Test de la série de fers Callaway Big Bertha 21 : La distance contre la précision ?

Suite de mon précédent article consacré à la nouvelle série de fers Callaway Big Bertha 21, après vous avoir présenté les caractéristiques de ces fers, et un premier test comparatif avec les fers MAVRIK, dans ce second sujet, je vous présente une autre comparaison, entre cette série typée distance, et une série typée contrôle ou précision, pour que vous puissiez complètement mesurer les avantages et inconvénients qu’une telle série Big Bertha 21 pourraient vous apporter dans votre jeu de golf.

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Les clubs testés

A travers ce sujet, mon objectif est de vous illustrer les vrais points forts, et en même temps, les véritables faiblesses de la série Big Bertha 21.

Contrairement aux discours des marques, il n’y pas de compromis. Tout choix technique, toutes caractéristiques engendrent des conséquences qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Ci-dessus, ce premier tableau synthétise tout simplement ce que j’ai comparé, à savoir quatre fers (4,6,8, et pitch).

J’ai utilisé en comparaison ma propre série de fers, et je n’ai pas indiqué son nom, car je n’ai pas jugé utile de le faire. Ce qu’il faut retenir, ce ne sont que les caractéristiques.

Je compare une série Callaway Big Bertha 21 avec une série de clubs vraiment dédiés à la précision, plus qu’à la distance pour vous illustrer ci-après les différences de trajectoires, et par club.

Commençons par le pitch

Avec le pitching wedge de la série Big Bertha 21, jusque-là pas de chose notable aussi bien en distance, comme en dispersion.

Ce type de trajectoire me convient tout à fait. Cela étant, on ne peut pas dire qu’il y ait un quelconque gain de distance significatif.

Avec un club de précision, on peut noter que le smash factor descend (le loft est plus élevé). Mis à part que j’ai mal ajusté ma mire, et un peu trop fermé ma face de club, on note tout de même une différence majeure sur la précision : La différence entre la distance au carry, et la distance totale est divisée par deux !

Les angles de lancement et d’atterrissages combiné à la hauteur maximum de la balle qui forment la trajectoire sont nettement plus élevés.

Illustré ci-dessus, le club de précision permet des trajectoires très différentes, et bien plus bombées, y compris pour un pitch.

Cependant, ce n’est pas pour autant que ma dispersion est moins bonne. Je précise que ce test a été réalisé sans trucages. J’ai bien tapé 10 balles avec les 2 clubs sans chercher à fausser le résultat, pour coller à mon raisonnement.

C’est bien le contraire. C’est le test qui a dicté mon raisonnement.

Ci-dessus, on peut constater que malgré mon club de précision, j’ai été moins précis par rapport au pitch Big Bertha 21, sur le plan de la dispersion latérale, comme en profondeur.

En réalité, j’ai deux moins bonnes balles qui pénalisent mon club de précision, qui est aussi, revers de la médaille, moins tolérant.

Jusque-là, la comparaison du pitch ne révèle rien de très négatif pour le Callaway sur le sujet de la précision, mais pas non plus un avantage de distance.

Continuons avec le fer 8

Premier constat frappant pour un fer 8, le smash factor est extrêmement élevé ! 1.40, soit une vitesse de balle de plus de 101 mph alors que j’ai swingué relativement lentement (moins de 75 mph).

La distance produite est largement comparable à un fer 7 tapé à une vitesse de swing supérieure !

Ce fer 8 présente des caractéristiques d’un fer 6 !

Avec un club de précision un peu plus lourd, j’ai swingué à peine un peu plus vite, et en revanche, le smash factor, est plus conventionnel pour moi, et notablement plus bas.

L’avantage de puissance est clairement en faveur du Big Bertha 21. Il y a une différence de près de 10 mètres en distance total.

Cependant, cet avantage se traduit aussi pour un golfeur amateur avec un swing imparfait comme le mien, par une augmentation de l’écart de précision avec le centre du fairway.

Plus de distance… mais aussi plus de dispersion, et dès le fer 8.

La roule est de 13 mètres avec le Callaway contre 8 mètres pour le club de précision. Sur une attaque de green, cela fera une véritable différence.

Les trajectoires de balles sont plus tendues avec le Big Bertha 21.

S’agissant de la dispersion, on ne peut pas encore affirmer que le fer 8 Callaway est plus dispersant. Au contraire, on peut dire qu’il permet plus de distance.

Toutefois, si le club de précision, moins tolérant peut engendrer des erreurs avec des balles moins bien centrées dans la face, et donc plus courtes. A l’inverse, le Big Bertha 21 peut produire des erreurs de balles trop longues, comme illustré ci-dessus avec le point blanc qui ressort 20 mètres plus loin que le reste des autres balles…

Continuons avec le fer 6

J’ai été sincèrement impressionné par le smash factor du fer 6 ! A se demander si je n’allais pas produire le ratio d’un driver ! En revanche, la régularité, et la prédictibilité des trajectoires a commencé à chuter, typiquement quelque chose qui fait monter le score sur le parcours.

