Test drivers MAVRIK : 3 têtes, une infinité de possibilités ?

La société Callaway a eu l’amabilité de me mettre à disposition trois têtes de driver MAVRIK, standard, MAX et Sub Zero. Au studio, j’ai pu tester le rendement, et les ajustements de chaque tête, avec un manche identique, et de mon choix, le Project X Black HZRDUS 6.0, acheté pour servir de shaft référence. Ainsi, j’ai obtenu des différences de résultats assez flagrants selon les trois têtes, et qui pourraient vous aider dans le cadre d’un futur choix.

Découvrez nos formules d'abonnements

Les différentes configurations testées avec les drivers Callaway MAVRIK

Ci-dessus, les différents essais que j’ai pu mener avec les têtes MAVRIK, en jouant sur le loft, mais aussi et surtout sur les réglages proposés par le fabricant, et notamment avec les poids ajustables sous la semelle.

Le tableau reflète aussi l’ordre que j’ai suivi pour le test, en commençant par la tête Sub Zero, puis en opérant par petites touches, et tenant compte des premiers résultats.

J’ai prioritairement utilisé le shaft acheté pour l’occasion, le Project X Black HZRDUS 6.0 stiff, coupé à 44.5 inches, et monté avec un grip Golf Pride MCC4+ Midsize.

Plus court et aussi plus lourd que le standard, ce set-up engendre un équilibrage différent du club standard vendu en magasin, mais cela me permet de mieux adapter le club à mon swing, en plus de tester les trois têtes avec un shaft identique.

Ici, c’est bien le seul rendement de la tête qui m’intéresse.

Le cas présent, avec ce shaft, j’ai plutôt cherché à le maximiser par rapport à un manche standard, qui dans beaucoup de cas, ne convient pas.

Cependant, au cours du test, surpris par certaines données, j’ai remis un shaft standard, le modèle UST Mamiya Helium Black regular, pour vérifier des éléments concernant les trajectoires de balles.

 J’y reviendrai plus loin.

En synthèse, j’ai donc principalement fait des modifications sur la tête, en changeant le modèle, le loft, les réglages au niveau du loft, et enfin les poids sous la semelle.

L’objectif de ce test est vraiment d’évaluer les différences réelles ou marketing entre les trois têtes, les différences de performances selon les réglages adoptés, et enfin, si toutes ces possibilités permettent de trouver une configuration qui pourra convenir à n’importe quel golfeur.

J’ajouterai un bonus, avec une comparaison des données avec celles de l’an passé, concernant le précédent modèle EPIC Flash.

Ce test se concentre donc sur l’essentiel et la vérité de têtes de drivers, et de leurs caractéristiques.

Pour rappel, on ne choisit pas un driver en fonction d’un index ou d’un rendement supposé pour une majorité de golfeurs, mais en fonction de caractéristiques précises qui peuvent correspondre à un swing, le vôtre.

La vitesse de swing est un paramètre, mais pas le seul.

Ce que j’ai appris de la tête MAVRIK Sub ZERO

Pour le premier essai, je n’ai justement opéré aucun changement flagrant sur la tête qui m’a été fournie, à savoir un loft de 9 degrés avec le poids le plus lourd placé à l’arrière de la tête, pour en théorie, augmenter le moment d’inertie (stabilité de la tête au moment de l’impact).

Cette caractéristique doit favoriser un accroissement du smash factor, et en contrepartie, réduire le spin.

Premier constat, alors que ma vitesse de swing peut osciller en ce moment entre 104 et 107 mph, pour ce test, compte tenu du set-up du club, cette vitesse s’est plutôt fixée autour de 100 mph.

Manche court, lourd, et tête plutôt lourde ont contribué à cette vitesse que j’ai essayé de maintenir pendant toute la durée du test. 

A savoir, 8 répétitions de 10 balles à chaque fois, en écartant quelques grossières fautes de ma part, et non imputables aux clubs.

