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Test du Driver Titleist TS2: Expérience d'un fitting sur-mesure

A l’occasion du lancement en France des nouveaux drivers Titleist TS2 et TS3, la marque Californienne a mis sur pied un ambitieux et astucieux programme de démonstration. Dans ce cadre, Benoit Delcambre, responsable fitting pour Titleist pour l’Europe du Sud s’est déplacé au studio technique de JeudeGolf.org, pour me proposer un fitting sur-mesure du driver, avec comme objectif de surpasser la performance de mon driver. Aussi bien sur l’expérience que sur la promotion de la nouveauté, Titleist entend marquer les esprits, et faire un vrai bond en avant dans les ventes.

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Battre son driver de référence

Début septembre, la direction marketing de Titleist m’a invité pour une présentation de ses nouveaux bois TS2 et TS3, des clubs qui veulent s’inscrire dans une rupture franche avec la série des 913, 915 et 917.

Quelque part, la marque ne voulait pas que l’on anticipe l’arrivée d’une série 919, en pensant que ce ne serait qu’une simple évolution.

Mi-septembre, j’ai donc reçu Benoit Delcambre dans le studio de test, et de tournage de JeudeGolf.org, près de Lyon.

Le clubfitter m’a proposé le même processus d’essai que celui qu’il déroule actuellement dans toute la France, auprès des principaux distributeurs et prescripteurs.

A la fin de chaque fitting, le jeu consiste à être pris en photo avec un petit panneau résumant le gain de distance, et la partager sur les réseaux sociaux. Pour un lancement de nouveau produit dans le golf, cette technique de promotion est inédite.

L’objectif du clubfitter consistait à me faire taper des drives avec mon club, puis alternativement avec une tête TS2 et TS3, tout en cherchant le bon manche pour mon swing, afin de déterminer la meilleure combinaison possible.

Je n’étais pas sceptique sur la performance du driver Titleist, toutefois, m’étant donné l’opportunité de monter la tête, et un manche très similaire à celui de l’anglais Justin Rose, dans le cadre d’un précédent test et sujet d’article pour le site, j’étais déjà très content de ce driver.

En effet, depuis quelques mois, voulant vérifier les dires de TaylorMade sur la Twisted Face, et les dires de TPT Golf au sujet de son nouveau shaft, j’ai monté une tête de M3 avec un 16 LKP MT SW de TPT GOLF, soit un manche relativement rigide et particulièrement bien équilibré pour réduire la dispersion.

Manche que j’avais pris le soin de couper à 44.5 inches au lieu de 45.5 inches, la longueur standard pour y insérer un capteur de 0.5 inches au bout du manche (Arccos).

En 2017, au moment de rédiger le guide de choix des drivers, en conclusion, j’avais admis avoir du mal à différencier quatre drivers dans quatre marques différentes : Le Callaway Epic, le TaylorMade M2, le Cobra King F7, et le Titleist 917 D2, notamment sur l’argument du fitting.

Bien que l’objectif soit toujours de chercher quel peut être le meilleur driver du marché, et je continuerai à le chercher, tout le monde pourra admettre qu’un driver dans une marque top-10 du marché, parfaitement réglé, peut être son meilleur driver pour soi.

Mon expérience du driving

Pour frapper des drives au practice (sans la pression du parcours, le vent, la topographie du trou, le stress du score…), il apparaît que sur la base des tests que j’ai pu mener depuis 2 ans exclusivement avec des manches stiff, je swingue entre 95 et 100mph de moyenne avec des pointes à plus de 105 mph.

Depuis 2012, tous drivers confondus (lofts ou rigidités de manches), j’ai gagné 5 mph de vitesse de swing moyenne.

Par contre, s’agissant de la relation entre le chemin du club et la face à l’impact, j’ai par moment des gains, et par moment, je recule d’un pas en arrière, et du coup, ma dispersion n’est pas toujours optimum.

C’est pourquoi l’argument de TaylorMade avec la Twisted Face, comme celui de TPT pour le shaft m’avait forcément interpellé : Réduire la dispersion !

