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Test du driver TaylorMade M2 2017

Un an après le premier driver TaylorMade M2, nous voilà à tester à nouveau un driver M2, mais cette fois deuxième génération et relooké. Le nouveau design est d’ailleurs beaucoup plus réussi. Regular ? Stiff ? Nous avons testé deux versions, et fait appel à trois testeurs différents, dont le professionnel Xavier Bretin. Que vaut le nouveau M2 sur le marché 2017 ? Est-il réellement plus performant que le précédent modèle ? Quel écart avec le M1 440 cc ? Nous vous apportons les résultats détaillés de nos tests au trackman, et sans complaisances.

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Le club testé : Driver TaylorMade en 10,5 degrés

Pour cet essai, nous avons utilisé deux shafts, regular et stiff. Toutefois, les différences de longueurs et de poids sont assez relatives dans l’offre standard du fabricant.

Pour avoir, depuis ce premier test, retesté ce M2 dans le cadre d’un fitting avec TaylorMade dans son centre d’essai du Kingdom en Californie, précisons une chose importante : Le test d’un club standard correspondant à 82% des achats réalisés par les amateurs en magasin ou sur Internet, et ce n’est justement pas un fitting.

Notre essai est forcément plus critique avec le produit qu’une séance personnalisée où vous poussez tous les réglages au maximum pour optimiser le club.

Un test de club est un acte d’humilité, mais aussi de vérité, où vous essayez de reproduire au mieux les conditions que pourraient rencontrer un amateur tout seul face au produit qu’il achète… dans 82% des cas, selon nos chiffres sur l’état du fitting en France.

Comparativement à l’an passé, nous avions testé le M2 dans les mêmes conditions. A l’époque, la marque nous avait fourni un club très légèrement différent du modèle 2017. Le loft de base était de 10 degrés au lieu de 10,5 degrés.

Le sous-traitant pour les shafts était le même, à savoir Fujikura. En revanche, si le shaft regular est légèrement différent, et un poil plus lourd en 2017 (58 grammes contre 55), le shaft stiff est rigoureusement le même.

Dans ce cas, la comparaison de la tête sera encore plus intéressante…

Sur le marché 2016-2017, nous observons que la moyenne de poids d’un shaft regular est autour de 58 grammes pour un regular, et 61,6 grammes pour un stiff. De ce point de vue, TaylorMade est donc dans du classique. Pas de truc !

Pour la longueur des shafts standards, la même moyenne en regular fait état d’une longueur de 45,4 inches réellement mesurée dans notre labo, et en stiff de 45,2.

Si la version regular est dans la « plaque », la version stiff est donc légèrement plus longue.

Les conditions du test

Pour cet essai, nous avons réalisé plusieurs sessions.

Une seule avec le shaft regular, et trois avec le shaft stiff, ayant recours à trois testeurs dont le pro de golf Xavier Bretin.

Sa moyenne de swing au driver est de 100 mph pour un smash factor moyen de 1.48, soit un profil de joueur pour du stiff, et surtout capable de centrer régulièrement la balle dans la face. Il est notre étalon performance.

J’ai aussi participé au test avec une vitesse de swing de 97 mph et un smash factor moyen depuis deux ans de 1.46.

Je joue le rôle de l’amateur qui a une bonne vitesse de swing, mais à la différence du pro, je suis moins régulier pour centrer la balle dans la face.

Nous nous appuierons sur mes données pour comparer le modèle 2016 versus le modèle 2017.

Enfin, un troisième testeur senior de 66 ans avec une vitesse de swing de 75 mph, et un smash factor moyen de 1.43 s’est aussi prêté au jeu. Il aussi testé les versions 2016 et 2017, et pourra participer à la comparaison.

Depuis l’apparition des têtes carbones, nous avons fait évoluer notre structure de test, avec une partie réalisée au magasin US Golf de Lyon en Indoor avec toujours une balle premium type Srixon Z-Star et un trackman 2, et une partie réalisée en outdoor au golf de la Sorelle avec des balles spéciales 2-pièces (pas des balles de practices lambdas !) normalisées avec le trackman 3.

Nos indicateurs de performance dont le nouveau spin/launch angle

Pour déterminer la maniabilité d’un club de golf, nous utilisons toujours la même évaluation purement mathématique : le smash factor (ratio entre vitesse de swing et vitesse de balle à l’impact) qui traduit la bonne utilisation d’un club par un golfeur, et sa capacité à centrer régulièrement la balle dans la face.

Pour déterminer l’optimisation du club par le joueur, et en fait l’efficacité pour produire de la distance, nous utilisons un rapport que nous avons créé, entre vitesse de swing (énergie que vous produisez) et la distance au carry (résultat que vous produisez).

