Test comparatif des hybrides Callaway Mavrik et XXIO X-EKS

Callaway et XXIO aiment se disputer le marché des équipements de golf, et notamment sur un segment particulier, celui des seniors à la recherche de produits légers ou facilitateurs de distances. En 2020, et un peu avant le confinement, les deux marques avaient justement lancé de nouveaux hybrides pour compléter leurs gammes respectives, le modèle Mavrik pour Callaway, et le modèle X-EKS pour XXIO, dans les deux cas des têtes collées. Pour ces deux « rescues », les deux marques aimeraient bien étendre leur périmètre de clients, et toucher des golfeurs plus « sportifs »…

Hybride Callaway Mavrik : Pour la première fois, une conception à base d’intelligence artificielle

Après avoir testé le concept en 2019, Callaway n’a pas hésité à décliner son nouveau principe de conception à base d’intelligence artificielle sur l’ensemble de ses gammes de drivers, bois de parcours et hybrides Mavrik.

Comme pour le premier driver Epic, le principe consiste à faire créer une face la plus performante possible à l’aide d’un super-ordinateur qui doit calculer/dessiner l’intérieur de la face pour optimiser le rendement des utilisateurs.

Le rendement ? Il s’agit du smash factor, ce ratio entre vitesse de swing et vitesse de balle créé à l’impact par un golfeur ou une golfeuse.

Les marques ont deux principaux leviers : Faciliter la création de vitesse de swing par le golfeur lui-même ou alors faciliter la vitesse de balle par une formule mathématique magique qui mêle poids, résistance, matière, dimension, et trouvailles technologiques.

En gros, c’est le club qui par sa conception doit apporter un plus.

Dans un environnement où beaucoup de golfeurs ne s’intéressent pas au matériel dans le détail, tout va bien dans le meilleur des mondes. En revanche, depuis quelques années, l’accès à des technologies comme le Trackman ou le FlightScope, de même que certains clubfitters ont commencé à mettre en doute le fait qu’une marque de matériel de golf puisse réellement et beaucoup amélioré un club de golf, et pour des raisons finalement seulement logiques.

Les clubs de golf obéissent à des normes de certifications, et le rendement d’une face de club est tout bonnement limitée à un rendement maximum, dit le coefficient de restitution.

L’argument de la face développée avec l’intelligence artificielle en prend un coup.

Le jeu des marques est donc de flirter avec la limite autorisée, et surtout de jouer avec les marges de tolérances. L’an passé, on a bien vu que certains contrôles de clubs pendant le British Open avait révélé des produits non-conformes, et même pour les professionnels.

L’américain Xander Schauffele a d’ailleurs eu la désagréable surprise de voir son driver déclaré non-conforme, car trop performant.

Le nouvel hybride MAVRIK, ce n’est pas que la face, c’est aussi la technologie Jailbreak déjà vue depuis quelques saisons, mais qui obéit à un principe similaire : Solidifier la structure de la tête de club pour maximiser la restitution d’énergie à l’impact.

En réalité, un hybride comme le Mavrik, ce sont surtout des caractéristiques bien précises qui en font un bon ou un mauvais club pour vous.

Le cas présent, Callaway m’a adressé un modèle hybride 3 de 18 degrés de loft sur un manche graphite stiff Project X Catalyst 75 6.0 d’une longueur de 40,5 inches.

S’agissant du loft, 18 degrés, c’est en réalité plus fermé d’1.4 degrés par rapport à la moyenne des hybrides « 3 » que j’ai testé jusqu’à présent.

C’est une première information à prendre en compte. Pour le Mavrik, attention au numéro mais aussi au loft réel, cela va avoir une incidence majeure sur la tolérance, et la hauteur de trajectoire générée quand vous allez taper avec ce club.

Dans mon préambule, je sous-entends que Callaway veut avec ce club élargir son périmètre client, et notamment au-delà des seniors, ultra-majoritaires en France.

Le manche stiff et bien rigide proposé sur ce modèle laisse bien penser que Callaway a aussi une solution pour les golfeurs plus athlétiques, et moins en demande d’un club léger ou souple pour créer facilement de la vitesse de swing.

Dans ce cas, la forme de la tête, et l’offset sont deux paramètres à prendre en compte.

Le Callaway Mavrik présente une tête qui n’est pas la plus compacte possible (souvenez-vous du modèle Apex qui était bien plus compact et destiné à une élite de golfeurs), et de l’offset, ce principe qui permet de venir réduire la tentation de slice d’un golfeur.

Sur ce point, ce n’est pas exagéré, mais il y a bien de l’offset, ce qui va être adapté à un profil de golfeurs plus qu’un autre.

C’est un point clé au moment de votre choix, et il vous faudra être très vigilant, car c’est difficile à percevoir à l’œil nu, et sans expérience. La solution peut être simple.

Placez plusieurs clubs à vos pieds, et constatez les écarts entre la base du shaft, et la face de votre club.

Plus cet écart sera important, et plus il y aura d’offset.