Après ce préambule pour expliquer le choix du driver initial, et le pourquoi du test au studio, le souci de l’objectivité me force à vous dire que Titleist m’a proposé le fitting avec pour finalité de m’offrir ce club, afin que je puisse le tester autant de temps que je le voudrais.

Je tenais à saluer le geste de la marque Californienne, et le temps passé par Benoit, qui sort du cadre habituel d’un test classique sur JeudeGolf.org

Un fitting vraiment sur mesure

Habituellement, pour les tests, je prends soin de demander aux distributeurs ou aux marques, des clubs sur manches regular et lofts 10,5°, pour pouvoir vous relater les performances des clubs les plus susceptibles d’être achetés par la majorité des joueurs.

Me concernant, je joue du 9,5 degrés sur manche stiff, et raccourci d’un inch.

Pourquoi 9,5° ?

Mon « geste et ses défauts » me font envoyer les balles trop hautes. Je cherche donc à réduire l’angle de lancement.

Pourquoi stiff ?

Je suis gêné quand le manche est trop souple. Je n’arrive pas à ressentir sa position dans l’espace, et j’agis encore plus avec le haut du corps par rapport au bas, ce qui accentue ma dispersion.

Pourquoi raccourci ?

45,5 inches, c’est trop long pour tout le monde !

Au motif de gagner en vitesse de swing, cela accentue ma tendance à ramener le club beaucoup trop à l’intérieur du chemin de swing, et si par malheur, je ramène la face un peu fermée ou square, la balle part en hook à gauche.

Vous êtes prévenu de l’ensemble de la démarche, néanmoins, je vais m’évertuer à faire preuve de la même objectivité, dont je suis censé être le garant.

Benoit m’a donc fait tester les deux têtes TS2 et TS3, puis plusieurs manches, pour rechercher les meilleurs ratios de performances, en comparaison du driver que j’avais choisi comme base de comparaison.

Trois semaines plus tard, j’ai reçu le club finalement retenu, et très impatient, je me suis livré à un nouveau test.

Les autres drivers testés en comparaison

Un driver TaylorMade SLDR 10,5 degrés de loft sur manche regular

Un driver Mizuno JPX-850 9,5° sur manche Fujikura Orochi regular de 55 grammes coupé de 2 inches (43,5). Le driver avec lequel je disperse le moins…eu égard à la longueur du manche.

Le même driver Mizuno JPX-850 9,5° sur un manche Fujikura Orochi stiff de 60 grammes non coupé, et donc de 45,5 inches.

Un driver TaylorMade M4 9,5° sur un manche stiff Fujikura Atmos 5 standard (45,5 inches et 55 grammes)

Un driver TaylorMade M3 9,5° sur un manche stiff TPT Golf 16 LKP MT SW coupé à 44,5 inches (58 grammes au lieu de 61).

Et enfin, le driver Titleist TS2 sur un manche Mitsubishi Rayon Tensei AV Series 55 stiff de 45,5 inches et 55 grammes, le choix préconisé par Benoit Delcambre à l’issu du premier test.

Pourquoi le TS2 et pas le TS3 ?

Le jour du premier essai, conscient d’être dans une période de « dispersion de mes drives », j’applique le conseil du coach Xavier Bretin « Dans le cas où le chemin de club est très intérieur avec le driver (plus de 5 degrés à droite par rapport à la cible), ne pas hésiter à placer, dès l’adresse, la face du club orientée à droite de la cible pour « forcer l’impact avec une face ouverte ».

Avec un swing très intérieur (par exemple 6 degrés) vers la droite de la cible, une face seulement orientée à 2 ou 3 degrés sur la droite, peut faire démarrer la balle à droite de la trajectoire, et revenir finalement dans l’axe en bout de course.

A condition de taper au centre de la face, cette relation de face au chemin (la face étant moins écartée de l’axe que le chemin), effectivement, on peut amoindrir la courbure de la balle, et espérer voir la balle finir dans l’axe.

