Test des balles de golf Nassau Quattro

 

Nassau est une marque de balles de golf dont le nom vous dit peut-être quelque chose, de par un lointain souvenir, ou alors vous l’avez tout naturellement oublié, tant aujourd’hui la marque Sud-Coréenne est quasiment absente du marché français. Nassau dispose pourtant d’un outil de production réputé, et reconnu, y compris par ses concurrents. Dans l’univers merveilleux des balles de golf qui vont toutes plus loin que plus loin, j’ai commandé une douzaine de balles Nassau Quattro sur Amazon, pour appliquer le protocole de test JeudeGolf, et ainsi découvrir les qualités de cette balle dans trois domaines : Wedging, approches et driving.

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Dans le monde merveilleux d’Internet, j’adore lire ce genre de description « La balle de golf Nassau Quattro est adaptée à tous les joueurs à faible handicap dont les coups génèrent suffisamment de distance. Les joueurs utilisant la Nassau Quattro veulent surtout conquérir le drapeau et donc frapper beaucoup d’effets rétros avec leurs wedges »

Il suffit de lire ce commentaire pour comprendre que la personne qui l’a écrit n’a jamais tapé une balle de golf Nassau Quattro, et ne sait même pas de quoi elle parle.

Ce type de commentaire émane bien plus souvent d’un distributeur que d’une marque en elle-même, et cette dernière ne se rend souvent pas compte du préjudice que ce mauvais marketing peut avoir sur son image de marque.

L’idée de tester des balles Nassau m’a été soufflée par un ingénieur, et expert dans le domaine des balles de golf.

Il m’a appris que le monde des balles de golf avec une coque en uréthane, le revêtement le plus qualitatif à ce jour, se sépare bien en deux.

D’un côté, vous avez les fabricants qui produiraient de l’uréthane thermoplastique (principalement les sociétés japonaises) et de l’autre, les fabricants qui produiraient de l’uréthane Thermoset (principalement les sociétés américaines comme Titleist et TaylorMade).

Entre ces deux grandes segmentations, il existe des exceptions ou des marques qui ne suivent pas le modèle « régional », comme par exemple, et justement Nassau, basée à Seoul qui ferait du Thermoset.

Quelle est la différence entre l’uréthane Thermoset et l’uréthane Thermoplastique ?

L’uréthane thermoplastique (TPU) est un polymère. Ce TPU peut utiliser différentes combinaisons de segments rigides et flexibles. Ainsi, il peut se classer sur différentes positions d’une échelle allant de doux à rigide.

Le TPU présente l’avantage d’être plus durable que le procédé du thermosetting.

Le TPU peut être fondu et déformé. Il est en fait plus versatile et utilisable dans de nombreuses applications industrielles.

De son côté l’uréthane Thermoset est un polymère issu d’un liquide épais ou d’une résine. Le durcissement est obtenu par la chaleur, ou mixé avec un catalyseur.

Le processus de fabrication implique plus souvent un moulage. En revanche, quand l’uréthane Thermoset est durcit, il ne peut plus être fondu ou reformé.

La grande différence entre les deux uréthanes, c’est que le second soutient une charge par centimètre carré qui sera plus lourde que le TPU.

En résumé, pour des balles de golf dites avec une coque externe en uréthane, vous avez bien deux grandes familles de toucher et de durabilité.

Produire en son nom ou pour le compte de ?

Dans cette industrie, nous savons que certaines usines fabriquent pour d’autres marques.

Par exemple, il existe une forte préemption que Bridgestone était en réalité l’usine qui produisait les balles Nike, et notamment celles utilisées par Tiger Woods.

Autrement dit, il n’est pas rare qu’une usine produise ses balles, et des balles pour d’autres, et de telle sorte qu’il faille se garder des jugements à l’emporte-pièce sur la perception de qualité ou pas des balles, et selon la marque.

Plus que pour les clubs de golf encore, attention au fait de lier qualité de la balle et image de marque ou inversement, juger une qualité selon une notoriété plus faible…

En résumé, plus que la marque sur la boite, il faut regarder les composants pour estimer cette qualité.

De l’avis de mon contact, Nassau ferait donc bien des balles de golf d’excellentes qualités. J’en viens forcément à me demander si l’usine Sud-Coréenne ne produit pas déjà des balles pour un grand fabricant américain ?

Elle produit du Thermoset… Elle n’a pas peut-être pas intérêt à trop développer les ventes de sa propre marque ?