Concrètement pour une attaque de green à 150 mètres, j’ai de grandes chances de faire la distance, mais de manquer le green, à gauche, ou à droite…

A contrario, avec un fer de précision, pour seulement 5 mètres de moins au carry, le pourcentage de chances de ne pas égarer la balle à gauche, ou à droite, est nettement plus élevé !

Le rapport avantage/inconvénient commence à se préciser pour la série Big Bertha 21.

Les trajectoires sont encore un peu plus tendues avec le Big Bertha, mais c’est moins marqué, à mesure que l’on joue un fer 6.

Revers de la médaille pour le club de précision, si je rate moins en latéral, en revanche, un mauvais coup et mal centré engendre immédiatement une forte perte de distance. C’est moins vrai avec le Callaway.

C’est pratiquement le graphique clé de cet article ! La dispersion avec le Big Bertha explose par rapport à un club de précision, et pour un gain de distance marginal.

Terminons avec le fer 4

A la différence du fer 6, et ce fut une surprise, le club perd en efficacité. Au lieu de faire encore monter le smash factor avec le fer 4, il redescend, signe que le loft est trop difficile à jouer.

Si avec le pitch, et les autres fers, j’ai plutôt eu de bonnes sensations, avec le fer 4, j’ai multiplié les grattes, et les coups franchement désagréables.

Et paradoxalement, le club de précision avec un loft plus cohérent se retrouve à donner plus de smash factor. Si j’ai manqué une balle franchement à droite, le résultat en précision est plus cohérent.

Avec le Big-Bertha 21, les trajectoires continuent d’être plus tendues, mais pour la première fois, on trouve des erreurs de centrages que l’on pourrait plutôt attendre du club de précision, et des balles trop basses, et trop courtes. Le loft du Big Bertha 21 est trop bas pour ma vitesse de swing, et imaginez donc pour un golfeur en progression ou senior !

La dispersion explose aussi dans le mauvais sens du terme.

Ce graphique illustre le problème posé, qui n’est plus seulement latéral, mais aussi en profondeur…

Bilan du test de la série Callaway Big Bertha 21

Clairement, la série Callaway Big Bertha promet de la distance, et tient cette promesse jusqu’au fer 6, éventuellement le fer 5, mais comme toutes les séries qui abaissent démesurément les lofts, il y a un prix à payer, et notamment avec le fer 4 qui joué sans tee est vraiment rétif au contrôle.

Autre inconvénient, à partir du fer 8, et jusque vers les longs fers, la dispersion ne cesse d’augmenter.

Oui, la série Big Bertha 21 est séduisante pour un golfeur qui peine à créer du release naturellement, mais attention de ne pas aller trop loin dans cette direction, et perdre de vue, qu’à un moment, il faut poser une balle sur un green, et pas à côté.

Callaway n’est pas la seule marque à s’adonner à ce sport, Cobra, TaylorMade, Ping, et toutes les marques jouent à ce jeu qui consiste à promettre toujours plus de distance, à la faveur de combinés de technologies.

En réalité, le concept est plus simple, moins de loft, des semelles plus larges, et cela fonctionne. Il suffit de regarder les ventes pour l’admettre.

Choisir une série, ce n’est pas juste tester le fer 6 ou le fer 7. Quel comportement avec le pitch ? Quel comportement avec le fer 4 ?

La distance avec le fer 6 n’est pas le score, à la fin de la partie.

Enfin, cette série s’adresse exclusivement à des golfeurs qui luttent avec le slice. L’offset est si prononcé que si votre chemin naturel de déplacement du club avant l’impact est neutre ou intérieur-extérieur, vous aurez du mal à contrôler les trajectoires, et justement taper des coups rectilignes.

Le bon client pour ce produit sera donc le golfeur sliceur et en manque de release, qui arrêtera la série au fer 5, et pourquoi pas le fer 6, pour substituer aux longs fers des hybrides plus abordables.

Un média de golf peu scrupuleux a récemment titré qu’il s’agissait de l’arme fatale pour tous les golfeurs. C’est loin d’être certain. 

La bonne surprise vient du prix. En version acier, Callaway propose sa série de sept clubs à 999 euros sur des manches en acier, et 1249 euros pour des manches en graphite.

Pour un produit labelisé Big Bertha, et comparativement à des versions précédentes, je trouve que Callaway se montre très raisonnable. Un autre argument qui pourrait jouer en faveur des ventes ?

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