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Test de la série de fers Cleveland HB Launcher Turbo

Deux ans après le retour de Cleveland comme marque complète (plus seulement les wedges), et la première série HB Launcher, la marque d’Huntington Beach (Californie) propose une mise à jour, Turbo, des clubs qui ressemblent plus à des hybrides que des fers. Etant donné les lofts et le volume des têtes, on imagine sans peine qu’il s’agisse de clubs puissants. La véritable question n’est pas là. Est-ce que les golfeurs dans la cible seront prêt à considérer des clubs aussi atypiques ? Nous avons sollicité 4 testeurs de différents niveaux et âges pour établir la performance de la série du 5 au pitch.

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Pour Cleveland, la nouvelle série HB (HiBore) Launcher Turbo doit vous délivrer un maximum de tolérance, et des trajectoires plus élevées. Il s’agit clairement de clubs pour golfeurs en progressions « improvment », et même « oversized ».

L’équipe de testeurs : Des abonnés de JeudeGolf.org

Alexis, Jacky, et Luc, trois abonnés ont récemment participé au tournage des émissions MyGolfTest pour JeudeGolf.tv, basés autour de Lyon et Valence, ils acceptent de participer régulièrement à des tests de clubs pour JeudeGolf.org

Cette nouvelle « équipe » me permet de renouveler et compléter le panel de testeurs auparavant surtout composés de Xavier Bretin (Pro au Golf de La Sorelle), et Jean (senior).

Alexis (40 ans) est un amateur qui privilégie souvent les fers aux départs des trous, se sentant en difficulté pour contrôler les trajectoires de ses bois.

Athlétique, il délivre une vitesse de swing très rapide, supérieure à 85 mp/h (136 km/h) avec un fer 7.

Cependant, cette vitesse ne le prémunit pas de fautes de trajectoires, et de balles perdues de temps à autre. Il oscille entre 18 et 20 d’index.

Jacky (60 ans), passionné de matériel de golf, et en particulier de la marque PXG, est toujours à l’affût d’une nouveauté, et de fitting. Il joue très régulièrement (14 d’index)

Sa vitesse de swing avec un fer 7 est légèrement inférieure à 70 mp/h (112 km/h), cependant, c’est un joueur très souvent « droit ».

Luc (60 ans), passionné de matériel de golf, joue beaucoup de compétitions seniors. Il n’hésite pas à changer régulièrement de clubs, sans être attaché à une marque, il est toujours à l’affût d’un club qui lui permettra d’améliorer son score. Il est sensible aux gains de distance, alors que sa vitesse de swing est autour de 65 mp/h (104 km/h) avec un fer 7.

Luc oscille entre 18 et 24 coups au-dessus du par.

Comme toujours depuis 2012, je complète l’équipe de testeurs avec un swing en évolution, et une moyenne de vitesse de swing, qui selon ma forme du moment peut varier entre 82 et 85 mp/h (136 km/h) avec un fer 7.

Je joue entre 10 et 20 coups au-dessus du par, étant un golfeur assez irrégulier sur le parcours. La vitesse de swing ne fait pas le score ! La vitesse pouvant parfois agir comme un facteur aggravant…

Pour le test de cette série de fers Cleveland HB Launcher Turbo, vous aurez donc les résultats de 4 golfeurs, dont 2 seniors plus directement concernés par cette série, à en croire le descriptif fourni par la marque.

Quatre vitesses : 85, 80, 70, et 65 mp/h de vitesse.

La série de clubs testés

Si vous prenez en compte les dimensions des têtes de clubs, effectivement, ces clubs sont oversized, et proposent par définition, une augmentation « naturelle » de la distance.

Si vous vous intéressez aux lofts ou aux longueurs des manches, vous pourriez être presque surpris que ce soit raisonnable pour des clubs destinés à la distance.

Pas de loft baissé de 6, 8 ou 10 degrés et des manches allongés d’un quart ou d’un demi pouce… car de nos jours, la tentation est grande.

Avec le fer 7 sur une base de loft de 30 degrés, on est loin d’une lame à 34/35 degrés, mais finalement dans la moyenne des clubs Improvments.

Toutefois, une telle série doit forcément impliquer une réflexion importante sur le choix des sandwedges. Le pitch s’arrêtant à 44 degrés, vous ne pouvez pas classiquement prendre un wedge 56 ou même 52 degrés.