Si certains sites Internet marchands racontent n’importe quoi au sujet des balles de golf, faute de savoir en parler, il en va malheureusement de même de la part, de nous les médias de golf, qui ne sommes pas bien plus inspirés, sérieux et fiables sur ce même sujet, y compris, et surtout les publications anglo-saxonnes ou américaines.

Certaines comparent la performance des balles Nassau à des Titleist Pro V1, commentaire ou comparaison qui ne veut rien dire, sauf à aller dans le détail des performances d’une balle de golf, et dans les trois grands compartiments du jeu, que sont le wedging, les approches, et le driving.

Je n’ajoute pas le putting car aujourd’hui, je n’ai pas les outils et la connaissance suffisante pour faire des tests de balles différenciants au putting.

Les caractéristiques de la balle Quattro

La balle Nassau Quattro aurait été lancée au moment du 40eme anniversaire de la marque Sud-Coréenne, et se veut donc être « sa balle » haute qualité, avec justement 4 couches (Quattro pour 4 couches).

Cette balle a donc des caractéristiques d’une très bonne balle de golf, mais aussi un autre avantage qui va vous intéresser : Le prix à la douzaine !

Pour seulement 40 euros la douzaine, soit aujourd’hui le prix d’une milieu de gamme, il se pourrait bien que vous ayez une balle Premium ou Tour ? Soit un avantage concurrentiel !

Selon le fabricant, cette Quattro est une balle haute qualité, haute performance, et en fait une balle pour les professionnels.

Le fabricant appuie son jugement sur : Une vélocité accrue, plus de spin, du toucher, un produit durable, et en fait un balle unique qui conviendrait à tous les golfeurs.

Cette balle combinerait distance maximum avec les longs clubs, et contrôle avec les clubs d’approches.

Il ajoute un argument plus rare : « Son toucher et son incroyablement doux apporte un maximum de confiance sur les greens »

Fait dommageable, comme les autres « marques » de balles de golf, le marketing Nassau parle de « Miracle Function » pour résumer les caractéristiques.

La coque en uréthane est bien en Thermoset, ce qui la distingue d’une balle japonaise, le plus souvent en Thermoplastique. Cette coque est donc plus fragile, mais paradoxalement, plus dure.

Le noyau dit NdBR est dit « soft » et c’est justement lui qui confère ce toucher doux vanté par le fabricant.

Entre la coque et le noyau, et c’est ce qui fait que cette Quattro est intéressante, Nassau ajoute donc deux « manteaux » interne et externe.

Le manteau interne a pour fonction de produire un vol de balle plus élevé.

Le manteau externe a pour fonction de faire monter le taux de spin.

Enfin pour les alvéoles, Nassau annonce avoir trouvé un nouveau dessin pour ses 360 alvéoles qui elles ont pour mission de favoriser des trajectoires longues au drive.

Bref, comme toujours une balle de golf doit résoudre plusieurs équations complexes en même temps : Augmenter le spin sur les approches, et le réduire sur les drives… C’est pourtant antinomique.

Le test des balles Nassau Quattro

Comme pour chaque balle de golf déjà testée sur JeudeGolf, j’ai suivi le même protocole en studio avec un premier test wedge qui me permet de distinguer très rapidement la nature de la balle, entre balle high, mid ou low spin.

Clairement, sans faire de faux mystère, la balle Quattro est bien une balle High Spin. Est-ce pour autant l’égale d’une Pro V1 ? Le test doit le déterminer.

Pour le test, j’utilise donc toujours le même club, un sandwedge Callaway MD2 de 52 degrés.

Mon objectif est de produire une vitesse de swing comprise entre 52 et 53 mph pour des coups d’une portée d’environ 50 mètres.

Dans le meilleur des cas, selon ce protocole, une balle de golf prend 7500 tours, et dans le moins bon, à peine plus de 2000.

Le point crucial du test, c’est le taux de roule donné à la balle (backstop), que j’analyse en comparaison du smash factor (touché), et le degré de compression (distance parcourue rapportée à la vitesse de swing ou efficacité).

Une balle de golf est toujours la réponse d’une équation qui tente de combiner plusieurs facteurs.

La Quattro présente un taux de spin plutôt élevé dans cet exercice, mais pas encore au niveau maximum d’une Chrome Soft ou d’une Pro V1.

Cependant, et par rapport à une Pro V1, elle semble légèrement plus facile à compresser. C’est clairement une balle que l’on pourrait qualifier de souple.

Je ne vais pas chercher à vous démontrer que cette balle est la meilleure, la seconde ou la troisième meilleure autour du green, car les comparaisons entre balles se font sur de trop petits détails pour être 100% fiables.

