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Est-ce que des clubs One Length fonctionnent pour tous les golfeurs ?

Est-ce que des clubs One Length fonctionnent pour tous les golfeurs ?

Indéniablement, les clubs de même longueur ont marqué les esprits depuis 18 mois, et les premiers exploits de l’américain Bryson DeChambeau. Depuis le premier test effectué, Xavier Bretin, notre testeur senior, et Clément Morelle, consultant matériel sur jeudegolf.org, ont eu l’occasion de les essayer, pour des résultats aussi surprenants que très différents. Décryptage et analyse en détail des avantages et inconvénients...

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Tests complémentaires de la série Cobra King F7 One Length

Quand j’ai réalisé mon premier essai des One Length au practice et sur le parcours, en essayant d’être le plus objectif possible, que ce soit en parlant avec les ingénieurs Cobra aux Etats-Unis, ou avec les représentants de la marque en France, j’ai émis un premier avis globalement positif.

Positif surtout pour l’idée, le concept, la théorie, qui veut que jouer un même club présentait deux avantages : Plus de simplicité pour un débutant, et la répétition d’un même geste pour plus de régularité.

Le pro, Xavier Bretin, a testé la série complète du pitch au fer 4 pour arriver peu ou prou, au même type de constat que mon propre essai.

A savoir un gain de distance sur les fers courts, et une tendance à l’écrasement des gains de distances à partir du fer 7, fer 6 et fer 5.

Quand j’ai présenté la synthèse de mes essais à Clément Morelle, responsable du magasin US Golf de Lyon, conseiller matériel depuis plus de 15 ans, ce dernier étant encore plus prudent, m’a interpellé sur le fait qu’au pitch, ma vitesse de swing avait été plus faible par rapport aux autres clubs swingués, soit 73 mph au lieu de 77 mph avec le fer 9 ou le fer 8.

Etais-je assez échauffé ?

Mon test des fers One Length

Pour Clément, en toute logique, à vitesse de shaft constante, la vitesse de swing aurait dû être toujours la même.

Pourtant, j’ai bien swingué la série de One Length de 73 à 80 mph du pitch au fer 5.

Plus j’ai fermé les lofts, et plus ma vitesse de swing a augmenté, comme pour une série de clubs à manches variables.

Série que j’ai d’ailleurs essayé, toujours chez Cobra, et dans la gamme F7, pour un écart de vitesse de swing allant de 69 à 84 mph, soit 8 mph d’écart en plus par rapport à la série one length.

Suffisamment échauffé ou pas, j’ai ma petite idée sur la question, et elle est plus d’ordre psychologique que physique.

L’explication est peut-être aussi plus personnelle que généralisable ?

Dans le cas de Xavier, du pitch au fer 5, sa vitesse de swing a aussi varié de 83 à 87 mph.

Du fer 8 au fer 5, le pro a effectivement swingué sensiblement à la même vitesse (87 mph), validant l’idée qu’avec ces clubs, c’est bien un swing et plusieurs lofts.

Cependant, cela n’a pas été le cas avec le pitch, dans son cas comme pour le mien, et je me risque à émettre l’hypothèse suivante : Puisque Cobra affirme contrebalancer la longueur du manche par la gestion différenciée des poids en tête de clubs… Avec un club très ouvert et par exemple un loft 45 degrés pour un pitch, consciemment ou pas, je ne suis pas certain qu’on soit enclin à swinguer à sa pleine vitesse comme pour un fer 5!

Dans ce cas, pas de problème, le fait de varier les vitesses de swings contribuent à alimenter des écarts de distances entre chaque club, ce qui reste la finalité d’une série de clubs, mais ce n’est plus tout à fait un seul swing pour toute la série, si on prend en compte la question de la vitesse de swing.

Qu’est-ce qu’un swing unique ? Toujours la même forme ? Toujours la même forme et la même vitesse ?

A l’occasion de l’essai du testeur senior, je lui ai volontairement fait changer de sens.

A savoir, au lieu de taper du pitch au fer 5, Jean a tapé du fer 5 au pitch.

Cette façon de faire a fait voler en éclat la « théorie » de l’échauffement.

Du fer 5 au pitch, Jean a swingué de 64 à 62 mph.

Finalement, des trois testeurs, je suis celui qui a créé, bien involontairement, le plus d’écarts de vitesses de swings.

Test de la série One Length par un senior

Toutefois, Jean a bien swingué moins vite avec le pitch par rapport aux autres clubs de la série.

