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Test série de fers Callaway Epic Forged Star

Des clubs imaginés pour délivrer une distance maximum de par une combinaison optimale de vitesse, de spin, de vol de balle, et le tout grâce à des composants ultralégers, c’est l’ambition affichée par Callaway, pour sa nouvelle série Epic Forged Star, aux accents bien japonais…et surtout « premium ». Le fabricant a eu l’amabilité de nous prêter une série complète du fer 5 au pitch. Nous avons sollicité quatre testeurs, dont deux seniors, avec des vitesses de swings de très élevées à lentes, pour cerner le niveau de performance réel de cette nouvelle série.

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L’équipe de testeurs : Des abonnés de JeudeGolf.org

Alexis, Jacky et Luc, trois abonnés ont récemment participé au tournage des émissions MyGolfTest pour JeudeGolf.tv, basés autour de Lyon et Valence, ils acceptent de participer régulièrement à des tests de clubs pour JeudeGolf.org

Cette nouvelle « équipe » me permet de renouveler et compléter le panel de testeurs auparavant surtout composés de Xavier Bretin (Pro au Golf de La Sorelle), et Jean (senior).

Alexis (40 ans) est un amateur qui privilégie souvent les fers aux départs des trous, se sentant en difficulté pour contrôler les trajectoires de ses bois.

Athlétique, il délivre une vitesse de swing très rapide, supérieure à 85 mp/h (136 km/h) avec un fer 7. Cependant, cette vitesse ne le prémunit pas de fautes de trajectoires, et de balles perdues de temps à autre. Il oscille entre 18 et 20 d’index.

Jacky (60 ans), passionné de matériel de golf, et en particulier de la marque PXG, est toujours à l’affût d’une nouveauté, et de fitting. Il joue très régulièrement (14 d’index)

Sa vitesse de swing avec un fer 7 est légèrement inférieure à 70 mp/h (112 km/h), par contre, c’est un joueur très souvent « droit ».

Luc (60 ans), passionné de matériel de golf, joue beaucoup de compétitions seniors. Il n’hésite pas à changer régulièrement de clubs, sans être attaché à une marque, il est toujours à l’affût d’un club qui lui permettra d’améliorer son score. Il est sensible aux gains de distance, alors que sa vitesse de swing est autour de 65 mp/h (104 km/h) avec un fer 7.

Luc oscille entre 18 et 24 coups au-dessus du par.

Comme toujours depuis 2012, je complète l’équipe de testeurs avec un swing en évolution, et une moyenne de vitesse de swing, qui selon ma forme du moment peut varier entre 82 et 85 mp/h (136 km/h) avec un fer 7.

Je joue entre 10 et 20 coups au-dessus du par, étant un golfeur assez irrégulier sur le parcours. La vitesse de swing ne fait pas le score ! La vitesse pouvant parfois agir comme un facteur aggravant…

Pour le test de cette série de fers Callaway Epic Forged Star, vous aurez donc les résultats de 4 golfeurs dont 2 seniors plus directement concernés par cette série, à en croire le descriptif fourni par la marque.

Quatre vitesses : 85, 80, 70, et 65 mp/h de vitesse.

La série de clubs testés

Il y a beaucoup de commentaires importants à faire sur cette série imaginée pour le marché japonais, considérant que les clients potentiels pour cette série ont besoin de distance.

Premièrement, j’ai beaucoup de mal à catégoriser ce produit selon les critères habituels.

Club dit forgé par Callaway, on pourrait considérer qu’il s’agit d’un club « Player » pour bons joueurs, pourtant, ce n’est pas la cible visée par Callaway.

Parmi les clubs « player », habituellement nous avons 3 sous-catégories MB, CB et forgé tolérant.

La série EPIC Star ne correspond en réalité à aucune de ses possibilités.

C’est un club inclassable. Le loft statique est sans comparaison avec ce qui se fait sur le marché. Callaway a poussé le concept du loft-jacking à son paroxysme.

Alors que pour les séries les plus fermées, dites « Improvment distance », le loft d’un fer 7 descend allègrement à 28,5 degrés quand un fer 7 classique devrait normalement faire 34 ou 35 degrés, le fer 7 Epic Star réussit la prouesse de descendre à 26 degrés.

Jusqu’à présent, je n’avais jamais testé une série aussi fermée.

Autre paramètre important, la longueur des manches est légèrement supérieure au standard (d’un quart de inch), ce qui peut influer sur la vitesse de swing.

