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Test fer PING G400

Plus de distance et plus de contrôle ! Telle est la promesse marketing de PING avec le nouveau G400 ! Est mise en avant la flexion de la face pour lancer plus haut et plus vite, dans des proportions comparables à celles du tour. Sur le site du fabricant, on évoque même le principe de catapulte. Qu’en sera-t-il vraiment une fois testé ? S’agit-il de loft-jacking ou d’une véritable révolution technologique ? Quels sont les chiffres derrière les mots ? Nous nous sommes posés ces questions, au cours d’un test réalisé avec un trackman, et le concours de plusieurs testeurs dont le pro, Xavier Bretin.

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Le fer 7 utilisé pour le test

Souvent, un fitting proposé par une marque est réalisé avec un seul fer, le numéro 7. De cet unique club est décidé l’ajustement de toute la série.

Chez PING, le cartfitting contient uniquement des fers 7 proposés avec des couleurs différentes pour permettre un ajustement du lie selon la taille, et la longueur des bras.

Dans ce cas de figure, nous ne pouvons pas vous proposer un test de toute une série complète, et devons-nous cantonner à ce que fait déjà la marque dans le cadre de ses propres fitting.

Précisons qu’un « testing » n’est pas un « fitting ».

On ne cherche pas la meilleure combinaison pour booster les résultats du club. On teste ce qui existe, ce qui est sur le marché à disposition des golfeurs, la base du produit, et on publie les résultats mesurés avec le trackman, comme support d’analyse.

Pour ce test, nous nous sommes appuyés sur la compétence du magasin US Golf de Lyon pour tester un fer 7 G400 (en tête silver) sur plusieurs manches, en fonction du profil de testeur à notre disposition, dont le nouvel ALTA CB réalisé par Aldila et logoté PING.

Pour une tête, nous avons essayé 7 shafts différents en acier ou en graphite, stiff ou regular, de 72 à 120 grammes, afin de balayer le champ des possibles, détecter des tendances, les confirmer ou les infirmer.

Pour la tête, le G400 commence à flirter sérieusement avec une version oversized. Nous l’avons catégorisé dans les clubs « Improvment » et « standard », soit la majeure partie du marché, comme cela avait été le cas pour le G. Cependant, PING, Callaway et TaylorMade flirtent de plus en plus avec la limite en rapprochant de plus en plus, ces clubs des modèles « Improvment » oversized à très larges semelles.

Vue de dessus à l’adresse, la top-line reste assez fine et ne dévoile pas le point clé de ce club. La semelle est vraiment très large !

Pour promettre plus de tolérance, et plus de contrôle, PING met en avant la technologie COR-EYE (schématiquement un élargissement de la surface de frappe appelée sweet spot) et une cavité coupée du rail supérieur derrière la face. Cela doit agir sur une plus grande flexion de la face…

Ceci dit, on voit surtout que le loft d’un fer 7 est de 30,5 degrés contre 34 pour ce même numéro en version MuscleBack (lame fine), 33 en Cavity back (lame un peu moins fine), et effectivement entre 28,5 et 31 degrés selon les marques dans la catégorie « improvment » standard.

4 degrés d’écarts entre une lame et un club improvment, c’est beaucoup et cela suffit à justifier un club plus puissant, puisque que cela va favoriser mathématiquement un meilleur smash factor. Bienvenue dans le monde des fers 7 qui sont des fers 5 !

Toutefois, rien de nouveau, c’est une tendance récurrente depuis quelques années. Les marques se défendent en avançant que la fermeture des lofts est justement compensée par une semelle plus large, et un angle de décollage plus élevé pour conserver l’esprit d’une trajectoire de fer 7.

Comprenez que l’enjeu décisif n’est pas comme annoncé l’angle de décollage, mais en fait l’angle d’atterrissage !

Un fer 7, pour parfaitement arrêter la balle sur le green, ce qui est sa mission première, doit créer un angle d’atterrissage de 45 à 47 degrés.

