Test du driver SRIXON ZX5: Une question de Smash Factor ?

Sur un marché des équipements de golf qui a connu un véritable rebond en 2020, et malgré un et peut-être même deux confinements, dopé par de nouveaux arrivants (golfeurs et golfeuses), il existe de réelles opportunités commerciales pour de nouveaux produits. Les marques n’ont donc pas modifié leur agenda, et la planification de nouveaux clubs de golf, dont le Srixon ZX5 en magasin depuis le 19 septembre 2020. Proposé entre 499 et 529 euros, ce nouveau driver vaut-il le coût ?

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La marque Japonaise Srixon m’a adressé le nouveau driver ZX5, il y a déjà plusieurs jours, et c’est donc au sein du nouveau studio de Caluire que j’ai pu le tester, sous toutes les coutures.

A une époque où les marques ne prennent plus le risque de communiquer sur des performances supposées ou imaginées, et préfèrent envoyer aux fronts des « influenceurs » qui vont vous chanter une merveilleuse musique, portés par un contexte favorable, et notamment pour les nouveaux golfeurs et les nouvelles golfeuses, pas forcément au fait des us et coutumes, dans cet article, je vous propose un test indépendant, authentique, et argumenté.

Un test de driver ne doit pas se limiter à commenter le look d’un club de golf, des impressions ou des sensations.

Cela étant dit, le look, c’est peut-être le véritable élément discriminant entre un driver et un autre ? Par exemple, l’élément le plus intéressant à commenter entre le précédent driver Srixon, et ce nouveau ZX5…

Pour autant, la réalité du marketing veut qu’une marque ne peut pas tout simplement parler d’esthétique, et il faut argumenter d’une nouvelle technologie.

Concernant le ZX5, il s’agira du « Rebound frame ».

Depuis quelques années, Srixon tourne autour de ce concept de « rebond » ou de « vague » qui sous-entend une notion mécanique plus concrète : L’effet trampoline d’un driver.

La marque japonaise affirme avoir mis au point un système permettant de renforcer le transfert d’énergie au moment de l’impact avec la balle.

Ce sera, tout du moins, le principal nouvel argument de ce nouveau driver 2020, et pour les deux prochaines années, pour cette marque.

Les autres arguments étant une augmentation de la couronne en carbone de près de 15% pour augmenter le moment d’inertie du club, et augmenter ce que l’on appelle par abus de langage la tolérance.

A noter, à l’arrière de la tête, un port permet d’ajuster un poids qui va servir au fitter à vous ajuster le driver selon le choix du shaft.

Enfin, la marque estime avoir dessiné une tête qui peut inspirer de la confiance, à l’adresse, et y compris aux meilleurs joueurs sur les circuits professionnels.

En somme, de tous ces arguments, il n’y a qu’une question à se poser : Ce driver peut-il générer un maximum de transfert d’énergie, à savoir augmenter le smash factor ?

C’est finalement ce qui a dirigé tout mon processus de test : Augmenter le smash factor !

Cela dit, cette idée se heurtait forcément frontalement avec une réalité peut-être ignorée par de « jeunes » golfeurs : Le coefficient de restitution d’un driver est limité par les législateurs.

Comment augmenter quelque chose qui ne peut pas l’être ?

Ce problème se pose à Srixon, mais aussi à toutes les marques.

La performance d’un driver est actuellement bridée à un niveau maximum, et sans changement des lois, il paraît hautement improbable de pouvoir aller au-delà, en termes de distance.

Sur les réseaux sociaux, fleurissent actuellement des avis d'enseignants, intéressés à la vente de clubs, qui diffusent des messages erronés ou trop enthousiastes sur des performances supposées de nouveaux drivers, et par exemple s'agissant du dernier Titleist.

Peu importe la marque, aujourd’hui, il n’est pas possible mécaniquement d’augmenter, comme par enchantement, le rendement d’un driver.

Le sujet n’est alors plus celui de dépasser le smash factor maximum autorisé, 1.50, mais de mesurer ce que vous produisez avec un driver, et de chercher à optimiser. C’est pourquoi, on parler davantage en 2020 qu’en 2000 de fitting.

C’est pourquoi ci-après, je vais vous relever les véritables informations pertinentes au sujet de ce driver ZX5, ce qu’il vous faut savoir, avec des tests à 100, 90, et 80 mph de vitesse de swing, avec un swing intérieur-extérieur ou au contraire extérieur-intérieur, en enlevant du poids ou en ajoutant du poids sur la tête.

Vous verrez qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais driver, il y a seulement des options, et des compromis.

Le driver testé

Ci-dessous, la fiche d’identité du driver envoyé par la marque, et testé au studio JeudeGolf avec notre Trackman, et nos balles.

Comparativement aux éléments présentés en « standard » par Srixon, le manche mesure 45,5 inches.

 Le swing weight pour ce club monté avec un shaft Riptide 5.5 est en fait de D1 au lieu de D2.

Surtout, l’information la plus importante est le poids de la tête qui est de seulement 197 grammes, mesurée sur notre nouvelle balance, installée au sein de notre nouveau studio à Caluire.

