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Test de la série de fers XXIO10

Test de la série de fers XXIO10

La série XXIO 10 présente une fabrication multi-matériau censée favoriser une trajectoire de balle plus haute avec une face en titane élargie pour optimiser la tolérance, et la distance. Le nouveau shaft MP1000 allégé doit servir cette tête plus lourde. Au-delà des termes techniques, nous avons réalisé le test de la série complète du fer 5 au pitch, et pour cela sollicité trois testeurs dont un senior, et le pro, Xavier Bretin.

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Les clubs testés : du fer 5 au pitching wedge XXIO10

Pour cet essai, nous remercions Srixon Sports Europe d’avoir mis à notre disposition une série complète de fers XXIO10 du fer 5 au pitch sur manches graphites regulars.

Avec un swing weight en C9, comme pour le driver, ces clubs se distinguent par une très grande légèreté, en particulier au niveau des manches de seulement 49 grammes.

Cet article vient en complément de notre présentation détaillant les principales caractéristiques de ces nouveaux fers. Comme vous pourrez le constater, les lofts sont très fermés avec par exemple, le fer 7 à 29 degrés quand une lame muscleback équivalente peut être à 35 degrés.

Dans son interview, Nicolas Marchand, responsable média de la marque en France répond à une question concernant ce choix opéré par la marque.

Les conditions du test

Ci-dessous, la moyenne des trois testeurs régulièrement utilisés pour comparer des clubs sur notre site.

Les colonnes de gauche (clubs, lofts, poids, et longueur du manche) matérialisent les configurations testées.

La vitesse du club et la vitesse de balle sont les reflets de la compétence du testeur. Les autres données découlent de cette compétence et du club.

Pour une série, les objectifs principaux ne sont pas seulement tournés autour de la distance. Il faut un bon étagement des distances, du spin sur les coups tapés les plus courts pour arrêter rapidement la balle, et surtout de la tolérance.

La différence de « compétence » entre les trois frappeurs se mesure particulièrement au niveau du smash factor et du degré d’efficacité.

Plus ces ratios sont élevés, et plus la balle a des chances de parcourir une longue distance du fait d’un meilleur centrage de la balle dans la face, signe d’une meilleure maturité du swing.

Xavier Bretin, pro au golf de la Sorelle s’est prêté au test du pro. J’ai participé au test en qualité de golfeur amateur, et Jean, un golfeur senior de 69 ans, index 24, admet jouer 2 à 3 fois par mois, présente une vitesse de swing modérée.

A titre de comparaison, ci-dessus, les données compilées pour toutes les séries déjà testés sur manches en graphite regular.

Nos indicateurs de performances

Pour déterminer la maniabilité d’un club de golf, nous utilisons toujours la même évaluation purement mathématique : le smash factor (ratio entre vitesse de swing et vitesse de balle à l’impact) qui traduit la bonne utilisation d’un club par un golfeur, et sa capacité à centrer régulièrement la balle dans la face.

Pour déterminer l’optimisation du club par le joueur, et en fait l’efficacité pour produire de la distance, nous utilisons un rapport que nous avons créé, entre vitesse de swing (énergie que vous produisez) et la distance au carry (résultat que vous produisez).

Pour déterminer la bonne utilisation du club par le joueur, nous utilisons aussi en plus un ratio entre le nombre de tours de spin donnés à la balle, et son angle de lancement exprimé en degrés.

Chaque golfeur génère un taux de spin et un angle de lancement qui lui est propre avec le matériel qui lui est donné. Cependant, des règles constantes s’observent.

Si une balle de golf part haute et prend beaucoup de spin, par rapport à une vitesse de balle donnée, elle monte au-dessus de la trajectoire idéale, ballonne, et perd en vélocité.

Si une balle de golf part basse et prend peu de spin par rapport à une vitesse de balle donnée, elle descend trop vite en-dessous de la trajectoire idéale, et perd en vélocité.

Avec ces trois ratios, en plus des données trackman, nous pensons pouvoir argumenter sur la performance d’un club de golf en toute objectivité, et avec une approche rigoureuse.

Pour un senior

Dans le cas du testeur senior qui est le plus concerné par cette série par rapport aux deux autres testeurs, on constate qu’en moyenne, Jean gagne réellement 2 mph de vitesse de swing en plus par rapport à une série moyenne en graphite regular.