Premier enseignement à tirer des trois essais effectués

Entre la théorie du « un seul swing » et la pratique, l’être humain ou plutôt le golfeur n’étant pas une machine, la vitesse de swing n’est pas aussi parfaitement régulière avec tous les clubs.

En distance total, du pitch au fer 5, Xavier a créé un écartement allant de 112 à 192 mètres

Pour comparer, je lui ai demandé de taper la série Cobra King F7, mais cette fois avec des manches variables.

Sa vitesse de swing a varié de 80 à 91 mph contre 83 à 87 mph, ce qui démontre un plus grand écart avec les shafts variables, pour une distance qui a varié entre 120 et 194 mètres.

Test des fers Cobra King F7 sur shaft variable

Au bout du compte, sur le seul aspect de la distance, cela revient au même.

One length ou variable, la performance ou plutôt la distance n’est pas un argument suffisamment discriminant.

Simplement, je discerne une différence importante à partir du fer 7 jusqu’au fer 5, ce fameux écrasement des distances.

Entre les trois clubs (7,6, et 5), l’écartement de distance est réduit entre 160 et 180 mètres en moyenne avec les one length, alors qu’avec les clubs variables, l’écartement est légèrement plus important.

Ce qui revient à dire que les trois fers ne sont pas franchement utiles, et peuvent être remplacés par des hybrides ou même des fers équivalents avec des manches plus longs.

C’est, dans ce cas, une première entorse au principe de « one length ».

Si vous vous souvenez du précédent test effectué par Xavier sur des clubs One Length de la marque Sterling.

Test comparatif du pro entre des clubs Sterling et des clubs standards

Nous avions trouvé sensiblement les mêmes tendances.

A savoir, des vitesses de swings qui varient sur une échelle de valeurs plus courte, et aussi un écrasement des gains de distances à partir du fer 7.

Cela semble donc être une caractéristique des clubs à longueur unique de manche.

Il y a un deuxième cas de figure qui a été très surprenant, et contraire, à ce que j’aurai pu imaginer du bénéfice des One Length : Le test effectué par Jean.

Ce dernier a donc testé la série One Length en tapant du fer 5 au pitch.

Dispersion des frappes du testeur senior avec la one length

Ci-dessus, le résultat des frappes du testeur senior !

Sans faire un dessin, la balle la plus longue au pitch va pratiquement aussi loin que la balle la plus courte au fer 5 !

Habituellement, du pitch au fer 5, même pour un golfeur amateur, vous devez trouver un crantage logique des distances entre chaque club.

Dans ce cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’a pas fonctionné.

Un testeur senior avec une vitesse de swing modérée pourrait être théoriquement un client parfait pour des clubs One Length.

Malgré une vitesse relativement constante, de 62 à 64 mph, en moyenne, le testeur a envoyé ses balles de 80 à 100 mètres, un écartement trop faible pour justifier l’usage de toute cette série.

Est-il en cause ou est-ce que cela vient des clubs ?

Avec les clubs King F7 sur manches variables, sa vitesse de swing a varié de 60 à 65 mph pour un écartement des distances allant de 82 à 96 mètres.

En réalité, ce n’est pas les One Length qui contribue à ce resserrement des distances, mais le joueur lui-même.

Jean, comme beaucoup de seniors, aurait intérêt à jouer du pitch au fer 7, puis passer directement à l’usage d’hybrides.

Concernant les one length, pas de révolution, quand vous êtes dans ce cas, ce n’est pas pour autant que vous allez retrouver de la longueur ou un meilleur écartement.

La question la plus importante : Est-ce vraiment plus tolérant ?

En théorie, c’est une question de sensation bien difficile à définir de manière objective.

Pour autant, si on se réfère au smash factor (ratio de la vitesse de balle sur la vitesse de swing) qui témoigne de la bonne capacité à utiliser le club, et à centrer la balle dans la face, on peut distinguer des éléments de réponses intéressants.

Ci-dessous, je vous ai retranscrit les résultats des trois testeurs sur le seul argument du smash factor mesuré au trackman, et dans des conditions d’essais comparables.

Pour les trois testeurs, je vous affiche les données du fer 5 au pitch, avec des clubs Cobra One Length et Variable dans la gamme F7.

Le pro ayant par ailleurs testé les clubs One Length Sterling.

