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Test du driver Callaway GBB EPIC

Test du driver Callaway GBB EPIC

Depuis le début de l’année 2017, si une marque a marqué beaucoup de points dans les esprits avec son nouveau driver, c’est bien Callaway. L’effet de Rory McIlroy jouant avec ce driver en Afrique du Sud au lieu d’un TaylorMade a traversé les frontières, et la très forte publicité sur la technologie Jailbreak a fait son effet. Mais qu’en est-il vraiment de la performance pure ?

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Le club testé : Driver Callaway GBB EPIC 10,5 degrés

Pour cet essai, Callaway a joué le jeu, et nous les en remercions, en envoyant la bonne version du produit à tester. A savoir, un driver 10,5 degrés monté sur un shaft regular, ce qui nous permet de le comparer à un plus large panel de clubs dans notre base de données.

Depuis 2012, et les débuts de nos tests, il faut admettre une certaine constance de la marque Callaway dans son offre standard de driver, à savoir qu’ils sont montés la plupart du temps sur des shafts d’une longueur moyenne de 45,5 inches.

Idem pour le poids moyen du shaft standard qui varie rarement très loin de 58 grammes en moyenne depuis 2 ans.

Seul l’Optiforce nous avait été proposé en 43 grammes, alors que 4 ans en arrière, à l’opposé, un RAZR Fit Extrem était monté sur 64 grammes.

Si nous devions détecter une tendance, ce serait celle-ci : Progressivement, au fil des années, le shaft regular standard est descendu de 64 à 55 grammes…

Bien entendu, la richesse d’une marque comme Callaway consiste à vous proposer beaucoup de shafts à travers son programme de custom fitting, et vous auriez tort de vous en priver…

L’objet de ce test est bien de découvrir un meilleur smash factor, un gain de distance, moins de spin, mais pas nécessairement de déplacer le poids entre draw et fade pour faire varier les trajectoires.

C’est pourquoi, comme d’habitude, nous avons laissé les paramètres d’ajustabilité sur neutre.

Les conditions du test

Pour cet essai, nous avons réalisé une seule session de test.

Comme les autres têtes carbones sur le marché, pour réaliser un test le plus efficient possible, nous avons décidé de le tester avec un trackman 3 en outdoor, sur le practice du golf de la Sorelle.

Le trackman 2 permet de mesurer des têtes carbones, mais il en manque une sur deux (notamment la vitesse de club, ce qui ne permet pas le calcul du smash factor), ce qui double notre temps de test.

Une seule session a donc été réalisée avec le shaft regular ayant par contre toujours recours à trois testeurs dont le pro de golf, Xavier Bretin.

Sa moyenne de swing au driver est de 100 mph pour un smash factor moyen de 1.48, soit un profil de joueur pour du stiff, et surtout capable de centrer régulièrement la balle dans la face. Il est notre étalon performance.

Cependant, Xavier a la compétence pour jouer du regular, sans que cela n’altère réellement sa performance.

Il va légèrement gagner en vitesse de swing, et en contrepartie, monter un peu son taux de spin. De toute façon, nous vous proposerons une comparaison de son test versus d’autres tests avec des shafts regulars.

J’ai aussi participé au test avec une vitesse de swing de 97 mph et un smash factor de 1.46.

Je joue le rôle de l’amateur qui a une bonne vitesse de swing, mais à la différence du pro, je suis moins régulier pour centrer la balle dans la face. J’alterne selon les drivers entre regular et stiff.

Enfin, un troisième testeur senior de 66 ans avec une vitesse de swing de 75 mph, et un smash factor moyen de 1.43 s’est aussi prêté au jeu.

Sa vitesse de swing devrait théoriquement le pousser à jouer du senior, mais dans les faits, en testant parfois du stiff, on se rend compte que la flexibilité du shaft n’est pas toujours quelque chose à figer dans le marbre.

Au cours de nos précédents tests, il est arrivé que ce profil ait de meilleurs résultats de smash factor avec du stiff.