Quand le loft se ferme, l’angle de décollage peut se tendre, de même que l’angle d’atterrissage. C’est ce qui produit une trajectoire plus longue et plus tendue, avec plus de roule.

Si c’est le cas, cela revient à dénaturer la fonction du club dans le but d’assouvir une seule obsession : la distance.

Comment nous avons testé ?

Pour cet essai, nous avons procédé en deux temps :

Un premier essai en indoor au magasin US Golf de Lyon, muni d’un radar Trackman 2, puis en outdoor, au golf de la Sorelle, avec un trackman 3, et le concours de notre consultant principal sur les tests de clubs, le pro Xavier Bretin, qui vous livre ses impressions dans une courte présentation vidéo fournie dans cet article.

La première partie de l’essai mené en indoor nous permet de faire appel à Jean, golfeur d’index 24, senior de plus de 65 ans, avec une vitesse de swing au fer 7 autour de 63 mph (101 kmh).

Je participe systématiquement à tous les tests pour historiser toutes les données et comparaisons depuis 2012.

A 41 ans, ma vitesse de swing est stable autour de 81 mph (130 kmh).

Enfin, Xavier Bretin, pro, nous apporte son expertise et sa régularité avec une vitesse de swing de 86 mph (138 kmh).

Avec ces trois profils, nous essayons de balayer un éventail de joueurs susceptibles de taper ce club, et pouvons surtout comparer sa performance par rapport à des clubs concurrents.

Pour le test en indoor et en outdoor, nous utilisons rigoureusement le même type de balle, et ce depuis 2012, à savoir une Srixon Z-Star. C’est un élément clé dans un test de club.

Les principaux chiffres pour établir notre analyse et évaluer la performance d’un club

Sans expérience, conclure sur le test d’un club de golf, sans savoir interpréter les très nombreuses données fournies par un launch monitor tel que le Trackman, peut vite revenir à raconter n’importe quoi.

La distance totale n’est pas un élément suffisant pour juger de la réelle performance d’un club de golf.

Il faut prendre en compte principalement les paramètres que sont la vitesse de swing, la vitesse de balle, l’angle de lancement, et le taux de spin donné à la balle.

Nous ajoutons en plus le smash factor qui est le ratio entre la vitesse de swing et la vitesse de balle, ce qui traduit l’optimisation du set-up club/joueur.

Nous allons plus loin avec le degré d’efficacité qui est un ratio que nous avons créé, entre la vitesse de swing, et la distance produite au carry. Cela résume l’énergie déployée pour produire une distance.

Et enfin, suite à des échanges avec des ingénieurs aux USA qui conçoivent les clubs lors du voyage à Carlsbad en février 2017, nous utilisons en plus le ratio spin sur angle de lancement, qui traduit la performance balistique d’un club.

Le bénéfice d’utiliser des ratios permet de neutraliser des effets extérieurs comme les variations de vitesses de swings entre plusieurs essais.

Ainsi, nous estimons que nous pouvons passer derrière le discours marketing, pour distinguer ce qui est de la performance du blabla, et pour quelles raisons.

Les données pour les 3 testeurs en version acier

Ce premier tableau illustre les données pour les 3 testeurs, et une comparaison avec les fers déjà testés dans des conditions similaires sur manches aciers au cours des deux dernières années, et répartis selon les 4 grandes catégories de clubs existants sur le marché.

Quand c’était possible, nous avons ajouté l’équivalent en G30 ou G, les précédents clubs équivalents chez PING.

A savoir, OS pour Oversized improvment, Standard improvment, CB player pour Cavity Back, et enfin MB player pour Muscle Back, une répartition allant des clubs aux semelles les plus larges aux semelles les plus fines, des clubs aux lofts les plus fermés aux plus ouverts…

Pour un senior

Pour Jean, les chiffres révèlent que le G400 n’est pas encore « assez » oversized pour lui apporter un véritable bénéfice de longueur et de contrôle.