Il faudra combler l’écart entre 44 et 52 ou 56 degrés. Un 48 degrés deviendra une obligation pour garantir un bon écartement des lofts entre la série et les wedges.

Autrement dit, une telle série vous « invite » à préparer 4 wedges dans votre sac (48, 52, 56 et 60) ou alors 3 (50,55 et 60).

Cela étant, avec des clubs plus proches d’hybrides que de fers, le côté positif induit pourrait être renforcer votre petit-jeu par le choix de vos wedges dans le sac.

A l’inverse, à quoi bon s’équiper de bois hybrides 22 ou 24 degrés, alors que le fer 5 (loft 23 degrés) pourra suffire.

Alors que les ingénieurs reconnaissent qu’en-dessous de 23 degrés, les golfeurs amateurs n’ont souvent la vitesse de swing adaptée pour lever suffisamment la balle, dans le cas de cette série, du fait de la dimension du fer 5, cela pourrait être dans la bonne limite, et acceptable.

Clubs surdimensionnés, lofts relativement fermés, sur le papier cette série proposée avec des manches graphites regulars plutôt légers (60 grammes) présentent tous les arguments pour répondre aux attentes d’une majorité de golfeurs classés au-dessus de 30 d’index.

Dans les faits, la série précédente qui était déjà très ressemblante n’a pas rencontré un tel succès.

Depuis que j’ai reçu les clubs, j’ai pu les mettre dans les mains de plusieurs personnes, et pas seulement les testeurs cités plus haut.

Dans 95% des cas des personnes interrogées, aucun n’envisagerait sérieusement de mettre ces clubs dans le sac. La raison ? Le caractère « hors norme » de ces clubs !

Pour Jacky, le moins critique des testeurs à l’égard de cette série, et peut-être le plus ouvert d’esprit à ce sujet, il s’agit de clubs « orthopédiques ». Je m’approprie sa formule, car elle me paraît très juste.

Quand je les ai mis dans les mains d’un ami jouant autour de 36, ce dernier, golfeur occasionnel, et pas forcément féru ou connaisseur de matériel n’a pas du tout apprécié la tête sous ses pieds, à l’adresse, se sentant décontenancé.

En mon fort intérieur, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au contraire, connaissant son jeu, ce type de clubs pourrait lui être orthopédique.

C’est donc le paradoxe de cette série. Les joueurs pour lesquels elle est destinée, ne se sentent pas forcément ou n’osent pas forcément sortir des sentiers battus.

La question n’est pas ici de mieux jouer au golf, ou de plus de performance, mais d’acceptation de l’idée de jouer avec des béquilles. C’est plus psychologique que pragmatique…

Les résultats pour les 4 testeurs (avec le fer 7)

Ci-dessus, les résultats des quatre testeurs avec un fer 7, regroupés par grands critères d’analyses (tête, manche, vitesses, trajectoires, performances, distances, spin, roule, et tolérance).

Vous pouvez avoir deux lectures des performances et des distances de ce club.

Si vous prenez en compte la distance pure (avec la roule), ce type de club « hybride » avantage les vitesses de swings importantes. Plus vous tapez vite, et plus le gain de distance est important.

Si vous prenez en compte le smash factor, ratio entre vitesse de swing, et vitesse de balle, maximisé quand on prend la balle le plus près du centre de la face, finalement, ce sont les deux golfeurs seniors qui obtiennent les meilleurs résultats, signe quelque part d’une bonne adéquation de l’offre avec la demande.

La bonne surprise avec ces clubs d’une autre dimension, c’est que dans mon cas, comme celui d’Alexis, qui a tapé encore plus fort, le taux de spin, et l’angle d’atterrissage n’ont pas été si extravagants, au détriment du contrôle de profondeur, et d’une roule démesurée.

Par rapport à des clubs classiques, la perte de pouvoir stoppant n’est peut-être que de 20 à 30%. J’aurai pu craindre bien plus…

Dans le cas des deux seniors, Jacky, et Luc, les résultats sont différents. La roule est quasiment doublée, les angles comme le spin diffèrent, et essentiellement par la vitesse qui est moins importante, et les angles d’attaques de la balle qui sont moins prononcées.

SI vous espérez maximiser la distance, et êtes moins concerné par le fait d’arrêter la balle rapidement, alors dans ce cas, le compte y est. Il me semble que c’est le pari tenté et donc réussi par le fabricant pour sa cible de clients.