Plus fermé, plus long, et enfin plus léger avec un manche graphite ATTAS regular spécialement conçu pour cette série (Speed Series 50R). Un manche dit dans la classe des manches à 50 grammes par Callaway.

Toutes les conditions sont réunies pour favoriser une vitesse de swing extrême.

Pour tenter une définition du golfeur ciblé par cette série, ayant du mal à la catégoriser, j’imagine un golfeur plutôt bon joueur, qui avec l’âge perdrait en vitesse de swing, et chercherait à reprendre des « mètres ».

Pourquoi ?

Parce que l’offset des lames de cette série, tout comme la taille des semelles sont plutôt mesurées.

Ce n’est pas nécessairement ce que l’on retrouve habituellement sur des clubs avec des lofts aussi fermés. Cette dissociation entre loft et taille de semelle ou offset est extrêmement rare dans l’industrie des clubs de golf, pour ne pas dire unique avec les fers EPIC Star.

Concernant l’offset, sur le site du fabricant, par exemple pour le fer 7, on peut lire 3.1 mm, ce qui est plus que ce qu’affiche TaylorMade pour le même club, dans sa version M5 (2.5 mm) ou que le Callaway Apex MB (0.9 mm).

Cependant, à l’œil, et après les premières frappes avec le Trackman, on a du mal à imaginer qu’il y ait autant d’offset, et donc de corrections contre le slice…

Les résultats pour les 4 testeurs (avec le fer 7)

En matière de clubs de golf, il y aura toujours un vif débat entre loft statique et loft dynamique. Alors que les marques n’affichent pas les lofts sous les semelles en face de chaque numéro, le véritable enjeu n’est pas seulement le loft statique du club à 26, 28 ou 30 degrés, mais bien ce que chaque golfeur va pouvoir en faire, et notamment en loft dynamique ou réel.

Des quatre testeurs, j’ai été celui qui a le plus réduit l’écart ou le moins exagéré la fermeture de la face. Pour le fer 7, avec un loft de 26 degrés, je suis descendu à 22 degrés de loft dynamique quand Alexis est passé sous la barre des 20 degrés, tandis que Jacky et Luc ont généré 21 degrés.

Quoi qu’il en soit, pour les 4 golfeurs, on est loin des valeurs classiques d’un fer 7.

A titre informatif, avec un club « Improvment distance », mon loft dynamique usuel est en moyenne de 20 degrés (moyenne de loft statique à 28,5 degrés).

A l’opposé avec une lame MB, cette valeur remonte à 26 degrés (pour une moyenne de loft statique à 33,5 degrés).

Ces chiffres traduisent deux éléments clés pour comprendre le fonctionnement d’un fer : La capacité à compresser la balle et donc à augmenter la vitesse de balle, et l’angle de décollage pour des trajectoires plus tendues.

En me basant que sur mon test, je pourrais donc relativiser le loft statique fermé à seulement 26 degrés, puisque le loft dynamique n’est pas aussi bas que pour un club « improvment distance » classique, type TaylorMade M6.

Vous l’aurez deviné… Ces clubs EPIC Forged Star lancent tout de même des balles très tendues, et plus fortement compressées… ce qui effectivement aura tendance à accroître la distance totale, carry plus roule.

Encore un élément à relever avant de passer au détail de chaque testeur, l’angle d’atterrissage pour un fer 7, pour arrêter la balle relativement rapidement sur un green doit être en moyenne autour de 47 degrés.

Au cours de ce test, vous constaterez le gain indéniable de distance proposé par cette série, mais il sera forcément accompagné d’un revers : Le contrôle de la profondeur.

En effet, aucun des quatre testeurs n’a pu faire mieux que 42 degrés pour l’angle d’atterrissage, soit une trajectoire plus tendue.

42 degrés, c’est l’angle d’atterrissage que j’obtiens en général pour une lame ou une CB en version fer 5.

La synthèse du test pour Alexis

Ci-dessus, avec la fonction Optimizer du Trackman 4, nous avons une comparaison du vol de balle classique d’un fer 7 versus le fer 7 Callaway Epic Forged Star, et les données réelles du test par rapport aux attendus classiques d’un fer 7, et le tout par rapport à la vitesse de club d’Alexis.

Le nombre de balles retenues au Trackman pour le calcul des moyennes ne tient pas compte des balles mal mesurées par le radar (spin imprécis), ou les grosses fautes de chaque testeur. Elles ont été enlevées du décompte, pour ne garder que des balles exploitables.

