Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Test fer TaylorMade M3

Test fer TaylorMade M3

Dans la foulée de la publication de l’interview exclusif de Tomo Bystedt, ingénieur TaylorMade, et à l’occasion du PGA Show, j’ai testé un fer 7 TaylorMade M3 pour me rendre compte d’un gain éventuel de smash factor (Tolérance) ou de réduction de la dispersion. Le M3 est-il vraiment meilleur que le M1 de l’an passé ? Quelles sensations ? Quelles performances en matière de distance, et de contrôle ? J’ai passé le M3 au crible avec le Trackman pour comparer un manche acier et un manche graphite.

Découvrez nos formules d'abonnements

Le fer TaylorMade M3 testé

Pour ce nouvel essai en 2018, le magasin US GOLF de Lyon m’a prêté un fer TaylorMade M3 avec deux versions de shafts possibles en regular : Acier et graphite.

La nouvelle série de fers TaylorMade M3 est à ranger dans la catégorie des fers « Improvment standard ».

Dans notre dernière classification des fers datant de fin 2017, nous avions identifié six grandes familles de fers sur le marché. Les lames MB sont les clubs les moins tolérants avec les lofts les plus ouverts, alors que par opposition, les fers Oversized sont les fers les plus longs pour la distance, avec des lofts très fermés, et des semelles très larges.

La catégorie Improvment standard est la plus raisonnable des clubs pour golfeur en progression, d’un point de vue de la fermeture du loft.

La plupart du temps, dans cette catégorie, on retrouve des fers 7 dont le loft est compris entre 30 et 31 degrés.

Le cas présent, le fer 7 TaylorMade M3 est ouvert à 30,5 degrés, alors que comparativement, son cousin M4 est deux degrés plus fermés (28,5), ce qui en fait un club improvment « distance ».

Entre les deux clubs, si visuellement, les différences ne sauteront pas aux yeux d’un néophyte, toute la question tournera autour de la trajectoire, du gain de distance versus la perte de pouvoir stoppant sur le green.

Plus le loft se ferme, plus la trajectoire se tend, plus la distance à la roule est importante, et en contrepartie, moins vous avez de spin, et de hauteur de balle.

Cependant, les marques rétorquent aux golfeurs qui les accusent de loft-jacking qu’elles ne font pas que fermer les lofts !

Elles abaissent aussi le centre de gravité du fer, et augmente la hauteur de trajectoire pour contester l’idée qu’un fer 7 soit simplement un fer 5 déguisé.

C’est ce que nous allons tenter de déterminer avec ce nouvel essai du fer 7 TaylorMade M3. Est-il vraiment performant ? Donne-t-il plus de vitesse de balle que les précédents fers TaylorMade ? Les trajectoires sont-elles plus rectilignes, comme semble l’indique Tomo Bystedt, ingénieur TaylorMade interviewé à ce sujet, lors du dernier PGA Show à Orlando ?

Je vais donc surveiller au trackman, la vitesse de balle, l’angle de lancement, l’angle d’atterrissage, le smash factor, la distance, et la forme des trajectoires.

Pour ce test, j’ai eu recours à deux shafts distincts, un Mitsubishi Tensei CK Series 60 d’une longueur standard (37,5 inches) et d’un poids de 77 grammes, et un KBS Tour 105 R acier en longueur standard (37,5 inches) et de 105 grammes.

Comparativement aux derniers fers improvment standard que j’ai testé, il s’agit d’un grammage légèrement au-dessus de la moyenne du marché pour ce type de shaft regular graphite (67 grammes), et très légèrement au-dessus pour un manche acier regular (99 grammes).

Pour ce test, je ne vous présente qu’un seul profil, le mien avec une vitesse de swing de 85 mph. Xavier Bretin et Jean auront l’occasion de tester ces nouveaux clubs ultérieurement.

Les indicateurs qui servent nos analyses

La distance totale n’est pas un élément suffisant pour juger de la réelle performance d’un club de golf.

Il faut prendre en compte principalement les paramètres que sont la vitesse de swing, la vitesse de balle, l’angle de lancement, et le taux de spin donné à la balle.

Au cours des tests, nous ajoutons en plus le smash factor qui est le ratio entre la vitesse de swing et la vitesse de balle, ce qui traduit l’optimisation du set-up club/joueur.

Nous allons plus loin avec le degré d’efficacité qui est un ratio que nous avons créé, entre la vitesse de swing, et la distance produite au carry. Cela résume l’énergie déployée pour produire une distance.

Et enfin, nous utilisons en plus le ratio spin sur angle de lancement, qui traduit la performance balistique d’un club.

Le bénéfice d’utiliser des ratios permet de neutraliser des effets extérieurs comme les variations de vitesses de swings entre plusieurs essais.

Pour un amateur à vitesse de swing relativement rapide

Avec la version graphite, il semble que j’ai swingué vraiment plus vite avec le M3 par rapport aux autres clubs. Il faut donc neutraliser cette donnée avec le ratio d’efficacité pour comparer des choses comparables.

Néanmoins, le M3 est assez facilement comparable au XXIO Forged, swingué dans la même plage de vitesse.

A première vue, le smash factor généré par le M3 est dans la bonne moyenne, sans pour autant surclasser la concurrence.

Pour un fer improvment distance avec un loft de 30,5 degrés, on retrouve une trajectoire de lancement autour de 20 degrés, ce qui est relativement tendu.

