Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Test hybride TaylorMade M3 : Beaucoup d’ajustabilité pour quels résultats ?

Test hybride TaylorMade M3 : Beaucoup d’ajustabilité pour quels résultats ?

Faut-il absolument choisir un hybride ajustable ? Ce type de club présente l’avantage de proposer beaucoup de réglages différents, au niveau de la semelle ou du loft. En contrepartie, le prix s’en ressent. Un club donne-t-il vraiment du draw ou du fade ? Découvrez les résultats d’essais menés au trackman, pour comprendre le véritable rendement de cet hybride.

Découvrez nos formules d'abonnements

Un hybride TaylorMade ultra-ajustable

Ce nouvel hybride ajustable présente une tête d’une dimension modérée, surtout destinée à plaire aux meilleurs golfeurs.

Pour TaylorMade, le nouvel hybride M3 se définit selon trois caractéristiques principales : La forme de la tête, le poids ajustable, et aussi le dessin de la semelle censée convenir à des golfeurs de tous niveaux.

Cette semelle incorporant justement un rail, pour faire glisser de droite à gauche, un poids amovible censé changer la trajectoire de balle, et concrètement influer sur l’angle de la face à l’impact.

La principale différence par rapport au M1 de 2017 concerne la masse ajustable sous la semelle, qui pèse 30 grammes au lieu de 27.

Avouez que 3 grammes sur un club cela peut paraître infime. C’est pourtant 10% de masse en plus. Mais est-ce que cela compte vraiment dans la performance ?

Il faut noter que la couronne présente un tout nouveau look avec deux tonalités de couleurs, une section avant argent mat, et une section arrière dite « Gloss Black ». C’est plutôt réussi.

Par rapport au M1, les ingénieurs TaylorMade considèrent qu’ils proposent plus d’options d’ajustements au niveau de la trajectoire, ce à quoi, il faut ajouter des réglages du loft au niveau du hosel.

C’est un détail, mais le connecteur (pièce qui relie la tête et le manche) est ultralégère du fait d’une conception en aluminium.

Pour le manche, TaylorMade a opté pour un MCA Tensei Blue adapté à un hybride, et de poids 80 grammes en stiff et extra-stiff, alors qu’un 70 grammes est proposé en shaft regular et senior (A), le tout avec un grip Lamkin UTx cord.

TaylorMade propose plusieurs numéros : 2, 3, 4 et 5, de loft 17 à 24 degrés pour un prix de 299 euros, soit quasiment le prix d’un driver dans d’autres marques.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

L’hybride TaylorMade M3 testé

Par rapport à la configuration envoyée par TaylorMade, j’ai seulement changé le grip pour opter pour un Golf Pride à la place du Lamkin.

A noter, comparativement à d’autres hybrides du marché, le manche de 40,75 inches est plutôt long (la moyenne est plutôt de 40 inches), ce qui pourrait favoriser la vitesse de swing.

Les principaux chiffres pour établir une analyse et évaluer la performance d’un club

La distance totale n’est pas un élément suffisant pour juger de la réelle performance d’un club de golf.

Il faut prendre en compte principalement les paramètres que sont la vitesse de swing, la vitesse de balle, l’angle de lancement, et le taux de spin donné à la balle.

Il faut ajouter en plus le smash factor qui est le ratio entre la vitesse de swing et la vitesse de balle, ce qui traduit l’optimisation du set-up club/joueur.

On va plus loin avec le degré d’efficacité qui est un ratio que nous avons créé, entre la vitesse de swing, et la distance produite au carry. Cela résume l’énergie déployée pour produire une distance.

Et enfin, sur jeudegolf.org, on utilise en plus le ratio spin sur angle de lancement, qui traduit la performance balistique d’un club.

Le bénéfice d’utiliser des ratios permet de neutraliser des effets extérieurs comme les variations de vitesses de swings entre plusieurs essais.

Les données du test en comparaison d’autres Hybrides

Pour situer le M3 par rapport à d’autres hybrides, je vous propose ci-dessus un comparatif avec des manches équivalents (stiff).

Le M3 se distingue particulièrement sur l’argument du taux de spin particulièrement abaissé sans réglage particulier au niveau de la tête (autour de 3300 tours pour 88 mph de vitesse de swing).

Le Callaway Rogue X est dans une valeur de spin comparable.

Cependant, son loft plus fermé (18 degrés) le rend plus difficile à manier, notamment pour centrer la balle dans la face.