En gros, chaque testeur tape chaque club plus d’une dizaine de fois avant de pouvoir arrêter une série suffisamment qualitative pour l’analyse.

On distingue ce qui est imputable à la maturité du swing du testeur, de ce qui est imputable au club.

Comment lire les données ? Pour chaque critère, l’optimizer propose une plage idéale (bleue). La valeur réelle du joueur est affichée en orange.

Avec ce club, Alexis développe une vitesse de swing assez impressionnante pour un amateur (87 mph), toutefois, son angle d’attaque n’est pas assez prononcé (seulement -2 degrés au lieu de -4 degrés).

Si sa distance est relativement impressionnante (145 mètres au carry), Alexis n’optimise pas correctement ce club, et ne donne pas la vitesse de balle qu’il pourrait obtenir (entre 118 et 122 mph). Il est en même relativement loin (111 mph).

En réalité, sa vitesse de swing masque une forme d’irrégularité, et beaucoup de frappes à gauche ou à droite. C’est un amateur…

Du club, on peut retenir que la hauteur de balle est basse (21,5 mètres au lieu de 25 à 30 mètres). Le spin est à seulement 4000 tours au lieu de 7000…

Même si Alexis n’exploite pas totalement le potentiel du club, il produit tout de même une très grande distance. Inconvénient, certaines de ses balles n’obtiennent pas une trajectoire suffisamment haute.

Des quatre testeurs, malgré la distance, Alexis ne s’est pas senti à l’aise avec ces clubs.

Alexis a testé tous les clubs du fer 5 au fer 9. On peut retenir des distances impressionnantes (199 mètres avec la roule pour le fer 5, avec une pointe à 208 mètres !!!)

A l’inverse, un chiffre illustre une grande irrégularité (la dernière colonne : tolérance). L’écart entre la moins bonne, et la meilleure balle est très important avec chaque fer.

Il est par exemple de 36 mètres pour le fer 7…

Cette vitesse de swing n’est pas encore un atout pour Alexis, car il ne la contrôle pas assez. Ce type de clubs qui accentue la distance peut paradoxalement le desservir…

La synthèse du test pour Jacky

Comme évoqué plus haut, Jacky, profil senior, est certainement le testeur qui disperse le moins les balles, et nous propose les trajectoires les plus droites.

Avec le fer 7 Epic Forged Star, il n’est pas loin d’être le golfeur qui obtient les meilleurs résultats, et optimise très bien ce club.

Son angle d’attaque moyen (-3 degrés) est parfait, et pour sa vitesse de swing, il obtient une vitesse de balle supérieure à ce qu’il devrait normalement obtenir avec un fer 7.

Dans ce cas, il est avéré que le club Callaway apporte un vrai gain quantifiable et mesurable.

En revanche, la trajectoire de balle n’est pas assez haute, alors que logiquement le spin est aussi trop bas. Les balles sont donc très tendues.

Pour Jacky, le gain de distance est d’environ 9 mètres par rapport à un fer 7 classique.

Considérant qu’il ne disperse pas plus, et que ce club peut lui permettre d’atteindre 115 mètres au carry, et 132 mètres de distance totale en moyenne, il peut tout à fait envisager de jouer ces clubs.

17 mètres d’écarts entre le point de chute et le point théorique d’arrêt de la balle, il devra simplement en tenir compte au moment d’attaquer un green. Jacky aura moins intérêt à réfléchir son choix de coup sur la distance au carry, mais plus par rapport à la roule.

Jacky est le testeur qui a le plus apprécié cette série, et notamment pour son look premium.

La synthèse du test de Luc

Luc, profil de testeur senior, propose une vitesse de swing sensiblement équivalente à celle de Jacky (66 mph).

Si Luc présente un angle d’attaque vers le sol dans la bonne norme avec ce fer 7 (-3,2 degrés), à l’inverse de Jacky, il n’obtient pas autant de gains de distance.

Sa vitesse de balle est dans la moyenne basse mais acceptable (85,7 mph). Entre Jacky et Luc, c’est la qualité du centrage de balle qui fait la différence en faveur du premier.

Ces deux tests illustrent que malgré le club, pour deux testeurs d’âges, et de vitesses similaires, la technique va tout de même faire la différence.

Comme Luc génère moins de vitesse de balle, il est un peu plus pénalisé par la trajectoire trop basse proposée par ce club.

En revanche, point positif, comme Jacky, Luc n’est pas franchement plus dispersant.