De mon point de vue, le swingweight, à savoir l’équilibrage du club entre poids de la tête, et poids du shaft est un élément presque plus important que la rigidité.

La question du carbone

Depuis l’apparition des têtes carbones, nous avons fait évoluer notre structure de test, avec une partie réalisée au magasin US Golf de Lyon en Indoor avec toujours une balle premium type Srixon Z-Star, mesurée avec un trackman 2, et une partie réalisée en outdoor au golf de la Sorelle avec des balles spéciales 2-pièces (pas une balle de practice lambda !) normalisées avec le trackman 3.

Pour être précis sur la question des tests avec un trackman 2 ou un trackman 3, il faut savoir que les têtes carbones perturbent les ondes émises par le radar dans sa version la plus ancienne.

Cela créé des interférences. C’est à se demander, si les marques n’ont pas fait exprès d’opter pour cette matière, et dans cette optique, peut-être bien plus que pour des raisons de performances.

Depuis l’apparition du carbone, les gains observés n’ont jamais permis de dire que cette matière avait absolument tout changé.

Pour la raison du carbone, nous serons forcés de faire évoluer nos tests, et notre structure organisationnelle, ce qui peut justement créer une rupture de comparaison entre la période 2012-2015 et la période 2016-les années à venir.

Ceci étant, nous veillerons à vous avertir de ce qui est comparable, et de ce qui ne l’est pas.

L’esprit des tests ne change pas. Nous cherchons toujours comme vous, à faire la différence entre ce qui est de la communication, et ce qui est de la performance supplémentaire réelle.

Nos indicateurs de performance dont le nouveau spin/launch angle

Pour déterminer la maniabilité d’un club de golf, nous utilisons toujours la même évaluation purement mathématique : le smash factor (ratio entre vitesse de swing et vitesse de balle à l’impact) qui traduit la bonne utilisation d’un club par un golfeur, et sa capacité à centrer régulièrement la balle dans la face.

Pour déterminer l’optimisation du club par le joueur, et en fait l’efficacité pour produire de la distance, nous utilisons un rapport que nous avons créé, entre vitesse de swing (énergie que vous produisez) et la distance au carry (résultat que vous produisez).

Pour déterminer la bonne utilisation du club par le joueur, nous utilisons aussi en plus, et récemment, un ratio entre le nombre de tours de spin donnés à la balle, et son angle de lancement exprimé en degrés.

Chaque golfeur génère un taux de spin et un angle de lancement qui lui est propre avec le matériel qui lui est donné. Cependant, des règles régulières s’observent.

Si une balle de golf part haute et prend beaucoup de spin, par rapport à une vitesse de balle donnée, elle monte au-dessus de la trajectoire idéale, ballonne, et perd en vélocité.

Si une balle de golf part basse et prend peu de spin par rapport à une vitesse de balle donne, elle descend trop vite en-dessous de la trajectoire idéale, et perd en vélocité.

Avec ces trois ratios, en plus des données trackman, nous pensons pouvoir argumenter sur la performance d’un club de golf en toute objectivité, et avec une approche rigoureuse.

Les datas pour le pro

Xavier Bretin n’est justement pas concerné par la problématique de la rupture de comparaison.

Depuis qu’il est entré dans l’équipe, justement sa procédure n’a pas varié, ni au niveau du trackman, ni au niveau de la balle, ni même au niveau des conditions extérieures, à savoir le practice.

Les éléments publiés ci-dessus, sont donc rigoureusement à iso-conditions de tests. La seule chose qui varie naturellement, c’est sa vitesse de swing, n’étant pas un robot.

Toutefois, sa vitesse de swing est contenue entre 98 et 101 mph.

Je vous illustre aussi bien ses tests avec un shaft graphite qu’avec un shaft stiff pour que vous constatiez la faiblesse des différences mesurées en termes de smash factor, et d’efficacité.

En réalité, un shaft regular est légèrement plus favorable à la vitesse de swing, et à la vitesse de balle, du coup à la distance. Le shaft stiff influe essentiellement sur la réduction de la dispersion, en contrepartie, de baisser légèrement la vitesse de club (1 mph en moins).

