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Test du driver TaylorMade M1 440 cc 2017

Test du driver TaylorMade M1 440 cc 2017

Non seulement relookée et revisitée en 2017, la famille M a vu arriver un nouvel élément dans son giron avec la version M1 440cc, une tête plus compacte avec une face plus profonde, et des poids ajustables plus lourds (30 grammes contre 15 et 12 pour le M1 classique). Un produit clairement typé pour les meilleurs joueurs qui voulaient plus d’ajustabilité au drive. Avec une telle configuration, ce driver est-il pour autant jouable par le commun des mortels ?

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Le club testé : Driver TaylorMade M1 en 9,5 degrés


Pour cet essai, nous avons eu accès à deux shafts pour une seule et même tête. Cependant, ci-après, nous allons essentiellement nous focaliser sur l’essai du M1 sur un shaft Project X HZRDUS 6.5, que notre consultant pro, Xavier Bretin qualifie assez justement de « barre à mine ».

Pour mémoire, une barre à mine est essentiellement un outil en fer servant à faire des trous dans la roche ! En clair, dans cette configuration, le M1 est un club particulièrement exigeant, que ce soit au niveau de cette tête plus compacte et moins tolérante qu’une version 460, et au niveau du manche, plutôt rigide.

Pour autant, aussi bien en longueur qu’en poids, le HZRDUS n’est pas hors standard.

Depuis que nous avons commencé à collecter des données de test pour des drivers montés sur des shafts en stiff, le poids moyen constaté a jusqu’à présent été de 60 grammes pour une longueur de manche de 45,3 inches.

Si la version Project X semble être une barre à mine, le test avec le Mitsubishi Rayon n’a pas franchement démenti le résultat global du test. Comme quoi, ce n’est pas toujours qu’une question de shaft…

Les conditions du test

Pour cet essai, nous avons réalisé plusieurs sessions.

Une seule avec le shaft regular, et trois avec le shaft stiff, ayant recours à trois testeurs dont le pro de golf Xavier Bretin.

Sa moyenne de swing au driver est de 100 mph pour un smash factor moyen de 1.48, soit un profil de joueur pour du stiff, et surtout capable de centrer régulièrement la balle dans la face. Il est notre étalon performance.

J’ai aussi participé au test avec une vitesse de swing de 97 mph et un smash factor de 1.46.

Je joue le rôle de l’amateur qui a une bonne vitesse de swing, mais à la différence du pro, je suis moins régulier pour centrer la balle dans la face.

Enfin, un troisième testeur senior de 66 ans avec une vitesse de swing de 75 mph, et un smash factor moyen de 1.43 s’est aussi prêté au jeu.

Depuis l’apparition des têtes carbones, nous avons fait évoluer notre structure de test, avec une partie réalisée au magasin US Golf de Lyon en Indoor avec toujours une balle premium type Srixon Z-Star, mesurée avec un trackman 2, et une partie réalisée en outdoor au golf de la Sorelle avec des balles spéciales 2-pièces (pas une balle de practice lambda !) normalisées avec le trackman 3.

Nos indicateurs de performance dont le nouveau spin/launch angle

Pour déterminer la maniabilité d’un club de golf, nous utilisons toujours la même évaluation purement mathématique : le smash factor (ratio entre vitesse de swing et vitesse de balle à l’impact) qui traduit la bonne utilisation d’un club par un golfeur, et sa capacité à centrer régulièrement la balle dans la face.

Pour déterminer l’optimisation du club par le joueur, et en fait l’efficacité pour produire de la distance, nous utilisons un rapport que nous avons créé, entre vitesse de swing (énergie que vous produisez) et la distance au carry (résultat que vous produisez).

Pour déterminer la bonne utilisation du club par le joueur, nous utilisons aussi en plus, et récemment, un ratio entre le nombre de tours de spin donnés à la balle, et son angle de lancement exprimé en degrés.

Chaque golfeur génère un taux de spin et un angle de lancement qui lui est propre avec le matériel qui lui est donné. Cependant, des règles régulières s’observent.

Si une balle de golf part haute et prend beaucoup de spin, par rapport à une vitesse de balle donnée, elle monte au-dessus de la trajectoire idéale, ballonne, et perd en vélocité.

