Test hybrides TaylorMade SIM versus Cleveland Launcher HALO

Dans les deux cas, il s’agit de clubs « têtes collées » sur des manches en graphite et déclarés Regular. Il s’agit donc de deux hybrides que vous pourriez acheter en magasin, et sans fitting. Les deux clubs viennent de sortir sur le marché, et représentent ce que les deux fabricants, TaylorMade comme Cleveland peuvent faire de mieux en matière de « rescue ». Ce test est l’occasion des les comparer. Quelles performances mesurées au Trackman, pour des coups joués directement depuis le fairway, et sans tee, avec le Cleveland Launcher Halo contre le TaylorMade SIM ?

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En matière d’hybrides, la mode est à l’amélioration des performances au moment où les clubs entrent en contact avec le gazon, du fairway ou du rough.

Les deux derniers hybrides de TaylorMade et de Cleveland n’échappent à cette tendance de fond, mais y répondent avec des solutions techniques légèrement différentes.

TaylorMade SIM

Pour la première fois concernant un hybride TaylorMade, la marque californienne a intégré le dessin d’une semelle dite V-Steel déjà vue par le passé sur ses bois de parcours, et revisitée à l’occasion de la sortie de la gamme SIM.

Dessinée en forme de V sous la semelle, la V Steel permettrait un meilleur passage du club sur l’herbe, ce qui lui conférerait plus de maniabilité, notamment sur des lies difficiles.

Une lie difficile étant un lie où la balle ne repose pas sur beaucoup de gazon, pour justement facilement lever la balle après l’impact.

Depuis le lancement en 2019 de l’hybride M6, TaylorMade a ajouté la twist face d’abord développé pour les drivers M3 et M4.

Avec cette nouvelle face « twist », la marque nous fait comprendre qu’en corrigeant les angles de la face en ses extrémités, elle peut limiter les conséquences négatives des coups décentrés, et ainsi délivrer des coups plus droits, et plus longs.

Cette face corrigée se retrouve à nouveau sur l’hybride SIM.

Technologie ou idée qui complète la Thru Slot Speed Pocket, une précédente innovation TaylorMade qui cette fois se concentrait sur l’augmentation de la vitesse de balle, et par une meilleure déformation de la tête à l’impact.

Selon le fabricant, c’étaient surtout les coups tapés bas dans la face qui se retrouvaient améliorés par ce principe… Pour rappel, technologie ou pas, les faces de clubs subissent une limitation du coefficient de restitution contrôlée par l’USGA ou le Royal et Ancient, deux organismes qui régissent les règles du golf dans le monde.

Enfin, dernier argument du club SIM, ce dernier embarque un nouveau matériau pour justement encore améliorer la performance générale du club.

La face a été réalisée dans un acier C300 ultra résistant. Cet acier permettrait de délivrer des vitesses de balles encore plus rapides…

Cleveland Launcher HALO

Introduit sur le marché quelques semaines plus tôt, le dernier rescue de la marque Cleveland aborde aussi la question de l’interaction avec le sol, et en particulier les lies difficiles.

Cleveland a repris son concept de « Gliderail » ou « rail glissant » qui doit donner plus de vitesse, et améliorer ce contact avec l’herbe.

L’idée, c’est de vous donner plus de chances de scorer depuis n’importe quelle position, sur ou en-dehors du fairway, la fonction clé d’un « rescue ».

Alors que TaylorMade mise sur la V Steel, c’est le « rail » du Cleveland qui doit guider votre tête de club à glisser plus facilement sur le sol, et donner plus de vitesse de swing, et par conséquent, sans doute plus de distance.

Comme toutes les marques de clubs, Cleveland adresse la question du centre de gravité de sa tête, et pour notamment augmenter l’angle de lancement à l’impact.

Lancer haut est une question capitale s’agissant d’un hybride, dont le format est nécessairement plus petit par rapport à un driver ou un bois, ce qui signifie que la hauteur de face de l’hybride est aussi par conséquent plus réduite.

Cleveland affirme que par le biais de sa couronne dite HiBore, le centre de gravité du club est abaissé vers la semelle. Le principe consistant à enlever du poids sur la couronne.

Enfin, comme TaylorMade, un nouvel acier haute résistance doit fournir un coefficient de restitution plus élevé avec une zone d’impact plus large, pour plus de vitesse de balle, et donc de distance.

Comme précisé plus haut, ce dernier argument est difficilement vérifiable, dans la mesure où le COR est volontairement limité par le législateur, et le sweet spot, une zone très petite sur n’importe quelle face de club.

Pourquoi ces deux clubs en test ?

J’ai choisi de comparer ces deux clubs dans la mesure où j’ai reçu dans les deux cas, un hybride 4 de 22 degrés, monté sur un manche regular.

Si on a pu lire précédemment que les solutions techniques apportées par les deux fabricants sont très similaires, les différences apparaissent au niveau du dessin global de la tête.