Cependant, ce premier test confirme bien qu’il s’agit assurément d’une balle de petit jeu. Or, ce premier critère suffit souvent à distinguer une balle dite Tour du reste des balles.

De ce point de vue, la Quattro épouse les codes d’une balle Tour autour du green.

Je lui ai donné la note A (excellent) justement parce qu’elle marie bien la compression, la distance, le spin, et donc le pouvoir stoppant.

Dans le domaine de fers, une balle doit pouvoir être suffisamment bien compressée pour donner de la distance, tout en prenant encore un maximum de spin pour favoriser un point d’arrêt rapide sur le green.

J’utilise toujours un fer 7 Mizuno MP-18 SC pour tenter d’obtenir un bon compromis entre Smash Factor et taux de spin.

Mon objectif est de swinguer entre 81 et 82 mph pour porter la balle entre 140 et 145 mètres.

Dans ce domaine, la Nassau Quattro est au moins dans les 20 meilleures balles de golf que j’ai testé ces dernières années.

Premier point fort notable, je la trouve facile à compresser, et donc susceptible de produire de la vitesse de balle (1.36).

En termes de performance, elle me rappelle beaucoup la Callaway ERC Soft qui présentait des ratios comparables.

Je lui donne encore la note A (excellent), et pas trop pour le taux de spin mais plutôt pour la facilité à compresser, et la distance.

Pour 40 euros la douzaine, la balle Nassau paraît donc être déjà une très bonne balle de golf.

Reste à tester au driver avec là-encore toujours le même club, une tête TaylorMade M3 de loft 10,5 degrés. Je précise que pour tous les clubs utilisés pour le test, je ne change bien entendu jamais le shaft d’origine.

Clairement la partie la plus délicate du test, et avec le plus de risque d’erreurs de ma part, je dois driver autour de 99 mph.

Pour autant, trois tests, trois constats, la balle Quattro est facile à compresser, et produit à chaque fois un excellent rendement de smash factor.

La vitesse de balle est donc un point fort de la Quattro, et au moins au niveau de marques plus réputées comme Titleist, TaylorMade ou Srixon.

Dans le cas spécifique du drive, pour cette vitesse que l’on pourrait qualifier de raisonnablement élevée, en revanche, je trouve que la balle prend trop de spin, et a même tendance à ballonner (elle monte trop et « freine »).

Je me soupçonne d’avoir donné sur certains coups trop de loft dynamique (face trop inclinée vers le ciel), et par conséquent ajouté du spin… cependant, d’autres indices me laissent tout de même penser que mon intuition est pourtant bonne.

C’est loin d’être la meilleure balle que j’ai tapé au drive pour produire de la distance, et en l’état, pour une vitesse de swing rapide, il me semble qu’elle restitue trop de spin, ce qui fait sa force dans le petit jeu.

L’équation est de toute façon difficile à résoudre.

Je lui donne la note C (bon). Cela reste une performance très acceptable, sans être la meilleure.

Bilan du test de la balle Nassau Quattro

La balle Nassau Quattro me paraît être une balle de catégorie A.A.C. qui en fait un excellent rapport qualité/prix à 40 euros la douzaine. Le premier critère appréciable devrait être le touché, et la sensation de facilité pour la compresser.

Je ne pense pas qu’un golfeur professionnel la jouera sur le tour, ni même un golfeur classé moins de 10 d’index, car justement au drive, elle risque de restituer trop de spin.

En revanche, elle me paraît très bien adaptée pour 95% des golfeurs amateurs à la recherche d’une bonne balle, et ou au moins, aux antipodes d’un caillou.

C'est pourquoi à l'invitation de mon collègue Yannick Baduel, j'ai refait le test avec une vitesse de drive inférieure à 80 mph, pour effectivement constater que pour un golfeur qui swinguerait donc entre 180 et 200 mètres maximum, dans ce cas, le taux de spin redevient beaucoup plus acceptable, et autour de 2600 tours.

Autrement dit, la balle Quattro ne réagit pas très bien quand la vitesse de swing s'élève au-delà de 80,90 et même 100 mph, le niveau de spin devient trop élevé.

Sous cette valeur, dans ce cas, cette balle pourrait être triple AAA, car pour un golfeur qui driverait à moins de 80 mph, dans ce cas, un spin constant à moins de 2600 tours ajouté à un niveau de smash factor élevé, donnerait un très bon tandem pour coupler confort de frappe et distance.

Ce test doit m'inviter à faire plus de vérifications selon les vitesses de swings, et par balles.

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