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Test fer TaylorMade M4

Test fer TaylorMade M4

Tout comme le M3, j’ai testé le nouveau fer TaylorMade M4, à la recherche des sensations, et performances décrites par Tomo Bystedt, ingénieur de la marque interviewé à Orlando. Avec un loft de seulement 28,5 degrés pour le fer 7, le nouveau M4 vient remplacer le M2, et promet un maximum de distance. Qu’en sera-t-il s’agissant du contrôle ? Peut-on réellement sentir les bénéfices de la technologie RIBCOR ? Je me suis livré au test avec le trackman pour tenter de trouver des réponses sur la performance de ce nouveau club de golf.

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Le fer TaylorMade M4 testé

Pour ce nouvel essai, le magasin US GOLF de Lyon m’a prêté un fer TaylorMade M4 avec deux versions de shafts possibles en regular : Acier et graphite.

La nouvelle série de fers TaylorMade M4 est à ranger dans la catégorie des fers « Improvment distance ».

Dans notre dernière classification des fers datant de fin 2017, nous avions identifié six grandes familles de fers sur le marché.

Les lames MB sont les clubs les moins tolérants avec les lofts les plus ouverts dans l’offre actuelle, alors que par opposition, les fers Oversized sont les fers les plus longs pour la distance avec des lofts très fermés, et des semelles très larges.

La catégorie Improvment distance présente des fers aux lofts très fermés pour accroître la vitesse de balle, et donc la distance au maximum.

La plupart du temps, dans cette catégorie, on retrouve des fers 7 dont le loft est compris entre 30 et 28,5 degrés.

Le cas présent, le fer 7 TaylorMade M4 est ouvert à 28,5 degrés alors que comparativement, son cousin M3 est deux degrés plus ouverts (30,5), tandis qu’une lame MB est plus souvent autour de 34 degrés.

Entre les deux clubs, M3 et M4, si visuellement, les différences ne sauteront pas aux yeux d’un néophyte, toute la question tournera autour de la trajectoire, du gain de distance versus la perte de pouvoir stoppant sur le green.

Plus le loft se ferme, plus la trajectoire se tend, plus la distance à la roule est importante, et en contrepartie, moins vous avez de spin, et de hauteur de balle.

Avec le M4, la couleur est annoncée clairement.

La topline est plus large, idem pour la semelle, bien que les faces des deux fers TaylorMade soient difficiles à distinguer.

Logiquement, le M4 doit générer plus de vitesse de balle, encore moins de spin, et une trajectoire plus tendue.

Pour ce test, j’ai eu recours à deux shafts distincts, un Fujikura Atmos 6 d’une longueur standard (37,5 inches) et d’un poids de 72,5 grammes, et un KBS Tour 105 R acier en longueur standard (37,5 inches) et de 105 grammes. Ce dernier étant identique à celui utilisé pour le test du M3.

Comparativement aux derniers fers improvment standard que j’ai testé, il s’agit d’un grammage légèrement au-dessus de la moyenne du marché pour ce type de shaft regular graphite (67 grammes), et très légèrement au-dessus pour un manche acier regular (99 grammes).

Pour ce test, je ne vous présente qu’un seul profil, le mien avec une vitesse de swing de 85 mph. Xavier Bretin (pro) et Jean (senior) auront l’occasion de tester ces nouveaux clubs ultérieurement.

Les chiffres pour analyser la performance d'un club

La distance totale n’est pas un élément suffisant pour juger de la réelle performance d’un club de golf.

Il faut prendre en compte principalement les paramètres que sont la vitesse de swing, la vitesse de balle, l’angle de lancement, et le taux de spin donné à la balle.

Au cours des tests, nous ajoutons en plus le smash factor qui est le ratio entre la vitesse de swing et la vitesse de balle, ce qui traduit l’optimisation du set-up club/joueur.

Nous allons plus loin avec le degré d’efficacité, un ratio que nous avons calculé, entre la vitesse de swing, et la distance produite au carry. Cela résume l’énergie déployée pour produire une distance.

Et enfin, nous utilisons en plus le ratio spin sur angle de lancement, qui traduit la performance balistique d’un club.

Le bénéfice d’utiliser des ratios permet de neutraliser des effets extérieurs comme les variations de vitesses de swings entre plusieurs essais.

L'essai du fer M4

Avec la version graphite, j’enregistre essentiellement un gain de vitesse de swing de l’ordre de 1 mph.

Je manque de recul avec des clubs équivalents chez TaylorMade et en graphite, pour réellement détecter un bénéfice.

Les précédents tests avec un modèle Aeroburner ou un M2 laissent entrevoir un bénéfice d’usage avec le M4, mais il sera plus facile à relever sur le test en version acier, et avec plus de clubs à comparer.

Comme illustré ci-dessus, je créé des trajectoires relativement semblables avec les deux manches. Il n’y a pas un gain évident du graphite sur l’acier, notamment pour la balle la plus longue.

Avec la version acier, comparativement aux autres fers TaylorMade, le M4 semble faire une nette différence sur un ratio comparable : l’efficacité, qui met en rapport l’énergie déployée (vitesse de swing), et la distance produite au carry.

La tolérance paraît finalement assez similaire aux précédentes versions M2. Je ne détecte pas encore le bénéfice du RIBCOR.

En revanche, les trajectoires produites avec le M4 s’abaissent encore, se rapprochant de plus en plus d’un fer 5, et pratiquement un fer 4 avec un angle de lancement sous la barre des 20 degrés.