Ceci étant, la dispersion n’est plus un paramètre que nous essayons d’analyser, car trop dépendante du joueur plutôt que du driver.

Analyse des performances du driver EPIC

Quand j’ai lu les données du test pour la première fois, j’ai pratiquement failli tomber de ma chaise !

L’EPIC transmet des sensations beaucoup plus dynamiques et plus athlétiques que le FUSION, et pourtant, il est pratiquement au même niveau de rendement à iso-conditions de tests.

Ne prenez pas seulement les données brutes du tableau. Prenez en considération les ratios, car entre les deux drivers, Xavier n’a pas malheureusement swingué exactement à la même vitesse.

La seule raison objective qui pourrait expliquer ce changement est en fait le swingweight. Le Fusion est annoncé équilibré en D2 alors que l’EPIC est annoncé par Callaway en D3.

A l’inverse, entre les deux clubs, les shafts qui nous ont été proposés par Callaway sont très comparables en poids et en longueurs.

Comprenez que si le poids du shaft est identique, le poids de la tête ne l’est forcément pas ! La tête du FUSION est théoriquement plus lourde que celle du EPIC.

Si on se réfère aux ratios (smash factor, efficacité et spin/angle de lancement), à quelques détails près, on peut comprendre les vraies différences entre FUSION et EPIC.

Le FUSION propose un meilleur smash factor (1.47 contre 1.46) car il est probable que le niveau de MOI soit plus élevé, ce qui théoriquement devrait mieux convenir à un public senior.

Le niveau d’efficacité est aussi quasi identique, car dans les deux cas, FUSION ou EPIC, si vous neutralisez la question de la vitesse de swing, intrinsèquement, les deux drivers ont le même niveau de performance.

En fait, là où l’EPIC fait une différence par rapport au FUSION, c’est bien sur le spin, et plus particulièrement sur le ratio spin/angle de lancement qui est plus bas, et correspond mieux à un club pour un golfeur athlétique tel que Rory McIlroy.

Tiens ! Pourquoi McIlroy joue ce driver en dehors de l’histoire de l’adéquation avec sa balle ?

En 2017, Rory n’a pas de souci d’argent. Il est de toute façon payé par Nike, et peut choisir le driver qu’il veut, et surtout, il n’est pas pressé pour choisir un nouvel équipementier.

Fin 2016, il a joué un driver TaylorMade. Début 2017, il joue un driver Callaway, et peut-être que milieu d’année, il jouera un driver PING, et enfin un Titleist.

Dans le même temps, son agent pourrait faire monter les enchères…

Malheureusement, sur l’histoire du choix du driver, je crois que c’est encore une histoire d’argent plus qu’autre chose. Sauf que dans ce cas, ce n’est pas la marque qui maîtrise le calendrier, mais le joueur.

S’agissant du test réalisé par Xavier, je suis tombé de ma chaise, car je m’attendais à beaucoup plus d’écart entre le FUSION et l’EPIC, et notamment en faveur du second nommé.

La seule chose qui est véritablement notable en-dehors du ratio spin/angle de lancement, c’est que l’EPIC lance plus haut que le FUSION.

Est-ce que la technologie Jailbreak apporte quelque chose ? Je ne sais pas répondre…

En revanche, et c’est valable pour toutes les marques, il me semble qu’on a atteint un plafond de performance au niveau des produits standards. Entre 2016 et les premiers clubs testés en 2017, nous ne trouvons plus réellement de gains.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut plus acheter de driver.

Si je me réfère à ma propre expérience personnelle, pour avoir fitté les trois drivers TaylorMade M2, Callaway EPIC et Titleist 917 D2 lors de mon voyage aux Etats-Unis, quand vous prenez le temps avec un spécialiste d’optimiser tous les paramètres, alors là-oui, vous pouvez aller chercher individuellement des gains.

Mais à mon avis, la base produit, elle, elle plafonne !