A ce stade du test, on peut admettre que la puissance proposée en plus ne se fait pas au détriment du contrôle.

Le seul enjeu se situe au niveau de la profondeur, et de l’écart entre la balle au carry, et avec la roule, soit près de 20 mètres pour Luc.

Par rapport à la trajectoire optimum, Jacky perd 5 mètres, essentiellement parce que ses trajectoires ne sont pas assez hautes. Jacky aurait besoin d’une semelle plus large. A ce titre, il joue des TaylorMade M CGB (loft du fer 7 à 28,5 degrés) qui lui sont plutôt bien adaptés, justement à cause de la taille de la semelle.

Ma synthèse de test

J’ai plutôt été agréablement surpris du résultat. Par rapport à l’optimizer, les données sont proches de l’idéal, et dans mon cas, il y a un gain potentiel de 7 mètres par rapport à la distance que je devrais normalement réaliser.

Toutes les valeurs sont dans la bonne zone, sauf le spin, ce qui était prévisible. Comme les testeurs seniors, je n’ai pas exagérément dispersé ce fer 7.

Des 4 testeurs, je suis celui qui présente l’écart le plus réduit entre la moins bonne, et la meilleure balle (11 mètres).

Comme Jacky, j’ai obtenu un excellent smash factor (1.36), en revanche, 14 mètres d’écarts entre la tombée de balle moyenne (carry) et la roule, c’est trop pour ce que je cherche à faire actuellement dans mon jeu.  Depuis peu, je suis redevenu un joueur de lames pour limiter cet écart à moins de 7 mètres…

Pour avoir testé tous les clubs du pitch au fer 5, je note simplement une difficulté de ma part pour créer assez d’écarts entre le fer 7 et le fer 6. Les lofts ne sont séparés que de deux degrés. Cela ne me paraît pas suffisant, et peut-être un petit point faible, à revoir avec un fitter, si les lofts sont ajustables.

Bilan du test

C’est clairement une série distance ! Les trajectoires de balles sont tendues ! La bonne surprise vient du fait que les testeurs n’ont pas été franchement plus dispersants.

La vitesse de balle est impressionnante, mais cela reste très dépendant de la compétence du testeur. Si Jacky tire le maximum de cette série, pour Luc, avec la même vitesse de swing, le résultat n’est pas aussi bénéfique.

Alexis qui swingue plus vite que moi n’a pas été plus efficace, et au contraire, déstabilisé par ces clubs.

Série inclassable entre clubs pour bons joueurs (player) ou pour golfeurs en progression (improvment), entre forgé et moulé, ce test confirme mon intuition : Il s’agit d’une série pour un golfeur senior qui a déjà une bonne maturité de swing, et voudrait simplement combattre les effets du vieillissement pour maintenir ou augmenter sa distance.

Cela me paraît être une précision importante, par rapport à un golfeur senior avec un swing pas encore complètement en place, et qui voudrait seulement gagner des mètres. La taille de la semelle plutôt modeste ne l’aidera pas assez.

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Que dire ?golfnswing@gmail.com 22-10-2019 19:43
Aaaah, l'intelligence artificielle !
En fait, avec cette série, Callaway ne fait que changer les numéros des clubs en les décalant de 2. Ainsi, par exemple, le fer 6 en 24d, soit le loft classique d'un fer 4, ou le 7 en 26d, c'est à dire inférieur à un fer 5 classique. Et que dire du fer 9 en 33d ? On fait comment après, jusqu'au Sand Wedge ? Et regardez ce qu'est l'échelonnement des lofts. En partant du 5 à 22d , on a, 24 26 26 33 38 43 49 55, soit +2 +2 +3 +4 +5 +5 +6 +6 . En réalité, ces fers, qui, par ailleurs, sont allongés, ce qui va contribuer à les rendre plus difficiles, seront injouables correctement par l'immense majorité des golfeurs au delà du 8, golfeurs qui, au passage, se seront fait refiler un club de plus pour combler tant bien que mal l'écart entre le PW et le SW. Et nul doute que l'étape suivante, quand ils retourneront au magasin pour expliquer leurs difficultés, qu'on leur vendra deux hybrides pour remplacer ces longs fers injouables, aux lofts beaucoup trop bas et beaucoup trop rapprochés.
Et ça n'aidera certainement pas les senior. Avec moins de vitesse, ce n'est, en effet pas de moins de loft dont on a besoin, mais de plus...

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