Globalement, ce gain de vitesse de swing se traduit bien par un gain en vitesse de balle, même si Jean n’a pas complètement optimisé l’utilisation de cette série avec un smash factor en baisse.

Autrement dit, Jean a perdu une partie de son gain de vitesse de swing avec un moins bon centrage de la balle dans la face.

Bon point ! Malgré un moins bon centrage évident, notamment avec les fers 6 et 7, le taux de spin des XXIO10 n’a pas grimpé en flèche. Au contraire, le taux est resté contenu. Globalement, le taux est même descendu de 400 tours en moyenne.

Un taux qui serait trop bas pour espérer donner du backspin et jouer sur le tour.

En revanche, et contrairement à ce que l’on pourrait croire avec des lofts aussi fermés, l’angle de lancement a globalement progressé.

En moyenne, Jean a gagné 1 degré au lancement. Il l’a retrouvé à l’atterrissage pour une forme de trajectoire plus bombée, et plus favorable au contrôle de profondeur.

Jean n’étant pas un golfeur professionnel. On peut noter de fortes disparités d’un club à un autre. On constate dans les chiffres le manque de régularité.

On ne peut pas conclure sur une plus grande tolérance des fers XXIO10. Le smash factor constaté n’est pas meilleur, pas plus que le degré d’efficacité !

Le spin par angle de lancement est cependant nettement meilleur. Concrètement, Jean n’a pas mieux tapé, cependant, il a produit des formes de trajectoires plus cohérentes.

Sur les longs fers, il a effectivement légèrement gagné en distance. Sur les fers courts, ce n’est pas flagrant.

Un dernier argument joue en faveur des fers XXIO. Jean a expérimenté une moins forte dispersion. Alors qu’avec une série graphite regular, pour un même club, en moyenne, il peut connaître un écartement de 16 mètres entre un bon et un mauvais coup, dans le cas de la série XXIO10, ce chiffre est tombé à 12 mètres.

Pour Jean, le bénéfice n’est pas facile à lire. Au cours du test, il a semblé prendre du plaisir à taper cette série, et l’a trouvé facile à manier. Clairement, il a apprécié la légèreté. Plus que les clubs, Jean gagnerait à travailler sur son swing pour espérer optimiser ses performances. En pratique, il peut effectivement gagner en vitesse de swing, et en vitesse de balle. Attention de bien capitaliser sur ce gain en conservant une bonne qualité de centrage…

Pour un amateur à vitesse de swing rapide

Pour ma part, et fort logiquement, avec les mêmes clubs, j’ai aussi gagné 2 mph de vitesse de swing. Plus régulier, à la différence de Jean, je les ai complètement retrouvé en vitesse de balle. Senior ou pas, dans ce cas, c’est le niveau de pratique qui prend le dessus.

A la différence de Jean, je n’ai pas franchement envoyé les balles plus hautes au lancement. Ce fut assez cohérent avec les lofts en comparaison du panel déjà testé. J’ajouterai simplement que le choix d’une balle premium peut influer sur la trajectoire.

Paradoxe, alors que j’ai lancé légèrement plus tendu par rapport à d’autres séries sur manche graphite regular, l’angle d’atterrissage a été plus prononcé, et donc plus favorable au contrôle.

Par rapport à une série de fers classiques avec par exemple un loft de fer 7 à 34 degrés, je n’ai perdu que 2 degrés par rapport à l’idéal. J’ai même donné un peu plus de spin, ce qui combiné avec un angle d’atterrissage prononcé, est plus favorable au contrôle de la profondeur. C’est plutôt une bonne surprise.

Comme pour Jean, je n’ai pas noté un gain en smash factor ou en efficacité. C’est simplement la trajectoire de balle qui est un peu plus cohérente avec des balles plus bombées.

Au global, je trouve un léger gain de 2 mètres par clubs en distance totale.

Enfin, je n’ai pas réellement gagné en dispersion. Entre un bon et un mauvais coup, j’ai toujours un écart de 16 mètres, ce qui est bien entendu un frein à ma progression en termes d’index. Pas sûr qu’un club puisse corriger cela tout seul.

Alors que Jean pourrait considérer l’achat d’une telle série, si j’ai apprécié cette série pour son touché, et son ajout de distance assez évident, j’aurai plutôt tendance à chercher une série avec plus de spin et plus d’angle d’atterrissage. Pour un golfeur à la recherche d’un maximum de distance par clubs, la XXIO 10 est séduisante.

