Test des hybrides TaylorMade SIM2 et SIM2 Max

Nouveaux drivers, nouveaux bois de parcours, et donc logiquement nouveaux hybrides, TaylorMade profite du début d’année 2021 pour mettre à jour son offre. Les nouveaux SIM2 et SIM2 Max sont arrivés au studio JeudeGolf pour test. TaylorMade avance que Dustin Johnson et Rory McIlroy ont participé à l’élaboration des nouveaux clubs… Oui, mais est-ce que cela fait vraiment une différence ?

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Les nouveaux hybrides SIM2 et SIM2 MAX

Pas de promesses ronflantes, d’annonces grandiloquentes, TaylorMade la jouerait-elle modeste au sujet de ses nouveaux rescues ?

La marque annonce surtout un vol de balle plus élevé et une maniabilité pour tous. Et effectivement, le premier commentaire objectif sur cette nouvelle ligne, c’est la complémentarité entre les deux modèles, très clairement distincts, et qui ne correspondront pas aux mêmes types de golfeurs ou golfeuses.

Cela étant, ce commentaire était déjà valable pour la gamme précédente, et celle encore avant, et encore…

Pour 2021, TaylorMade a le mérite de ne pas nous annoncer un bouleversement ou une refonte totale.

La principale évolution se situera sous la semelle avec la nouvelle V Steel remaniée. 

La marque n’échappe pas au sacro-saint marketing, et annonce tout de même que cela aura pour objet de redistribuer le poids de la tête, et dans le but d’apporter plus de tolérance, tout en maintenant un centre de gravité abaissé.

Est-ce que pour autant il n’y a rien à dire de particulier à propos de ces nouveaux clubs de golf ?

Le communiqué de la marque ne m’a pas beaucoup inspiré. En revanche, le fait de mesurer les clubs au studio m’a permis de disséquer l’offre, et j’ai plus d’observations utiles à rapporter.

J’ai commencé par mesurer la longueur des clubs, et notamment des manches. Pour le SIM2, la longueur de l’hybride 3 me paraît conventionnelle avec l’état du marché actuel 40,5 inches.

En revanche, concernant le SIM2 MAX, il se passe clairement quelque chose avec un manche légèrement plus long, et bien au-dessus de la moyenne marché : 41 inches.

Je rappelle que le manche du SIM2 MAX est « collé », et n’est donc pas interchangeable sans l’intervention d’un clubmaker.

Cette longueur est donc un élément clé de ce club par définition moins ajustable que le SIM2.

De mon point de vue, c’est trop long, et cela ne va pas favoriser la qualité du centrage de balle dans la face. En revanche, le point positif, c’est l’augmentation naturelle de la vitesse de swing.

Toutefois, swinguer plus vite, ne signifie pas lancer automatiquement plus loin !

Autre différence que j’ai mesuré dans l’atelier, le SIM2 MAX est aussi légèrement plus lourd de 5 grammes (355 grammes contre 350) versus le SIM2.

Dans les faits, 5 grammes, vous pourrez considérer que c’est insignifiant. Cependant, cela va jouer sur l’effet marteau du club. Au cours de mon test, j’ai constaté une différence très notable de smash factor en faveur du SIM2 Max.

Enfin, dernière caractéristique que j’ai mesurée : Le Swing weight en D4 pour les deux clubs.

Cette mesure indique que le golfeur pourra ressentir plus de poids en tête. Pour un golfeur athlétique, cela pourrait donner un feeling positif.

Comparativement aux bois de parcours (par exemple numéro 3), les têtes des deux hybrides sont bien plus lourdes.

Pour le SIM2, TaylorMade m’avait envoyé un club ajustable monté sur son manche « stock » le Mitsubishi Rayon Tensei 80 HY en version stiff de 80 grammes avec un torque de 3.2 annoncé pour un lancement plutôt « mid ». ou intermédiaire.

Pour le SIM2 Max, TaylorMade avait envoyé un club non ajustable sur son manche stock Fujikura Ventus 7.S (stiff), et non pas 6.S comme annoncé sur le site de la marque.

Comment les deux hybrides se distinguent ?

Ci-dessus, le premier hybride testé, un SIM 2 numéro 3 de loft 19 degrés, et pour lequel, le premier commentaire à la lecture du graphique de droite (les trajectoires), c’est une plus grande variabilité des effets.

Clairement, la position de la face par rapport au manche est beaucoup moins « closed-face » ou anti-slice, et m’autorise directement plus de trajectoires possibles.

Ci-dessus, le référentiel mesuré par Trackman auprès des joueurs professionnels sur le Tour, et pour chaque club.