A l’inverse, si la face est square, avec un tel chemin, la balle va tourner fortement à gauche, et tout simplement parce que l’écart, le différentiel entre le chemin et la face, s’accentue.

Le jour du test, j’applique donc cette méthode pour ne pas être trop ridicule vis-à-vis de mon interlocuteur, et ne pas lui faire des cheveux blancs à l’idée de chercher un shaft qui pourrait corriger un tel défaut.

Nous commençons par le test de mon driver de référence.

Je swingue alors à 100 mph de vitesse de swing pour une vitesse de balle de 147 mph (smash factor 1.47).

Malgré un bon centrage de balle (le smash factor), je génère un peu trop de spin (2900 tours) pour finalement une distance au carry de 220 mètres, et une distance à la roule estimée à 239 mètres.

Ce sera le chiffre de référence à battre.

Par rapport au fait que je joue déjà du 9,5°, Benoit constate par la hauteur de trajectoire, qu’il n’est pas opportun de tester du 10,5°.

Simplement, il me demande ma préférence entre le TS2 et le TS3.

Bien que le TS3 propose beaucoup plus de réglages, je préfère visuellement la tête TS2 sous mes yeux à l’adresse, car j’ai la sensation qu’elle « pointe » moins à gauche, et ne va donc pas accentuer le défaut soulevé plus haut.

Je teste néanmoins le TS3 avec un manche Smoke 6.0 pour un résultat en distance au carry de 213 mètres, soit une valeur inférieure au club de référence (220 mètres, score à battre).

Après avoir « mis de côté » la tête TS3, il convient de trouver la bonne rigidité, la bonne longueur et le bon grammage du manche.

Benoit propose plusieurs choix.

Au total, je vais tester 5 combinaisons différentes dont 4 pour le seul TS2.

Nous éliminons le shaft Smoke 6.0, qui malgré un excellent smash factor (1.49) génère un angle de lancement trop bas (11 degrés), et trop de spin.

Benoit Delcambre a alors voulu vérifier plusieurs versions du Mitsubishi Tensei en 55 et 65 grammes, 45, et 45,5 inches.

Au final, la recommandation du clubfitter, sur la base des frappes mesurées au Trackman a porté sur le fait de retenir le Tensei 55 grammes, en longueur 45,5 inches, au motif que le smash factor est monté à 1.51 avec un gain de vitesse de balle de 2 mph et un taux de spin réduit à 2600 tours.

Soit 223 mètres au carry, et 244 mètres en distance estimée avec la roule, soit un gain de 3 mètres au carry, et plus de 5 mètres à la roule par rapport au driver de référence.

Tout est une question de point de vue. Vous pourriez vous dire tout ça pour ça !

Sois-vous considérez que c’est effectivement anecdotique, soit vous considérez que dans un sport de détail, chaque mètre gagné compte.

Selon les chiffres du Trackman, le fitting aboutit bien à un gain.

C’est en tout cas au cœur de la communication de Titleist pour ce lancement que la marque veut baser sur l’authenticité, et l’expérience personnelle.

Titleist a même été jusqu’à monter un grip Golf Pride similaire à celui que j’utilise habituellement (Align).

Le second test

Une fois le club reçu, j’ai eu envie de refaire le test pour conforter le fitting.

J’ai donc tapé 6 drivers successivement du TaylorMade SLDR au Titleist TS2.

Très enthousiaste (trop peut-être), j’ai swingué encore plus vite qu’à l’accoutumée.

Une fois arrivée au TS2 (le dernier driver a testé), je ne me suis pas rendu compte que j’étais carbonisé physiquement.

Le bas du corps ne tournait plus du tout, et seulement le haut, ce qui m’a fait pousser les balles toutes à gauche.

J’ai d’abord cru à un problème avec le club avant de comprendre que le problème, c’était tout simplement moi.

Quelques heures plus tard, j’ai reproduit le test sans être en mesure de reproduire les vitesses du matin, mais en remettant les balles sur le fairway. Il y aurait un sujet à faire sur la relation entre fatigue physique et désynchronisation entre le haut et le bas du corps au drive…

Avec un manche de 45,5 inches, que je considère souvent comme trop long, et pourtant retenu le cas présent par le clubfitter, la direction du swing est restée intérieur, mais sans être aussi extrême que je le craignais. Peut-être un élément imputable à la nature ou la rigidité du Tensei ?

