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Test comparatif série de fers Cobra King F7 One Length vs Variable Length

Test comparatif série de fers Cobra King F7 One Lenght vs Variable Length

C’est peut-être l’un des temps forts de la saison 2017 s’agissant des nouveautés matériels et clubs de golf. J’ai eu l’occasion de tester ces clubs au cours de mon voyage au siège de la marque Cobra en février. En exclusivité, j’ai eu le privilège de comparer la série King F7 One Length, inspirée par Bryson DeChambeau, et la série King F7 Variable length, au cœur du laboratoire de test de la marque, bardé de capteurs, et sous l’œil de multiples caméras hautes fréquences. A mon retour en France, Cobra m’a envoyé les deux séries pour que je les teste avec un trackman, puis sur le parcours. Je vous présente un premier compte rendu très détaillé de ces multiples expériences avec des clubs qui détonnent dans l’univers des clubs de golf.

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Test des clubs Cobra au centre d’essai privé Cobra à Carlsbad

Dans le cadre de mon voyage en Californie, pour aller à la rencontre des principales marques d’équipements, j’ai passé une journée en compagnie de José Miraflor, Tom Olsavsky, les deux ingénieurs « stars » de la profession, et leurs équipes d’ingénieurs et de testeurs de clubs.

Au cours de cette journée, j’ai eu le privilège de pénétrer dans le centre d’essai privé de la marque, où sont réalisés les principaux tests des prototypes et des clubs finis.

Une pièce vouée à un simulateur high tech permet de swinguer à pleine mesure, sous la surveillande de caméras dignes de la production cinématographique.

Bardé de capteurs de la tête aux pieds, sanglé dans une veste spéciale, mes hôtes m’ont demandé d’effectuer plusieurs swings pour percevoir les différences entre série One Length, des clubs dont la longueur est toujours identique, quel que soit le loft, et les mêmes clubs, dans ce que Cobra appelle une série Variable Length, tout bonnement, une série classique avec des manches de longueurs variables.

Non seulement, les ingénieurs de la marque ont pu évaluer quel type de produits pouvait me correspondre, et filmer mon swing pour le comparer à une gigantesque base de données de swings, dont ceux des stars du tour, Rickie Fowler et Bryson DeChambeau.

J’ai eu le droit à un comparatif avec le swing de Fowler. J’ai surtout retenu que j’étais plus grand par la taille :)

Bien harnaché pour ne pas dire saucissonné, j’ai eu bien du mal à distinguer des différences entre les différents fers que l’on m’a demandé de taper.

Mike, l’ingénieur en charge de me faire découvrir les deux séries, a conclu l’essai par une recommandation partagée : Adopter les « one length » pour les clubs courts, et des clubs « Variable » pour les plus longs, une sorte de série Combo, ce qui semble tout à fait possible chez Cobra.

Plus tard, j’ai eu la chance d’échanger plus de deux heures avec Tom Olsavsky, ingénieur et concepteur de cette gamme de clubs, que j’avais déjà rencontré l’an passé à Orlando, un immense monsieur de la profession, ancien de Titleist et TaylorMade.

Un ingénieur qui a toujours laissé une bonne impression, et un bel héritage partout où il est passé.

Au sujet de la One Length, Tom m’a illustré le simple et limpide avantage de ces clubs par rapport aux autres : Plus facile !

Son argument choc : « Si nous restons tous les deux à discuter en étant courbé ou voûté, nous ne tiendrons pas longtemps avant de ressentir de la fatigue au niveau du dos. Si nous nous tenons debout, nous pouvons très bien discuter pendant des heures. »

Cette idée, c’est clairement celle de Bryson DeChambeau, qui revendique le fait de penser à long terme, à l’heure où Jason Day ou Rory McIlroy ont déjà mal au dos.

Pour le premier nommé, à seulement 29 ans, beaucoup ne l’imaginent pas jouer encore très longtemps au plus haut niveau, en tout cas, pas sans préserver son dos.

Courbé ou plus au-dessus de la balle, il y a un enjeu qui peut intéresser des débutants, mais aussi des seniors, et en fait, tous ceux qui se soucient de leur santé.

Ce n’est pas le seul argument développé par Cobra avec la nouvelle série One Length.

Cela doit être aussi plus facile. Un seul set-up à l’adresse, et fini les questions sur Comment placez les pieds en fonction de chaque loft ?