La SIM est légèrement plus importante. Paradoxalement, la tête TaylorMade est plus surdimensionnée par rapport à la Cleveland, plus classique pour un rescue.

A ce propos, noir carbone, la tête Cleveland est du plus bel effet, mais à nouveau très classique, et sans fioriture. Le principal élément distinctif est bien sous la semelle avec le rail.

Comme le SIM, il s’agit d’une tête collée, et donc non ajustable.

En comparaison, la V Steel est finalement moins visible. Si vous n’êtes pas affranchi de cette semelle qui mélange un corps en acier avec des panneaux en carbone, c’est moins distinctif pour un néophyte.

Dans les deux cas, les conceptions des couronnes reprennent le principe de « step » ou étage.

Ce petit monticule situé sur la couronne et juste derrière la face du club est plus prononcé chez Cleveland, qui en a même fait une marque de fabrique avec le principe Hi Bore.

Il est plus discret et léger sur le TaylorMade qui mixe une conception de couronne en acier et en carbone.

On en parle moins aujourd’hui, mais depuis le driver R1, TaylorMade aime distinguer la tête de club pour aider les golfeurs à adresser la balle. La partie juste derrière la face est blanche ou grise, quand le reste de la couronne est en carbone sombre.

Les deux hybrides 4 présentent encore quelques petites différences. Si les deux hybrides 4 sont proposés pour droitier et gaucher, l’angle de lie du SIM est de 60.5 degrés quand celui du Halo est de 61.

L’équilibrage du Cleveland est annoncé en D2 alors que celui du TaylorMade est annoncé en D3.

Enfin, quand on mesure les deux clubs, on trouve une toute petite différence de longueur au niveau des manches. Sur le site de TaylorMade, on peut lire 40.25 inches, alors que sur le site de Cleveland, on peut aussi lire 39.75 inches. Dans les mains, quand on compare les deux clubs, on peut effectivement constater que le SIM est légèrement plus long.

Les deux clubs ont beau être très similaires. La différence de longueur de seulement un demi inch peut influer sur la vitesse de swing, et naturellement favoriser la distance pour le TaylorMade, mais en contrepartie, augmenter la dispersion.

Autre différence visuelle et notable, et aux conséquences plus importantes, le SIM est un rescue qui se destine finalement à une large cible de clients. La tête est volumineuse, mais ne présente pas beaucoup d’offset pour corriger le slice chez certains amateurs.

En revanche, le HALO présente paradoxalement une tête plus compacte, mais avec beaucoup plus d’offset pour augmenter le chemin de club intérieur-extérieur…

En toute logique, un club pour très bon joueur serait plus compact et avec un minimum d’offset, et un club pour golfeur en progression devrait être plus volumineuse, et avec plus d’offset. Là, vous avez un mélange des genres.

Autre élément, quand on mesure réellement les clubs avec une machine à swing weight, le Cleveland est bien en D3 comme annoncé. En revanche, le TaylorMade sur un manche Fujikura Ventus est en D5, et non pas en D2. Cela peut avoir une incidence sur le swing. Ce n’est pas complètement illogique avec le format et le poids de la tête du club.

Pour avoir pesé les deux clubs, le Cleveland pèse seulement 345 grammes, quand le TaylorMade pèse 360 grammes.

Vous avez donc deux clubs très similaires qui répondent aux mêmes questions, mais dans le détail, le TaylorMade est un soupçon plus long, et plus lourd, avec une tête plus volumineuse.

Cela ne pourra pas être sans effet sur les performances.

S’agissant des manches, le TaylorMade est donc livré sur un Fujikura Ventus 6R de 66 grammes avec un torque de 3, annoncé pour favoriser des trajectoires hautes.

Pour le Cleveland, nous avons un Miyazaki C.Kua 6R avec un international flex code de 4444, soit une rigidité dite constante du butt jusqu’au tip.

Dans les deux cas, pour des manches regular, je les trouve plutôt rigides avec peut-être un point de flexion légèrement plus haut pour le TaylorMade.

Les résultats du test comparatif

J’ai commencé par le TaylorMade en le swinguant à une vitesse moyenne de 86.7 mph (139.53 KMH), puis le Cleveland à une vitesse de swing de 87.7 mph (141.14 km/h).

Malgré le manche plus court, la tête moins volumineuse favorise en fait une vitesse de swing légèrement plus importante, alors que bien entendu, j’ai essayé de reproduire les mêmes coups.

En vitesse de balle, j’ai obtenu dans les deux cas des vitesses comparables entre 124.2 et 124.6 mph.

Comme les deux clubs n’ont pas été swingués rigoureusement à la même vitesse, le smash factor est donc logiquement supérieur dans le cas du TaylorMade, soit 1.44 en moyenne contre 1.42 pour le Cleveland.

Plus que les histoires de technologies, ce sont les paramètres objectifs et mesurables des clubs qui expliquent ces différences.