Pour déterminer la bonne utilisation du club par le joueur, nous utilisons aussi en plus, et récemment, un ratio entre le nombre de tours de spin donnés à la balle, et son angle de lancement exprimé en degrés.

Chaque golfeur génère un taux de spin et un angle de lancement qui lui est propre avec le matériel qui lui est donné. Cependant, des règles régulières s’observent.

Si une balle de golf part haute et prend beaucoup de spin, par rapport à une vitesse de balle donnée, elle monte au-dessus de la trajectoire idéale, ballonne, et perd en vélocité.

Si une balle de golf part basse et prend peu de spin par rapport à une vitesse de balle donne, elle descend trop vite en-dessous de la trajectoire idéale, et perd en vélocité.

Avec ces trois ratios, en plus des données trackman, nous pensons pouvoir argumenter sur la performance d’un club de golf en toute objectivité, et avec une approche rigoureuse.

Les datas pour le pro

Face au nouveau M2, il se trouve que pour Xavier, nous avons des données comparables avec trois autres drivers testés sur des shafts stiffs en outdoor, le Cobra King Ltd Pro de 2016, le Srixon Z565 de 2017, et le M1 de seulement 440 cc de 2017.

Dans tous les cas, la vitesse de swing de Xavier a été plutôt régulière, et comparable.

Premier constat, de manière générale, le pro ne lève pas assez la balle pour totalement optimisée la portée de ses drives.

Théoriquement, l’optimisation de la distance s’obtient avec un angle de lancement de 17 degrés pour 1700 tours de spin, soit un ratio de 100 tours de spin par angle de décollage exprimé en degrés.

La question est de savoir si un driver aide Xavier à augmenter son angle de lancement naturel qui favorise pour l’instant la production de trajectoire très tendue.

Dans ce cas, le M2, pourtant de 10,5 degrés, aide effectivement un petit peu notre testeur qui lance un degré plus haut que sa moyenne.

Un ajustement du loft supérieur lui ferait perdre en compression, et en smash factor mais pourrait le rapprocher d’une valeur d’angle de décollage plus élevée.

Rentrons dans le détail des données :

Smash factor : Avec un ratio de 1.47, le M2 a obtenu une note tout à fait convenable considérant la rigidité du shaft. En revanche, en comparaison du M1 de seulement 440 cc, la tolérance n’est pas plus flagrante avec le M2…

Degré d’efficacité : C’est le ratio le plus intéressant à ce stade, car il nous apporte la réponse sur la performance réelle et intrinsèque du club.

Avec un taux de 2.42, le M2 se rapproche du maximum déjà enregistré par Xavier avec le Cobra King Ltd Pro de l’an passé mesuré à 2.43.

A savoir, si vous neutralisez la question de la vitesse de swing, entre les deux drivers, Xavier obtient le même niveau de performance maximum.

Cela fait déjà un premier écart favorable du M2 par rapport au M1. C’est peut-être aussi une des raisons qui pousse beaucoup de pro sur le tour à opter pour ce club plutôt que pour le M1, très légèrement moins efficace (2.35) …

Notre nouveau ratio spin/angle de lancement : Dans ce cas, clairement avantage pour le M1, proche de la perfection digne d’un pro, à savoir 100 tpm/degré.

Et du coup petit reproche au M2, il donne un peu trop de spin pour parfaitement optimiser le vol de balle.

Distance carry et totale : Le M2 porte la balle plus loin qu’un M1 en 9,5 degrés standard, mais si vous ajoutez la roule, les deux drivers vont aussi loin, et même léger avantage pour le M1…

Taux de spin : C’est peut-être le point surprenant et le moins favorable au M2, pour ce type de configuration, il donne légèrement trop de spin pour totalement optimiser les autres caractéristiques.

A l’inverse, même si l’angle de lancement et le spin sont cohérents avec le M1, ce dernier n’en donne pas assez.

Ecart de profondeur : A noter ! Le pro a obtenu une dispersion entre sa plus mauvaise balle et sa plus longue relativement réduite par rapport à son habitude, un autre point favorable à la tolérance du driver.

Les datas pour un amateur à vitesse de swing rapide

Pour faire simple, me concernant, avec le nouvel M2 2017 en version regular, tout s’est passé un petit peu mieux… et avec la version stiff, tout s’est passé un peu moins bien par rapport au club de 2016 !

Vitesse de swing : Globalement, j’ai swingué un peu moins vite avec la nouvelle configuration, autour de 96 mph contre 97 mph l’an passé.

Angle de lancement : Avec le regular, je me suis rapproché de l’angle idéal (15 degrés et en amélioration par rapport à 2016). Avec le stiff, je me suis éloigné de l’angle idéal (seulement 14 degrés au lieu de 15.5 l’an passé). Tout comme le pro, mes trajectoires sont plus tendues qu’elles ne devraient l’être.