Si une balle de golf part basse et prend peu de spin par rapport à une vitesse de balle donne, elle descend trop vite en-dessous de la trajectoire idéale, et perd en vélocité.

Avec ces trois ratios, en plus des données trackman, nous pensons pouvoir argumenter sur la performance d’un club de golf en toute objectivité, et avec une approche rigoureuse.

Les datas pour le pro


Par rapport aux autres clubs testés et montés sur un shaft plutôt rigide (stiff), le M1 440 cc a la particularité de proposer un loft théorique (annoncé par le fabricant) de 9,5 degrés.

Dans les faits, des laboratoires indépendants mesurent des écarts assez significatifs entre ce qui est annoncé et la réalité.

Cependant, il est très intéressant de noter qu’avec un loft moins élevé, Xavier a pourtant lancé beaucoup plus haut qu’avec le reste des clubs du panel !

Son loft dynamique, à savoir comment il a réellement amené la tête sur la balle est dans les faits plus élevé, soit 15 degrés au lieu de 13,9 en moyenne.

C’est d’ailleurs un trait caractéristique des nouveaux drivers de la famille M 2017 (voir le M2).

Conséquence, avec un loft dynamique plus élevé, le pro a lancé plus haut, et plus proche de l’idéal balistique de 17 degrés, alors que sa tendance naturelle est de lancer tendu.

Le point le plus intéressant concernant ce test est le fait que si on combine le spin, Xavier produit 97 tours par minute par degré de lancement, ce qui est quasiment l’optimum absolu pour maximiser les conditions de lancement.

Sauf qu’il réalise cet optimum à seulement 14 degrés d’angle de lancement, et 1361 tours de spin au lieu de 17 degrés et 1700 tpm !

Cela méritait d’être relevé car cela en dit long sur le niveau de performance de ce driver, en particulier, quand il est utilisé par des joueurs professionnels sur le tour.

Souvent les marques en font des caisses sur leurs produits, vantant trop facilement leurs performances, dans ce cas, le M1 semble bien être un club parfait…pour un golfeur professionnel.

Cela nous a d’ailleurs été confirmé par notre consultant matériel, Clément Morelle qui a eu à fitter ce club pour Jean-Nicolas Billot, un golfeur professionnel qui en a justement tiré un très bon rendement.

Pour en revenir à ce test, notez que Xavier a swingué dans sa vitesse de swing moyenne (98mph), par contre, la vitesse de balle qu’il a généré à baisser drastiquement de 3 mph en dessous de sa moyenne usuelle.

Bien qu’il arrive tout de même à un niveau de smash factor élevé de 1.47, cette tête très/trop compacte enlève beaucoup de tolérance, même chez un excellent golfeur.

Comme il ne lance pas assez haut et avec relativement peu de spin, sa balle tombe rapidement, mais roule beaucoup. (Attention aux parcours en hiver… )

Avec seulement 1361 tpm de moyenne, dans ce cas, le M1 ne donne pas assez de spin pour optimiser le vol de la balle.

Les datas pour un amateur à vitesse de swing rapide

Dans mon cas, j’ai deux tests à vous illustrer au sujet de ce driver. Une première comparaison entre le M1 et le Z565 de Srixon, deux drivers de loft 9.5 montés sur des shafts stiffs !

Une deuxième comparaison du M1 monté sur un shaft regular, et sur un shaft stiff.

Dans le premier cas, on se rend compte que le shaft assez long du M1 (45,5 inches) ajoute de la vitesse de swing (+1mph), mais en revanche, cela ne se retrouve pas dans la vitesse de balle qui plonge de -4 mph, du fait d’une tête beaucoup trop compacte pour moi.

J’ai d’ailleurs toutes les mauvaises conséquences d’une tête trop compacte. L’angle de décollage plonge à seulement 13,8 degrés alors qu’en parallèle, le taux de spin monte à 2800 tpm, ce qui est beaucoup trop.

En résumé, je ne lève pas la balle, et en plus, elle freine plus vite !

Mon smash factor est dramatiquement trop bas, et je perds nettement en efficacité.