L’offset est intéressant pour un golfeur qui présente une nature de déplacement de son chemin de club plus marquée comme venant de l’extérieur à la cible, et qui coupe la trajectoire vers l’intérieur.

En revanche, pour une minorité de golfeurs qui produisent un geste inverse, à savoir un swing plutôt intérieur-extérieur, l’offset a l’inconvénient d’ajouter de l’effet, et de favoriser le draw, et à l’extrême le hook.

Plus un golfeur est athlétique, et plus il swingue vite, et plus c’est un désavantage, car la vitesse accentue les effets, et la dispersion. Le joueur peut clairement perdre le contrôle de sa trajectoire.

Nous avons donc ici un club plutôt destiné à un golfeur athlétique, et déjà un premier paradoxe puisque la tête est collée, et ne peut pas être ajustée.

Sur le site du fabricant, Callaway explique qu’il s’agit en fait d’un club intermédiaire, par rapport à deux autres têtes existantes : La Pro, et la Max.

Cependant, notre Mavrik « tout court » sur un shaft stiff s’adresse bien à un golfeur déjà capable de générer beaucoup de vitesse de swing. Point positif, la version dite « Pro » enlève la question de l’offset pour justement permettre des trajectoires de balles plus neutre, et même en fade.

Toujours s’agissant des caractéristiques, la longueur du manche que j’ai mesuré au studio, à savoir 40,5 inches est tout de même un soupçon au-dessus de la moyenne usuelle pour un hybride 3 (40,25 inches).

Nous avons donc un club au loft plus fermé, et au manche plus long… Cela devrait avoir un effet sur la distance.

Dernier élément, au studio, j’ai mesuré le club en D3 (et non pas en D2 comme affiché sur le site Callaway), et pour un poids total de 370 grammes.

Hybride XXIO EK-S

Du côté du fabricant Japonais XXIO, le nouveau modèle X-EKS vient répondre à une véritable réalité à laquelle la marque est confrontée sur son marché intérieur…

Confrontée au vieillissement de la population nipponne, XXIO entend sortir de son territoire naturel plutôt très typé senior, pour s’orienter vers une clientèle plus quinqua, et un soupçon plus athlétique… C’est justement l’origine de la conception de la gamme X-EKS, et sa justification par rapport à la gamme Eleven, elle toujours typée swing de vitesse modérée à lente.

Dans sa communication, XXIO parle de vitesses de swings sous la barre des 90 mph.

Pour accompagner le lancement de son nouvel hybride, XXIO apporte une nouvelle « technologie » dite « Weight plus » dont l’objet est de remonter le point d’équilibre du club plus haut, et vers les mains.

Selon leurs ingénieurs, ce procédé procurerait un swing plus facile, et en particulier quand vous placez le club au sommet du swing, et dans l’intention de délivrer plus de puissance.

Mis à part cet argument, pas forcément simple à vérifier, XXIO mise toujours sur la principe de construction de sa face en coupe, qui est une autre manière que celle exprimée par Callaway de développer de la vitesse depuis le centre de la face du club.

Comme pour le modèle MAVRIK, au-delà des arguments technologiques, il faut surtout regarder les caractéristiques physiques pour ne pas dire mécaniques du club.

Commençons par le poids, souvent un argument chez XXIO, pour l’avoir pesé au studio, 340 grammes, c’est donc 30 grammes de moins que le modèle Callaway. Le shaft reste léger avec seulement 55 grammes affichés contre 75 grammes pour le Mavrik.

Que ce soit au niveau du grip ou de la tête, il y a donc encore un écart de 10 grammes entre les deux clubs. Cet écart va en réalité se ressentir au niveau du smash factor généré, et donc inférieur.

Comme le modèle Callaway, ce club présente beaucoup d’offset, et sans doute même un peu plus, ce qui signifie une conception imaginée pour un golfeur qui swingue principalement sur un chemin extérieur-intérieur.

Le manche est plus court (40,25 inches) par rapport au Mavrik, mais dans le standard pour un hybride. La création de vitesse doit donc venir essentiellement par le poids.

Comme le modèle Callaway, le manche proposé par XXIO est un stiff, et pour cela, la marque nous aide à le quantifier avec son International Flex Code de 4333.

Ce code signifie que le butt est plus rigide (4), et tout le reste du manche est assez uniforme jusqu’au tip (3).

Enfin, le volume de la tête est visiblement un peu plus important pour sans doute favoriser plus de stabilité à l’impact. Je ne serais pas surpris que le moment d’inertie soit physiquement légèrement supérieur.

Le loft annoncé par le fabricant est de 20 degrés… pour un hybride dit 4.

Vous l’aurez noté, on compare deux hybrides de lofts différents (18 et 20 degrés) et numéros différents (3 et 4). Aujourd’hui, les numéros ne veulent plus dire grand-chose. C’est un premier point de vigilance pour vous.

Le loft moyen d’un hybride 3 a été mesuré au cours de nos tests autour de 19,3 degrés (en gros, le plus souvent, c’est 19 ou 20 degrés).