Smash factor : Avec le shaft regular qui a été modifié entre temps, j’obtiens une balle amélioration du smash factor puisqu’en swinguant moins vite, je maintiens la même vitesse de balle (1.48).

En revanche, pour le stiff, à iso-shaft, mon smash factor est identique. Dans ce cas, tête M2 2016 ou 2017, pas vraiment de changements ?

Degré d’efficacité : Comme pour le smash factor, avec le nouveau shaft regular, j’ai aussi obtenu une belle amélioration de ma performance.

A ce jour, ma note maximum d’efficacité a atteint 2.45 avec le Cobra King F6+… stiff. Avec un ratio de 2.43, le M2 regular est tout proche de mon maximum.

Spin / Angle de lancement : C’est peut-être la meilleure amélioration du M2 2017 versus le modèle précédent, et c’est aussi un peu logique. Aujourd’hui, les marques ne peuvent plus trop agir sur le COR, quoi qu’il faudrait reparler de l’obsolescence du test R&A…

Le seul facteur sur lequel les marques peuvent jouer, c’est justement une meilleure combinaison de l’angle de lancement avec la réduction du spin par un déplacement du centre de gravité.

Sur le M2, visiblement, TaylorMade a franchi un nouveau pas.

Pas que j’ai pu constater avec la version regular, mais pas la version stiff montée sur un shaft identique !

Par rapport au M2 de l’an passé, mon ratio a considérablement baissé, passant de 232 à 173 en version regular, et me rapprochant de la valeur idéale de 100.

A ce jour, j’ai obtenu mon meilleur ratio personnel avec le Mizuno JPX-850 sur un shaft regular, soit 129 !

Distance au carry et totale : C’est simple avec le nouveau shaft regular, j’ai effectivement gagné en distance, et pas moins de 8 mètres à la faveur d’un meilleur angle de lancement, moins de spin, et plus de tolérance et d’efficacité.

En revanche, à iso-shaft, en stiff, j’ai quasiment perdu la même distance !

Et pourtant, la marque n’a pas annoncé avoir changé le swingweight de son club entre les deux versions. On compare vraiment des choses comparables…

Taux de spin : C’est le paramètre qui ne trompe pas ! Et il est en faveur du nouveau produit TaylorMade, car les valeurs sont plutôt à la baisse en regular ou stable en version stiff.

Les datas pour un senior à vitesse de swing lente

En version stiff, pas adaptée pour ce profil, des comparaisons objectives reviennent comme pour les précédents testeurs. On peut commencer à parler de tendance.

Le M2 semble effectivement un peu plus tolérant (smash factor en hausse à 1.44 contre 1.37 en 2016). Pour rappel, la moyenne de ce testeur est à 1.43.

En revanche, en version stiff comparable, le degré d’efficacité plonge légèrement du fait d’un angle de lancement trop tendu alors que le taux de spin a bien baissé.

Avec la version stiff, le senior s’éloigne du bon ratio de spin/angle de lancement par rapport à l’an passé.

Finalement, à iso-shaft, il a perdu en distance totale (soit 5 m de moins), et pourtant le spin a baissé de 200 tours.

La régularité du joueur est bien entendu en cause.

C’est pourquoi un driver ne règle jamais vraiment tout à lui tout seul.

Cependant, avec un angle de lancement franchement plus bas, ce joueur a perdu tous les gains qu’il aurait pu obtenir (tolérance de la face, et taux de spin réduit).

C’est toutefois nettement mieux avec le M2 par rapport au M1 440 cc !

Bilan du test

Le M2 fait assurément partie des bons drivers de l’année 2017. On sent le travail des ingénieurs pour améliorer conditions de lancement et taux de spin. Pour autant, cela ne veut pas dire que sur un shaft standard sans fitting, vous obtiendrez nécessairement le gain espéré.

Par exemple, l’an passé, j’aurai opté pour le shaft stiff cohérent avec ma vitesse de swing. Cette année, j’ai de sérieux doutes sur ce choix. Le shaft regular est beaucoup plus approprié.

Il arrive plus fréquemment qu’on ne le croit que le résumé regular ou stiff ne soit pas toujours cohérent avec la fréquence ou l’équilibrage d’un shaft. Il ne serait pas surprenant que dans les années à venir la notion de flex soit remise en cause, car insuffisante.

La tolérance du M2 est globalement en progrès.


Si vous avez acheté un M2 en 2016, comme toujours, changer de driver tous les ans ne se justifie pas assez d’un seul point de vue de la performance. Les écarts sont ou trop infimes ou relatifs.

En revanche, par rapport à un R15 ou un Aeroburner de 2015, le nouveau M2 se justifie déjà plus sur les critères du smash factor, de l’efficacité et de la baisse du spin.

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