En plus d’afficher les valeurs enregistrées, j’ajoute la moyenne de smash factor par série, et l’écart entre la valeur maximum et la valeur minimum.

De cette façon, vous avez une vision exhaustive de la tolérance par clubs, et par série.

Plus la moyenne est élevée, et plus le golfeur a tiré parti de la série. Et moins l’écartement est important, et plus cela signifie que le joueur a été régulier quel que soit le club tapé.

Comme illustré dans le premier tableau, la série Variable Length fournie par Cobra était montée sur du graphite, à la différence de la série One Length montée sur de l’acier, par contre, dans les deux cas, en regular.

Comparaison des séries selon les profils

Pour le pro, bien qu’il apprécie le principe des clubs One Length, c’est avec une série conventionnelle au niveau des manches qu’il est à la fois plus régulier, tout en obtenant plus de tolérance. On ne peut pas exclure que le shaft graphite ait favorisé la tolérance…

Me concernant, je suis celui qui obtient les meilleurs résultats avec la One Length.

Cependant, les résultats sont très comparables. C’est un peu une histoire de blanc bonnet et de bonnet blanc.

Par contre, le graphite n’a pas joué le même rôle favorable comme pour Xavier. Dans ce cas, cela renforce la performance des têtes One Length.

Enfin, pour le senior, les résultats sont plus difficiles à lire.

Avec la One Length, il obtient plus de tolérance, surtout sur les clubs les plus longs, en contrepartie, sa régularité est moins bonne.

Autrement dit, One Length ou variable Length, dans son cas, ce n’est pas vraiment le sujet.

Comme pour moi, le graphite ne l’a pas plus aidé !

Bilan de cet essai

Une chose me paraît de plus en plus importante concernant le matériel de golf.

Il y a ce que le matériel peut faire pour vous, et ce que vous croyez qu’il peut faire pour vous.

Tant que nous serons des êtres humains avec un esprit, une conscience, l’aspect mental et le ressenti seront toujours prédominants.

Je commence à croire que toutes les marques l’ont parfaitement intégré dans leur marketing.

Plus important que ce que fait le club pour vous, ce qui est important, c’est la confiance que vous avez dans ce que le club peut vous apporter. C’est bien la confiance qui vous fait mieux jouer au golf.

Maintenant, si vous êtes un esprit très analytique, pour les One Length comme pour d’autres clubs, vous aurez deux manières de juger : votre ressenti ou les données.

Pour ma part et Xavier, le ressenti a été plutôt bon. Par contre, pour Jean, le ressenti et les données n’ont pas été au rendez-vous.

Il a pratiquement tapé tous ses coups à la même distance qu’elle que soit le club, ce qui ne présente pas d’intérêt sur le parcours.

Cela ne remet pas en cause l’idée et le produit, mais cela doit vous inviter à rester prudent, et ne pas vous lancer dans un achat sans avoir préalablement testé, et vérifié que pour vous, cela fonctionne vraiment.

L’idée des One Length me paraît toujours extrêmement séduisante au regard des arguments logiques que m’ont présenté Tom Olsavsky et José Miraflor au siège de Cobra à Carlsbad.

Comme Xavier le suggère, une prochaine version de ces clubs pourrait peut-être intégrer un écart avec la série idéale de Bryson DeChambeau.

A savoir, ne pas seulement faire varier le poids des têtes de clubs, alors que ces mêmes têtes ont rigoureusement le même design et profil.

Pour que les fers les plus longs deviennent plus utiles, et plus différenciés s’agissant de la distance, il faudrait peut-être augmenter les semelles, en les élargissant progressivement, un peu comme pour une série Combo.

Le concept des One Length a un passé (la série Tommy Armour EQL populaire dans les années 90), et un avenir.

Cobra devrait améliorer son concept dans de prochaines versions, pour justement répondre à cette question liée à l’écrasement des gains de distance avec les fers les plus longs.

Phénomène visible pour le pro, Xavier Bretin ou pour moi comme illustré ci-dessous.

Tout le monde n’est pas Bryson DeChambeau, qui je rappelle ne fait pas qu’utiliser les clubs One Length… il a aussi un swing atypique qui va avec.

Cobra a parfaitement réussi à apporter de la fraîcheur, réintroduire de la nouveauté, et susciter l’intérêt des golfeurs.

Souhaitons qu’elle continue à améliorer son produit, qui encore une fois, est une bonne idée, pour le rendre de plus en plus performant dans tous les cas.

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