Test balles TaylorMade Tour Response

Vous l’auriez demandé… TaylorMade vous la propose désormais… La balle Tour Response aurait été dessinée spécifiquement pour les joueurs à la recherche de performance, sans pour autant payer le prix fort d’une balle dite justement… Tour, et en référence, par exemple à une TP5 ou une TP5X. Que vaut réellement cette balle de golf, vendu entre 40 et 45 euros la douzaine ?

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Les caractéristiques des balles TaylorMade Tour Response

Commençons par la coque externe, la « cover » réalisée 100% en uréthane, un matériau qui est unanimement reconnu aujourd’hui pour favoriser la création de backspin, et notamment pour le petit-jeu.

Plus fragile que le matériau Surlyn, cette « couverture » est moins durable, mais plus qualitative pour le toucher. L’uréthane est le matériau privilégié pour toutes les balles utilisées par les meilleurs golfeurs du monde.

C’est donc un bon premier point pour une nouvelle balle de golf, dont le nom est « Tour Response », la réponse du Tour.

Une réponse ? C’est la bonne trouvaille marketing de TaylorMade pour amener en 2020 un produit sur le segment moyen de gamme, un segment où traditionnellement la marque n’arrive pas réellement à peser.

Pour autant, est-ce qu’une cover en uréthane suffit à en faire une bonne balle de golf ?

A 45 euros la douzaine, TaylorMade n’est pas expressément dans la recherche d’un absolu compromis tarifaire, sachant que les balles TP5 et TP5X se trouvent sur Internet à des prix allant de 50 à 58 euros la douzaine, et que dans certains cas, des acteurs du net hors de France descendent encore le prix à 46 euros !

Seulement 10 euros d’écart entre la Tour Response et la TP5, TaylorMade prend le risque de ne pas réellement créer un débat, et créer un espace pour cette nouvelle balle, sachant qu’avant ce modèle, les Project (a) ou Project (s) n’avaient pas déjà laissé un souvenir impérissable.

Néanmoins, cela n’empêche pas TaylorMade d’affirmer qu’elle amène une balle qui pourra donner plus de spin, pour moins d’argent dépensé.

La marque Américaine vante une balle censée apporter plus de contrôle autour du green, plus de sensations, et plus de durabilité. Sur ce point, c’est un peu plus problématique, car justement l’uréthane est moins durable que le Surlyn, dont c’est la principale qualité, au détriment du toucher.

Autre élément mis en avant par TaylorMade, la compression du noyau de cette balle 3 pièces.

Le noyau dit « Hi-spring » qui suggère une haute élasticité aurait été réalisé avec des matériaux très doux et très flexibles, toujours pour favoriser un toucher doux, et surtout une compression très basse de seulement 40.

Cette compression permettrait un transfert d’énergie maximal à la balle et même une forme de rebond à l’impact, et selon les propres termes du fabricant.

Comme il s’agit d’une balle 3-pièces, après avoir parlé du noyau interne, et de la couche externe, il reste une troisième composante dite SpeedMantle (le manteau de vitesse), une seconde couche qui entourne le noyau. Sa conception est censée favoriser une vitesse « explosive », et une vitesse de balle accrue.

Hum hum hum… vérifions tout cela

Si le test d’une balle de golf demande une très grande humilité, c’est bien parce qu’il faut un protocole rigoureux, savoir interpréter les chiffres, et prendre du recul.

Je teste les balles de golf au Trackman depuis plusieurs années, et j’ai déjà constaté à quel point le risque de faire des petites erreurs de jugement est réellement important.

Petites, car un domaine ne trompe jamais sur une balle de golf, ce sont justement ses performances dans le petit jeu.

Mon expérience dans ce domaine des tests avec un wedge à moins de 60 mètres ne m’a encore jamais trompé sur la nature d’une balle. Les dangers sont plus au niveau des pleins coups, fer 7 ou surtout driver.