Résultat, je perds 13 mètres de distance au carry, et 35 mètres au total ! Meilleures balles ou moins bonnes balles, rien n’y fait.


Deuxième test, cette fois, pour la même tête, changeons de shaft et augmentons le loft d’un degré.

Le manche étant moins rigide, je gagne +1mph en vitesse de swing à iso-longueur (45,5 inches).

Le loft supplémentaire a bien un impact sur mon angle de lancement qui augmente de 2 degrés ! Dans ce cas, il est d’ailleurs parfait (17,1 degrés) pour optimiser la trajectoire.

En revanche, regular ou stiff, 9,5 ou 10,5, rien n’y fait, la tolérance de la tête n’augmente pas, et c’est bien logique. Elle est toujours compacte ! Le smash factor reste très/trop bas à seulement 1.38.

Comme l’angle de lancement a augmenté et que le taux de spin a diminué (seulement 2300 tpm, ce qui est encore un peu trop haut), le degré d’efficacité est légèrement amélioré, ce qui ne fait mystère de la meilleure configuration.

En distance, je regagne 8 mètres au carry et 12 mètres au total avec le manche regular.

Verdict : Dans tous les cas, malgré une bonne vitesse de swing, ce driver m’est totalement inadapté, et j’ai pratiquement aucune chance d’obtenir de bons rendements.

Malgré un ratio spin/angle de lancement finalement convenable pour un amateur avec la version regular, la tête trop compacte m’empêche de maximiser ma distance et de réduire ma dispersion.

Les datas pour un senior à vitesse de swing lente

Quel intérêt de tester un driver 440 cc stiff pour un senior me direz-vous ?

D’abord, on va toujours jusqu’au bout du processus de test quel que soit le club, et ensuite, vous serez surpris de constater que parfois les configurations annoncées par les marques ne produisent pas les effets escomptés.

Dans le tableau de synthèse ci-dessus, notez qu’avec le Srixon Z565, notre senior a obtenu un smash factor de 1.50, pourtant avec un shaft stiff !

Dans le cas du M1, premier constat, ce golfeur a swingué dans sa vitesse moyenne, soit pratiquement 73 mph. La tête plus compacte ne l’a pas gêné.

A l’inverse des précédents testeurs évoqués, sa vitesse de balle n’a pas réellement chuté (103 mph avec le M1, ce qui correspond à sa moyenne).

Même son angle de lancement est assez proche de sa moyenne (12,2 degrés contre 13 degrés en moyenne).

Pourtant, comme pour les autres testeurs, son smash factor est clairement trop bas, ce qui remet bien en question la tolérance de ce driver.

Autre symptôme négatif, le spin par degré de lancement est le plus élevé, ce qui témoigne d’une inadaptation du club au joueur. D’ailleurs, le taux de spin qui dépasse les 3000 tpm ne trompe pas.

In fine, notre senior perd 10 mètres de distance totale par rapport à sa moyenne.

Bilan du test

Si je devais être laconique à propos de ce driver, je dirais « Passez votre chemin ! ».

Avec ce M1 440 cc, TaylorMade illustre à quel point la marque est capable de faire un très bon driver pour de très bons golfeurs. Quand je dis très bons golfeurs, je fais référence à des joueurs pros, et maximum 200 golfeurs en France.

C’est même étonnant que ce driver soit proposé à la vente tant il est pointu. Imaginez pouvoir aller au salon de l’auto, et repartir avec une concept car. Avec ce driver, c’est un peu la même chose.

Il ne s’agit pas ici de dénigrer ce club, mais bien d’illustrer à quel point TaylorMade sait fabriquer des drivers performants pour les joueurs les plus performants. Simplement, 99% d’entre nous ne sommes pas concernés…

Les règles vous permettent de jouer aujourd’hui des têtes 460 cc, il ne faut pas renoncer à ce privilège tant que c’est possible.

D’ailleurs, même sur le tour, je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de professionnels qui optent pour le 440 cc versus le 460 cc. Tout le monde cherche la tolérance.

Ceci étant, sans être trop contradictoire, merci à TaylorMade de nous illustrer jusqu’où on peut aller en matière de design pour un driver…

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