Test driver PXG 0811XF (12 degrés)

Inspiré des grosses cylindrées américaines, le nouveau driver PXG 0811XF GEN2 veut à la fois délivrer de la puissance brute, en même temps que plus de tolérance. Il s’agit des mots du constructeur sur son site Internet. La position du centre de gravité a été revue pour augmenter encore le moment d’inertie, et promouvoir des trajectoires dites « Mid-Spin ». Un abonné de JeudeGolf, dans l’équipe des testeurs, a eu l’amabilité de nous prêter son driver, pour réaliser un premier test au Trackman, et en studio. Quels sont les premiers enseignements à en tirer ?

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Le driver PXG 0811XF est le driver tolérant de la société Parsons Xtreme Golf

Désormais bien connu par les amateurs, mais seulement disponible auprès de quelques fitters en France, ce driver se distingue par des poids amovibles sous la semelle, qui permettent justement au clubfitter d’ajuster la trajectoire, spécifiquement pour chaque golfeur.

Dans ce cadre, le test que nous avons réalisé avec le concours de son propriétaire, rencontre forcément un biais.

N’ayant jusqu’à présent jamais reçu d’échantillons à tester de la part de la marque américaine ou son importateur en France, ce test d’un modèle réalisé pour un golfeur senior, avec une vitesse de swing de 75 mp/h de moyenne, peut être critiqué et critiquable.

Pour les besoins de son propriétaire, la tête était donc ajustée avec un loft de 12 degrés.

Je l’ai réglé à 10,5 degrés pour les besoins du test. La tête étant effectivement ajustable de + ou - 1.5 degrés, selon le testeur.

S’agissant des poids sous la semelle, nous n’avons pas apporté de modifications aux réglages réalisés, respectant le fait que ce n’était pas un driver de démo, mais bien celui utilisé par le joueur.

Pour le shaft, ce dernier avait été coupé sur-mesure à 44,5 inches, une longueur qui était plutôt faite pour me convenir.

Il s’agissait d’un manche Mitsubishi Rayon Tensei CK Series 50R (regular), de 54 grammes, un manche parmi les plus « montés » sur les drivers vendus en France. Le grip avait été « augmenté » pour favoriser le confort de son propriétaire, mais dans une limite pour ne pas gêner le passage des mains dans la zone d’impact.

La sensation avec un grip plus gros ou renforcé est d’ailleurs assez agréable, même sans avoir de « grosses mains ».

L’objectif du clubfitter qui a réalisé ce club était sans doute d’aider le joueur à monter les balles, tout en favorisant la maniabilité, et le contrôle des trajectoires.

Le driver était donc maniable, et à l’impact, le bruit plutôt « sourd » inspirant la puissance. En matière de driver, le son est un élément clé, sur lequel les marques investissent aussi beaucoup en recherche et développement.

Il y a la performance pure, et la perception de la performance. Les deux ne vont pas forcément de pair.

Souvent, les amateurs n’ont pas accès à des radars pour contrôler la distance, et se réfèrent au bruit et aux sensations…

Le dessin sobre et élégant de ce 0811XF en fait un produit assez attractif.

 

Le test par son propriétaire !

Dans le cadre des prochaines publications de tests sur JeudeGolf.org, nous avons étoffé l’équipe de testeurs, en faisant appel aux abonnés qui avaient déjà participé aux émissions MyGolfTest pour JeudeGolf.tv

Ainsi, par rapport à Xavier (Pro) ou Jean (Senior, 70 ans), ou moi-même (Amateur 43 ans), nous avons étoffé l’équipe pour diversifier les tests.

Dans ce cadre, Jacky (60 ans) a testé plusieurs drivers dont son PXG, ce qui va permettre de faire quelques premiers constats.

Pour les lecteurs habitués à JeudeGolf.org, vous savez que depuis 2012, nous utilisons de nombreux critères pour appuyer nos réflexions sur les clubs.

Pour les plus novices, permettez-moi de lister les différentes mesures comprises dans le tableau ci-dessus, et fournies par le Trackman 4.

En studio, avec des balles identiques (Srixon Z-Star), les 3 drivers ont été testé dans des conditions identiques pour obtenir la vitesse du club, la vitesse de balle, l’angle de décollage et d’atterrissage de la balle, le smash factor (ratio entre la vitesse de club et la vitesse de balle), le degré d’efficacité (le ratio entre la distance au carry et la vitesse de club), le spin donné à la balle par rapport à l’angle de lancement, la distance au carry, la distance totale, la distance maximale, le taux de spin, la roule (écart entre la distance totale et la distance au carry), et l’écart entre la moins bonne et la meilleure balle.

Au-delà de la simple distance qui est trop parcellaire pour analyser le rendement d’un club, toutes ces données alimentent le jugement sur la performance réelle.

Jacky a testé son driver en loft 12 degrés alors que son manche était en fait plus court que les produits standards de démonstrations que nous avions à lui faire tester, le Cleveland HB Launcher et le Callaway Epic Flash Star.

Le loft plus important de son driver joue effectivement sur le loft dynamique, à savoir le loft réellement amené par le club sur la balle.

C’est assez flagrant entre le PXG à 12 degrés, et le Cleveland à 10,5 degrés puisque le loft dynamique, le loft réellement donné par le joueur est plutôt de 17 degrés contre 14.

Dans un phénomène de mouvement en remontant, le joueur ajoute du loft au club.

En revanche, entre le Callaway EPIC Star et le PXG, l’écart est moindre. Est-ce du au shaft très léger utilisé sur le modèle Callaway ?

C’est possible, comme il est possible que la tête Callaway ne soit pas exactement à 10,5 degrés puisque pour l’avoir testé, je trouve aussi une valeur de 17 degrés de loft dynamique, et alors que je ne swingue pas à l’identique de Jacky.