A noter, à partir du fer 6, j’ai tendance à écraser le gain de smash factor. La question d’un hybride pour remplacer le fer 6 pourrait se poser…

Inversement, je ne donne pas assez de spin sur les coups les plus courts…

Pour le pro Xavier Bretin

Des trois profils, celui qui tire la meilleure performance de la série XXIO10 est incontestablement le pro.

Non seulement, il gagne en vitesse de swing à la faveur de manches plus légers et plus longs, mais il traduit ce gain sur tous les autres paramètres.

Xavier gagne 1 mph de vitesse de swing qui se transforme en 2 mph en vitesse de balle. Non seulement, il swingue plus vite, mais en plus, il trouve plus facilement le sweet spot. Le smash factor et le degré d’efficacité s’en trouvent amélioré.

Comme moi, il lance légèrement plus tendu avec un spin légèrement plus bas. A son niveau, cette perte de spin va trop réduire sa capacité à arrêter la balle rapidement sur les greens.

Dommage, car il expérimente un gain de distance par clubs de 5 mètres en moyenne pour une série graphite regular. Il arrive même à réduire sa dispersion de près de 2 mètres en moyenne (seulement 8 mètres entre un mauvais et un excellent shot).

Des trois profils, c’est Xavier qui produit l’usage le plus cohérent entre chaque fers. La série est parfaitement crantée pour lui.

A son niveau de jeu, et ce sera le seul problème pour Xavier, il lui manque 2500 à 3000 tours de spin par clubs pour parfaitement contrôler la profondeur de ses balles. En dehors de cet aspect, il produit des frappes très cohérentes avec chaque clubs.

Bilan du test

Nos tests sont une « photographie à un moment donné, et avec des configurations figées » qui peuvent être remis en cause par un fitting, ou un changement de set-up au niveau des clubs. Néanmoins, avec le concours de trois testeurs distincts, on retrouve des tendances qui méritent d’être relevées.

Indiscutablement, pour les trois golfeurs, on relève un net gain de vitesse de swing, allant de 1 à 2 mph de moyenne par clubs et selon les profils.

Toutefois, ce gain intéressant pour lancer plus vite doit se retranscrire dans la capacité du golfeur à toujours correctement centrer la balle dans la face. Cette habilité dépend du joueur. On voit dans le test que le pro réussit complètement à maximiser la performance du club, et à transformer 1 mph de vitesse de swing en 2 mph de vitesse de balle. A l’inverse, Jean, et ce n’est pas une question d’âge, mais bien de pratique, ne parvient pas systématiquement à ce résultat, en particulier sur les clubs courts. Il trouve surtout le gain sur les longs clubs.

Néanmoins, pour un senior, effectivement, il y a un gain de distance potentiel. Comme toujours, le club ne peut pas tout faire tout seul.

Pour ma part, j’ai noté avec cette série, et cette configuration, que le gain de distance ne se faisait pas seulement sur le spin en moins, et un angle de lancement plus tendu. Au contraire, le gain est bien le résultat d’une meilleure vitesse de balle. J’ai même obtenu un peu plus de spin, et légèrement gagné en contrôle de profondeur. C’est bien le carry qui augmente notablement, par rapport à la roule qui reste modérée pour ce type de clubs, et de lofts.

Enfin, pour le pro, les gains sont spectaculaires. Il frôle la barre des 200 mètres au fer 5, même si ce serait plutôt le loft d’un fer 3.

En conclusion, on vérifie bien l’argument du fabricant sur le gain de vitesse de swing, toujours avec des manches consistants. Il restera à chacun de parfaitement exploiter le potentiel du club pour réellement trouver un bénéfice de distance. Le choix d’une balle adaptée pourra être intéressant, notamment pour accentuer l’angle de lancement, et le taux de spin. Avec une telle série, il faut aller jusqu’au bout du processus, et ne pas hésiter à faire du fine-tuning. C’est ce que j’avais personnellement expérimenté à Toulouse dans le cadre de mon premier essai, où avec une balle XXIO Prime, j’avais obtenu un angle de lancement important pour des trajectoires hautes, et du spin.

Le bilan du test est contrasté. On aurait aimé un gain plus franc pour le testeur senior, et à la limite, pas forcément un excellent résultat pour le pro, qui n’est pas nécessairement la cible de ce club.

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