De manière générale, plus la semelle se rétrécit et plus son smash factor se réduit, passant de 1.28 à seulement 1.19 avec une lame sur manche acier. Dans tous les cas, les ratios sont insuffisants pour créer beaucoup de distance. La vitesse de swing inférieure à 70 mph est bien entendu la principale explication d’une balle pas assez compréssée.

En distance, Jean peut avoir un écart de plus de 10 mètres entre un club adapté et inadapté.

Le G400 n’a pas résolu ce problème pour lui. Nous verrons ce qu’il en est sur un manche regular.

En comparaison à la catégorie improvment standard, le G400 semble dans « la plaque » sans se démarquer en distance, et en contrôle.

Seul constat à relever, le G400 a offert très peu de spin à Jean, ce qui a limité la perte de distance lié à un manque de vitesse de swing, mais oubliez l’idée de contrôler la balle, notamment en profondeur. La roule étant de 12 mètres en moyenne. Pour ceux qui aiment l’idée de faire du « backspin »… Pour le coup, c’est impossible.

Pour un amateur à vitesse de swing rapide

Pour ma part, les chiffres sont beaucoup plus flatteurs pour le G400. Par rapport aux G30 et G, bien qu’en l’espace de 3 ans, j’ai sans doute modifié mon swing, les ratios smash factor et degré d’efficacité sont vraiment plus favorables au G400.

Difficile de contester à PING, une véritable amélioration de ce produit par rapport aux versions précédentes !

Cela se retrouve dans un gain de distance net de 7 mètres entre le G30 et le G400 à vitesse de swing comparable !

En revanche, le gain est moindre par rapport au G, car le club avait été proposé en test avec un manche plus long d’un demi inch, ce qui a fortement joué sur l’augmentation de la vitesse de swing.

Comparé à la moyenne de la catégorie des improvments standards, le G400 se situe plutôt au-dessus.

En réalité, un seul point me pose problème avec ce club : le spin qui est trop bas, et par conséquence, la roule qui est trop importante pour espérer contrôler la profondeur de frappe.

En résumé, pour ma part, le G400 réalise une partie et une seule de l’équation : la distance ! C’est incontestable. En revanche, je ne suis pas d’accord avec la marque quand elle affirme « Plus de distance et plus de contrôle ».

A 4600 tours de spin en moyenne, on commence à se rapprocher de la moyenne d’un fer 4.

Pour un pro

Dans le cas de Xavier, le fait qu’il ait testé le club sur un manche acier plus lourd et plus adapté à son swing, n’a pas ralenti sa vitesse de swing moyenne. Au contraire, il est déjà « plus juste » dans les données de son essai avec des ratios qui ne démarquent pas vraiment le G400 du reste de son panel.

De manière contradictoire, son angle de décollage et son angle d’atterrissage sont plus conformes à ceux d’un fer 7.

Alors que j’ai tendu la trajectoire, que Jean n’a pas eu d’effet, Xavier est resté dans un usage plus classique d’un fer 7. Du coup, pour sa part, rien à redire concernant la forme de sa trajectoire.

Avec un angle de descente à 48 degrés, Xavier va pouvoir effectivement contrôler la profondeur.

Toutefois, avec seulement 5000 tours de spin, le fer 7 est plutôt un fer 5.


Les données pour 2 testeurs en version graphite

Pour compléter, ci-dessus, les résultats avec cette fois, des manches graphites seulement pour le senior, et me concernant.

Pour un senior

Acier ou regular, les données sont très proches bien que légèrement plus favorable au graphite pour les ratios. Cependant, cela ne se retrouve pas vraiment sur la distance qui est comparable (moins de 100 mètres).

Le seul fait notable est en fait l’augmentation du spin (de 4000 à 4600 tours), ce qui renforce le contrôle. Pour cet argument, et sans perte de distance, Jean ne devrait pas choisir un manche acier.

Pour un amateur à vitesse de swing rapide

Comme pour Jean, le graphite atténue la perte de spin. Au lieu de descendre sous la barre des 5000 tours donnés à la balle, à 5500, c’est plus convenable pour arrêter la balle sur le green.

