Test série de fers XXIO X (EKS) 2020 : Gardez le contact !

Quelques semaines avant le confinement, XXIO avait mis sur le marché une nouvelle gamme de clubs 2020 ambitieuse. Il s’agissait de réussir à occidentaliser et moderniser la marque nippone, et ce particulièrement à l’occasion de son vingtième anniversaire. Il s’agissait aussi de mieux segmenter l’offre entre quinquagénaires et septuagénaires. La nouvelle série de fers X à prononcer (eks) prenait donc le relais de la précédente gamme Forged, pour des golfeurs « évolutifs », à la recherche de confiance, et de distance. Alors, c’est quoi justement un golfeur « évolutif » ? Que peut-on attendre de cette nouvelle série à face forgée ? J’ai testé une série du fer 6 au pitch pour déterminer les plus et les moins…

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Une série de fers XXIO Forged X (eks) pour golfeur évolutif ?

Le groupe Japonais Sumitomo Rubber Industrie a le privilège de combiner plusieurs marques de matériel de golf : Cleveland, Srixon, XXIO, et aussi Miyazaki.

A bien regarder les nouveaux fers X ou eks dont le nom n’est pas très intuitif (XXIO craint que les golfeurs confondent cette série avec la gamme XXIO 10), on peut ressentir cette fameuse combinaison de savoir entre les différentes marques du groupe.

Comment ne pas imaginer que les fers XXIO bénéficient des inspirations utilisées par Srixon pour ses séries Z ?

La cavité arrière des nouveaux X fait furieusement penser à celle des séries Z, comme une marque de reconnaissance. En revanche, XXIO n’a pas complètement repris à son compte la fameuse V sole, toujours bien en vue sur les séries de fers Srixon Z.

Alors que cette forme en V dessinée sous la semelle des séries Z est très centrale, elle se décale légèrement vers le trailing edge du club (à l’arrière de la semelle).

Au-delà de l’aspect esthétique, l’explication « technique » de la marque argumente du fait que les golfeurs susceptibles de jouer ces clubs auront tendance à swinguer avec un angle d’attaque plus vertical. Ils auront besoin d’une meilleure interaction entre le club et le gazon, tout en gardant un maximum de contrôle.

Bref, semelle et cavité vous renseignent immédiatement sur la nature du club que vous allez jouer.

XXIO a réussi à se distinguer sur le marché, et le X qui vient trôner sur la base de cavité achève de signer le club.

Seule apparaît la mention « Forged » qui pourrait induire en erreur. A en juger par la forme du club, c’est plus un club moulé qu’un club uniquement forgé à partir d’une seule pièce d’acier.

C’est au contraire la face qui est forgée, et rapportée ensuite sur la tête.

Toujours en y regardant de plus près, on peut voir que la tête présente deux parties distinctes, notamment à travers la teinte de polissage qui change légèrement entre l’avant et l’arrière.

Sans pinailler, la tête est très jolie, très sobre, alors qu’elle doit surtout inspirer tolérance et puissance.

Tolérance et puissance sont généralement exprimés par 2 éléments clés du dessin d’une tête : La largeur de la semelle, et la largeur de la topline.

Sans être surdimensionnées, la semelle comme la topline sont moins extravagantes que celles d’une série de fers Eleven, justement pour rassurer des golfeurs « évolutifs » qui voudraient donc tolérance et puissance.

Quid du golfeur évolutif ?

Pour XXIO, le golfeur évolutif, c’est sans doute ce golfeur qui a passé la barre de la cinquantaine, n’est pas forcément un athlète ou ultra-sportif, mais encore en bonne forme, et désireux de se faire plaisir, d’atteindre de jolies distances, sans trop encore sacrifier au contrôle.

En somme, un golfeur expérimenté, qui connait le matériel de golf, et à quelque part, renoncé à l’idée de jouer des lames, trop exigeantes physiquement et techniquement.

C’est une définition subtile qui correspond à une immense majorité de golfeurs en France, et un peu partout dans le monde.

La gamme X ou anciennement Forged a pour but de créer une étape intermédiaire avec la gamme Eleven ou Dix hier, pour une clientèle qui entre dans une phase de son golf, où l’idée n’est plus de gagner des mètres, mais d’en perdre le moins possible.

Depuis l’origine de XXIO, il faut bien avouer que c’était d’ailleurs le principal crédo de la marque. « Vous pouviez prendre deux ans d’âges mais vos distances pourraient rester les mêmes. »

Toujours s’agissant des têtes, et avant de parler de la principale nouveauté qui concerne les shafts, la gamme XXIO X reste une série avec des lofts particulièrement fermés.

A titre d’exemple, le fer 7 est fermé à 29 degrés quand un fer 7 lame classique est à 34.