Pour un hybride 4, la même mesure donne 21,4 degrés.

Dans les deux cas, nos deux hybrides sont en-dessous de la valeur moyenne du marché.

Ne choisissez surtout pas un hybride selon le numéro, mais bien le loft réel, et surtout votre capacité à tirer partie du loft dynamique, à savoir ce qui se passe réellement quand vous tapez la balle.

Le but du test ci-après va être de déterminer si 18 degrés, c’est un avantage par rapport à 20 degrés ou au contraire un inconvénient.

Le test des deux hybrides

Pour aller droit au but, le test du Mavrik a illustré un bon smash factor, soit un bon rendement de la tête, ce qui était prévisible compte tenu du loft, mais un revers de médaille important.

Sur 12 frappes, 2 sont franchement manquées (16%) et pour la même raison… 18 degrés de loft, cela pardonne moins d’erreur de contact.

A l’inverse, pour le XXIO, le smash factor est un soupçon plus faible (1.46 contre 1.47) cependant je retrouve bien l’écart de loft en dynamique. Au lieu de présenter la tête de club selon un loft dynamique de 13 degrés avec le Mavrik, j’obtiens 15 degrés avec le XXIO.

Cela se traduit indiscutablement par un angle de lancement supérieur, et une trajectoire moins tendue.

L’enseignement, c’est que 18 degrés, c’est très bien pour augmenter la compression de la balle, mais ce n’est pas sans risque de rater plus régulièrement des coups.

C’est cela que vous devrez tester pour votre jeu. Jusqu’où êtes vous capable de descendre en loft, sans perdre trop en efficacité ?

S’agissant des deux hybrides, 18 ou 20 degrés, je produits finalement la même distance totale moyenne, et même la même distance maximale avec la roule (soit 209 mètres pour 85 à 88 mph de vitesse de swing).

Les 2 degrés de moins du Callaway ne m’apportent pas un plus de distance, cependant, sur 12 balles, je risque plus d’en manquer.

La notion de risque/récompense n’est donc pas suffisamment positive.

Entre les deux clubs, oui, le XXIO plus léger apporte un réel gain de vitesse de swing, soit +3mph. Cependant, ce n’est pas quelque chose qui se traduit de manière suffisante en vitesse de balle pour que ce soit un avantage ultra pertinent.

Finalement, entre les deux clubs, le résultat de distance est équivalent !

Plus léger ou moins de loft, ce n’est pas encore cela qui va faire qu’un club est franchement meilleur que l’autre… en revanche, on peut dire qu’ils ont de réelles différences.

Différences qui en revanche ne se retrouvent pas sur la question du spin, sensiblement équivalent entre les deux têtes (2700 tpm), et plus important, la forme des trajectoires.

Comme les deux clubs présentent beaucoup d’offset, et vous forcent à placer les mains vers l’avant, le dessin des trajectoires est le plus souvent en draw, ou en hook pour les deux clubs.

Dans les deux cas, j’ai noté que mon chemin de club était très intérieur-extérieur. La moindre frappe tapée square entraîne une balle qui va fortement courber à gauche.

Par rapport au positionnement des deux produits, à savoir pour une clientèle plus athlétique ou plus à l’aise techniquement, cela représente un paradoxe.

Bilan du test

Dans les deux cas, malheureusement, je n’achète pas les produits, et pour des raisons comparables s’agissant de la forme de la tête.

J’en ai parlé en amont. Le fait de proposer des têtes collées avec beaucoup d’offsets ne me parait pas en phase avec une clientèle plus en phase avec un shaft stiff, et tout du moins, désireuse d’être plus libre dans la création de trajectoires.

En revanche, un golfeur qui aurait une bonne vitesse de swing, et un chemin extérieur-intérieur, pourrait dans ce cas, être un bon client pour l’un ou l’autre des deux hybrides.

Connaître son chemin de club naturel est donc un point clé avant d’acheter un de ces deux hybrides.

Sur la question du loft, il faut bien peser le pour et le contre de la tentation de descendre à 18 degrés. Pour ma part, c’est trop bas, et le jeu n’en vaut pas la chandelle.

20 degrés, pour 95% des golfeurs amateurs, c’est déjà un loft très suffisant. N’oubliez pas qu’en été, les sols sont plus durs, l’air est plus chaud, et la portée d’un tel loft bien suffisante.

Pour un hybride, l’enjeu, c’est de lever la balle…

Au catalogue Callaway, pour un bon joueur, il pourrait être plus intéressant de regarder le Mavrik Pro, car il présente l’avantage d’un offset plus neutre, et de choisir un numéro 4 de 20 degrés.

Au catalogue XXIO, pour ce même joueur, l’hybride 4 de 20 degrés ne doit être considéré que si le chemin de club naturel pose le problème du slice de temps en temps.

Il n’existe pas de mauvais produits. Il n’existe que des choix pas assez réalisés en tenant compte des caractéristiques réelles des clubs, et leurs influences sur vos swings. 

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