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Test des balles de golf Titleist AVX

Test des balles de golf Titleist AVX

Tout d’abord réservée à quelques états américains, puis déployée sur l’ensemble des Etats-Unis, la nouvelle balle Titleist AVX débarque en Europe. La douzaine sera proposée à partir du 2 juillet au prix de vente tarif de 59 euros dans vos magasins. J’ai pu tester en avant-première cette balle qui suscitait jusqu’à présent la curiosité, par son mode de distribution gradué, et aussi certainement parce qu’elle va marquer un véritable tournant dans la stratégie commerciale du fabricant.

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Pourquoi une nouvelle balle de golf premium chez Titleist ?

Avant de réaliser un lancement global et mondial de sa toute nouvelle balle de golf, Titleist a procédé par étapes.

La marque de Carlsbad a d’abord commencé par en réserver la distribution a quelques états (Californie, Arizona, et Floride), puis a étendu son dispositif de ventes à l’ensembles des Etats-Unis.

On pouvait même penser que ce produit ne serait jamais commercialisé au-delà des frontières du pays de l’Oncle Sam.

Par ce seul mode de fonctionnement, assez rare pour le lancement d’une balle, l’AVX a suscité une certaine curiosité de la presse.

L’AVX semblait être bien plus qu’une simple énième balle de golf censée faire le compte après les stars, Pro V1 et Pro V1X.

Pendant des années, au cours de fitting de balles, chez Titleist, on vous a incité à choisir la balle numéro 1 sur le tour.

La force de Titleist dans le domaine professionnel « Balle numéro 1 dans le golf » devait absolument être transcrite dans les ventes auprès des amateurs.

Cette stratégie a permis à Titleist de consolider sa place de leader dans les ventes de balles, en volume, et en valeur.

Cependant, après plus de 15 ans de règne sans partage sur le marché des balles de golf, Titleist a vu peu à peu sa part de marché se faire attaquer, notamment en France.

Le juteux marché des balles de golf en faisait rêver plus d’un !

Et finalement, aujourd’hui, si la Pro V1 est toujours en tête du classement des balles premium les plus vendues, Titleist n’est plus nécessairement le leader absolu du marché.

Srixon a réussi son coup avec l’AD333 ! A savoir, enfin créer de l’attraction pour un produit milieu de gamme dans un environnement où le marché ne faisait que se découper entre balles du tour, et balles du lac !

La PRO V1 étant au prix tarif de 59 euros la douzaine, difficile de lutter avec l’AD333 à seulement 30 euros…

A l’heure où le fitting de balle est de plus en plus répandue, en proposant la nouvelle AVX, Titleist veut s’ouvrir à un nouveau segment.

Aux USA, Titleist pèse encore largement autour de 50% du marché. Ce que l’on observe en France ou au Royaume-Uni, avec notamment la concurrence de Srixon n’est donc pas encore le plus gros sujet.

C’est pourquoi, il ne faut pas raisonner avec notre cerveau français pour comprendre le lancement de cette balle.

Si tel devait être le cas, on pourrait s’étonner que l’AVX soit vendue 59 euros, à savoir au même prix que la Pro V1 et toujours largement au-dessus de l’AD333.

En réalité, pour Titleist, l’AVX est bien une balle premium !

C’est même la première balle premium mise sur le marché depuis l’avènement de la Pro V1 en 2000.

Depuis l’apparition de la Pro V1, Titleist n’avait plus jamais tenté autre chose sur ce segment, et mis à part la Pro V1 x en 2003.

Alors pourquoi aujourd’hui, et pourquoi faire ?

L’AVX se veut clairement une alternative à la Pro V1 et la Pro V1 X.

Elle doit en théorie proposer un vol de balle plus bas, moins de spin, et un touché plus doux, tout en restant une balle haute performance.

Tout comme les balles Velocity et NXT (remplacée par la Tour Soft), Titleist s’appuie sur un noyau doux.

Depuis que Callaway a ouvert un segment de marché avec la Chrome Soft, qui veut répondre aux besoins de golfeurs ayant envie de prioriser la distance avec une balle Soft Feel, Titleist a voulu placer une offre en face !

C’est ainsi que Titleist a d’abord testé cette balle dans trois états stratégiques pour finalement constater que cela ne cannibalisait pas les ventes de Pro V1, mais au contraire, ajoutait des ventes à la marque.

