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Test des balles Callaway ERC Soft Triple Track

Trois lignes ! Trois lignes dessinées sur une balle de golf pour nous rappeler qu’au putting l’alignement est une des composantes majeures au putting. En 2019, avec les balles MAGNA, et avec les balles ERC Soft Triple Track, Callaway veut enfin marquer des points dans un environnement toujours dominé par Titleist et Srixon. Plutôt que d’annoncer des gains de performances souvent difficilement vérifiables, Callaway mise sur le pragmatisme, et comme nous l’avait récemment confié Jason Finley, responsable du département Balles chez Callaway. Le pragmatisme ? Est-ce que cela marche sur le parcours ?

Sur le parcours, quelle expérience avec les balles Callaway ERC Soft Triple Track

Pour tester des balles Callaway ERC Soft Triple Track, il faut impérativement faire deux choses. L’une qui paraît évidente, jouer 18 trous en condition réelle, et notamment pour putter, et l’autre, avec un outil de mesure pointu, le Trackman 4, pour obtenir des données de rendements sur différents coups de golf, comme un wedge, un coup de fer, et un driver.

Au moment de tester la balle ERC Soft Triple Track sur le parcours, et plus particulièrement sur les greens du Golf Club de Lyon, sur les Brocards, mon partenaire de jeu, un golfeur amateur rencontré à l’occasion, m’interpelle sur la balle en jeu : Est-ce que les lignes sont dessinées à l’origine sur la balle ?

Les balles ERC Soft Triple Track se remarquent.

Depuis le premier trou, les deux autres joueurs de ma partie avaient rapidement remarqué ma procédure souvent immuable sur les greens.

Dès le premier trou, un par-5, mon premier putt de la journée avait filé tout droit dans le trou pour un birdie qui vous met tout de suite dans de bonnes dispositions.

A 7 mètres du drapeau, après avoir compté les pas me séparant du trou, après avoir jeté un coup d’œil à la ligne relativement droite et sans pentes pour l’occasion, j’avais aligné ma balle au trou en suivant ces fameuses lignes bleues et rouge.

Toute la journée, j’allais répéter la même procédure. Mesurer la distance des putts en pas, lire les pentes, et aligner la balle à l’aide des lignes dessinées sur la balle.

Hasard ou coïncidence, quelques jours plus tôt, dans le cadre du tournage de l’émission « Le Putting By Rudy » pour JeudeGolf.tv, en filmant le coach Rudy Olmos, je l’avais écouté expliquer comment s’aider du putter pour parfaitement aligner balle et putter sur un green.

Dans son émission, vous pourrez constater qu’il explique comment il est plus facile d’aligner le putter par rapport à une ligne tracé sur la balle, en se servant de l’horizontalité du putter par rapport à la verticalité de la ligne tracée sur la balle.

Pour être plus explicite, placez votre balle en ligne avec le trou en vous servant d’une ligne dessinée dessus, et placez votre putter en veillant, non pas aligner une ligne continue éventuellement dessinée sur votre putter par rapport à la ligne sur la balle, mais plutôt une verticale, soit la face.

Aucun besoin de changer de putter !

Pour Rudy Olmos, il est prouvé qu’il est bien plus facile d’aligner parfaitement un objet tel qu’un putter, en croisant ligne verticale et horizontale, plutôt que d’essayer de faire suivre deux lignes horizontales l’une après l’autre.

Et franchement, je l’ai vérifié. C’est très usuel.

Triple track ou coach putting, aligner le putter à la cible est bien un enjeu crucial sur les greens.

Jusqu’à présent, je me contentais d’utiliser la petite ligne noire parfois minuscule sur des balles TOUR, aussi bien Srixon, Titleist ou TaylorMade.

Le putting est surtout une affaire de concentration, et plus précisément de processus. Au moment de putter, je me répète souvent « Ne focalise pas sur le résultat, mais reste sur le processus ».

C’est exactement ce que des lignes tracées sur une balle vous incite à faire. Callaway n’a rien inventé. Si vous prenez un feutre et une demi-sphère vendue en magasin, vous pouvez facilement tracer vos propres lignes sur n’importe quelle balle.

Jusqu’à présent, je ne pensais pourtant jamais à le faire. Pas le réflexe !

Depuis la première expérience avec la Triple Track, je n’envisage plus de partir sur le parcours avec des balles qui ne présentent pas des lignes dessinées par le fabricant ou par mes soins.

Pas pour les lignes en tant que telles, mais pour le processus.

Malgré des greens carottés, sur cette partie de test aux Brocards, j’ai rentré trois fois à un putt, 14 fois à deux putts, pour un seul 3 putts, soit une moyenne de 1.89 putts par trous.