Et comme déjà écrit, entre les trois drivers cités, vous pouvez arriver pas loin du match nul, ce qui ne vous aidera pas à faire votre choix sur le seul argument de la performance…

Les datas pour un amateur à vitesse de swing rapide

Etant concerné par la problématique de la rupture de comparaison liée à la tête carbone de l’EPIC, j’ai décidé de ne publier que les données de ce club, sans autres comparaisons.

J’aurai tendance à confirmer ce qui a été observé sur le test du pro. Le smash factor n’est pas très élevé. En revanche, le spin/angle de lancement est plutôt bon.

J’ai pu lire un article américain titré « Est-ce que TaylorMade n’aurait pas un problème EPIC ? » Assurément un article de parti pris, je ne dirai donc pas cela. En revanche, depuis 5 ans, visiblement Callaway a comblé une grande partie de son retard avec ce nouveau driver.

Cependant, la bagarre de performance est-elle entre Callaway et TaylorMade ou avec Cobra ?

Les datas pour un senior à vitesse de swing lente

Dans ce cas, j’ai au moins un club comparable bien que le loft ne soit pas identique. Le XXIO Prime a été testé dans les mêmes conditions qui nous ont permis d’avoir des données pour l’EPIC.

Comme déjà écrit pour le XXIO Prime, il est beaucoup plus adapté, même sur un shaft regular (dans les deux cas).

La principale raison tient dans l’angle de lancement plus élevé combiné à un taux de spin relativement contenu.

De ce point de vue, l’EPIC n’a pas permis un meilleur résultat. Au contraire, le taux de spin de 3300 tours par minute est rédhibitoire.

Bilan du test

Impossible d’affirmer que la technologie Jailbreak apporte réellement quelque chose de décisif. D’un point de vue communication, c’est formidablement bien joué, et sans doute, le coup de l’année sur le marché.

Autre question plus générale, et qui ne concerne pas seulement Callaway, est-ce que le carbone apporte quelque chose, mis à part perturber les tests ?

Est-ce que McIlroy jouera toujours ce driver dans 3 mois ? Personne chez Callaway ne pourra vous le certifier avec certitude.

Beaucoup de questions… Beaucoup d’arguments pour l’instant favorables à Callaway…

Si d’un point de vue sensation, c’est le jour et la nuit entre l’EPIC et le FUSION, d’un point de vue performance, c’est beaucoup plus difficile à distinguer sans passer par la case fitting.

Au-delà de ce test qui ne démontre pas une révolution de performance, si vous envisagez d’acheter ce driver, plus que d’habitude, ne le faites pas sans passer par un réglage minutieux du loft et du shaft.

Entre le produit de base, et le même réglé, j’estime que vous pouvez gagner 10 à 12 mètres en distance, et faire monter le smash factor de 1.44 à 1.50.

Jailbreak, carbone, poids ajustable… ce qui importe, c’est ce que vous pourrez en faire, et si vous en tirez de la satisfaction.

EPIC, M2, 917 D2… Je crains que la performance du produit fitté ne puisse suffire à faire votre choix.

D’autres critères, comme votre attachement à la marque, le prix, la couleur ou le design doivent être pris en considération.

Bien que je ne puisse l’affirmer par des données strictement comparables, il me semble aussi que chez Callaway, le XR 16 de l’an passé, peut-être plus basique, donnait un meilleur rendement du produit de base, mais moins de possibilités d’ajustements au niveau de la tête.

Pour notre consultant, Xavier Bretin, le test du EPIC illustre encore que le driver Callaway pourrait mieux faire en matière de spin.

Si le ratio spin/angle de lancement paraît meilleur vis-à-vis du FUSION, c'est que pour ce dernier, il n'était pas très bon. Pour un driver "athlétique", l'EPIC doit être fitté pour justement faire baisser le spin.


Sur la performance, limité au niveau du COR et des dimensions, les marques qui travaillent sur le centre de gravité de la tête arrivent tout de même aux limites de l’optimisation.

Pour l’avenir, il devient impératif de chercher d’autres arguments commerciaux que les seuls gains de distances.

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