Comme pour l’acier, le G400 est largement plus performant que le G30, et même très performant dans sa catégorie, que ce soit pour le smash factor ou le degré d’efficacité. La balle est mieux compressée et part plus vite de la face. C’est indéniable.

En revanche, je voudrai attirer votre attention sur un autre paramètre par encore évoqué jusqu’ici : l’écartement entre les moins bonnes et les meilleures balles.

Sur manche acier, cet écart était de 14 mètres. Avec le graphite, il est monté à 21 mètres, soit plus de 2 clubs d’écarts.

Encore une fois, je ne réfute pas l’idée que ce club est puissant, par contre, je doute de la partie contrôle, surtout pour un golfeur qui n’est pas professionnel avec un excellent swing de golf.

Bilan du test fer 7 PING G400

Nos tests sont une « photographie à un moment donné, et avec des configurations figées », qui peuvent être remis en cause par un fitting, ou un changement de set-up au niveau des clubs.

Néanmoins, avec le concours de trois testeurs distincts, on retrouve des tendances qui méritent d’être relevées.

Pour qui ce club G400 a-t-il été conçu ? La question se pose.

Pour un pro, il n’est pas question d’utiliser un club qui donne peu de contrôle de profondeur.

Le pro n’a pas besoin de plus de distance avec un fer. Au contraire, il a plus besoin de spin.

Aucun golfeur sur le tour n’utilise des clubs de cette catégorie, oscillant plutôt entre CB et MB, et dans certains cas, des clubs improvments avec des lofts raisonnables.

On peut même ajouter qu’un golfeur amateur classé autour de 10 et en-dessous, n’aurait pas intérêt à prendre une série G400.

Oui, il va y avoir un gain de distance, mais quand il s’agira de poser la balle sur un green avec un drapeau qui laisse seulement 5 mètres de profondeur, le mètre ou deux de plus apporté par le G400, fera la différence entre une balle sur le green, et une balle qui en sort.

Je ne connais pas de golfeur toujours capable de donner sur chaque balle, le même taux de spin, la même vitesse de balle, et le même angle d’atterrissage. La distance « augmentée » a aussi pour conséquence d’augmenter la dispersion.

Pour le senior ? La semelle n’est pas encore assez tolérante. Dans ce test, on voit bien que le G400 ne fait pas une différence suffisante.

En cause, pour profiter complètement du bénéfice distance de ce club, il faut une vitesse de swing qui dépasse au moins les 70 mph. Si le principal argument de ce club est la flexion de la face… pour l’optimiser, il faut un minimum de vitesse pour la mettre en œuvre.

Reste les golfeurs classés entre 10 et 20… Au practice, entre un G400 et n’importe quel club vieux de 5 ans, c’est clair que vous allez être bluffé et constaté un gain de 5 à 10 mètres.

La question à laquelle je n’ai pas la réponse. C’est « Que se passe-t-il sur le parcours ? » Est-ce que vous allez scorer mieux pour autant ? Est-ce que vous allez poser la balle plus près des drapeaux ?

Pour scorer au golf, il n’y pas d’autres questions à résoudre : la proximité au drapeau en moins de coups possibles.

Le club de golf génial n’existe pas encore.

Celui qui apporte un gain de 5 mph de vitesse de balle à vitesse constante avec un taux de spin et une trajectoire équivalente à celle d’un vrai fer 7.

Pour l’instant, G400 comme d’autres, c’est un compromis en faveur de la distance.

Ce que l’on constate à travers ce test, c’est qu’un fitting, et un changement de shaft peut potentiellement atténuer la perte de spin.

Attention, on ne parle pas de tester 3 shafts ! Il faudra en tester beaucoup pour trouver l’équilibre.

Entre G30, G et G400, il y a une nette amélioration de la face pour donner plus de vitesse de balle. Je ne serai pas surpris que d’ici à 5 ans, les marques réinvestissent la question du spin sur les fers…

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