La synthèse du test pour Alexis

Ci-dessus, avec la fonction Optimizer du Trackman 4, nous avons une comparaison du vol de balle classique d’un fer 7 versus le fer 7 Cleveland HB Launcher Turbo, et les données réelles du test par rapport aux attendus classiques d’un fer 7, et le tout par rapport à la vitesse de club d’Alexis.

Le nombre de balles retenues au Trackman pour le calcul des moyennes ne tient pas compte des balles mal mesurées par le radar (spin imprécis), ou les grosses fautes de chaque testeur. Elles ont été enlevées du décompte, pour ne garder que des balles exploitables.

En gros, chaque testeur tape chaque club plus d’une dizaine de fois avant de pouvoir arrêter une série suffisamment qualitative pour l’analyse.

On distingue ce qui est imputable à la maturité du swing du testeur, de ce qui est imputable au club.

Comment lire les données ? Pour chaque critère, l’Optimizer propose une plage idéale (bleue). La valeur réelle du joueur est affichée en orange. C’est une comparaison entre ce que fait le joueur, et ce qu’il devrait faire, dans le meilleur des cas, optimisé…

Si on se réfère seulement au carry, le résultat pour Alexis est parfaitement optimisé. Pour une vitesse de swing de 86 mp/h, il obtient 149 mètres de distance au carry (fer 7). Il est parfaitement à l’optimum pour lui (148 mètres).

En revanche, quand on rentre dans le détail, on s’aperçoit qu’il ne génère pas assez d’angle d’attaque vers le sol, et pour cause, ce n’est pas un vrai fer 7 (-2° au lieu de -4°), mais plutôt un hybride !

La vitesse de balle a beau être impressionnante, elle n’est pas dans la plage idéale. Alexis devrait en fait mieux centrer la balle pour obtenir beaucoup plus de distance.

Comme c’est plus un hybride qu’un fer, l’angle de lancement est aussi trop élevé par rapport à ce qu’il devrait être.

Pour autant, la hauteur de balle maximum, de même que la trajectoire de descente sont plutôt cohérentes avec un bon fer 7.

Comme on pouvait s’en douter, le spin est très loin d’être au rendez-vous avec ce club…

Alexis a testé la série complète du fer 5 au fer 9. Rien de bien particulier à signaler, les écarts de distances sont plutôt cohérents, sauf que son fer 9 a plutôt des distances de fers 7, et que son fer 5 pourrait lui permettre de remplacer un bois 3 au départ de certains trous…

Alexis n’a beau pas avoir le profil pour ces clubs « super easy », notamment à cause du manche regular 4444 (moyennement souple de manière régulière du butt jusqu’au tip), les résultats sont flatteurs.

La synthèse du test pour Jacky

Pour Jacky, l’optimisation est encore plus flagrante par rapport à Alexis.

Si par rapport à un Fer 7 Callaway Epic Forged Star, Jacky produit des distances sensiblement équivalentes, par rapport à un fer 7 plus conventionnel tel que le TaylorMade P790, le gain à loft sensiblement équivalent est de l’ordre de 13 mètres, soit deux cannes !

C’est essentiellement le smash factor qui est amélioré pour notre testeur senior (1.34). Justement, la vitesse de balle obtenue par Jacky est dans la plage de valeur haute. Il n’a pas un tel résultat avec un fer 7 classique.

De toutes les principales valeurs, seule le spin n’est pas au rendez-vous avec une note très basse (moins de 4000 tours, soit plus un fer 4 qu’un fer 7).

Jacky a été très amusé par ces clubs, et serait peut-être le moins opposé à l’idée de les jouer. D’un point de vue des performances, ce ne serait pas une mauvaise idée…

La synthèse du test de Luc

De tous les testeurs, c’est Luc qui présente logiquement le profil le plus proche de la cible visée par Cleveland.

Si la vitesse de balle est au rendez-vous, contre toute attente, la hauteur de balle comme l’angle de lancement ne sont pas suffisants.

Malgré cela, Luc obtient un bénéfice de distance supplémentaire, et optimise légèrement le carry (99 mètres au lieu de 97).

Par rapport à un fer plus classique, Luc gagner14 mètres en moyenne, sans tirer pleinement parti du club, et avec une hauteur de balle qui n’est pas suffisante.