Cela va donc se ressentir sur la création des trajectoires, naturellement plus tendues, et favorable à la roule.

Autre point intéressant, l’offset des têtes ne paraît pas démesuré, de sorte que ce n’est pas une série à ranger pour seulement les sliceurs.

Cet offset raisonnable confère une forme de maniabilité, et de contrôle des trajectoires données à la balle. En clair, pas de hook trop prononcé ou de difficulté à faire du fade.

Peut-être encore une caractéristique d’un club dont on pourrait dire qu’il est pour un joueur « évolutif », et selon la définition du fabricant.

Toutefois, en matière de séries de fers, mis à part le look, ou le fait de fermer encore et toujours les lofts, tout en augmentant la taille des semelles, que peut-on encore transformer ?

C’est donc pour cela que la marque reconnaît avoir plus particulièrement travaillé sur ses manches.

La principale nouveauté se trouve dans le grip

Au bout de ce qu’elle pouvait sans doute apporter concernant la technologie DST (Dual Speed Technology), XXIO a cette fois misé sur le nouveau système Weight Plus.

Système inédit et unique à la marque, donc différenciant par rapport à la concurrence, XXIO ajoute 13 grammes de poids supplémentaires (alors que la marque a passé son temps à retirer du poids, faisant son image sur cet argument) au bout des manches très légèrement élargis pour l’occasion.

Grips qui sont d’ailleurs agréables à saisir en mains, et donc plus lourds pour contrebalancer le poids des têtes, plutôt très légères s’agissant de cette gamme X.

Pour la marque, et son ingénieur Jeff Brunski « Situé derrière les mains, ce poids agit en effet de levier pour faciliter l’amorce et réduire l’effort demandé au swing. »

Si pour cette fois, la marque ajoute du poids, c’est donc toujours néanmoins pour atteindre le même but « créer l’impression de facilité ».

Il est vrai que n’importe quel golfeur qui prendra ce set-up en mains n’aura pas de mal à éprouver ce sentiment de facilité.

J’ai tapé une douzaine de balles avec chaque fer, du 6 au pitch, et ressenti cette forme de facilité en bénéfice, mais qui s’accompagne forcément, et comme toujours d’une contrepartie. J’y reviendrai.

Pour XXIO, ce système Weight Plus a vraiment pour but de favoriser un swing plus puissant, avec un point d’équilibre du club plus élevé.

Il faut comprendre qu’en ajoutant du poids vers les mains, alors que les têtes de clubs sont plutôt légères, XXIO remonte bien l’équilibre global du club plus près du corps, principal moteur du swing.

Pour une série de fers du 6 au pitch, montés sur des shafts Nippon Shaft NS Pro 920 GH DST que vous ne trouverez nulle part ailleurs, et pas même sur le site Internet du fabricant japonais Nippon Shaft, j’ai mesuré un swing weight en C8 (du 6 au 8) et en C9 (du 9 au pitch).

Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait ce qu’annonce le fabricant. Peut-être est-ce un étalonnage différent de la balance ?

Peu importe, cet équilibre traduit bien cette légèreté de la tête, et de l’ensemble du club.

Par exemple, j’ai pesé le fer 6 à 400 grammes avec son manche acier de 92 grammes, loin d’un manche graphite typique XXIO, parfois de seulement 45 grammes, par exemple avec la série Prime.

Plus lourd que le graphite, pour un golfeur habitué à de l’acier, c’est tout de même très léger.

Le swing weight en C8 ou C9 est plutôt rare alors que c’est plus souvent du D2 ou du D3 pour ce type de club.

L’écart de poids total entre chaque club grimpe de 5 grammes en 5 grammes, de sorte que le pitch pèse 420 grammes.

A titre de comparaison, un pitch dans la gamme de lames Mizuno MP-20 pèse 460 grammes !

C’est donc une série légère et maniable, avec des lofts plutôt fermés. Vous vous en doutez peut-être, la promesse, c’est la distance.

La contrepartie va être le contrôle de la profondeur, et un peu la dispersion aussi.

Pour un profil athlétique et qui développe beaucoup de vitesse de swing, ce manche regular va justement être un peu trop léger, et permettre à la tête de « s’évader » un peu.

Pour un profil moins athlétique, la cible de XXIO, ce sera moins visible, et peut-être moins négatif, d’autant que la longueur des manches est assez raisonnable.

A titre d’exemple, 37 inches pour un fer 7 X contre 37.25 inches pour le même fer 7 dans la gamme XXIO Eleven…

Au-delà de toutes ces caractéristiques, fondements d’un club de golf, j’ai surtout retenu une différence spectaculaire de contact. C’est pourquoi, j’ai volontairement intitulé cet article Fers XXIO X (EKS) 2020 : Gardez le contact !

