Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Le mystère de la balle de golf triple A…

Le mystère de la balle de golf triple A…

Cette semaine, la Poste m’a apporté un colis contenant une boite de 12 balles, sans marquage spécifique, de la part d’une marque dont je suis obligé pour le moment de taire le nom. Il s’agit visiblement du prototype d’une nouvelle balle à venir en 2019, et qui reste pour l’instant sous embargo. Je n’ai pas pu résister à l’envie de la tester, ne sachant pas à quoi m’attendre. La surprise a été de taille, compte tenu des règles de tests spécifiques mis en place cette année concernant les balles de golf…Si je ne connais pas encore le nom de cette nouvelle balle, j’ai déjà une bonne idée de son niveau de performance.

Découvrez nos formules d'abonnements

Triple A : Le summum pour une balle de golf

Depuis la parution du guide de choix consacré aux balles de golf en Mars 2018, nous avons établi sur JeudeGolf.org notre propre méthode de classification sur trois compartiments essentiels pour une balle : Avec un wedge, avec un fer, et avec un driver.

Pour chaque compartiment, une balle testée peut recevoir une note allant de A à G, A étant la meilleure évaluation possible.

Une balle triple A ou AAA correspond donc à la meilleure notation possible, en somme la balle parfaite quel que soit le compartiment de jeu : en premier (wedging), en second (approche), et en troisième (driving).

Le test de plus de 40 modèles de balles différents pour 12 marques distinctes n’avait pour l’instant jamais permis de donner une note triple A pour aucune balle, et à l’époque, cela nous paraissait logique.

Le summum pour une balle était en fait AAB, soit excellente pour le wedging, excellente pour le jeu de fers, et très bonne pour le driving.

Pour les 44 modèles testés en 2018, les balles classées BBB comme la Srixon AD333 Tour ou BBC comme la Titleist AVX paraissaient alors les meilleurs choix, d’un point de vue du compromis, et indépendamment d’un autre critère déterminant, le prix de la douzaine.

En fin de compte, comment une balle de golf qui pourrait prendre plus de 6500 tours de spin avec un wedge tapé à moins de 50 mètres, pourrait dans le même temps prendre moins de 2500 tours au drive à près de 100 mph de vitesse de swing ? Comment une telle balle pourrait être relativement abordable pour un amateur, et notamment en matière de compression ?

On peut imaginer qu’un professionnel de golf va compresser la balle sans peine au drive et optimiser la distance en même temps que le spin. Dans le même temps, il sera aussi tiré partie de cette balle autour du green, à condition qu’elle lui donne un maximum de spin.

Les balles dites TOUR ou PREMIUM, comme par exemple les Pro V1 ou Pro V1x, Z-Star ou Z-Star XV, TP5 ou TP5x, Chrome Soft ou Chrome Soft X présentent toutes des niveaux de spin super élevés dans le domaine du petit-jeu.

C’est d’ailleurs dans ce domaine qu’elles excellent particulièrement par rapport aux autres balles.

Souvent une balle appropriée pour le petit jeu présente un comportement proche avec un coup de fer.

C’est alors au drive que l’on peut commencer à les distinguer, car l’exercice de style paradoxal à résoudre pour les marques consiste à proposer un maximum de spin dans le petit jeu, et inversement, le minimum au drive.

Une balle parfaite doit effectivement offrir deux comportements radicalement différents.

La plupart du temps, une balle qui présente un taux de spin énorme à moins de 50 mètres, et dans le but d’arrêter la balle rapidement sur le green, voit son taux de spin se réduire au drive, mais rester tout de même assez supérieur à ce que l’on peut trouver avec une balle 2-pièces bas de gamme ou un « caillou ».

Ce n’est pas une règle issue d’un manuel de chimie, mais plus une observation sur la base de centaine de tests.

Si je prends un exemple, la Callaway Chrome Soft X excelle dans le domaine du petit jeu.

Lors de son test sur des coups à 50 mètres, j’ai trouvé plus de 7300 tours de spin, un des résultats les plus élevés de l’année, combiné à un excellent smash factor (ratio de la vitesse de balle sur la vitesse de swing).

Lancée à plus de 50 mph avec un sandwedge 52 degrés, cela donnait une balle qui ne roulait pas plus de 6 mètres sur un green basique (hors préparation pour grand prix ou préparation spéciale du green).

Au drive, cette même balle m’avait donné un spin supérieur à 2900 tours pour un smash factor de 1.46, ce qui pouvait laisser penser qu’elle était plus difficile à compresser par un simple amateur, avec une vitesse de swing inférieure à 100 mph.

Dans le cas de Phil Mickelson, et de nombreux golfeurs professionnels Callaway, qui tapent à des vitesses de swings bien plus élevées, et avec une qualité de centrage de balle bien supérieure, ces ratios sont certainement plus favorables.

Ceci dit, après vérification, en 2017, sur l’ensemble de la saison, Phil Mickelson n’était pas classé parmi les 100 premiers golfeurs sur le tour à donner moins de 2600 tours à la balle au drive.

Comprenez que la Chrome Soft X est une balle géniale pour le petit jeu. Mickelson comme d’autres peuvent s’en donner à cœur joie autour du green, créer des effets, et même des flops shots incroyables.

La difficulté pour les ingénieurs est de donner un tel maximum de spin à la balle avec une faible vitesse, et dans le même temps, de provoquer le comportement complètement inverse à haute vitesse, et tapée de plein fouet par un club avec un loft plus fermé.

Autre exemple, à l’inverse de la pyramide de qualité des balles de golf, la balle de practice est certainement celle qui prend le plus de spin au drive, et restitue la moins bonne vitesse de balle à l'impact.