Pour le premier essai, la première bonne surprise est venue du smash factor élevé (1.47) avec quelques balles à 1.49. Je n’ai pourtant pas correctement centré toutes les balles dans la face.

Surprise, pour une tête avec un moment d’inertie élevé, le taux de spin semble bas (entre 1900 et 2100 tours).

L’angle de lancement est très tendu (11 degrés) et par conséquent les trajectoires le sont aussi, favorisant une roule importante (plus de 30 mètres en moyenne).

Je dois préciser que le set-up tête-shaft que j’ai choisi, était assez « athlétique ».

Le manche était très « raide », en cohérence avec la vitesse de swing. Combiné avec cette tête, il faut rentrer dans la balle !

Les sensations confirmées par le smash factor sont bonnes.

Cependant, un premier indice m’interpelle. Les trajectoires sont particulièrement tendues… Est-ce que cela provient de la tête ou du manche ?

Pour le second test, j’opte pour l’inversion totale entre les deux poids situés sous la semelle. Ont-ils un intérêt technique ou seulement cosmétique ?

Pour la même vitesse de swing, je génère un soupçon de vitesse de balle en plus.

L’écart est trop faible pour penser que le changement du poids a une incidence.

En théorie, le fait de mettre du poids plus près de la face devrait au contraire réduire le smash factor et favoriser la baisse du spin. La tête devrait être en fait moins stable.

Cela ne se vérifie pas du tout dans le cadre de ces comparaisons.

Je note que ce choix pourrait avoir en plus dégradé la qualité de centrage.

Le smash factor aurait donc pu être bien meilleur, à en croire les données du Trackman, qui dans certains cas, sont à prendre avec des pincettes.

Le niveau de précision des launch monitor n’est pas toujours aussi extraordinaire que l’on aimerait le croire.

Cependant, on peut admettre qu’entre le premier essai et le second, les distances sont équivalentes, et statuer sur le fait que le poids sous la semelle du Sub Zero est sans effet notable sur les performances de distances.

En revanche, j’ai gardé pour les tests suivants, le réglage avec le poids sur l’avant puisqu’il n’entame pas la stabilité de la tête, et m’a permis de ramener la face un peu plus square à l’impact.

J’ai légèrement moins dispersé avec ce réglage. C’est un autre élément à prendre en compte.

Comme le premier essai, j’ai été surpris de trouver des trajectoires très tendues.

C’est pourquoi je me suis dirigé vers un troisième test, en modifiant cette fois le loft à 11 degrés, choix possible au niveau du hosel du club, et sans modifier le lie, laissé en standard, un des éléments appréciables sur les têtes Callaway.

Toujours pour la même vitesse de swing, cet essai m’a apporté la réponse souhaitée.

Malgré une augmentation du loft de +2 degrés à 11 degrés, l’angle de lancement reste scotché à moins de 10 degrés en moyenne.

Il faut comprendre que les caractéristiques du shaft prennent le dessus sur les caractéristiques de la tête.

Vous aurez beau faire des changements sur la tête, ils seront complètement neutralisés par le manche.

C’est lui qui explique la trajectoire, et le taux de spin.

C’est lui l’acteur le plus important !

Les éléments de la tête influent de manière marginale sur la performance, et confirment que vous devez d’abord trouver votre shaft, avant votre tête.

C’est pour cette raison, que je me suis dirigé vers un quatrième test, et abandonné pour un temps mon manche spécialement sélectionné pour ce test.

En mettant le manche standard regular Helium Black, j’ai voulu vérifier l’impact sur les trajectoires.

Malgré une tête remise à 9 degrés de loft, l’angle de lancement est bien monté à plus de 11 degrés, signe de l’importance du tandem shaft+tête au moment du choix.

Entre le fait d’augmenter le loft ou changer de shaft, ma préférence va pour la deuxième option.

Le test précédent illustre que de manière marginale, mais sensible, le fait d’augmenter le loft de la tête Subzero n’apporte aucun bénéfice, et ne fait que dégrader la performance.