Avec un club toujours de la même longueur, vous vous placez toujours de la même façon à l’adresse, et vous ne pensez qu’à swinguer.


Le graphique ci-dessus, issu des documents de présentation interne de la marque Cobra que j’ai pu me procurer, explique qu’avec une série One Length, potentiellement, vous pouvez réduire la dispersion par rapport à des clubs de lofts équivalents, mais de longueurs de shafts variables.

Au sujet des clubs à longueur de shaft unique, il faut comprendre un point essentiel. Le poids des têtes ne peut pas être identique aux têtes sur shafts variables.

Si les manches ne varient pas, il faut bien qu’un paramètre varie pour générer des écarts !

Ci-dessous, la différence de poids entre une tête montée en one length et en variable length extrait d’une présentation interne chez Cobra.


De retour en France, Cobra m’a adressé les deux séries pour que je compare.

Ce que je viens de faire en tapant chaque série du pitch au fer 5 avec un trackman, et une balle TOUR (Srixon Z-Star).

Puis, pour compléter, mon test, j’ai joué 9 trous au Golf Public de Miribel-Jonage avec la série Variable, et les même 9 trous avec la série One Length, histoire de voir, si j’étais capable de sentir la différence.

Les résultats du test au trackman pour la série Variable Lenght

A nouveau, le magasin US Golf de Champagne-Au-Mont-d’Or, près de Lyon a mis à ma disposition des conditions idéales pour effectuer un test, et notamment le radar Trackman, permettant d’enregistrer plus d’une vingtaine de données concernant le club, et la balle.

Ci-dessus, la représentation de la dispersion et de la profondeur de mes balles tapées avec chaque club de la série Variable Length.

Deux éléments sont à noter.

Premièrement, j’ai un « trou » de distance entre le fer 8 et le fer 9, ce qui est assez classique dans mon jeu. Il me manque presque un 8,5 !

Deuxièmement, entre le fer 5 et le fer 6, la différence de distance commence à s’écraser, de sorte que l’on ne sait pas si un fer 5 va franchement plus loin qu’un fer 6 au niveau de la moyenne de mes frappes.

Ce deuxième graphique illustre, toujours pour la série variable, la variation de hauteurs de trajectoires entre les différents clubs de la série.

En réalité, il n’y a pas un grand écart de hauteur de trajectoires maximales. Il y a deux grandes familles de frappes, qui se distinguent plutôt par le moment où ce point haut est atteint : tôt pour les lofts ouverts, et tard pour les lofts fermés.

Comme si vous aviez deux segmentations entre pitch, fer 9, fer 8, et fer 7, fer 6, fer 5.


Ci-dessus, je vous présente le détail des données « trackées ».

Vous constaterez qu’à mesure où j’ai fermé les lofts, j’ai augmenté logiquement ma vitesse de swing, sachant que pour chaque fer, partant du pitch, le shaft s’allonge comme illustré dans le tableau ci-dessous.

Vous verrez que l’augmentation de la vitesse de swing est beaucoup plus marquée avec la série variable par rapport à la série One Length. Les vitesses de swings passant de 69 à 84 mph, alors que dans le second cas, elles vont seulement varier de 73 à 80 mph.

C’est l’un des points clés à retenir à propos de cette comparaison. L’écart de vitesse de swing est divisé par deux !

Notez au passage que l’incrémentation des lofts varie entre le début et la fin de la série.

Vous avez 5 degrés d’écarts entre un fer 9 et un fer 8, mais seulement 3 degrés entre le fameux fer 5 et le fer 6.

En prévision de comparer avec la série One Length, il faudra bien entendu comparer les écarts de distance par clubs, les plus courts vont-ils aller moins loin, et les plus longs… plus loin ?

Notons l’écartement des distances totales entre chaque club qui ne sont pas très précises dans ce cas. Bien entendu, je ne suis ni un robot, ni un golfeur professionnel, mais un simple amateur qui ne joue pas aussi souvent qu’il le voudrait.

L’écartement en distance total moyenne est donc de 10 mètres entre le pitch et le fer 9, puis de 20 mètres entre le fer 9 et le fer 8, puis de 9 mètres entre le fer 8 et le fer 7, puis de 15 mètres entre le fer 7 et le fer 6, et enfin de seulement 9 mètres entre le fer 6 et le fer 5.