Justement entre M2 et M4, l’écart est palpable (1 degré de moins) mais le plus spectaculaire est à venir.

Cela concerne le taux de spin littéralement « coupé » d’une moyenne sous la barre des 6000 tours à moins de 5000 tours (4745 tpm) avec le nouveau M4. On passe vraiment d’un fer 7 à un fer 5.

Dans de telles conditions (lancement plus tendu, et peu de spin), inévitablement, le M4 propose un grand gain de distance.

Je trouve un gain moyen compris entre 5 et 10 mètres selon la version du M2 comparée en 2016 ou 2017.

Par rapport au M CGB avec un loft un peu plus ouvert, l’écart est encore plus marqué.

Rarement un fer TaylorMade m’a donné aussi peu de spin !

Sur le gain de distance, TaylorMade affiche des résultats probants.

En revanche, le contrôle de profondeur est totalement absent.

Je trouve une roule de l’ordre de 11 mètres en moyenne entre le carry et la distance totale.

Un joueur qui chercherait la précision pourrait ne pas opter pour ce club dont l’angle d’atterrissage (45 degrés) est de 2 degrés trop peu important pour arrêter la balle très rapidement sur le green.

En revanche, pour tous ceux qui sont ciblés par TaylorMade avec ce club, les débutants, les golfeurs à vitesse modérée ou lente, il y a possibilité de s’amuser avec un tel club, qui mérite vraiment l’appellation « distance ».

Pour abonder dans le sens des marques, effectivement, ce fer 7 n’est pas tout à fait un fer 5 ou 4, et il ne s’agit pas simplement de loft-jacking.

Avec un fer 4 MP-18 MMC de chez Mizuno, pour une vitesse moyenne équivalente (83 mph), mon angle de lancement est de 15 degrés, alors qu’avec ce fer 7 M4, il est encore de 19,5 degrés.

Le lancement de ce fer 7 n’est donc pas celui d’un fer 4, même si la trajectoire se tend.

Il y a bien là un compromis entre hauteur de trajectoire et gain de vitesse de balle.

En revanche, le niveau de spin du M4 est bien plus proche d’un fer 4 ou d’un fer 5 conventionnel.

Le tout, c’est d’en avoir conscience au moment de choisir ses clubs, et de comprendre ce qu’ils vont vous permettre de faire.

Avec de tels paramètres, on voit bien pourquoi les lames s’effondrent dans les ventes au profit de clubs comme le M3 ou le M4.

Ce qu’il faut vraiment surveiller, ce n’est pas seulement la distance, mais c’est aussi la proximité des coups de fer 7 avec le trou…

Pour la balle la plus longue avec le M4, j’ai swingué seulement 1 mph plus vite que la moyenne, mais c’est surtout en améliorant le centrage que j'ai gagné en distance, le smash factor passant de 1.33 en moyenne à 1.36, ce qui est tout de même élevé pour ma part avec un fer 7.

J’ai produit une distance très élevée avec un taux de spin sous la barre des 4500 tours.

Pour la balle la plus courte, l’écart n’est que de 2 mph en vitesse de swing, mais le centrage dans la face fait toute la différence.

Le smash factor n’est plus que de 1.24.

Visiblement, la balle tapée basse dans la face perd 13 mph de vitesse de balle !

Le spin reste toujours constant sous la barre des 4500 tours.

L’écart entre les deux balles est supérieur à 30 mètres.

C’est un autre paramètre à prendre en compte. Entre un excellent et un mauvais coup, l’écart me paraît encore très important, RIBCOR ou pas…

Maintenant, si on compare M3 et M4 sur le même manche acier, visuellement, la moyenne des balles est très proche dans les deux cas.

Il y a un léger avantage pour le M4 du fait du loft plus fermé.

En moyenne, le M4 me donne à vitesse de swing équivalente, 1 à 2 mph de vitesse de balle en plus, l’angle de décollage est au moins 1 degré plus tendu, 200 tours de spin en moins, et donc 6 mètres d’écarts en faveur du M4.

Revers de la médaille, la dispersion est plus forte avec le M4 versus le M3.

A choisir entre les deux, le M4 exagère trop la distance.

Le M3 me paraît déjà bien suffisant, surtout tenant compte des pertes de contrôles (roule) à compenser d’une manière ou d’une autre.

Bilan du test fer 7 TaylorMade M4

Un excellent club pour battre des records de distances dans un concours de fer 7 !

Le taux de spin est dramatiquement bas. La trajectoire est tendue.

En revanche, le smash factor étant déjà à un niveau élevé sur les précédents M2 de 2016 et 2017, il est difficile de trouver encore mieux.

C’est plutôt l’efficacité du club qui bénéficie de la réduction du spin.

Comme vu plus haut, il y a un net gain de distance (plus de 5 mètres) mais en contrepartie moins de pouvoir stoppant donné à la balle.

Ce club pourra parfaitement convenir à un amateur en recherche de distance maximum pour compenser un manque de vitesse de swing.

Avec des trajectoires tendues, il pourra trouver ce gain.

Attention de bien comprendre la notion de différence entre distance au carry, et distance après la roule de la balle au sol, pour faire les bons calculs au moment de viser une cible.

Taper un fer 7 à sa puissance maximum est très grisant.

Le club est donc très agréable à jouer, tout en ne tombant pas dans les travers des clubs oversized.

Comme souvent au golf, c’est donc bien un arbitrage entre distance et contrôle qui vous est proposé.

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