La vieille théorie qui laissait croire que le loft plus élevé serait plus favorable au carry, et notamment en hiver, ne se vérifie pas.

Pour une tête Sub Zero destinée aux joueurs avec le plus de vitesse de swing, je ne vois pas l’intérêt de monter trop le loft, ou au-dessus de 10 degrés.

Comme pour le test des têtes TaylorMade SIM, je constate que si par erreur, votre geste vous amène à générer un loft dynamique au-dessus de 15 degrés (un angle très remontant), vous perdez le bénéfice de ce type de tête.

Le contact devient désagréable, et le rendement pauvre.

Ce type de tête donne de la performance que quand la face est amenée le plus frontalement possible par rapport à la balle. Trop de loft, vous perdez tout le bénéfice, autant opter pour d’autres têtes.

En synthèse, la tête Sub Zero est un très bon composant, ce qui n’est pas une surprise.

De mon point de vue, son principal atout ne se situe pas dans les réglages, mais ailleurs, plus fin, son poids (5 grammes de plus qu’une tête MAX), et la position du hosel plus neutre par rapport aux autres têtes.

Pour un golfeur avec une vitesse de swing rapide, et convaincu par Callaway, il ne faut pas considérer une autre tête MAVRIK.

Ce que j’ai appris de la tête MAVRIK MAX

Par rapport à la tête Sub Zero, Callaway nous propose une solution inverse.

Si les têtes portent le même nom, sans doute pour des raisons marketing, elles n’ont rien à voir entre elles ! Il s’agit d’un composant radicalement différent.

Cela se sent de manière flagrante dans les mains, et pendant le swing.

Les 5 grammes de différences en moins alors que la tête est pourtant plus volumineuse, et notablement plus profonde pourront vous surprendre, si justement vous passez de l’une à l’autre.

Pour un golfeur avec une vitesse de swing rapide, c’est justement trop léger, et trop perturbant. C’est à proscrire.

Est-ce que pour autant, c’est le bon choix pour un golfeur avec une vitesse plus modérée ?

Déjà mécaniquement me concernant, ma vitesse de swing a baissé de 3 mph à iso-shaft. Le poids de la tête est une partie de l’explication bien que cela soit difficile à prouver avec certitude.

Le rendement en smash factor chute, pour cet argument, et aussi parce que le set-up plus léger m’a perturbé pour bien centrer les frappes dans la face.

Au moment de votre choix, c’est l’un des éléments clés à contrôler : Quel équilibre pour vous ? Au-delà des chiffres, vos sensations vous guideront.

Fait notable par rapport à la tête précédente, l’angle de lancement bondit de 4 degrés, et pourtant, avec la tête SubZero, nous avons vu lors des précédents tests, que cela m’était impossible de monter à plus de 11 degrés.

A défaut d’avoir une machine à loft pour contrôler la véracité des lofts annoncés par les marques, il faut considérer que le trio loft+poids de la tête+ manche (l’ensemble des caractéristiques) explique ces écarts importants concernant la hauteur de la trajectoire.

Conséquence pour ma part, le loft dynamique monte trop au-dessus de 16 degrés, et suffit à expliquer une nette baisse de rendement.

Inversement, pour un golfeur à vitesse modérée, cet argument peut l’aider à lancer plus haut, à défaut de lancer plus vite. La tête MAX correspond vraiment à ce besoin.

Comme pour la tête Sub Zero, il est possible d’inverser les poids, et cette fois, plutôt pour accentuer un effet de draw.

Le second essai de cette tête n’a pas confirmé cette théorie.

En revanche, pour ma part, j’ai obtenu un meilleur centrage des balles dans la face, et donc plus de rendement, et de distance.

Il faut croire que ce réglage sous la semelle est inopérant pour ce qu’il est censé faire, mais utile pour adapter la tête de club aux spécificités de votre mouvement, et marginalement améliorer le placement de la tête sur la balle à l’impact.

Toutefois, d’un test à un autre, si votre swing, comme le mien n’est pas régulier, la vérité d’un jour peut se retrouver fausse le lendemain…

La tête MAX me paraît être la moins « palpitante » des trois.