Les résultats du test au trackman pour la série One Length

Même test et mêmes conditions, découvrez ci-dessous le graphique de la dispersion et de la profondeur qui doivent cette fois varier du fait du poids de la tête et du loft, mais pas du fait de la longueur du shaft.

Premier constat et première notable différence par rapport au précédent test en Variable, si le problème d’écrasement d’écart de distance entre fer 5 et fer 6 perdure, j’ai un écartement beaucoup plus logique entre pitch, fer 9, fer 8, jusqu’au fer 6.

C’est visiblement le premier bénéfice évident d’une série One Length. Je n’ai pas le fameux trou entre le fer 9 et le fer 8 !

A ce stade, je dois avouer que d’un point de vue purement psychologique, je ne me sentais pas dans la peau d’un golfeur innovateur, susceptible de me sentir concerné par cette série One Length.

A 41 ans, après avoir découvert le golf en Angleterre à l’âge de 10 ans, je concède me sentir un golfeur assez conservateur sur l’approche du jeu, et du matériel.

Ce à quoi, Cédric Masse, le commercial de Cobra France m’a rétorqué « Dans ce cas, tu es vraiment un candidat pour le One Length, dans la mesure où, c’était le principe de jeu de Bobby Jones dans les années 20, et Tommy Armour a été le spécialiste de ce type de clubs dans les années 80/90. »

Et pan dans les dents pour l’argument imparable…

Ce deuxième graphique illustre la hauteur de trajectoire. Comme pour la série Variable, on retrouve la même segmentation entre fers courts… pardon très loftés, et fers longs, peu loftés.

En fait, il n’y a pas de scoop mis à part que les clubs à longueur de shaft identique produisent bien le même fonctionnement que les clubs à shafts variables.

S’agissant de la réduction de la dispersion latérale, pour le coup, à ce stade, franchement, je ne peux pas distinguer les deux séries, et trouver un bénéfice de l’une sur l’autre.

L’écartement en distance total moyenne est donc de 12 mètres entre le pitch et le fer 9, puis de 10 mètres entre le fer 9, et le fer 8, puis de 16 mètres entre le fer 8 et le fer 7, puis de 7 mètres entre le fer 7 et le fer 6, et enfin de seulement 3 mètres entre le fer 6 et le fer 5.

Je crois qu’à ce stade pour mieux comprendre différence entre One et Variable, un petit tableau récapitulatif s’impose…

Pour faire simple, ci-dessus, les distances totales avec chaque club de chaque série, et l’écart de distance entre les clubs.

Très logiquement, comme les clubs courts de la série One sont plus longs et les têtes plus lourdes que les clubs courts de la série Variable, je suis plus long avec les clubs One du pitch au fer 7, mais la logique s’inverse à partir du fer 6, là, où la longueur de shaft prend le dessus.

Avec le fer 5, One lenght, je vais clairement 10 mètres moins loin versus le Variable ! Cependant, avec le pitch, j’allais 10 mètres plus loin avec le One Length !

La distance n’est donc pas nécessairement l’argument à retenir pour différencier les deux séries.

C’est bien l’écartement et la consistance qui nous donnent un meilleur éclairage.

Avec la série One Length, les écarts sont légèrement moins marqués, et surtout, plus cohérents. Il n’y pas de gros trous entre fer 9 et fer 8.

Reste à savoir si sur le parcours, on sent vraiment la différence, et on peut la mesurer en termes d’amélioration du score.

Le test sur le parcours

Qu’en est-il vraiment une fois sur le terrain ? Peut-on vraiment évaluer des clubs de golf sur 18 Trous ?

Le cas présent, je vais simplement vous retranscrire une première expérience.

Taper des balles au practice et jouer au golf sur le parcours sont deux choses assez différentes.

Sur le parcours, de nombreuses variables rentrent en ligne de compte.

Sur les 9 premiers trous, j’ai donc joué le golf public de Miribel-Jonage avec les Variable Length, puis refait un deuxième passage avec les One Length.

Ce parcours a beau être plutôt court, il avantage les joueurs adroits au petit jeu. Pour un long frappeur, un seul trou peut éventuellement justifier l’usage du driver (numéro 9).

Pour cet essai, l’idée étant de tester des fers, c’était donc plutôt adapté.