L’idéal serait de pouvoir faire des tests robots. En toute honnêteté, c’est hors de budget pour le moment, et on peut tout de même arriver à percevoir la nature d’une balle sans.

A force, j’ai appris à reconnaitre une balle de golf dès les 3 ou 4 premières frappes, et je précise avec le Trackman (pas sans). Ce dernier permet une mesure précise du spin donné à la balle, et ce spin sur des coups à moins de 60 mètres, avec une vitesse constante ne trahit jamais la nature exacte d’une balle.

Sans surprise, la balle Tour Response donne un niveau de spin supérieur à une balle lambda pour le petit-jeu, et du fait de sa coque en uréthane. En revanche, ci-après, je vais vous détailler pourquoi c’est une balle assez quelconque, et que moins cher, ne signifie pas nécessairement un meilleur ratio de qualité/prix.

Par rapport à la segmentation créée sur JeudeGolf, c’est une balle B.B.D (petit-jeu, fer, et drive)

Wedging

C’est le principal intérêt de cette balle. Elle réagit de manière convenable autour du green, et à moins de 100 mètres. Convenable… cela ne veut pas dire pour autant qu’elle offre les mêmes performances qu’une balle du Tour.

Pour ce test, je tape plusieurs dizaines de balles pour n’en garder que 10 pour le calcul final.

J’élimine les éventuels mauvais coups qui me sont imputables (et pourtant dans cet exercice, je me mets en mode robot), et surtout les erreurs du radar, des spins calculés et non pas mesurés…

Surtout, pour comparer la balle à mon panel de tests, je cherche à produire une vitesse de swing moyenne autour de 51 mph.

Pour ce type de test, je vais me focaliser sur seulement 4 données : La vitesse de balle, le spin, la distance au carry rapportée à la vitesse de swing produite, et le smash factor.

Le point clé pour une balle de golf, et notamment dans le domaine du petit-jeu, c’est le pouvoir stoppant que l’on peut aussi appeler « backstop ».

Ce backstop est tributaire d’au moins deux facteurs : Le spin, mais aussi l’angle d’atterrissage de la balle. Plus ce dernier sera prononcé, et plus la balle s’arrêtera vite.

C’est pourquoi, je calcule l’écart entre le carry, et la distance à la roule, et transforme le résultat en pourcentage de roule, sur la distance totale. Ce pourcentage me donne la nature du pouvoir stoppant de la balle.

En synthèse, je peux confirmer que le toucher de la balle sur un coup de wedge à 55 mètres du green peut être qualifié de bon, le taux de spin de 6113 tours en moyenne est quant à lui bon sans être exceptionnel.

Sur 57 balles testés ces 3 dernières années, cela classe la balle Tour Response en 24eme position.

C’est bon sans être exceptionnel !

S’agissant du pouvoir stoppant, sur justement 57 balles, je suis arrivé à une moyenne de 14%. Avec un peu plus de 11%, la balle Tour Response se situe dans le premier tiers des balles intéressantes.

Je lui attribue la note B, ce qui est très bien pour une balle moyen de gamme, mais n’est pas du niveau d’une balle du Tour.

Par exemple, les balles TP5 et TP5X prennent plus d’effets (7000 tours en moyenne), le niveau de spin d’un coup à un autre est plus régulier, elles volent plus haut (1 mètre de hauteur en plus sur la même distance), le backstop est meilleur.

Fer 7 Cavity Back

C’est la partie du test où la balle présente le plus de contradictions.

Comme pour le précédent test, j’utilise toujours le même club, un fer 7 Mizuno MP-18 SC qui n’est utilisé que dans ce cadre-là.

Je dois là-encore reproduire une vitesse robotique de 81 mph. Le principal problème pour moi, qui est un biais pour ce test, c’est qu’en trois ans de temps, ma qualité de compression a changé. Elle s’est améliorée. Je dois la pondérer pour en tenir compte dans mon jugement du test.

C’est la partie du test qui est la plus complexe, car j’ai observé deux phénomènes contradictoires.