Quand vous frappez la balle au centre de la face, la différence de sensations est spectaculaire par rapport à n’importe quel coup décentré.

Le retour d’informations sur la qualité du coup frappé est sans équivoque, de sorte que vous n’avez qu’une envie, taper une autre balle pour ressentir à nouveau ce plaisir du contact.

Revers de la médaille, quand la balle est tapée en pointe basse ou haute en talon, la sensation est autrement désagréable. J’ai rarement senti un tel décalage entre frappe centrée et décentrée pour justement valoriser le plaisir d’une balle parfaitement prise.

C’est difficile à décrire… C’est comme si vous aviez un double effet dans les mains à l’impact.

Cette sensation se retrouve avec les fers XXIO ELEVEN, mais amoindrie par la tête plus volumineuse, et surtout le manche en graphite. Pour le coup, le manche en acier joue parfaitement son rôle de transmetteur de vibrations.

C’est de loin l’élément qui va le plus me marquer au sujet du test de cette série.

On finit par détester l’idée de décentrer tel un toxicomane qui redemande sa dose, cependant, comme toujours au golf, il y a une contrepartie à payer…

Mon premier test de la série XXIO X

Pour cet essai, la marque japonaise avait eu l’amabilité de me passer une série du 6 au pitch dont je vous ai synthétisé les principales caractéristiques dans le tableau ci-dessus.

Le premier élément qui m’a sauté aux yeux, c’est la caractère « spin killer » de ses fers !

N’espérez pas faire du backspin facilement.

Avec le pitch, en moyenne, j’ai obtenu une moyenne de seulement 5600 tours, là où un pitch conventionnel devrait en donner entre 9000 et 10000 tours. Il est vrai pour un golfeur avec une vitesse de swing encore plus rapide que la mienne !

Sur le graphique ci-dessus, notez à quel point le niveau de spin donné avec chaque club est très « tassé ». Du fer 6 au pitch, le spin varie de seulement 3600 à 5600 tours.

Avec cette configuration, la série XXIO X ne peut que donner de la distance en plus.

A en juger par les données Trackman, il ressort nettement que la vitesse de balle est supérieure aux attendues, avec une hauteur de trajectoire au pic maximum qui est cohérente.

Simplement, les trajectoires sont tendues ! Angle de lancement et angle d’atterrissage, sont comme le spin, non conventionnels !

Sans chercher à swinguer très vite, seulement 64 mph avec le pitch, j’ai gagné au moins 7 mètres par rapport à un pitch plus classique.

Revers de la médaille, le gain se fait aussi sur la roule, et donc un moindre contrôle de la profondeur, par rapport à un club certes plus exigeant, une lame.

Le point négatif de cette série réside en particulier dans les angles d’atterrissages des balles, très/trop tendues (au lieu de trouver 47 degrés pour le fer 7, j’obtiens 39). Ce point m’ennuie plus encore que le spin.

A l’inverse, le point positif, c’est la distance d’un fer 6 tapé plein centre de la face qui va sauter à 1.41 de smash factor, pour une distance de 170 mètres total, et pour seulement 80 mph de vitesse de swing.

Ce graphique illustre ci-dessus mes distances avec chaque fer, et en orange, la roule comprise dans cette distance.

Le choix qui vous est proposé est clair : Trajectoire tendue, pas de spin, un maximum de vitesse de balle pour une distance maximum, le tout avec un club maniable.

Par contre, entre une bonne balle et une mauvaise (mal centrée), l’écart de distance peut être assez important.

Toujours avec le fer 6, au mieux, je tape à 170 mètres, mais au moins bien à seulement 138 mètres.

Sur le parcours, 32 mètres d’écarts, c’est difficile de bien juger du coup à réaliser.

L’autre bémol par rapport à cette série surpuissante, ce sont les écarts de distances entre chaque club, l’étalonnage, et comme illustré sur le graphique plus haut.

Du pitch au fer 7, j’ai obtenu jusqu’à 20 mètres d’écarts ! On est loin des 7/8 mètres préconisés…

Le tout, c’est donc de l’apprivoiser et l’anticiper au moment d’aller jouer sur le parcours.

Bilan du test

Une série sans compromis pour réaliser un maximum de distance, et sans encore swinguer vraiment très vite. Attention aux distances entre chaque club, et au contrôle de la profondeur.

Enfin, à retenir, le contact de balle qui est vraiment excellent sur les coups centrés.

La série X est sur le marché depuis le 15 février au prix de 1199 euros du 6 au pitch sur manche graphite (prix unitaire du fer 240 euros) et 1079 euros pour la série sur manche acier (prix unitaire 216 euros).

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