Test des balles de golf Srixon Q-Star Tour DIVIDE

Dans le domaine du matériel de golf, il devient de plus en plus difficile de sortir des produits qui retiennent réellement l’attention. Et ceux qui y parviennent doivent en plus se légitimer par une plus-value réelle apportée aux consommateurs. Si dans le domaine des clubs, c’est de plus en plus mission impossible, les marques à l’image de Callaway, TaylorMade ou Srixon tentent de se démarquer par les balles de golf. Certes, ces dernières sont aussi normées sur leurs performances, mais il reste un territoire d’expérimentation possible : L’aide à l’alignement…

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Depuis quelques mois, nous sommes en face d’une évolution du marché des balles, et notamment initiée par Callaway avec le principe Triple Track.

Ce système de lignes tracées sur la coque externe de la balle, inspiré de la Navy américaine pour aider les avions à se poser sur des porte-avions en pleine mer, a très vite retenu l’attention du monde du golf, et plus que les consommateurs eux-mêmes, les concurrents…

Quelques mois plus tard, TaylorMade développait avec le pro américain Rickie Fowler un autre système dit PIX pour là-encore tenter d’apporter une aide à l’alignement de la balle vers le trou, sur un green.

Objectivement, c’était un tout petit peu moins intuitif que les trois lignes tracées sur le dessus de la balle, le système imaginé par Callaway.

Aujourd’hui, c’est au tour de Srixon de s’attaquer à la question avec une autre approche originale.

Si Callaway est un challenger du marché de la balle de golf, et TaylorMade encore plus, Srixon, le fabricant japonais est en réalité un leader mondial dans ce domaine, et qui a réussi à supplanter Titleist sur un certain nombre de marchés, pour le volume de balles vendues, en particulier en France.

Le phénomène n’est donc plus anecdotique. Nous avons trois marques qui tentent de proposer autre chose que des balles blanches et pas seulement des balles de couleurs, ce que Volvik, la marque Sud-Coréenne avait déjà su faire quelques années auparavant.

Avec le principe DIVIDE, qui signifie diviser, Srixon se sert de son modèle Q-Star Tour pour nous présenter un tout nouveau produit, et qui lui aussi pourrait ne pas laisser indifférent.

Comme il s’agit bien d’une balle Q-Star Tour, cette balle est composée selon les dires du fabricant de trois pièces.

Pour une fois, la technologie n’est pourtant pas ce qui compose la balle, mais ce qui l’a peint… à savoir jaune/orange, jaune/rouge ou jaune/bleu.

Trois versions bicolores sont donc proposées dans une nouvelle enveloppe en uréthane thermoplastique avec des pigments brillants.

Donc du point de vue de Srixon, cela revient à dire que justement, elle n’a pas été simplement peinte.

La prouesse du fabricant viendrait du fait de parfaitement réaliser la jonction des deux couleurs à l’équateur de la balle !

Le jeu de la marque va être de vous parler de performance comparable à celle du tour, avec un noyau Fastlayer ou encore un motif à 338 alvéoles.

Pour autant, ce n’est pas vraiment le sujet !

Le véritable sujet posé par cette balle, c’est la question de l’alignement, puisqu’une fois sur le green, quand vous vous baisserez pour placer votre balle face à votre cible, vous pourrez utiliser cet aspect bicolore, et notamment sa jonction…

A la différence du système Triple Track de Callaway, le système DIVIDE apporte encore une fonction en plus de la visée : Permettre la visualisation de la roule de la balle…

La visualisation de la roule ?

Quand on fait rouler une balle blanche sur un green, en réalité, cela va trop vite pour parfaitement distinguer dans quel sens roule exactement la balle.

Pour les amateurs, le plus souvent, même si elle avance vers la cible, elle peut prendre des effets, et schématiquement tourner sur son axe.

Avec la DIVIDE, c’est justement ce que vous allez observer de manière flagrante.

A moins qu’un golfeur ou une golfeuse soit capable d’amener le chemin du club strictement sur un angle parfait à 0 degré face à la cible, et conjointement une position de la face strictement à 0 degré au moment de l’impact, la balle risque de connaître des rotations sur son axe.

Plus la vitesse est accrue, plus la distance au trou sera longue, et plus le risque de voir la balle dévier de son axe sera grand… et c’est justement cette information quasi impossible à voir à l’œil nu que la DIVIDE pourrait nous fournir.