Sans rentrer dans le détail de tous les trous, et de tous les coups tapés, le premier trou à peine plus long qu’une centaine de mètres en montée me demande la plupart du temps l’usage d’un wedge ouvert à 48 degrés.

Dans le sac Cobra, le King F7 Gap wedge est en fait un 50 degrés.

Petit reproche, cela ne figure pas sur le club, tant et si bien qu’on ne sait pas quelle est l’ouverture du wedge que l’on s’apprête à jouer. Cela m’a coûté quelques petits mètres précieux pour être sur le green.

A l’inverse, le pitching wedge est à 45 degrés… dans tous les cas, j’aurai dû composer.

Mise à part cette remarque, j’ai commencé à jouer avec les clubs Variable Length comme si de rien n’était.

Pour une partie de mois de mars avec le terrain gras, et pas encore à son top, j’ai eu beaucoup de coups d’approches à jouer, et parfois donc, pas avec un lie terrible.

Sur les 5 premiers trous, j’ai oscillé entre par et bogey avant de commettre une grosse faute au 6 avec un coup de fer 5 hors limite.

Sur les trois derniers trous, j’ai à nouveau oscillé entre par et bogeys sans particulièrement bien jouer et surtout scorer, sans que cela puisse être imputable aux clubs.

Au final, deux pars et 4 bogeys, 2 doubles… peu glorieux mais le reflet d’un jeu de début de saison pas en place. (Seulement ma deuxième partie de l’année…)

Après un pit-stop au practice pour me familiariser avec les One Length, je suis reparti pour 9 nouveaux trous.

Sur le trou un, même problème avec le gap wedge qui ne présente pas le loft sur la semelle !

Au final du tour, 3 pars, 2 bogeys, et 2 doubles, et d’ailleurs la même faute au 6 avec le même hors limite pour le même résultat !

Une première chose est certaine, variable ou one length, les clubs ne remplacent pas le joueur.

Si comme moi, vous avez un plan très flat, et ramené le club sur un chemin trop intérieur, quand vous n’y prêtez pas assez attention, vos balles partent trop à gauche. One length ou pas, cela ne corrige pas les grosses fautes de swings.

En revanche, effectivement, en analysant la seconde partie, j’ai enchaîné 3 pars d’affilés suite à trois/quatre coups de fers plus consistants, et plus en ligne avec la cible.

Sur un par 3 à 161 mètres du drapeau, un coup de fer 5 bien tapé m’a permis de me poser près du drapeau.

Bref, difficile d’affirmer que le score est franchement meilleur avec les One Length.

Simplement, la sensation que quelques coups de fers ont été plus consistants.

De toute façon, j’ai plutôt perdu bêtement des coups sur le petit jeu, des chips ou des grattes sur des lies difficiles. One ou Variable length, je ne suis pas certain que les clubs auraient pu faire grand-chose pour moi.

Au final, j’ai plutôt un avis favorable sur ces clubs que je n’aurai pas nécessairement considéré avant, par pure conservatisme idéologique.

J’imagine qu’avec de la pratique, le procédé pourrait être excellent.

Dans ma deuxième partie, j’ai partagé le jeu avec un golfeur d’une soixantaine d’années qui s’était mis au golf quelques mois plus tôt au golf de Pau.

Il aurait tout à fait pu être un bon candidat pour ce type de clubs. D’ailleurs, pour la petite histoire, son sac était composé de clubs achetés chez Decathlon sans véritable cohérence avec ses besoins. Exemple : Un driver de shaft trop long et de loft trop fermé…

Clairement, le matériel ne fait pas le golfeur. Par contre, le matériel peut défaire le golfeur.

S’agissant des clubs Cobra, la série Variable Length m’a paru correcte, mais il est vrai que la sensation… c’est les One Length, qui n’ont pas aujourd’hui d’équivalents dans les grandes marques, et mis à part, la série Sterling.

En y repensant, la remarque que m’avait fait l’ingénieur américain chez Cobra a du sens.

Sur les petits fers, du pitch au fer 7, des clubs One Length apporte un bénéfice de longueur et à priori de maniabilité, au-delà, pour un long frappeur, mieux vaut rester sur des clubs Variables pour obtenir plus de distance, et peut-être un peu moins de régularité. C’est mon expérience… Ce n’est pas la seule réponse et solution possible.

A vous d’essayer…

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