisant un ajout de distance au détriment du contrôle de la trajectoire et de l’arrêt précis de la balle sur le green.

4-Dispersion

les trajectoires de balles réalisées par le testeur 85 mph

Ci-dessus, les trajectoires de balles réalisées par le testeur 85 mph :

La dispersion à gauche a été plutôt importante, signe d’un joueur qui a cherché une distance maximum au détriment du contrôle…ou d’une inadéquation testeur-shaft…

les trajectoires de balles réalisées par le testeur 90 mph

Ci-dessus, les trajectoires de balles réalisées par le testeur 90 mph :

Moins de distance, des trajectoires plus hautes, plus de contrôle, moins de dispersion…

Bilan du test fer Titleist AP2 716

Bilan du test Titleist 716 AP2

A l’aide du tableau de synthèse ci-dessus, nous vous proposons un court résumé de ce test du fer Titleist 716 AP2 par rapport à sa catégorie, à savoir fer « player » ou exigeant, et par rapport à l’AP1.

Conclusion, l’AP2 remplit plutôt bien sa mission avec des performances plus flatteuses que la moyenne des clubs dit « Player ».

Comprenez que l’AP2 boxe dans une catégorie qui regroupe des lames, des lames à cavités, et des clubs type AP2, qui ne sont pas tout à fait des lames. Ce club profite à fond d’être un club plus « facile » dans une catégorie « difficile ».

En revanche, et même pour un golfeur qui a une vitesse de swing plutôt rapide, l’AP1 est indéniablement plus tolérant, et plus efficace à vitesse constante.

Au final, entre l’AP1 et l’AP2, on ne peut pas dire qu’il y ait une différence de distance incroyable. Au contraire, c’est plutôt le statut quo…A vous de juger entre le discours, la philosophie, et les faits…

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.