On peut en déduire que pour tirer le meilleur de ce club, il faut tout de même assez de vitesse de swing pour lancer suffisamment haut.

La frontière est mince entre Jacky (70 mph) et Luc (65 mph) alors que les deux joueurs ont présenté un angle d’attaque relativement équivalent…

Fait intéressant, que ce soit pour Jacky ou pour Luc, la dispersion n’est pas extravagante.

Ma synthèse de test

Pour ce test, mes résultats sont à l’inverse de ceux de Luc, à savoir malgré une balle centrée dans la face, une vitesse de balle légèrement inférieure à ce qu’il faudrait pour optimiser, mais en contrepartie, un angle de lancement plus élevé (20,7 degrés). Le manche regular et léger est certainement ici l’explication.

De fait, je n’obtiens pas réellement de gains de distance en utilisant ce type de clubs par rapport à d’autres plus conventionnels. Le seul commentaire commun à tous les testeurs, c’est une certaine forme de facilité. Sans dire qu’il s’agit de clubs orthopédiques, la semelle très profonde favorise la maniabilité.

S’agissant du test de la série complète, un seul constat à relayer, les angles d’atterrissages (45 degrés), et en en fait les trajectoires sont très semblables du fer 7 au pitch, avec une tendance plutôt tendue. Cela tient sans doute aux formes de têtes hybrides qui avantage la création de distance, et agit moins favorablement sur le pouvoir stoppant donné à la balle.

Bilan du test

Il n’y a ici pas de révolution, de magie ou de supercherie, la forme très particulière des clubs Cleveland HB Launcher Turbo procurent des performances logiques.

Indéniablement des clubs très maniables, et très tolérants pour 99% des golfeurs ou golfeuses, la problématique ne va pas se situer au niveau des performances, mais plutôt au niveau de l’acceptation psychologique des joueurs pour assumer de jouer des clubs aux antipodes de ce qui se trouvent habituellement dans les sacs.

Des premiers retours que j’ai pu récolter, l’état d’esprit général ne semble pas encore prêt. Pourtant, pour jouer parfois avec des golfeurs et des golfeuses seniors avec moins de 3 ans de golf, peu de temps pour s’entraîner et progresser, ce type de clubs serait complètement adapté, et une bonne manière d’apprendre à lever un peu la balle, et obtenir un minimum de distance.

Orthopédique ? Surtout pédagogique, ces clubs pourraient permettre de mieux sentir et gérer le contact entre le club et le sol, au moment de l’impact.

Dans le cas des quatre tests présentés ci-dessus, on peut voir qu’assez facilement, et sans fitting, les quatre joueurs sont très proches des performances optimales.

Dans le cas du plus long frappeur, les distances sont même spectaculaires, alors que pour les seniors, la vitesse de balle est aussi au rendez-vous, sachant qu’ils accorderont moins d’intérêt aux questions autour du spin, forcément bas (trop bas).

On parle souvent des demi-séries comme premier achat pour un débutant. Plus qu’une demi-série, des clubs hybrides ont l’intérêt d’apporter une première marche, et de donner de la confiance là où il n’y en a pas encore.

Pour terminer, il n’y a pas de surprise ou d’explication extravagante. Dans ce cas, on ne parle vraiment pas d’une série de fers classiques, mais bien d’hybrides jusqu’au pitch !

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Commentaires   

mhezkia@gmail.com
0 #2 Souvenir ?mhezkia@gmail.com 11-11-2019 21:20
Je crois me souvenir qu'il y a 15 ou 20 ans, une ou deux marques (Peut-être Taylor Made, antre autre), avaient sorti des clubs de ce genre... Ils n'avaient eu aucun succès, et le concept avait été abandonné...
moura.antonio@outlook.fr
0 #1 drole de béquilles...moura.antonio@outlook.fr 04-11-2019 18:44
Très bon article comme d'habitude !
je reste assez dubitatif sur le design de ses clubs, c'est un positionnement osé de la part de Cleveland. Dans ce genre de club, il faut que les performance soient excellentes voir hors normes pour qu'un amateur accepte de ne pas jouer avec des clubs classiques...pas sur qu'ils trouveront un marché (en tout cas en France) pour ces clubs. Si vous cherchez des testeurs parisiens, je suis volontaire étant un grand fan de matériel. A bientôt. Antonio

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