D’un point de vue performance, à l’occasion du dernier PGA Show, Adam Scott, un joueur du team Titleist a raconté avoir testé cette balle par hasard, et « flyé » le green d’une dizaine de mètres, se demandant de quoi il s’agissait !

Pour l’avoir testé, j’ai compris pourquoi…

La Titleist AVX est bien entendu une balle multi-matériau. Le noyau est issu d’une technologie dite innovante à haute vitesse et faible compression.

L’enveloppe externe exclusive thermo fixée GRN41 en uréthane élastomère a été spécialement développée pour cette balle, afin de donner du contrôle et de la douceur.

Enfin, le design aérodynamique des alvéoles a été pensé pour donner en théorie un vol de balle bas.

Toutefois, si on se met à la place d’un golfeur amateur, ce n’est pas évident de comprendre la différence entre Pro V1 et AVX.

Pour David Maher, président de la société mère Acushnet « C’est une balle à trajectoire basse, peu de spin, super touché, et bon contrôle autour du green, mais elle est différente de la Pro V1. »

D’un point de vue des ventes, il semble pourtant bel et bien que Titleist a réussi à démontrer la coexistence des deux balles.

Encore une fois, la notion de fitting de balles de plus en plus développée fait qu’aujourd’hui, le marché semble en mesure d’accueillir ce degré de spécificité du produit.

Les études menées aux Etats-Unis semblent démontrer que le consommateur pouvait acheter ce produit sans cannibaliser les ventes de la Pro V1, et surtout revenir en consommer.

Du coup, la production réalisée à New Bedford dans le Massachussets a été augmentée pour assurer une commercialisation mondiale.

Le lancement est tellement important pour la société, qu’il pourrait bien complètement transformer son bilan sur le second semestre de l’année 2018.

Mon premier essai

Ayant reçu une douzaine de balles en début de semaine, j’ai pu mener un premier essai.

Depuis la publication du guide de choix 2018 pour les balles, je poursuis le même protocole de test, afin de reproduire des résultats utiles et comparables.

Le test se découpe donc en trois parties : Wedging à 50 mètres pour tester le degré de spin, et de contrôle. Fer 7 Cavity back pour tester le touché, la distance, et le contrôle. Driving pour évaluer la distance et le spin.

Ces trois tests sont rigoureusement effectués avec les mêmes clubs que pour l’essai comparatif initial.

Je dois en plus m’évertuer à swinguer à la même vitesse que lors du précédent test.

En toute transparence, j’ai d’abord tapé les balles AVX sans lire le communiqué de la marque ou aller chercher d’autres renseignements.

Ce faisant, en suivant mon protocole, je me suis petit à petit fait une idée très précise de la balle que j’avais entre les mains.

Wedging

Après avoir tapé quelques balles de rodage pour chercher la vitesse de 53 mph, et en fait, des coups portés légèrement au-dessus de 50 mètres, je suis rapidement arrivé au constat que pour une balle Premium, l’AVX donnait un niveau de spin plutôt élevé, et autour de 5700 tours, dans cette situation précise.

Selon la règle de lecture mise en place lors du dernier guide comparatif, cela classe cette balle en catégorie B, à savoir juste en-dessous des véritables balles Premium, types Pro V1, Z-Star ou Chrome Soft.

Les catégories peuvent aller de A à E (du plus spinnant au moins spinnant).

Sur ce type de coups, je ne l’ai pas particulièrement trouvée douce, et au contraire, un peu dure.

Pour être plus explicite, une balle dite Premium ou Tour, pour la vitesse évoquée ci-dessus, donne près de 7000 tours de spin, et arrête la balle en 6 mètres.

Dans le cas de l’AVX, j’ai trouvé 8 mètres, ce qui reste excellent, mais pas au niveau d’une balle Tour.

Fer 7

Dans le cas d’un fer 7 classique (Cavity Back), j’ai fait trois constats.

Pour le toucher, là, je confirme que l’AVX se situe largement au niveau des Pro V1 et Pro V1X. Je dirai même au-dessus. Le smash factor est plus élevé (1.29 contre 1.27 pour une Pro V1).

La balle est donc plus facile à compresser.

De mon point de vue, elle est largement plus adaptée à des amateurs. C’est un des points clés de ce test.

Elle est aussi plus performante qu’une Velocity ou une Tour Soft sur cette question de la translation de la vitesse de swing en vitesse de balle.