D’une part, je compresse facilement cette balle (1.34 de smash factor), et d’autre part, le taux de spin est dans ce cas, très/trop moyen.

Pour une balle dite Tour, dans ce domaine, c’est très décevant.

De mon point de vue, une balle de golf est essentiellement une formule chimique, et sensible à son environnement.

Son environnement, c’est en fait le moment de l’impact avec la balle.

Une balle de golf doit résoudre une terrible équation : Donner beaucoup de spin pour le contrôle sur les coups de wedges, et de fers, et inversement, ne pas trop en donner sur les pleins coups de drivers, pour cette fois, favoriser la distance.

Une balle de golf doit faire en même temps deux choses contradictoires. C’est là où les ingénieurs doivent concevoir des formules mathématiques ou chimiques complexes.

Dans le cas de cette balle, la formule ne fonctionne pas très bien. Le niveau de spin est trop bas pour ressembler de près ou de loin à une balle Tour.

Au lieu de 4400 tours, il aurait été préférable de trouver 5500 à 6500 tours.

Paradoxalement, le toucher est très convenable, et le smash factor illustre le fait que j’arrive assez facilement à générer de la vitesse de balle à l’impact.

En résumé, dans ce compartiment du jeu, pour mon test, cette balle produit un paramètre très bon, et un paramètre plutôt mauvais.

Dans cet exercice, le taux de roule moyen que j’observe (backstop) est de 5,7%. La balle Tour Response est plutôt mal classée avec un résultat de 6,7%

Je lui donne encore une note de B un peu surévalué, essentiellement parce que le toucher de l’uréthane est forcément bon...

Driving

C’est largement dans ce domaine où la balle Tour Response est la plus décevante, avec la précaution qui est de reconnaître que c’est aussi le domaine le plus difficile à fiabiliser pour un test.

Toujours avec le même driver, un TaylorMade M3 10,5 degrés monté sur un shaft standard regular, cette fois, je dois chercher une vitesse de swing moyenne de 99 mph.

Je me focalise moins sur la direction que la vitesse à trouver.

Comme pour les fers, la compression de la balle que l’on peut retrouver en partie avec le smash factor est très convenable, en revanche, le spin donné à la balle est cette fois beaucoup trop élevé pour favoriser la distance.

L’équation de la Tour Response ne fonctionne pas parfaitement. Dans ce domaine, en comparaison des 57 balles testées depuis 2018 selon le même protocole, elle prend la note de D, et en grande partie à cause du spin.

En moyenne, dans cet exercice, pour la totalité du panel, je relève 2650 tours donnés à la balle pour 99 mph de vitesse de swing.

Avec 2900 tours, il y a encore des balles qui font pire, cependant la Tour Response est plutôt au fond de la classe.

Dans ce cas, le taux de roule donné à la balle est de 7%, quand en moyenne, il peut être de 9%. C’est bien paradoxal avec le fait que la balle est encore une fois assez facile à compresser.

Le smash factor de 1.47 dans cet exercice la situerait plutôt dans les 15 meilleures.

Conclusion

La balle Tour Response est bien une balle « middle market » ou moyen de gamme. Il n’y a aucun doute là-dessus.

Avec une note de B.B.D., elle ne démérite pas par rapport à certaines de ses concurrentes, à la question près du driving, partie la plus discutable d’un test de balles.

En revanche, affirmer que c’est une réponse du Tour, cela me paraît très ambitieux dans les termes.

L’uréthane est un plus, la compression du noyau est un plus… mais la formule ne fonctionne pas de manière optimum.

La Tour Response est encore très loin du niveau d’une balle Tour, et par exemple, les TP5 et TP5X.

Or, l’écart de prix ne me parait pas convaincant.

Compte tenu du marché actuel, un prix de 35 euros maximum la douzaine me paraîtrait plus en adéquation avec le niveau de qualité, et le prix d’une douzaine de TP5 qui peut descendre à 49 euros.

Sur ce segment du marché, TaylorMade a du mal à trouver la formule gagnante et imparable. 

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