Toujours est-il que le PXG en loft 12 degrés lève la balle autour de 14 degrés d’angle de décollage, ce qui est en fait assez conventionnel pour le swing d’un amateur. Le réglage du PXG semble avoir été fait pour obtenir justement ce résultat.

Attention, cela a pour conséquence de « bomber » la trajectoire de la balle. Ainsi, l’angle d’atterissage est en conséquence plus marqué, ce qui ne peut que desservir la roule, et donc la distance totale.

Dans le cas de Jacky, cela ajoute 2 degrés d’angle d’atterrissage, et lui enlève entre 3 et 10 mètres de roule, selon les clubs comparés.

Autre phénomène lié à l’augmentation du loft, cela amoindrit le smash factor qui dans ce cas, n’est que de 1.44, ce qui ne démontre pas un rendement très important, alors que l’on aimerait plus avoir du 1.48, et idéalement 1.50.

C’est le revers de la médaille obligé quand on augmente le loft. Comme toujours, le matériel de golf est toujours une affaire de compromis.

C’est pourquoi la mesure de l’efficacité au carry est toujours la mesure la plus fiable.

En prenant la distance par rapport à l’énergie réellement déployée par le joueur, on obtient la « note » réelle de performance du driver.

Dans le cadre de ce test, sur seulement trois drivers testés, le PXG est effectivement le plus efficace pour Jacky, et pour un écart très faible.

En distance totale, Jacky ne profite pas outre-mesure des réglages, car le point faible de son driver est en lien avec son point fort.

Effectivement, le test confirme le moment d’inertie élevé du club pour favoriser la maniabilité, mais à contrario, le niveau de spin généré est supérieur.

Les coups décentrés dans la face expliquent un haut niveau de spin (pratiquement 3000 tours en moyenne). Cependant, pour la frappe la mieux centrée, le niveau de spin observé est tout de même de 2800 tours.

Hauteur de balle, angle d’atterrissage prononcé, et taux de spin élevé, le cocktail est réuni pour largement réduire la roule de la balle.

Si sur une balle, Jacky obtient le meilleur résultat de distance maximum avec le PXG, en moyenne, sans ajustements, les deux autres drivers font mieux.

Surtout, l’écart entre la moins bonne, et la meilleure balle est plus prononcé avec son driver pourtant ajusté.

Etant donné le loft, le driver PXG ne semble pas être franchement plus tolérant comparativement à des drivers avec un moment d’inertie dans une échelle de valeur proche.

Le niveau de spin plus important peut engendrer cet écart de rendement légèrement plus important.

Quand j’utilise la fonction « Optimizer » du Trackman qui déduit la distance idéale et théorique pour un joueur, et selon ses propres données, avec son driver, Jacky n’optimise pas sa distance maximale, seulement en raison du spin élevé.

En réalité, c’est très difficile de résoudre cette équation. Avec le Cleveland, le loft est justement « trop » fermé, et les trajectoires trop basses.

A la limite, les valeurs du Callaway EPIC Star seraient plus proches d’un équilibre entre hauteur de trajectoire, vitesse de balle, et spin.

Mon test du driver PXG avec le loft descendu à 10.5 degrés

Descendre le loft d’un driver par le biais d’une bague d’ajustement n’est pas une garanti en soi, de même que ce n’est pas parce que sur un driver, il est marqué 10,5 degrés ou 12, que cette valeur correspond à la réalité !

Cette remarque, car, malgré le fait d’avoir baissé le loft théorique du club, j’ai observé un loft dynamique « réel » élevé, comme pour Jacky.

Le manche n’est peut-être pas le seul facteur explicatif, de même que la répartition du poids à l’arrière de la tête.

Comme Jacky, je constate un taux de spin plus élevé que la moyenne, et une roule fortement amoindrie.

Ce driver, dans cette configuration ne donne pas un rendement maximal (vitesse de balle) alors qu’en fonction des coups décentrés, je constate un peu plus d’écarts entre la moins et la meilleure balle.

Dans mon cas, c’est encore plus flagrant avec l’Optimizer, même en remettant le loft en théorie à 10.5 degrés, ce set-up engendre des balles terriblement bombées, et donc peu de performances de distances, puisque pas de roule.

Bilan du test

Je ne peux évidemment pas conclure pour tous les drivers PXG, et toutes les configurations.

Ce test est un instantané à un moment donné avec des paramètres fixes, et pas un fitting.

Cependant, c’est pratiquement toujours le cas, même pour les drivers de démonstration, qui ne sont jamais ajustés sur-mesure.

On peut simplement retenir que le 0811XF est assurément un driver avec un moment d’inertie élevé, comme en atteste le niveau de spin.

Est-ce que loft augmenté et moment d’inertie important est une bonne combinaison ? D’un point de vue de la théorie, et pour faire de la distance, je ne le crois pas.

Dans le cas spécifique de Jacky, on constate que son swing a besoin d’un loft augmenté pour rentrer dans la bonne fenêtre de tir.

Toute la question est de trouver le bon compromis.

PXG, comme les principales marques du marché proposent justement assez d’options pour trouver le bon compromis pour chacun.

Sur ce test, le résultat n’est juste pas très concluant, et de nature, à prouver un avantage supérieur.

Le smash factor bas, malgré un loft ramené à 10.5 degrés n’est pas très incitatif, alors que le taux de spin très élevé pourrait rebuter les meilleurs joueurs.

PS : La vitesse de club plus élevée avec le PXG me concernant n’est pas imputable au club, mais bien à un nouveau changement de mon swing. Les prochains tests seront susceptibles d’afficher des valeurs comparables.

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