L’écart est même assez net avec la Tour Soft, qui de mon point de vue, est la plus difficile à compresser.

Après le toucher, sur la question de la distance, l’AVX prend aussi beaucoup de points.

Là-encore, elle est même plus efficace que des balles Pro V1 pour une vitesse de swing plus raisonnable que celle d’un pro sur le tour.

Clairement l’AVX est une balle techniquement beaucoup plus abordable à jouer par un amateur.

Dernier élément pour juger d’une balle avec un fer, le niveau de contrôle qui est la contrepartie du gain de distance !

A savoir, l’écart entre la portée au carry et la portée totale est relativement importante, car le taux de spin est bien moins bon que celui d’une Pro V1, et la trajectoire est aussi plus tendue.

Par rapport à une Pro V1 qui à la même vitesse de swing peut être portée à une hauteur maximum de 27 mètres et un taux de spin de 7000 tours, l’AVX ne vole pas à plus de 25 mètres de haut pour 5000 tours de spin.

Ce que vous gagnez en distance, vous le perdez en contrôle…

Au global, j’attribue une note de B à cette balle dans le domaine du jeu de fers. A ce stade du test, j’avais déjà compris que j’avais à faire à une balle polyvalente.

Driving

Dernier domaine pour évaluer une balle de golf, le driving où il s’agit surtout d’évaluer la distance totale.

Par rapport au wedging et au jeu de fers, domaines où l’AVX est plutôt bonne, j’ai donné une note de C au drive.

L’AVX se distingue sur un point !

Tapée au centre de la face, elle prend très peu de spin.

J’ai tapé plusieurs coups à seulement 1600 tours…Après la Mizuno JPX-S, c’est la deuxième balle la moins spinnante du marché actuellement.

Toutefois, comparativement à une AD333 Tour qui me paraît être la balle polyvalente la plus proche sur l’échiquier concurrentiel, l’AVX reste un peu dure à compresser.

Avec seulement un smash factor de 1.45, j’ai déjà fait mieux en termes de transmission de vitesse à la balle, et donc de distance.

Sur l’aspect purement distance au drive, l’AVX se classe en milieu de peloton des balles testées en 2018.

Pour un fabriquant, c’est toute la difficulté de trouver un compromis entre les différentes fonctions d’une balle.

Conclusion

B.B.C… C’est une excellente gradation pour une balle de golf. Cela veut dire qu’elle est polyvalente, et adaptée à un golfeur amateur.

Chez Titleist, les Pro V1 et Pro V1 x avaient obtenu A.A.C. et A.A.B., soit le maximum possible pour le wedging et le jeu de fers.

L’AVX ne fait pas franchement mieux en matière de driving.

Cependant, si un golfeur classé à un chiffre ne devrait pas opter pour cette balle, et au contraire, effectivement rester sur de la Pro V1, un golfeur amateur qui n’aurait pas le niveau pour jouer une telle balle, mais néanmoins, voudrait jouer de la balle premium, pourrait tout à fait considérer l’AVX.

Entre 10 et 18 d’index, je ne suis pas certain que sur le terrain, à 50 mètres, on sache bien distinguer la différence de contrôle à deux mètres près du drapeau.

Dans ce cas, le fait que l’AVX soit nettement plus facile à compresser avec un fer devrait apporter un léger gain de distance.

Par contre, de là à dire que l’AVX est une balle comparable à la Pro V1, ce n’est pas vrai. En réalité, la Pro V1 reste nettement supérieure.

Avec 2000 tours de spin en moins, vous comprenez pourquoi un golfeur comme Adam Scott peut se tromper d’une dizaine de mètres sur son approche, ne connaissant pas la caractéristiques de cette balle.

Au driving, la note de C dit simplement que le noyau pourrait être encore plus facile à compresser par rapport à une Callaway Super Hot ou une Srixon AD333 Tour. Ceci étant, le taux de spin très bas favorise tout de même la distance.

Pour ma part, je n’ai qu’un seul regret : le Prix ! Il m’aurait semblé plus judicieux que l’AVX se rapproche de l’AD333 Tour, sa véritable concurrente en performance.

Pour l’instant, Titleist la propose un peu trop comme une alternative à la Pro V1, ce que dans les faits, elle n’est pas. Je confirme qu’un joueur de Pro V1 ne basculera pas sur cette balle. C’est effectivement une porte d’entrée vers les balles High Spin.

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