Information par ailleurs confirmée à distance par notre consultant, Alexandre d’incau, qui a aussi pesé cette tête pour le même résultat, et ajoute que la sleeve plus le connecteur pèse 6 grammes, soit 202 grammes pour la tête plus le connecteur.

La tête est donc plutôt légère par rapport aux 300 grammes total du club pesé par nos soins. Cette information va avoir une influence sur le résultat du test. Précision : Nous avons pesé après avoir tapé les premières balles…

Premier test à 100 mph de vitesse de swing (chemin intérieur-extérieur)

Sur 10 balles tapées en moyenne à 100 mph de vitesse de swing, premier constat problématique, le niveau de smash factor se situe en moyenne seulement à 1.43, ce qui concrètement veut dire que par rapport à un idéal visé de 150 mph de vitesse de balle, je n’arrive qu’à 143 mph !

Deuxième constat : Pour un swing vraiment marqué comme intérieur-extérieur (swing direction de 8.9 degrés), les balles courbes majoritairement à gauche du fairway alors que la face est ouverte à l’impact, en moyenne de 3 degrés.

Le ratio de la face par rapport au chemin est impacté par le profil de la tête Srixon ZX5 très marquée en « closed face », et tout du moins pour le réglage neutre du loft à 10.5 degrés.

7 balles sur 10 tournent fortement vers la gauche en hook.

A l’inverse, quand le testeur « pousse » la face vers la droite du fairway, dans le sens de son swing, 3 balles sur 10 partent en push !

A retenir

Le profil de la tête « Closed face » n’est pas recommandé pour ce profil de swing intérieur-extérieur.

Le smash factor est trop bas (1.43). En moyenne, je devrais pouvoir espérer 1.46 et au mieux 1.50.

Comparaison par rapport à un panel de clubs comparables

Que vaut le ZX5 par rapport à d’autres drivers comparables et testés récemment ?

Comparable ? Soit des drivers de loft 10.5 degrés montés sur des manches en regular et de poids comparables.

Ce tableau illustre une synthèse des principales données recueillies avec le Trackman.

Le niveau de smash factor de ce premier test est inférieur au niveau récemment constaté, et en conséquence, il y a un léger retrait en termes d’efficacité, un ratio qui prend en compte la distance parcourue au carry par rapport à la vitesse de club générée par le joueur.

Le niveau de spin n’est pas en cause. Il est même plutôt bon pour un driver censé proposer beaucoup de moment d’inertie.

L’angle de lancement est aussi plutôt classique.

Sur ce point, Alexandre d’Incau explique que le Riptide 5.5 est plutôt un manche rigide même si censé être « regular » de 53 grammes.

Finalement, en distance, pour cette vitesse de swing, l’écart final entre le ZX5 et un autre driver comparable est très marginal (3 mètres), mais tout de même en retrait.

Le point à retenir, c’est un smash factor plutôt bas…

A ce stade, on peut se poser les questions suivantes pour comprendre le smash factor :

Le centrage de la balle dans la face n’est pas bon, et du fait du joueur ?

La nature du swing n’est pas en adéquation avec le driver ?

La vitesse de swing n’est pas en adéquation avec le driver ?

Le poids de la tête n’est pas optimum ?

Le rendement de la face n’est pas suffisant ?

Qu’en est-il du centrage de la balle dans la face, et pendant le premier test ?

Ce graphique illustre le premier test, mais cette fois avec en plus une image (à droite) qui retranscrit le centrage de la balle dans la face, pour la moyenne des balles tapées.

Pour un simple amateur, le centrage est loin d’être parfait, mais il n’est pas non plus dramatique ou suffisant pour expliquer un smash factor relativement moyen.

La nature du swing n’est pas en adéquation avec le driver ?

Réglé en 10,5 degrés, effectivement, ce driver qui présente une tête « closed face » oblige un golfeur avec un chemin naturellement intérieur-extérieur à fermer la face par rapport au chemin, et donc à envoyer les balles en draw ou en hook, sans pouvoir espérer produire une autre trajectoire.

Il est beaucoup plus approprié pour 80% des amateurs de golf qui swinguent selon un chemin extérieur-intérieur. Dans ce cas, la face naturellement fermée va limiter les effets possibles du slice.

Pour le premier test, j’avais swingué selon une direction de swing de 8.9 degrés intérieur-extérieur. Sur le deuxième test, cette direction a été divisée par 4, en m’organisant comme pour faire du fade.

Si le résultat est meilleur d’un point de vue de la dispersion, le smash factor n’augmente pas de manière suffisamment significative. En réalité, c’est sans effet, et tout simplement pas le bon lien de cause à effet.

A retenir :

Avec ce loft de 10.5 degrés, ce driver convient beaucoup mieux à des golfeurs qui peuvent slicer, en raison de faces trop ouvertes à l’impact, et combinées à un chemin de club extérieur-intérieur.

La vitesse de swing n’est pas en adéquation avec le driver ?