Pour arriver à déterminer une performance de la balle par rapport à ma performance, il faudrait mesurer des résultats sur plusieurs mois, et plusieurs parties. Même en appliquant un protocole rigoureux, comment réellement distinguer une performance supplémentaire liées aux lignes par rapport au joueur ? Cela me paraît illusoire.

En réalité, comme dans beaucoup de domaines au golf, il faut être convaincu… y croire.

Plus que les lignes, la question, c’est quel est votre processus sur les greens ?

Après avoir utilisé la Triple Track, j’ai rejoué avec une balle usuelle pour moi (Srixon Z-Star), et dessiné une ligne orange dessus. Cette remarque pour souligner l’intérêt du principe Triple Track hérité de la logique de l’appontage sur un porte-avions.

Au lieu d’avoir une ligne, la balle Triple Track affiche trois lignes parallèles, une rouge plus large, encadrée par deux lignes bleues plus fines.

Callaway étant basée tout près de San Diego et de la plus importante base navale du Pacifique, et pour avoir visité là-bas l’USS Midway, je mesure bien d’où peut venir l’inspiration des ingénieurs Callaway.

Dans les mains, quand vous placez la balle dans la ligne de vos yeux au trou, c’est effectivement bêtement simple d’aligner la balle dans la direction souhaitée.

Les américains aiment parler de technologie. Je préfère parler d’astuce pertinente.

Pour ce premier essai, cela m’a paru plutôt concluant… sauf qu’une balle de golf ne sert pas qu’au putting…

Avant de parler du petit-jeu, des coups de fer ou surtout du drive, et bien que j’aie commencé à me faire une petite idée sur le parcours, passons aux résultats mesurés avec le Trackman.

Test trackman des balles Callaway ERC Soft

Pour tester une balle de golf, il faut l’évaluer dans trois compartiments du jeu : le Wedging autour du green, un coup de fer 7, et au driver.

Avec un wedge, il s’agit de mesurer le toucher, la compression, le pouvoir stoppant donné à la balle.

Avec un fer 7, c’est sensiblement la même analyse

Avec un driver, il s’agit toujours de mesurer la compression, l’efficacité, et l’inverse du pouvoir stoppant, toujours matérialisé par la combinaison de l’angle de descente, et du spin : La roule.

Test wedging à 50 mètres du green

Avec un Sandwedge 52 degrés tapé en demi-coup mais surtout à une vitesse régulière autour de 50 mp/h, l’idée, c’est de déterminer la nature exacte de la balle : High, mid ou low-spin.

Soit les trois grandes catégories réelles qui distinguent les balles de golf, et bien plus que le marketing des balles.

En comparaison des Callaway SuperSoft et Magna aussi testées cette année, je peux établir plusieurs constats s’agissant de l’ERC Soft.

Premier constat, avec sa dimension plus conventionnelle par rapport à la MAGNA, il y a un net écart de vitesse de balle, soit 5 mp/h à vitesse de swing équivalente.

Je porte l’ERC Soft ou la SuperSoft 7 mètres plus loin que la MAGNA.

Avec une moyenne autour de 5500 tours de spin, l’ERC Soft est indiscutablement une balle Mid-Spin.

Une Chrome Soft pouvant facilement donner dans le même exercice, entre 6500 et 7500 tours de spin.

Le Smash Factor et l’efficacité rapportés dans le tableau illustre que l’ERC Soft est une balle douce et facile à compresser.

Pour le domaine du petit-jeu, une ERC Soft Triple Track n’est pas du niveau d’une balle du Tour, mais elle sera largement suffisante pour 90% des golfeurs.

Pour le justifier concrètement, entre une balle TOUR Testée début 2019 comme une Pro V1, une Z-Star ou une TP5, l’écart se mesure sur la roule. Je trouve un mètre de moins pour une balle High-Spin versus une balle Mid-Spin.

Le pouvoir stoppant d’une balle Tour se mesure entre 1 mètre et 1 mètre 50 supplémentaire versus une balle Mid-Spin, pour un coup tapé à 50 mètres.

L’écart avec une balle low-spin peut monter à 3 mètres.

Test avec un fer 7 Cavity Back pour chercher un rendement de spin optimal par rapport à la distance

Avec un fer 7 Cavity Back, je cherche à maximiser le spin de la balle sans trop perdre en distance, versus un fer Improvment, avec un loft plus/trop fermé.

L’idée, c’est de porter la balle le plus loin possible, tout en limitant la roule si possible. Privilégier le carry !

Premier constat, comme au wedging, la compression de la balle est plus facile. Le smash factor monte à 1.35 malgré une lame avec un loft de 33 degrés.

Sans surprise, la vitesse de balle est supérieure à la MAGNA, plus volumineuse, mais dont la compression (toucher) reste très acceptable.