Résultat, un peu de smash factor en moins pour le Rogue X, ce qui explique une légère différence de performance entre les deux modèles. Il faudrait pouvoir tester un Rogue standard…

En l’état, le M3 fait plutôt partie des très bons hybrides.

Mon appréciation du M3

Ci-après, je vais vous présenter plusieurs tests du même hybride M3, justement pour évaluer l’intérêt des multiples ajustements possibles.

Si j’ai testé le M3 en configuration normale, sans changer les paramètres, j’ai répété l’opération dans le rough versus un lie normal. Puis j’ai modifié le poids en position draw, puis en position fade, et enfin, j’ai testé le M3 avec un loft abaissé à 17,5 degrés, puis augmenté à 20,5 degrés.

Soit la grande batterie des ajustements possibles avec cet hybride, mais il pourrait y a voir beaucoup d’autres configurations possibles.

Sur un lie normal, le M3 donne de bonnes performances.

Pour une vitesse de swing de 90 mph, avec un taux de spin de 3300 tours et un centrage moyen (1.43), on peut espérer une distance au carry de plus de 180 mètres.

Depuis le rough, le club est vraiment freiné. Je perds 4 mph de vitesse de club. Le contact est bien entendu nettement moins bon (1.33). Le taux de spin n’est pas vraiment à prendre en compte.

Résultat, je perds 30 mètres au carry en moyenne, et surtout, la dispersion augmente franchement entre une bonne et une mauvaise balle.

En position draw, n’imaginez pas que le club va transformer vos balles comme par enchantement en joli draw ! Ce type de coup est le résultat d’une action du joueur bien plus que du club.

En réalité, en déplaçant le centre de gravité plus près du talon, on favorise une tendance du club à refermer la face plus vite à l’impact. Cela agit plus directement sur l’angle de la face.

Pour réaliser un vrai draw, il faudrait décaler le chemin de club plus à droite, et la face plus à gauche. Seul un golfeur peut réaliser cette opération volontairement ou involontairement.

En position normale, sans toucher au poids sur le rail, ma tendance est à ouvrir la face du club entre 0,3 et 1,9 degrés.

Avec le poids en draw, je ferme la face à -1,2 degrés, ce qui effectivement engendre des départs de balles à gauche.

Inversement, en déplaçant le poids vers la position Fade, je n’ouvre pas particulièrement la face. En tout cas, pas de manière exagérée. Paradoxalement, j’ai pratiquement mieux tapé dans cette position (smash factor à 1.44).

Quelle que soit la position, le taux de spin ne varie pas beaucoup.

En résumé, draw ou fade, vous jouez sur +1 pou -1 degré d’ouverture de la face.

A chacun de tester la position du centre de gravité qui conviendra.

En ramenant le poids au centre, et en augmentant le loft au maximum, soit 1.5 degrés supplémentaire, le smash factor décroit légèrement (De 1.43, je descends à 1.41, ce qui est logique avec l’augmentation du loft, et donc une capacité à compresser la balle qui décroit légèrement).

Pas d’impact sur le spin, la seule valeur qui augmente, c’est l’angle de décollage, soit un degré.

A l’œil nu, cela ne se verra pas. La hauteur de balle est d’ailleurs très similaire dans cet exemple (soit 26/27 mètres à 90 mph de vitesse de swing).

Inversement, le smash factor augmente avec un loft abaissé à 17,5 degrés. Dans ce cas, le smash factor varie de +0,02 points. L’angle de lancement baisse d’un degré par rapport à la position standard. La trajectoire de balle baisse d’un mètre. Ce ne se verra pas à l’œil nu.

Inconvénient de ce choix de loft qui favorise la distance… cela peut aussi faciliter des coups manqués. Les fautes se payent beaucoup plus cher.

En résumé, la distance varie de plus ou moins 4 mètres selon le loft choisi, et de 2 mètres en dispersion latéral selon le placement du poids.

Bilan du test

Beaucoup de réglages, des petits changements de trajectoires, la possibilité de trouver son réglage idéal… mon avis est plutôt favorable, même si j’aurai tendance à relativiser tous les ajustements. Un hybride sans ajustement ne pénaliserait pas un golfeur amateur sur le parcours.

Cependant, il faut beaucoup de vitesse de swing pour pleinement optimiser ce club. Jean, testeur senior a essayé ce club, et n’a pas trouvé son compte.

Je ne dirai pas que ce club convient à tous les profils. Il existe des hybrides plus tolérants avec des manches plus légers qui conviendront mieux à des golfeurs à vitesse modérée.

Le M3 est un club pour vitesse de swing rapide, surtout si on veut donner des effets.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.