Pour avoir fait le test à la rédaction, nous avons constaté qu’aucun de nous n’était réellement capable de lancer la balle parfaitement, sans qu’elle ne commette de rotations sur son axe.

C’est donc très visuel !

A ce sujet, Joe Miller, chef de produit Srixon Sports Europe explique l’intérêt de cette balle selon lui « Un alignement plus simple au putting et un retour visuel plus important sur les chips et les coups de wedges ajoute vraiment la performance autour du green. C’est une balle que tous les joueurs doivent essayer à tout prix sur le parcours »

Il poursuit « Avec la construction bicolore unique de DIVIDE, l’alignement au putting est un jeu d’enfant avec une ligne à 360 degrés, tandis que chaque coup produira un effet stroboscopique pour aider à visualiser la vitesse et la direction de la rotation. »

Pour avoir testé, effectivement, l’aide à l’alignement ne se discute pas, cependant, le roulement de la balle au sol, illustrant cet effet stroboscopique est quelque peu déstabilisant.

En effet, du temps des balles blanches, on pouvait être un malade imaginaire ou plutôt un malade qui s’ignore. Encore fois, lancer une balle sur un chemin de club totalement neutre, prise au centre strict de la face, et avec une position de la face strictement neutre… qui peut prétendre faire cela, et même le répéter ?

Clairement, la DIVIDE va parfaitement illustrer les imperfections du stroke de putting. Sur le moment, on peut penser que c’est une bonne chose, mais à bien y réfléchir, cela peut produire un effet indésirable inverse : De la perte de confiance en soi…

A force de ne pas voir la balle générer des rotations parfaites, et donc à force de vouloir y parvenir vainement, on peut se décourager. Ce commentaire n’est pas fait pour vous dissuader d’essayer, mais plutôt une mise en garde sur la difficulté de lancer une balle parfaitement.

D’autant que sur une surface parfaitement plane, sans aucune aspérité (pas un green), la balle ne tient pas parfaitement sur son équateur. Elle penche naturellement d’un côté ou de l’autre. Cela ne doit pas se voir sur un green, car ce dernier n’est jamais complètement plat ou tellement ferme que la balle ne peut pas légèrement s’enfoncer dans le sol pour reposer droite.

Sur votre bureau par exemple, posez la balle sur son équateur, et constatez par vous-même. Elle se penche sur un côté de l’équateur…et c’est probablement lié à la forme de découpe des alvéoles sur ce point précis.

S’agissant des autres éléments à tester concernant une balle de golf, le spin ou la compression avec un fer ou un driver, nous avons mené le même type de test qu’usuellement, et dans nos moyens techniques.

Pour un coup de wedge à plus de 50 mètres, le taux de spin moyen observé est supérieur à 6000 rotations par minute, ce qui est la caractéristique d’une bonne balle pour le petit-jeu, mais pas une très bonne balle…

A titre de comparaison, dans le même exercice, une Pro V1 peut prendre plus de 7000 tours. Cela étant, Srixon se positionne sur un niveau de prix de quarante euros la douzaine, et non pas soixante !

Avec un fer 7 de type lame cavity back, la balle se compresse facilement et offre un taux de spin très convenable, sans avoir le besoin d’être soi-même un golfeur professionnel, au swing parfait.

Enfin, au drive, la balle se compresse aussi de manière très satisfaisante tout en, à l’inverse, ne donnant pas trop de spin.

Finalement, sans surprise, la DIVIDE est une balle Q-Star Tour, une bonne balle intermédiaire, qui ne se joue sans doute pas par des golfeurs professionnels à la recherche du spin maximum, mais conviendrait très raisonnablement à Monsieur Tout Le Monde pour un prix beaucoup plus raisonnable.

Autre commentaire que nous pouvons faire après avoir fait essayer cette balle sur le parcours par des golfeurs amateurs, et notamment au drive… Le vol de la balle est assez fun avec justement cet aspect stroboscopique qui se voit clairement en l’air.

En revanche, au putting sur les greens, après un essai sur 18 trous, le système semble plutôt favoriser la déconcentration, et plusieurs golfeurs interrogés n'ont pas été séduit, et au contraire, perturbés par la double couleur... Contrairement à ceux qui crient très vite à la nouvelle révolution, il semble qu'il faille plutôt rester prudent sur cette balle bicolore.

Parmi les couleurs proposées, les versions jaune/rouge ou jaune/orange semblent se trouver plus facilement dans des herbes un peu hautes par rapport à la version jaune/bleu, finalement moins visible.

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