En comparaison, la SuperSoft rend moins de vitesse de balle, et semble moins efficace dans le cadre de cet essai.

Des balles que j’ai déjà pu tester en 2019 (un processus de test de balles prend au moins 4 heures par balle), il me semble que l’ERC Soft se compresse très facilement, et génère déjà beaucoup de vitesse de balle avec un fer.

En contrepartie, le pouvoir stoppant donné à la balle est moindre par rapport à une balle High-spin.

Avec moins de 5000 tours de moyenne, tenant compte de la hauteur de balle, et l’angle de descente, à 150 mètres, je trouve pratiquement 10 mètres de roule.

Dans le même exercice, avec une balle Tour, je trouve moins de distance à vitesse de swing équivalente (7 mètres de moins) mais 2 mètres de moins à la roule ou selon la lecture 2 mètres de plus en termes de pouvoir stoppant !

A ce stade du test, un golfeur classé moins de 10 d’index ne peut pas jouer l’ERC Soft ou toute balle autre qu’une balle High-spin. En revanche, pour tous les autres amateurs, ce type de balle offre de la distance supplémentaire, un toucher plus doux, et une plus grande facilité à compresser la balle.

Est-ce qu’un golfeur d’index 20 mesure le pouvoir stoppant de ses coups à 3 mètres près ?

Test avec un driver 10,5 degrés

Quand vous jouez sur le parcours, c’est très difficile de mesurer le rendement de la balle de golf, et notamment au petit-jeu ou sur un coup de fer, surtout sans radar, et à l’œil nu.

C’est peut-être un peu plus facile de faire des constats au drive.

Quand j’ai joué sur les Brocards, j’ai eu le sentiment que mes meilleurs drives n’étaient pas très longs avec l’ERC Soft.

Ce sentiment a été corroboré par deux autres parties jouées avant et après.

Il y a une grosse différence entre les drives que vous tapez au practice ou en indoor, et ceux qui sont tapés quand ça compte pour le score, et sur le parcours.

Si je drive en moyenne entre 230 et 240 mètres selon le Trackman avec une vitesse de swing qui varie entre 97 et 103 mp/h selon les circonstances.

Sur le parcours, ma distance moyenne réellement mesurée par Arccos est autour de 200 mètres.

Sur le parcours, le système mesure aussi les mauvais shots. Sur cette moyenne, sur trois parties jouées dont une avec l’ERC Soft, je n’ai pas trouvé de différences significatives versus ma balle Srixon Z-Star.

En revanche, sur les balles les plus longues, avec l’ERC Soft, j’ai atteint 230 mètres alors qu’une semaine avant, j’étais monté plus facilement à 243 mètres et une semaine plus tard à 263 mètres.

Cette impression corroborée par des chiffres mesurés par position GPS avec le système Arccos ont trouvé un écho avec le test au Trackman.

L’ERC Soft prend globalement trop de spin pour être considérée comme une bonne balle au drive, surtout que la vitesse de balle n’est dans ce cas, pas franchement spectaculaire.

Vitesse de balle, hauteur de balle, et spin, pour ces trois arguments, la distance obtenue en moyenne avec l’ERC Soft me paraît un peu en retrait.

Avec une Pro V1, une TP5 ou une Z-Star, j’obtiens plus de vitesse de balle. L’ERC Soft est peut-être justement et dans ce cas, inversement trop douce ? Elle perd en efficacité. En moyenne, je perds 8 mètres au drive.

Ce n’est pas sur le niveau de spin où l’ERC Soft perd franchement du terrain puisque dans ce domaine, au drive, les balles High Spin ne sont pas réputées performer. C’est bien sur la vitesse de balle qu’il y a un manque.

Je ne fais pas mieux par rapport à la MAGNA, pourtant plus volumineuse.

Bilan du test ERC Soft Triple Track

Il faut saluer la bonne idée, et même espérer que le principe se généralise sur la plupart des balles Callaway. Après le principe Truvis, Callaway se forge une jolie réputation de fabricant capable de sortir des sentiers battus pour nous proposer autre chose que simplement jouer des balles de couleurs.

Le pragmatisme et l’aide utile aux golfeurs est à souligner avec le principe Triple Track.

L’ERC Soft est une bonne balle de golf pour un golfeur amateur qui n’a pas envie, le temps ou le réflexe de tracer des lignes sur sa balle. Un golfeur qui n’est pas obsédé par le backstop dans le domaine du wedging versus une balle dite du TOUR ou surtout qui cherche à compresser facilement la balle avec un fer.

Au chapitre des moins, ce n’est pas la meilleure balle possible pour la distance au drive. Revers logique d’une balle très douce, peut-être trop…

A retenir finalement : Une balle qui vous fait penser à bien putter !

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