A 90 mph, soir une vitesse de swing plus conventionnelle pour beaucoup d’amateurs masculins, le niveau de smash factor ne monte pas réellement (1.44).

Pour cette vitesse de swing, un golfeur pourra espérer autour de 210 mètres de distance avec la roule.

En réduisant encore la vitesse de swing, et notamment à 80 mph, le smash factor ne varie pas.

Un amateur qui swinguerait à cette vitesse pourrait espérer une distance au driver autour de 190 mètres avec la roule.

 

Pour cette vitesse, ma dispersion latérale baisse franchement (moins rapide, plus précis) et surtout ma capacité à centrer la balle plus régulièrement dans la face est nettement supérieur aux précédents tests…

Pourtant, le smash factor reste scotché à 1.44.

La vitesse de swing, pas plus que le centrage ne semble expliquer le smash factor...

Est-ce une question de moment d’inertie et justement de poids de la tête ?

Si j’enlève le poids additionnel situé à l’arrière de la tête, j’allège encore la tête du club de 8 grammes.

Sans surprise, cela permet de baisser le niveau de spin donné à la balle de quelques tours (une centaine).

Pour une vitesse de swing de 100 mph, il y a un gain de distance qui se combine avec un meilleur centrage de la balle dans la face, par rapport au premier test.

En revanche, enlever du poids avait peu de chances de favoriser une augmentation du smash factor, ou plutôt de l’effet marteau du driver.

Que se passe-t-il si on produit l’inverse ?

En ajoutant du plomb sous la semelle, est-ce que je peux réellement augmenter la performance de ce driver ? Soit par la vitesse de swing ? Soit par le smash factor ?

J’ai volontairement forcé « la dose » et ajouté 8 grammes de plomb sous la semelle du driver.

Ce faisant, j’ai drastiquement changé le swing weight, passé de D1 à D6, avec concrètement une impression de poids en tête beaucoup plus lourde, et notable.

J’ai surtout réussi à augmenter ma vitesse de swing moyenne, de 100 à 102 mph, ce qui a bien eu un effet sur la vitesse de balle, elle-même augmentée de 143 à 146 mph, un gain notable !

En revanche, le smash factor ne bouge pas, et reste collé à 1.43 !

En distance, le fait d’ajouter du plomb sous la tête m’a tout de même permis d’augmenter la distance moyenne de 7 mètres.

Il ne reste donc qu’une question…

Le rendement de la face n’est pas suffisant ?

Après avoir éliminé beaucoup de pistes, je ne peux arriver qu’à la conclusion que la face du ZX5 ne présente pas le rendement optimal que j'aurais espéré.

Dans le même exercice, j’ai obtenu beaucoup mieux avec un Epic Flash ou le Big Bertha 21…

Est-ce pour autant un mauvais driver ?

J’ai réalisé un dernier test en changeant le réglage du loft pour le descendre d’un degré (9.5 degrés), tout en conservant le poids ajouté sous la semelle.

En swinguant dans mon profil naturel (chemin intérieur-extérieur), avec le poids additionnel, j’ai obtenu une vitesse de balle tout à fait intéressante, de 149 mph pour une distance moyenne de 248 mètres.

J’ai même relativement peu dispersé, car le simple fait de changer le loft, permet aussi de réduire l’angle de fermeture de la face, ce qui convient beaucoup mieux à mon chemin de swing naturel. La face n'est plus "fermée", et beaucoup plus neutre.

Le chemin de club a même été divisé par deux, ce qui joue très favorablement sur ma dispersion.

Bilan du test DRIVER ZX5

Difficile de valider un bénéfice spectaculaire, et au contraire, le Driver Srixon ZX5 ne surpasse pas ce qui peut se faire en matière de driver, et principalement à cause des normes en vigueur.

Toutefois, à ce stade du test, j’ai forcément une déception concernant le niveau de smash factor que je n'ai pas réussi à monter à un niveau optimum.

Malgré un manche facile à manier, et qui aurait dû m’aider à mieux centrer la balle dans la face, seulement quelques meilleures frappes ont frôlé les 1.48 de smash factor, mais pas suffisamment pour doper la moyenne.

Le rendement de la tête, et en particulier la face est en question. Sur ce point, Srixon a déjà fait mieux par le passé.

Je n'ai pas réellement trouvé la raison de ce smash factor en retrait, sauf à imaginer que la tête est trop légère ?

Dans les mêmes circonstances, sur la seule question du smash factor, j’ai déjà obtenu beaucoup mieux avec le Z355, le Z545 ou le Z785.

Je suis relativement déçu de ne pas avoir réussi à augmenter le smash factor de ce club ZX5 malgré mes nombreuses tentatives, alors que côté look, il y a au contraire un bel effort pour en faire un club masculin, et inspirant.

L’ajustement de la position de la face est un autre point très appréciable, surtout pour ne pas rester bloqué avec une tête exagérément « closed face ».

Enfin, retenez que si vous voulez gagner de la distance à moindre coût, le fait d’ajouter du plomb sous votre driver est une option certes basique, mais assez efficace.

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