Sur la deuxième séance, surpris d’être tombé à ce point physiquement, j’ai réduit l’amplitude du swing pour m’assurer que je pouvais frapper des balles dans l’axe, et en me focalisant moins sur les gains de distances.

Entre les deux séances, je n'ai perdu que 8 mètres de distance totale, mais encore amélioré le smash factor, et réduit le taux de spin.

Bilan des tests et du fitting

J’en retire donc plusieurs enseignements concernant le niveau de performance du TS2.

Dans la plupart des cas où je l’ai testé, le niveau de smash factor a souvent été très élevé, et plus élevé que la moyenne des autres têtes testées.

Si on prend tous les paramètres pour les résumer dans un seul, le degré d’efficacité de la vitesse du swing par rapport à la distance au carry en mètres, le TS2 est dans la moyenne supérieure.

Lors du premier essai avec le fitter, j’ai dépassé le niveau de performance du driver d’origine, mais pas dans le second cas.

Confusant ?

On peut considérer qu’à un certain niveau, à 5 mètres près, la marge ou l'écart est trop faible entre tous les drivers des différentes marques, pour pouvoir être reproduite de manière systématique dans le même sens.

Si je reproduis le test dans 5, 10 ou 15 jours, peut-être vais-je trouver encore un ordre différent, si on se réfère à la seule distance comme juge de paix.

Au chapitre des plus, le facteur qui semble rester constant à un niveau élevé avec le TS2 est le niveau de smash factor, la capacité de la tête à rendre de la vitesse de balle.

Au chapitre des moins, si la look du club est superbe avec notamment une face sombre sur une couronne sombre, justement en voulant manipuler la face pour la placer à ma guise, j’ai eu plus de mal à visualiser son orientation. C’est un détail entre look et fonction, et encore, cela ne concerne que les golfeurs qui veulent changer l'orientation de la face à l'adresse...

Le TS2 est assurément un très bon driver, dans la plus pure lignée des drivers Titleist. Il peut largement rivaliser avec Callaway, Ping, TaylorMade ou Cobra, les plus gros vendeurs de drivers en France.

La démarche de fitting sur-mesure proposée par Benoit Delcambre permet de trouver un driver optimisé.

D’une journée à une autre, on ne tape pas toujours à sa meilleure vitesse, sans que ce soit systématiquement le driver à mettre en cause…

Est-ce que le TS2 surpasse tous les drivers du moment ?

C’est une question difficile à trancher avec 100% de certitudes, étant donné que la compétition se joue sur des centièmes de vitesses de balles, et quelques tours de spins.

En revanche, est-ce que Titleist est décrochée en performance des autres marques ?

La réponse est franchement non.

C’est donc bien tous les autres éléments du MIX autre que le produit qui peuvent jouer sur la décision des consommateurs (prix, promotion et publicité).

L'enseignement de cette expérience... c'est que le clubfitter vous permet d'éliminer un maximum de mauvaises solutions.

Le bon test, ce n'est peut-être pas le bon club mais le bon clubfitter qui apporte la valeur ajoutée...

De mon côté, je vais certainement mettre en jeu ce driver dans mes prochaines parties, et peut-être que je finirais par couper le manche d'un inch, au risque de le rigidifier, pour retrouver les sensations d'un manche plus court.

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Commentaires   

Avec
 
billot.claude@gmail.com
0 #1 Fréquence des shaftsbillot.claude@gmail.com 21-11-2018 12:21
Bel effort de Titleist.
Là encore la fréquence de chaque club monté, ainsi que le M.O.I. et la répartition du poids du club aurait donné beaucoup plus d'informations, en fait vous avez comparé : 4 longueurs de shafts différentes, 3 poids de shafts différents quand aux fréquences, vous les ignorez !
A bientôt
 

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