Avec un tel club, il serait intéressant de fitter un manche avec un point de flexion bas pour favoriser des trajectoires hautes, notamment parce que le niveau de spin va être faible.

Ainsi, il serait pertinent de cumuler l’avantage de la vitesse de balle haute avec une trajectoire plus bombée pour ne pas trop perdre en pouvoir stoppant, notamment dans l’optique d’attaquer un green.

En revanche, pour un golfeur qui manque de vitesse de swing, et qui recherche de la distance additionnelle, effectivement, ce type de club répond plutôt bien à cette demande.

Le cas présent, alors que ma moyenne de distance avec un fer 7 traditionnel est de l’ordre de 135-145 mètres, avec ce type de fer Improvment distance, elle bondit à 145-155 mètres.

La vitesse de balle est effectivement en cause. Le spin et la trajectoire sont aussi des facteurs d’explications.

Ci-dessus, mes moyennes réparties par catégories de clubs, ce qui permet d’illustrer qu’un fer improvment standard peut être un bon choix si je cherche distance et tolérance, mais moins, si je cherche le pouvoir stoppant, et le contrôle de la profondeur.

Tout est une question de bien définir ses priorités pour sa série de fers.

En version acier, la comparaison entre M1 et M3 tend à démontrer une très légère amélioration du smash factor et de l’efficacité en faveur du dernier modèle.

C’est tout de même un gain très marginal. Soit à vitesse de swing quasi équivalente, un smash factor qui passe de 1.31 à 1.32.

En revanche, le net gain de distance (plus de 7 mètres) est lié à une forte baisse du taux de spin entre les deux modèles (plus de 1000 tours d’écarts).

Le gain de distance observé sur le M3 est donc en partie un gain lié à la roule (plus 3 mètres). On en revient à l’arbitrage nécessaire entre plus de distance ou plus de contrôle.

Entre acier ou graphite, le choix dépend de la vitesse de balle que l’on espère obtenir, tenant compte de sa propre vitesse de swing.

Dans mon cas, le graphite m’apporte 2 mph de plus en vitesse de swing, mais seulement 1 mph en vitesse de balle.

Par contre, le poids du manche et sa rigidité favorisent un défaut naturel de swing : un chemin trop intérieur avec une face ouverte, d’où des trajectoires plus facilement en draw ou hook à l’extrême.

L’acier permet de mieux tenir la balle en ligne, alors que le gain de vitesse de balle n’est pas marquant. Le niveau de distance est très similaire, même si le graphite procure un très grand plaisir de frappe et de facilité.

Concernant la question des coups décentrés évoqués par Tomo Bystedt, je note que sur une dizaine de frappes que j’ai conservé pour ce test, sept sont effectivement tapées selon un smash factor compris entre 1.30 et 1.36 pour seulement trois sous cette valeur.

En réalité, l’argument de l’ingénieur pour affirmer que le produit disperse moins est invérifiable à mon niveau. Oui, le smash factor est un soupçon meilleur entre M3 et M1, ce qui va dans le sens de l’ingénieur TaylorMade.

Par contre, impossible de confirmer qu’un coup décentré avec par exemple un chemin de club, et une face ouverte à droite du fairway sera mieux corrigé.

Bien tapé, le M3 donne d’excellents résultats en termes de distance, de touché et de sensations.

Mal tapé, l’écart de smash factor est sensible, 1.26 contre 1.36.

Entre les deux exemples, la vitesse de swing est sensiblement équivalente, alors que la vitesse de balle décroit de 8 mph.

Soit une distance qui peut baisser de 17 mètres.

Entre les deux coups, c’est uniquement la position de la face à l’impact qui explique la différence. Angle de lancement et taux de spin restent identiques.

Bilan du test fer 7 TaylorMade M3

En version graphite ou acier, le M3 est un club agréable à swinguer, et comme le confère le smash factor dans les deux cas, les sensations sont au rendez-vous.

Au chapitre des plus, la distance produite sur un coup parfaitement centré peut faire une grosse différence par rapport à un fer 7 conventionnel. Comme le Callaway Rogue ou le XXIO Forged, c’est assez tentant. La vitesse de balle est très importante à vitesse de swing équivalente.

En revanche, la trajectoire de balle tendue, et la faiblesse du taux de spin (moins de 5000 tours) pour un fer 7 rendent le contrôle de profondeur plus délicat.

Assez souvent, entre la portée au carry, et la portée totale, j’ai constaté un écart de 10 mètres. Pour un golfeur qui recherche la précision, c’est au moins 30% trop élevé pour favoriser une bonne précision sur de l’attaque de green.

Toute la question est de savoir quel sera votre objectif ! Soit un gain de distance par rapport à votre habitude, soit un gain de contrôle !

Pour tenter néanmoins de cumuler ces deux pôles souvent opposés au golf, le choix du manche peut avoir une petite influence, selon la maturité de votre swing, pour accentuer la distance ou au contraire, la diminuer avec par exemple, une trajectoire plus bombée. Je doute que vous puissiez augmenter le taux de spin, mais vous pouvez peut-être augmenter l’angle d’atterrissage.

Pour ma part, je n’arrive pas à vérifier que le M3 soit moins dispersant. Je constate une toute petite amélioration du smash factor versus le M1.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.