Si vous lancez une tête plus lourde et plus volumineuse sur une balle, peut-être vous perdez légèrement en vitesse de swing, mais vous allez gagner en masse, en force transmise à la balle.

Finalement, cela revient un peu au même, puisque dans les deux cas, la vitesse de balle est quasi identique, mais pas générée exactement de la même manière.

Si vous ne regardez que le smash factor, vous pourriez penser que le TaylorMade est meilleur que le Cleveland.

La notion la plus importante, c’est en fait la vitesse de balle pure. Dans ce cas, le TaylorMade donne un avantage de seulement 0.4 mph.

Pour deux hybrides 22 degrés de loft, j’ai visiblement donné mécaniquement le même loft dynamique dans les deux cas, soit 18 degrés, pour des hauteurs de trajectoires rigoureusement identiques, à savoir 25 mètres de haut au point maximum.

Clairement, sur la question des trajectoires, les résultats sont identiques, aussi bien pour l’angle d’envol, que l’angle d’atterrissage.

Il y a pourtant deux différences significatives qui ressortent de ce test, et à nouveau l’explication est plus mécanique que philosophique ou technologique.

Comme énoncé plus haut, l’offset du Cleveland est nettement prononcé, et plus que pour le TaylorMade.

Par conséquent, pour ma forme de swing, l’offset a augmenté le déplacement, le chemin de mon club pour aller vers la balle, le rendant encore plus de l’intérieur vers l’extérieur, soit 3.6 degrés contre seulement 2.1 degrés avec le TaylorMade, plus classique.

Cet offset a aussi favorisé le fait de plus fermer la face à l’impact, soit -1.5 degrés mesurés par le Trackman contre square avec le TaylorMade (-0.1 en moyenne).

Par conséquent, avec le Cleveland mes balles ont « courbé » à gauche en moyenne de 13.3 mètres contre à l’inverse 2 mètres à droite pour le TaylorMade, autrement dit dans ce cas, les balles n’ont pas courbé.

Je n’ai rien pu y faire.

Ce n’est pas seulement mon swing qui favorise ce phénomène, mais bien le placement de la tête de club par rapport au manche du Cleveland, un club clairement conçu pour limiter les effets de slices pour des golfeurs qui swinguent dans un système inverse au mien, à savoir un chemin extérieur-intérieur, pour lequel la face fermée va atténuer les effets de push à droite.

Dans mon cas, ce système augmente inévitablement la courbure vers la gauche, et me fait perdre de la distance.

En moyenne, j’ai tapé le TaylorMade à 178 mètres au carry (196 mètres distance totale avec la roule) contre seulement 173 mètres au carry avec le Cleveland, et alors que la vitesse de balle est identique.

Ce n’est pas le simple écart de 200 tours de spin en défaveur du Cleveland qui explique ce résultat, mais au contraire, la courbure des balles.

Une balle droite va plus loin qu’une balle qui courbe, dans un sens ou dans un autre.

En revanche, pour un sliceur, le TaylorMade corrige moins le phénomène, et dans ce cas, les résultats de performances sont susceptibles de s’inverser…

A en juger par les impacts relevés dans la face, le lie du Cleveland m’était en revanche plus adapté, versus le TaylorMade…

Cependant, modifier le lie d’un hybride non ajustable est pratiquement impossible.

Conclusion

Deux clubs très semblables qui finalement ne le sont pas du tout, et pour des détails qui pourraient vous échapper à l’œil nu, et sans outils de mesures.

Les têtes ne font pas exactement la même dimension, et ne pèsent pas le même poids.

L’offset est plus prononcé sur le Cleveland pour aider les sliceurs.

Pour autant, la vitesse de balle de deux clubs est identique, et malgré le fait que le manche du TaylorMade est plus long, ce qui n’entraîne pas une plus grande dispersion.

Pour ma part, le résultat est meilleur avec le SIM et de manière notable, à la fois en distance (entre 5 et 6 mètres en plus, et en dispersion (15 mètres moins à gauche).

Cependant, je ne suis pas tous les golfeurs.

Un sliceur aurait plus intérêt à jouer le Cleveland, car malgré toutes les différences, à vitesse de balle sans doute identique (la véritable performance objective du club), le HALO va légèrement corriger les effets indésirables d’un chemin de club trop extérieur-intérieur.

Dans ce cas, la distance pourrait être inversement plus positive avec le HALO.

C’est pourquoi, au moment de choisir, vous devez connaître votre tendance de chemin de club. De mon expérience, cette tendance ne s’inverse jamais, sauf à opérer des modifications radicales.

Une fois que vous connaissez votre tendance, vous pouvez faire le bon choix en prenant soin de regarder le placement du manche sur la couronne. C’est un point capital du choix d’un club de golf. J’essaie d’insister le plus souvent possible sur cet aspect méconnu.

Les marques insistent trop sur les technologies. Nous ne focalisons pas assez par conséquent sur l’essentiel : Qu’est-ce que réellement un club de golf, et comment est-il construit ou composé ?

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