Une balle de practice neuve peut prendre plus de 3500 tours de spin à 100 mph de vitesse de swing, et littéralement, ne pas avancer. Le smash factor pourra aussi être conjointement faible, car le noyau de la balle présente une compression peut adaptée à la distance.

C’est ce qui permet de ne pas construire des practices de 300 mètres de long.

Jusqu’à présent, je n’avais donc jamais trouvé de balles triple A, soit environ plus de 6500 tours de spin sur un coup de wedge à 50 mètres, un excellent smash factor combiné à un bon degré d’efficacité sur un coup de fer (une balle qui produit une bonne distance tout en donnant beaucoup de contrôle), et enfin une balle qui restitue une excellente vitesse de balle et peu de spin au drive.

Jusqu’à présent, c’était avant le test d’une balle prototype inconnue au cours de cette semaine.

Pourquoi A pour le wedging ?

En testant toujours avec le même club, un wedge 52 degrés Callaway MD4 à une vitesse de swing autour de 52-54 mph, la balle Proto 2019 restitue 0.93 de smash factor, 0.88 de degré d’efficacité (distance/vitesse de swing) et 7200 tours de spin.

Clairement, pour un tel niveau de spin, aucun doute, cette balle est à ranger dans la catégorie High-Spin, c’est le premier enseignement de ce test en aveugle.

Pour un tel niveau de spin dans cet exercice, la note est automatiquement A pour le wedging. Il s’agit vraisemblablement d’une balle pour le petit-jeu.

Avec 7261 tours de moyenne sur une vingtaine de frappes, cette balle 2019 se classe dans le top-3 du moment.

Malgré tous ses constats positifs, pendant le test, sans avoir les chiffres sous les yeux, je la trouve un peu dure au contact.

Cela se confirme avec un smash factor finalement un peu moyen (0.93) quand d’autres balles de la même catégorie sont plus faciles à compresser comme la Chrome Soft X (1.00) ou la Z-Star (0.97).

Du coup, l’efficacité s’en ressent. Pour une vitesse de swing comparable aux autres tests, cette balle mystère perd légèrement en distance.

En gros, c’est une très bonne balle pour contrôler les coups mais elle ne restitue pas nécessairement un contact de balle optimum.

Sur le moment, cela m’a rendu un peu confus, une balle qui donne beaucoup de spin mais paraît paradoxalement un peu « dur ».

Pourquoi A avec un fer 7 ?

Avec un fer 7 Mizuno MP-18 SC sur manche acier stiff de plus de 100 grammes, le test consiste à taper entre 81 et 85 mph de vitesse de swing pour observer quelle distance générée au carry, et quel taux de spin donné à la balle.

A l’inverse du test avec un wedge, la balle paraît étonnement plus facile à compresser.

Le smash factor est bien meilleur (1.30) et proche du maximum d'un test avec une lame de type cavity back pour un niveau de jeu amateur.

L’efficacité est au rendez-vous puisque la balle parcoure 136 mètres au carry.

Le taux de spin est l’un des moins élevés des balles high spin testées en comparaison.

C’est tout de même suffisant pour en faire une balle de catégorie A, car le taux de roule est finalement très contenu (5%).

Ce prototype donne une excellente vitesse de balle et un taux de spin assez élevé.

Pourquoi A pour le driving ?

Avec un driver M3 de loft 10,5 degrés sur un manche regular d’une longueur standard, j’ai été très surpris par le taux de spin donné à la balle Prototype.

Habituellement, une balle High Spin est difficilement une balle qui donne moins de 2500 tours avec un driver tapé au-dessus de 95 mph.

Pourtant, c’est le cas avec la balle prototype, sans que le smash factor soit réellement exceptionnel.

Le taux de roule de cette balle est donc relativement élevé, soit 10% de la distance totale.

Conclusion du test de la balle prototype

Une balle triple A n’est pas nécessairement la meilleure balle dans chaque compartiment.

Wedging, driving, fer, on peut voir que d’autres balles sont parfois encore plus performantes par compartiment.

La balle prototype est en fait très constante dans les trois compartiments, et c’est plutôt rare, même pour une balle premium.

La grosse surprise avec cette balle a été de trouver un niveau de spin aussi bas au drive, et en comparaison avec un niveau élevé pour le wedge.

Comme il s’agit d’un test réalisé par un être humain, qui plus est un amateur, et largement pas le meilleur, il y a forcément une grande marge d’erreur.

Simplement, ce premier résultat permet d’imaginer qu’il s’agit au moins d’une excellente balle de golf.

A 100 ou 200 tours de spin, à 1 ou 2 mph de vitesse de balle, le facteur humain peut largement engendrer des variations d’appréciations.

L’intérêt de créer des grandes catégories, c’est qu’il est plus difficile de se tromper de 1000 tours ou de 10 mph !

Quand cette balle sera commercialisée sur le marché, il faudra impérativement que je la reteste.

Finalement, une marque peut très bien m’envoyer un prototype survitaminé… Un nouveau test d’une boite au hasard devra me permettre de vérifier le même niveau de performance, entre la promesse et le résultat.

Si ce résultat se confirme, au moins dans la tendance, taux de spin très différencié entre wedging et driving, cela pourrait bien être un sacré pas en avant en matière de performance. Cela me forcera sans doute à retester toutes les balles en 2019, et peut-être à changer/durcir la grille de lecture du guide.

Il faudra aussi que j’isole ma propre tendance à fausser le test, à savoir, que d’une manière involontaire, mon swing a peut-être changé entre mars 2018 et novembre 2018, à la faveur de la nouvelle balle testée. Beaucoup de questions qu’il me faudra traiter pour garantir un minimum de fiabilité à ce type de guide.

Rendez-vous en janvier 2019 pour découvrir le nom de cette nouvelle balle de golf...

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.