Sa dimension ne joue pas comme un facteur plus performant.

En revanche, c’est bien l’angle de lancement qui pourra contenter des golfeurs en manque de vitesse de swing, et moins intéressés par les questions de loft dynamique, et de smash factor maximums.

C’est probablement la tête qui donnera le moins de sensations à l’impact.

A noter, la tête MAX accentue plus fortement que les deux autres têtes, l'offset, de sorte que les trajectoires partent plus franchement en draw et sur la gauche du fairway, notamment pour un chemin de swing intérieur-extérieur. Au contraire, pour un golfeur avec un chemin extérieur-intérieur, ce réglage est susceptible de contrer le slice.

Ce que j’ai appris du test de la tête MAVRIK Standard

Avec la troisième tête, censée être la plus vendue, j’ai retrouvé une vitesse de swing plus proche du test de la tête SubZero, légèrement sous les 100 mph.

Pour une telle vitesse de swing, la tête MAVRIK Standard reste un ton au-dessous de la SubZero, avec un rendement légèrement moins favorable (1.45 dans mon cas).

Je l’explique à nouveau en raison du poids de la tête, 5 grammes plus légère, et identique à la tête MAX, bien que la forme soit moins proéminente.

Pour bien comprendre cette triple offre de Callaway, le principal élément de distinction, indépendant du loft annoncé sur la tête (9, 10,5 ou 12 degrés), c’est bien réellement le loft dynamique réel que vous allez générer.

La tête MAX est en réalité celle qui va générer les trajectoires les plus hautes, et le smash factor le plus faible.

A l’extrême inverse, la tête Sub ZERO va générer les trajectoires les plus tendues, et le smash factor le plus élevé.

La tête standard se situe entre les deux, avec néanmoins un niveau de spin généré plus comparable à la tête SubZero.

Pour la tête standard, entre deux essais, j’ai modifié le loft de 10,5 degrés à 9,5 degrés pour constater un gain marginal de distance, et pratiquement aucun impact sur l’angle de lancement, et donc la hauteur de trajectoire.

Bilan du test

Le choix est simple.

Entre les trois têtes, de tous les arguments, à iso-shaft, le principal critère réellement opérant et vérifiable se trouve être la hauteur de trajectoire.

Un golfeur avec une vitesse de swing rapide n’aura pas d’autre choix que d’opter pour la tête Subzero.

A l’inverse, un golfeur avec moins de vitesse pourra espérer optimiser ses distances en augmentant la hauteur de trajectoire par la tête MAX, bien plus que par le réglage du loft, ou alors, il faudra vraiment jouer sur le choix du manche.

Le smash factor sera forcément différent, en même temps que les sensations à l’impact.

Le driver standard représente finalement un entre-deux.

Comparativement à mes précédents essais de drivers Callaway Epic Flash, je trouve avec les têtes MAVRIK, une amélioration des rendements, justement parce que j’ai adapté shaft et grip à mes caractéristiques de swings.

L’optimisation est toujours possible, mais pas seulement par le changement de la tête.

Le cas présent, les gains se situent plutôt au niveau de la réduction du spin, et donc le choix du manche, plus court, et plus lourd… en raison du grip.

Il ne faut pas raisonner un club sur la seule question du poids du manche, mais bien du poids global. Sur ce point, le grip peut avoir un impact non-négligeable.

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 5 sur 1 votes)

Commentaires   

pierrechab@orange.fr
0 #1 Fitingpierrechab@orange.fr 02-04-2020 18:12
Bonjour

je lis et je me demande comment faire pour avoir un fitting correct ? c'est le cheminement à faire qui doit nous etre précisé; pouvez vous nous expliquer si il faut essayer du matériel mais comment le faire sérieusement , les marques vous dirigent facilement vers ce qu'ils ont à vendre
Enfin merci si cela est possible
je parle pour des joueurs ayant deja un peu d'expérience au golf pas débutants
merci

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.