Pour un hybride de 15 à 18 degrés, en moyenne, le bon smash factor à trouver devrait être 1.46 fois la vitesse de swing avec un angle de lancement de 10 degrés, et un spin supérieur à 4400 tours.

Dans mon cas, avec une vitesse de swing inférieure de 10 mph par rapport aux meilleurs, je constate un smash factor de 1.45, un angle de lancement de 13,5 degrés, et seulement 3400 tours pour le spin.

En utilisant la fonction Optimizer du Trackman, on peut constater que je n’attaque pas assez la balle vers le sol. L’angle d’attaque est trop remontant (+1.5 degrés), ce qui laisse supposer que les balles sont tapées basses dans face (pas optimisées). Par conséquent, je n’optimise pas les conditions de lancement, et pourtant, le club permet une vitesse de balle plutôt très bonne (130 mph) et un angle de lancement convenable pour ma vitesse de swing.

Bien évidemment, sans être une machine, un test de club par un humain ne peut pas dissocier les résultats du joueur par rapport au club qu’il tape.

Ce que vous pouvez en retenir, c’est justement dans votre futur processus d’achat de contrôler l’optimisation du club que vous allez choisir.

Ici, la distance est optimisée, car le niveau de spin est trop bas (seulement 3500 tours), car je ne tape pas au centre de la face, ce que le Trackman n’a pas vu le cas présent (graphique de droite), mais que je peux déduire à travers l’angle d’attaque trop remontant.

Ci-dessus, le SIM2 MAX ne masque justement pas son jeu.

A la différence du SIM2, le club est beaucoup moins « versatile » Non seulement, il ne s’ajuste pas, et en plus, sa face plutôt « closed-face » ou « anti-slice » contraint les trajectoires de balles, toujours similaires en draw ou hook pour un golfeur avec un chemin plutôt intérieur-extérieur.

En revanche, pour un sliceur, ce produit sera donc plus adapté que le SIM2, et donc adapté à un profil de swing extérieur-intérieur.

On peut encore noter deux paramètres importants : Du fait d’un manche légèrement plus long (plus qu’annoncé par la marque), la vitesse de swing est plus élevée (+1.3 mph par rapport au SIM2 testé le même jour dans les mêmes conditions).

Le smash factor est nettement plus élevé (1.49), et explose même les compteurs ! C’est grisant !

Malgré la longueur du manche, j’ai plutôt mieux réussi à centrer les balles… ou plutôt profité d’une tête légèrement plus lourde de 5 grammes. Je pencherai plutôt pour cette deuxième hypothèse.

Quelque part, le niveau de smash factor obtenu avec ce club est donc bien au-dessus des normes qu’il faudrait obtenir pour un rescue (1.46). Cela veut forcément dire qu’il y aura une contrepartie à payer ailleurs…

Toujours avec un swing trop remontant (+1.7 degrés), le spin loft n’est pas cohérent (responsabilité du joueur), en revanche, de manière positivement surprenante, la vitesse de balle est très supérieure à ce qu’elle pourrait être.

Cependant, la hauteur de trajectoire est loin d’être mid, et au contraire, trop basse, et le niveau de spin complètement écrasé. Ces deux paramètres de la trajectoire de la balle sont donc la facture à payer de la vitesse de balle en plus.

Au lieu de taper à 185 mètres de moyenne au carry, le résultat est plus long à 192 mètres. Il y a un gain de distance évident… au prix d’un moindre contrôle de la profondeur.

Bilan du test

Comparativement à des modèles de rescues précédents, je ne vois pas réellement une performance supplémentaire, sauf à prendre en considération le manche plus long du SIM2 MAX.

Dans ce cas, oui, il y a augmentation de la distance sur un argument véritablement objectif : Le manche plus long.

Pour un golfeur intéressé par la vitesse de balle, le SIM2 Max est clairement au-dessus du SIM2. En revanche, pour ma part, je vais préférer le SIM2 pour la plus grande variété des trajectoires possibles.

Dans les deux cas, je ne suis pas convaincu qu’il y ait une performance réellement supérieure par rapport à des générations précédentes, et par exemple, les SIM de 2020.

Le design est en revanche bien amélioré. La ligne globale me paraît très réussie d’un point de vue esthétique ou son à l’impact. Cela étant, chez TaylorMade, pour moi, le meilleur hybride produit ces dernières années reste le M3, et parce qu’en plus, il propose encore un ajustement sous la semelle, et pour permettre d’adapter la position de la face à l’impact. Depuis quelques saisons, TaylorMade a renoncé à cet avantage. C’est dommage à performance équivalente, et alors que le SIM2 va être proposé à 299 euros, et le SIM2 MAX à 259 euros.

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